‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 27 sur 67 · LIVRE T. — G9AP. U · texte numérisé non relu

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Jéhovah sera mieux afFermie que toutes les montagnes. Les nations se diront entre elles : « Al* Ions vers la demeure du Dieu de Jacob ; il nous instruira de ses voies » : car la loi sortira de Sioo ; il donnera son jugement sur les peuples ; il en censurera plusieurs. Alors on les verra transformer en instrumens utiles le fer de leurs lances et de leurs épées ; ils n'auront plus besoin de combattre; chacun d'eux se reposera ^sons sa vigne ou son figuier sans craindre personne (31). »

Quelle est donc la domination universelle vers laquelle on a reproché aux Hébreux de tourner leurs espérances ? Est-ce une doqiination politique fondée sur la servitude des autres peuples ? L'ignorance et quelques locutions étrangères ont seules pu faire concevoir cette idée. Les Hébreux, je ne parle pas des insensé» si communs chez toutes les nations, et si abondans chez eux , les Hébreux , considérés dans le fond même de leur doctrine , paraissent plus conséquens ; ils espèrent que les peuples , éclairés un jour, sur le droit , les reconnaîtront pour leurs aînés dans la connaissance des véritables bases de la loi , et pour des modèles de persévérance.

Ainsi nous arrivons au caractère qui distingue essentiellement la philosophie hébraïque d'avec la philosophie chrétienne ; et l'interpré-

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prétatlon donnée aox prophètes juifs par les uns , avec l'interprétation de ces mémfS prophètes suivant les aati*es. Il a existé de puissantes monar<chies; celles des Assyriens , des Perses, des Macédoniens, des Romains; elles se sont appuyées sur la force : un cinquième empire doit se former qui s^appuiera sur le droit et la loi* C'est là, d'après la doctrine des Hébreux, la république mi«/hotueUe des prophètes; un royaume positif établi sur la terre et dont les avantages seront la paix générale, Tabondance générale, le développement général de Tintelligence et le bonheur. Mais dans la doctrine chi*étienne, ce royaume, comme on sait, est devenu le royaume spirituel placé hors de la terre et où le rôle de Thumanité a fini. Selon lés Hébreux, la loi sortira de Sion, parce que le germe écrit de la science législative est dans les livres de Moïse : la montagne de la maison de Jehoifah sera un jour plus affermie que toutes les montagnes; parce que les peuples, après avoir mis long-temps en oubli ce principe supérieur, reviendront à lui, le consulteront, et trouveront dans ses volontés la plus énergique censure d une foulé de leurs coutumes. L'homme inspiré qui déterminera l'existence de celte monarchie intellectuelle sera le sauveur, le libérateur, le Messie. Les temps où elle existera porteront le nom de temps du Messie. Les signes de sa venue manquent encore :

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« Le loup, disent métaphoriquement les prophètes , ne mangera plus Tagnean ; le léopard viTia avec le chevreuil (32)»; tandis que les hommes n'ont pas cessé de se dévora entre eux ; qoe la servitude se rencontre partout sar la terre ; que rabsence des peines et le bien-être $ont loin de se faire ressentir à runiversalité des humains. Mais laissons parler la doctrine hébraïque ellemérae*

« L'anéantissement de tonte tyrannie, la liberté, la paÎK formeront la principale dififéren ce entre le

monde actuel' et les temps du Messie Israël

vivra en paix avec toutes les nations , qui loi témoigneront de la déférence à oause de sa droiture et des choses miraculeuses qu'il aura accomplies.*..«* Bans ces .temps la, dont il est impossible de déterminer répoque, il n'y aura plus de famine, plus de guerre, plus d'ambition cruelle, plus de procès ni de pénibles discussions : la félicité coulera abondamment de toutes parts,ettou8 les genres de délices serontaussi communs que la poussière..* Nous ne croyons pas cependant qu'il y ait une égalité absolue de richesses , ni une égalité absolue

* On conçoit comment Timagination des rabbins a pu broder ce principe ; et comment ils ont été conduits k se faire une large part dans le monde futur, pour se dédommager des peines et des avanies que leur prodiguait le monde présent.

