‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 16 sur 67 · LIYRV IT. — CHAP. II · texte numérisé non relu

LIYRV IT. — CHAP. II

Sur les yingt-trois suffrages , douze Jui suffisaient; mais douze n'emportaient pas la condamnation. Les anciens s'adjoignaient deux nouveaux juges , ensuite deux autres , et successivement jusqu'à ce qu'ils formassent un conseil de soixante-onze. Alors la majorité d'une voix était encore insuffisante pour condamner et non pour absoudre : on discutait jusqu'à ce qu'une des voix contraires à l'accusé se tournât en safaveur, les autres restant irrévocables.

Si la peine capitale était appliquée, deux magistrats accompagnaient aussitôt le condamné au supplice. Mais, excepté dans le cas relatif au fils rebelle qu'on avait entouré de garanties suffisantes pour qu'il ne se présentât jamais , on ne prononçait la mort que contre l'homme parvenu à la seconde majorité, c'est-à-dire à vingt ans accomplis. Une contradiction remarquable se montre à ce sujet dans notre code moderne : le jeune homme au-dessus ^e seize ans et au-dessous de dix-huit n'a pas la capacité légale pour signer des actes, contracter mariage, avoir des enfans;mais on lui accorde cette capacité s^l s'agit de lui dter l'honneur ou la vie.

Les anciens ne descendaient pas de leur siège ; ils plaçaient à l'entrée du lieu de jugement un prévôt tenant un petit drapeau à la main; un second prévôt à cheval suivait le condamné , et

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tournait sans cesse les yeux vers le point de départ. Sur ces entrefaites, si quelqu'un venait annoncer aux anciens de nouvelles preuves favorables^ le premier prévôt agitait son drapeau, et l'autre dès qu'il Favait aperçu ramenait sur son cheval le condamné. Quand celui-ci déclarait aux magistrats se remettre en mémoire quelques raisons qui lui étaient échappées , on le faisait retourner jusqu'à cinq fois devant les juges. Nul incident ne survenait-il , le cortège s'avançait lentement précédé d'un héraut qui adressait d^une voix forte ces paroles au peuple : u Cet homme (il disait ses nom et prénoms) estconduit au supplice pour tel crime; les témoins qui ont déposé contre sont tels et tels ; si quelqu'un a des renseignemens à donner en sa faveur, qu'il se hâte'(78). »!

C'est dans une pareille circonstance que Daniel, tout jeune encore, commença à développer la perspicacité de son esprit. Pendant la captivité de Babylone, s'il faut en croire un récit ajouté au chapitre douzième de cet écrivain sacré, un nommé Joakim jouissait de la plus grande considération parmi les Juifs. Sa maison , ornée d'un jardin de plaisance , recevait tous les anciens de la nation qui venaient y rendre la justice. Il était uni à une femme d'une beauté remarquable, Suzanne fille d'Helkia. Deux anciens du peuple

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