‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 34 sur 67 · LITBB TI.«— miAF. n · texte numérisé non relu

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pète, n^était ni ponlife, ni 8iiDple€acerd«te;en conséquence, Tonction qpi'il avait donnée.n'avait pas le caractère sacerdotal , et n'emportait pas le sens que nous lui attribuons aujourd'htii. Remarquez, en effet, que Toracie sacerdotal, qui aurait nécessairement précédé Tonctiou sacerdor taie , n'avait pas encore parlé.; et Ton a déjà vu le droit qu'avait rassemblée nationale de donner Tonction , non seulement au roi , mais au pontife qu'elle instituait elle-même.^. Dès que Samuel et les autres prophètes ses eoilèques; comme les appellent. les docteurs, se furent fixés sur Saûil, ils lui donnèrent l'onction. au nom du Jéhovah, dont il leur appartenait de rendre la volonté. Or le pontife ayant connaissance de ce choix , sans aocun motif de s'y opposer, dut naturellemeot trouver un oracle conforme. La même chose était arrivée dans la présentation de Josué. Jéhovah avait dit à Moïse , président des soixantedix anciens ouprophètesalors constitués : «Prends Josué fils de Nun , hommo d'intelligence, présente-le à l'assemblée et à Eléazar , et que ce grand-sacerdote consulte pour lui Toraole (82.) n Voilà donc évidemment deux paroles de Jéhovah, l^une au législateur, chef des anciens du peuple,

' * . Voye» le chapitre sur la Magiêtraiur» gtteerdoiale dans Le premier volume.

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Tanfre an potttife; cetle dernière formant la satio-^ tioDscuc^rdotale, à laqtielle »uecéda la saaciion' popnkiir^* Enfin c'est dans le même esprit que la hénédicHon, à laquelle nous attachons de nos jours iine idée purement sacerdotale y était donnée aassi par des fonctionnaires qui n'apparte*» naient en rie«k au aacerdoce. Lors de la dédicace' du temple , e'est Salomon qni fait la prière à TÉ*» terael^ et qui , se tournant vers toute rassemblée la bénit lui-même \

Quand les tribus se présentèrent, le sort^^ tomba sur celle de Benjamin , ensuite sur la famUIe de Matri^ ensuite sur Saiil fils de Kis. On le tira du lieu, où dans son trouble il avait été se cacher et on le conduisit au milieu du peuple j qui cria r « Vive le roi! » Alors Samuel lut à haute voix, non pas sa prophétie menaçante, mais les articles de la loi fondamentale relatifs 4

* Alors les hommes de Juda vinrent et oignirent David roi sur Juda (II Samuel » ii , 4). Alors tous les anciens d'Israël traitèrent avec David en Hébron, et l'oignirent pour roi sur Israël (II Samuel, ii , T , 3). Alors tout le petipYe des -tribus dît t « Puisque Absalon que nous avibns> oint pon^ notre mi est murt».. {Id xix , 10. ) . Après la mort de Josias, tout le peuple du pays prit Jehoakaz , son fîls , et ils l'oignirent , et ils rétablirent roi (II Kois, xxiii , 30). Ainsi que ce soient les sacerdotes <{ui accomplissent la cérémonie ou d'autres fonctionnaires ,1e êarattèri! de Fonction était évidemment national.

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la royauté ; et il écrivit toutes ces paroles dans un livre, comme avait fait Josué, lorsque, dans les plaines de Sichem , il o£Prit la loi à l'acceptation libre du peuple*

Mais en ce jour, SaCd ne fut pas institué , parce qu'une minorité jalouse avait murmuré sur ce fondement , qu'elle no le croyait pas capable de remporter des victoires. Il fit bientôt ses preuves ; et dans l'assemblée générale de Guilgal|< tout le peuple l'établit roi, et se livra à des réjouissances (33) •

Aussitôt le juge, se démettant de la partie de ses fonctions qui avait rapport au commandement de la force publique , s'écria : « Me voici : mes cheveux sont blanchis par l'âge , et )'ai marché à votre tête depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour^ Répondez ! De qui ai-je pris le bœuf on l'âne ? Qai ai-je foulé ? A qui ai-je causé le moindre tort ? Je ferai restitution. » Un cri unanime s'éleva : « Tu n'as foulé, tu n'a opprimé personne; tu n'a rien pris à qui que ce soit. — Vous et votre roi, vous êtes donc témoins, qu'il n'a rien été trouvé de répréhensible en moi ? — Nous en sommes témoins.» Alors le vieux magistrat absous par le jugement du peuple, fit la censure de ce peuple lui-même, rappela toutes ses fautes, sa dernière imprudence, et finit par lui dire: «Maintenant du moinjs, obéisseK scrupuleuse-