de puissance; mais les choses seront disposées do manière à ce qae en traTaillant modérément on obtienne un très-grand résultai... Nous ne pen* sons pas non plus que l'abondance des récoltes , et toutes les richesses , et le bon vin , et la musique , soient le seul objet à remplir ; mais comme il faut pour la perfection de Tintelligence, la perfection du corps, et comme on ne peut pas s'adonner aux choses spéculatives , quand on est sous le poids du besoin et de toutes les contrariétés de la vie I il y aura dans ces temps là de bonnes mœurs, beaucoup de sagesse , beaucoup de droiture , des assemblées d'hommes justes et une connaissance parfaite de rÉternel<33). »

Après avoir défendu sévèrement les traités d'alliance avec les peuples de Canaan, Moïse a donné lui-même Texemple des conventions avec les nations étrangères et de Téquité rigoureuse qui devait y présider. L'histoire hébraïque offre une foule d'alliances extérieures; et les actes de cette espèce de diplomatie sont des renseignemens curieux pour apprécier la politique du pays et surtout les mœurs du temps.

La discussioti textuelle des envoyés de Jèphté auprès du roi d'Ammon ne manque ni de fermeté ni de mesure : « Quand vos encétres montèrent du pays d'Egypte , leur dit ee roi , ils s'empiirèrent d'une partie de mon territoire depuis le torrent

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d'AmoD jusqu'au torrent de Jaboc et même jus* qu'au Jourdain ; maintenant donc , rendez<le-nioi de gré à gré. — Tes plaintes manquent de fondement, répliquèrent-ils; il n'est pas Trai que nos ancêtres se soient emparés de ton pays ; au contraire 9 lorsque les rois dlÈdom et de Moab nous eurent refusé le passage , nous fîmes un grand circuit pour ne pas entrer chez eux, et nous dépéchâmes des envoyés au roi des Amorrhéens.

Mais il crut devoir nous combattre; nous fumes vainqueurs, et telle est l'origine de notre conquête. Nous l'avons faite au nom du Jéhovah notre Dieu y et elle nous appartient, comme celles que tu as faites au nom de Kémos ton dieu t'appartiennent à toi-même. D'ailleurs une possession de trois cents ans confirme notre droit. Vainement le roi de Moab a voulu nous chasser; songes-y donc : nous ne t'avons offensé en rien , et ce n'est pas une bonne action que de nous menacer de la guerre : si tu persistes , que l'Éternel , le juge des batailles, juge aujourd'hui la cause des enfans d'Israël et celle des enfans d'Ammon (34). n

Ces mêmes Ammonites, du temps de Saûl, assiégèrent la ville de Jabès ; et lorsque les habitans leur eurent proposé une capitulation , leur roi répondit qu'il traiterait alliance avec eux , à cette condition, qu'illeur crèverait à tous l'œil droit(85). Saîil lui fit chèrement payer ce projet. Cependant

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les relations amicales se rétablirentplas tard avec Darid : les denx rois s'unirent assez étroitement. Après la mort du roi des Ammonites , celui dlsraêl décida aussitôt d'envoyer des hommes de sa maison à son fils et son successeur, pour lui offi'ir ses complimens de condoléance et lui donner des marques d'affection semblables à celles qu'il avait reçues du feu roi (36). Mais la gloire de David , qui venait de triompher des Philistins , des Moabites et d'une grande partie de la Syrie , avait ré* veillé dans l'âme des principaux Ammonites des sentimens de rivalité et de haine ; ils poussèrent le jeune roi à une démarche funeste. Oki s*empara des ambassadeurs, et, sous prétexte qu'ils avaient plutôt le dessein d'explorer le pays que d'apporter des paroles de consolation , on leur fit l'outrage le plus sanglant; on leur rasa la tête et la barbe, on leur coupa les habits à moitié du corps et on les renvoya soudain. Us n'osèrent se présenter èi, Jérusalem , et de Jéricho ils écrivirent le traitement qu'ils avaient essuyé (37). Le cri de guerre retentit de toutes parts : les Syriens jaloux de reprendre leur supériorité accoururent en grand nombre au secours des Ammonites ; mais rien ne résista aux armes hébraïques qui , pendant tout le règne de David , furent invincibles.

