LI\EB IV. — CHAP. I
Sans doute , chaque citoyen , en réfléchissant sur les peines infligées au criminel , doit y puiser le besoin de ne pas s'écarter de la justice. Mais appartient-il à la loi de faire des essemplesf et cette expression fatale , autour de laquelle se groupent des souvenirs si efirayans , ne sera-t-elle pas proscrite à jamais? Que la loi traite Taccusé comme s'il était innocent, jusqu'à l'heure où la preuve se découvre ; qu'elle réserve tout son appareil pour proclamer l'innocence; qu'elle punisse l'action coupable , avec le regret de ne pouvoir la détacher, pour ainsi dire, de l'homme qui l'a com* mise : tels sont ses droits , ses limites et les seuls exemples qu'il lui soit permis de donner : au-delà, ce n'est plus la loi qui commande , mais des circonstances passagères , une force aveugle , la bar* barie *.
Combien res observations s'appliquent plus directement aux crimes différons de l'homicide , et surtout à ces accusations concernant l'ordre pu*
* Tout le monde juge en effet que la société qui , dans la crainte bien ou mal fondée dHm danger futur , spéculerait sur le sang et sur les angoisses actuelles d'iin malheureux, pour les faire servir comme d'épouvantail , commettrait une profonde injustice. L'ordre judiciaire punit les crimes; c'est aux bonnes dispositions de Tordre politique et'à la puissance de Tordre moral qu'il faut demander de les prévenir.