On a vu les alliances de Salomon avec les penples étrangers, surtout avec les Tyriens et les

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Egyptiens. Quand les royaumes d'Israél et de Juda se furent formés, chacun s'efforça d'attirer dans ses intérêts les rois de Syrie et d'Egypte pour accabler plus faeilement son adversaire : insensés! qui ne voyaient pas qu'ils travaillaient en même temps à leur propre destruction* L-argjsnt et For furent prodigués pour s'attacher ces dangereux auxiliaires. Des prophètes s'élevèrent avec véhémence contre une si funeste politique; Anani censura de toutes ses forces le roi Asa, arrière-petit-fils de Salomon, qui avait donné l'exemple , et il mérita l'honneur d'être opprimé pour la cause de la vérité et du peuple (88). Bientôt les rois étrangers demandèrent ce qu'on ne leur offrait plus , et les prinqes juifs furent obligés de réunir leurs efforts pour opposer quel* que résistance. Vers l'an 000 avant notre ère, cent cinquante ans avant la fondation de Rome, Ben-Hadad II , roi de Damas , ayant réuni sous &es ordres une foule de petits rois syriens , une nombreuse cavalerie et des chariots, envoya des messagers à Achab , septième roi d'Israël depuis la scission. Ils lui parlèrent en ces termes : « Ainsi dit le roi de Syrie : ton argent et ton or sont à moi, tes femmes aussi et tes plus beaux enfans»» Le roi d'Israël consentit à se soumettre; mais- le lendemain les messagers se présentèrent de nonveau. «Outre ton argent, ton or, tes enfans et

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tes femmes, le roi notre seigneur veut qu'on fouille dans ta maison et dans celle de tes serviteurs, pour en emporter ce qui lui plaira. nAchab n'était coupable que d'une grande faiblesse de caractère : sans les conseils et Tempire de sa femme Jézabel, il aurait déployé des vertus. Les anciens et le peuple furent soudain assemblés ; il • leur exposa l'extrémité à laquelle on le réduisit : <cNe complais pas à cet homme , s'écria-t-on d'une voix unanime»; et quand les ambassadeurs, revenus pour prendre sa détermination, lui dirent, avec jactance , « que sa capitale réduite en poussière ne suffirait pas pour remplir Je creux de la main de toutes les troupes que leur roi conduisait», il l^ur fit cette réponse digne des plus beaux temps de l'antiquité : u Ce n'est pas quand on endosse les armes qu'il faut être fier; c'est quand on les quitte (30). »

Deux cents ans après , sous le règne d'Ézéchijaâ troisième roi de Juda, deux ambassades d'une importance majeure et d'une na^ture tout opposéeoccupèrent vivement le pays. Les rois d'Assyrie, développaient leur plan de s'emparer de tous les bords de la Méditerranée : Tiglat-Piléser avait détruit, pendant le règne du prédécesseur d'É^échias, le royaume de Damas, et Salmanajsar venait d'anéantir le royaume d'Israël. SennAchérib, qui lui succéda, résolut une expédition en Egypte

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Il tira d^abord an gros tribut du roi de Jada, qni espérait par ce moyen détourner ses armes. Mais l'Assyrien fit marcher de grandes forces, et comme les Hébreux se disposaient à se défendre, il leur envoya trois de ses capitaines. Lorsque ces ambassadeurs furent devant Jérusalem , près de Taquéduc du haut étang , qui touchait au chemin du Ghamp-du-FouIon , ils s'arrêtèrent et appellèrent le roi. Le grand«maître du palais , le secrétaire et le directeur des registres sortirent de la ville. Il Rendez nos paroles à Ézéchias : ainsi a dit le grand roi , le roi des Assyriens , quelle est votre présomption de vouloir vous opposer à moi ! Sur quoi comptez-vous? sur l'Egypte; mais TÉgypte est un roseau fêlé ; elle percera la main de cent qui se hasarderaient à la prendre pour appui. Sur vos troupes? mais le roi, notre mettre s'oblige à vous donner deux mille chevaux , si vous pouvez fournir un égal nombre d'hommes capables de les monter. Sur votre Dieu? mais les dieux des nations les ont-ils secourues? Les dieux d'Arphad, de Sepharvaïm^ de Samarie, ont-ils arrêté le succès de nos armes? Peuple juif, ajoutèrent-ils, en se servant toujours de la langue judaïque, et sans écouter les envoyés hébreux qui les priaient de parler en syriaque afin que le peuple n'entendît pas toutes ces menaces de dessus les murailles; peuple juif, c'est à toi que nous nous

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adressons! If'atleiids rien d'Éséchias; tonme^toi du côté du roi d*Assyrie , il te donnera un "pays aussi bon que celui que ta possèdes (40). n Âf ais le peuple, se conformant aux ordres qu'il a^ait reçus , ne répondit rien : et bientôt TAssyrien or« gueilleux eut à déplorer la perte de son armée.

L'autre ambassade airiva de Babylone, chargée de présens pour le roi. Ézéchias , ravi de cela , lenr découvrit avec ostentation ce qu*il avait de plus précieux; des ouvrages en or et en argent, des aromates , ses trésors , ses arsenaux , et tout ce que renfermaient sa maison et sa cour. Isaïe censura soudain celte faiblesse. N'était-ce pas assez de la propension qu'avaient les peuples orientaux à marcher sur l'Occident, sans y ajouter encore l'appât d'un riche butin ? « Viendra le jour, lui dit-il , où toutes ces choses, tout ce que tes pères ont amassé sera enlevé au profit de Ba« bylone ; où ta postérité elle-même servira dans lenr palais les rois de ce pays (41). »

Jnda Machabée fut le premier des pnnces juifs* qui demanda aux Romains leur amitié, de* -venue bientôt fatale au peuple d'Israël. Ses am* bassadeurs dirent au sénat<: « Jnda, ses frères et

* J*ai souvent parlé des princes Machabëes qu^on ne confondra pas avec les sept frères Machabées martyri : ils n*ont rien de commun que le nom.

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le peuple juif nous ont envoyés pour traiter al« Uance avec vous, pour que vous nous receviez au nombre de vos confédérés et amis. » £t les Romains les agréèrent (42)* Le livre des Ma(ihabées renferme aussi les fragmens d'une correspondance avec Sparte* On les a déclarés apocryphes ; mais * en supposant qu'il n'existe aucun rapport entre les deux peuples; que les premières colonies, qui, durant Tépoque de Moïse débarquèrent dans la Grèce) n'eussent emporté aucun souvenir de rÉgypte , d'où elles étaient sortis comme les descendans de Jacob et d'Abraham; en supposant que Lycurgue , qui voyagea dans l'Egypte et dans laPhénicie, après le règne de Salomon, pour 8*in» former des lois , n'ait pas entendu parler des lois si remarquables de ce pays ; en admettant même que ces fragmens soimit totalement controuvësi ils suflEisent, dès que le peuple hébreu ne les désavoue pas, pour déterminer ses principes. « Jonathan , souverain pontife , le conseil de la nation , les sacerdotes et le reste du peuple juif, à-ceux de Sparte leurs frères , salut Nous désirons renouveler notre ancienne amitié et fraternité, afin de ne pas devenir étrangers à votre égard ^. Nous

* La copie du message vrai ou faux , envoyé par un roi 4e Sparte dont le nom est défiguré, comme cela- arrive souvent dans les livres sacrés , s'exprime en termes qui ont bien quelque chose de laconique :

tt Arius , roi de Sparte , à Onias , souverain sacrificateur ,

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nous souvenons de tous dans nos sacrifices et nos £éies solennelles, et nous nous réjouissons de votre gloire. Nous avons enduré beaucoup d'afflictions, et soutenu plusieurs guerres. Toutefois nous n'avons point voulu donner de peines, dans ces malheureuses circonstances, à nos confédérés et amis; le Ciel est venu à notre aide, et nos adversaires out été humiliés. Nous avons donc choisi Numénius et Antipater pour renouveler avec les RomaiDs notre ancien traité ; en même temps nous les avons chargés de se rendre auprès de vous pour vous saluer et vous porter nos let-^ très (43).»

L'établissement des Hébreux était à peine ac-^ comjdi, que la politique exigeait une solide alliance entre ce peuple, la Syrie ^ la Phénicie e4 rÉgypte. Alors toute la ligne de la Méditerranée se serait trouvée défendue , et les puissances orien-' taies ne leur auraient pas imposé le joug. Le nomi de Syrie, chez les Hébreux , Aram, embrasse une étendue qui varie suivant les époques, et dans laquelle la Palestine , la Phénicie , et tous les pay»

salut. Il s'est trouvé écrit que les Spartiates et les Juifs sont frères descendus d'Abraham ; à cause de cela, vous ferez bien de nous apprendre dans quel état vous êtes. Vos possessions et vos bêtes sont à nous ; les nôtres sont à vous ; c'est pourquoi nous avons ordonné qu'on vous le Aéclarêii. t, '{l Màchahées , Tiii.) *^ '

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eoTironnans sont soureiit confondus. On peut la regarder, en général, comme bornée à l'orient par TEuphrate; à Toccident, par la Méditerranée; au midi, par le Liban et la Palestine; au nord, par le mont Taurus : ce qui embrasse à peu près cent viugt lieues de long sur cent de large. La Phénicie, comprise dans cet espace , touche à la Palestine, ets*étend enti*e le Liban et la mer. Le principal fleuve de la Syrie est TOronte , qui du sud-est vase jeterdans la Méditerranée, et àrembouchure duquel fut bâtie, par les successeurs d'Alexandre, une des deux villes du nom de Seleucie. La Syrie ancienne était primitivement gouvernée, de même que les pays de Ghanaan, par une foule de petits rois dontles États se bornaient à une ville , et qui exerçaient un pouvoir plus ou moins rapproché de la démocratie ou du pouvoir absolu. Soit par des confédérations , soit par des conquêtes , ils formèrent des royaumes plus considérables, dans lesquels les divers princes conservèrent long- temps leur domaine particulier, en se reconnaissant vassaux d*un principal roi. C'est la marche ordinaire des choses ; cela est arrivé de la même manière dans la formation de tous les empires modernes : on dirait une espèce d'application des lois générales de Taffinité qui rapproche les élémens des corps, les unit, les sépare , les réunit encore , jusqu'à ce qu il^en soit ré-

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snlté un ensemble plus ou moins parfait» qui devient à son tour élément d'une plus grande masse* Les principaux royaumes de l'ancienne Syrie furent Gessur, Hamat, Soba et Damas; les deux derniers plus importans que les deux autres.

De Josué jusqu'à David la possession du terri-» toire avait été le principal objet de la nation hébraïque : elle ne l'avait acquis que par lambeaux, et on les lui disputait chaque jour. David déplaça la question : non seulement il compléta , à peu de chose près , le plan primitif de conquête , mais il abattit les États agresseurs. Son rival le plus redoutable était Hadadézer roi de Soba, qui aspirait à la domination de toute la Syrie ; il détruisit ses armées. Son empire s'étendit jusqu'à TËuphrate ; de sorte qu'on a mis en doute si c'est pour user de la faculté que lui laissaient les instructions mosaïques , qu'il y porta ses limites, ou si c'est à cause de l'événement même qu'on a inséré plus tard les détails du Pentateuque. Pour mieux régner en Syrie, il épousa la fille du roi de Gessur, il prit sous sa protection spéciale le roi de Hamat , et il contracta amitié avec le roi de Tyr (44). Cette ville, Sidon , Béryte , Biblus , Aradus'^ , formaient les principautés de la Phénicie. La suprématie ,

* Le nom de Tripoli fut originairement donné a la réunion àûB trois Tilles, Tyr, SidcTta et Aradus.

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