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ment à la loi ; ne tous occupez pins de ces choses du néant qui conduîseni a la servitude» et vous pourrez encore être heureux ; mais si vous suivez une route contraire, j^en prends le Ciel à témoin, vous et votre roi, vous serez consumés (34). » O savant Yolney ! aviez-vous assez réfléchi sur toutes les circonstances do la vie de Samuel ? Quoi ! dans les temps les plus difficiles r « dans un État démocratique, pour me servir de > de vos propres expressions , comme était ce- » lai des Hébreux , chez un peuple de paysant » répandus sur un territoire coupé de monta- » ^nes, de bois, de ravins, où chaque famille ' vivait sur sa propriété ;.... où l'exercice du pou- » voir était soumis à une opinion morcelée, flot- » tante, susceptible de beaucoup de vicissitu- » des (35) », ce juge procure à son pays l'indépendance et une longue paix; il joint à la pfu- ^lence et au talent Tintégrité la plus parfaite ; et parce que vous le croyez revêtu d'un titre qu'il n eut jamais, vous vous précipitez sur lui avec une violence dont s'offenserait la vérité elle-même*

Saûl régnait depuis deux ans, et loin de reve- ^v de ses préventions contre la royauté , Samuel sentait de plus en plus le besoin de l'arrêter dans ses écarts, et projetait un coupdnÈtat susceptible d'inspirer à tous les rois à venir et la crainte de I)iea et le respect de la loi.

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Les hostilités , contre toute antre nation que les .peuplades de CabiTan, ne pouvaient coin* meneer san» on ordre exprès du tfonfietl. Sareael avait fait laire a Saûl de ne point ofiVir les sacrifices, qui précédaient la. batfl^lle, avant qu'il ne fut Ini-ménie arrivé dans le camp. Mais au sep-, tiime jour, dans la perpleuté eii il était de voir tous ses guerriers l^abandonaer , Saul prit sur lui de sacrifier l'holocauste i quand le vieux ma* gisiràt parut et lui dit d'une voix sévère: « Qu astu fait? tu as agi follement ^il ne t'appartenait pas d'enfreindre l'ordre du Jéhovah : ton règoe qui aurait été affermi sur Israël chancelle, et cessera bientôt. »

C'est dans les plaines mêmes de Goilgal » témoins de son élévation , que ces menaces reçurent leui* accomplissement.* Saûl avait mis en déroute les JImaléoltes, qui , semblables aux Bédouins du- Désert, se jetaient subitement sur le pays sana déclaration préalable de guerre» le mettaient à feu et a sang , et s'en retournaient chargés de butin , jusqu'à l'heui^e d'une nouvelle irruption. Mais contre la volonté fcrmelle de la loi , il s'était emparé de leur bagage et de leurs troupeaux, et avait ramené^ dans le dessin peutéti*e d'en. obtenir une ramçtin , leur chef tombé vivant entre ses mains.

Samuel accourut, suivi des 'anciens du peuplai

SAMUEL Vt LA. ROTAVTB. SIS

et, à la face de toute rassemblée ; il dit au Toi : « Ponrqaoi a»-tn ramené ce chef, ces brebis et ces bœa&? la loi te le défendait; deirais-tu la Tioler? as-ta oublié qu'étant de peu d'importance à tes propres yeux , tu as été fait chef des tribus ' et oint au nom de rÉtemel , pour^ exécuter les lois qu'il t'avait imposées. En Tain tu prétends que le peuple s*est emparé de ces troupeaux pour en faire des sacrifices , tu ne devais pas le per* mettre. Ce n'est point aux holocaustes et à la graisse fumante des moutons que notre Dieu prend plaisir, mais à Tobéissance scrupuleuse aux lois : transgresser ce qu'elles commandent esta ses yeux la plus grande des idolâtries. Puisque tu as rejeté la parole de l'Éternel que tu avais jurée , il te rejette à son tour, n A ces mots, Saûl, pour le fléchir, l'arrêta par le pan de son manteau qui se déchira entre ses mains : « Vois ce manteau déchiré , s'écria le républicain inexorable , l'Éternel de même a déchiré aujourd'hui la royauté que tu portais , pour la donner à ton prochain qui sera meilleur que toi (30). n

Après avoir ressenti la plus vive douleur de la déposition dé Saul ; que l'intérêt des lois et du pays avait dictée (97) , Samuel et les anciens toamèrent leurs regards vers un jeune homme de la plus gran<|e espérance; le fils puîné d'Isaï, de la tribu de Joda. IL était biond f debeUetaiUç,

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et d*UDe belle figure ; il avait la réputation de bien jouer de la harpe, d'être plein de dispositions guerrières , et de parler avec sagesse (88).

Samuel eut mission de lui annoncer ses des- . tinées et de verser sur sa tète Thuile pure « comme on avait fait à Saiil. Ce fut le dernier acte apparent de sa vie-publique : ses vieux jours s'écoulèrent dans la retraite , où il ne cessa pas d'enseigner la science de TÉternel , et d'éveiller dans les esprits de cent qui l'entouraient une prophétique exaltation. David « poursuivi par Saiil , trouva protection chezlui pendant quelque temps. Ensuite il mourut, et tout Israël versa des larmes sur sa tombe (39)*

Ainsi finit ce grand homme qui est placé par les Hébreux immédiatement après Moïse (40).

Que les papes aient habilement fait servir son histoire de fondement au droit qu'ils se sont arrogés de censurer , de punir et de déposer les rois, je le comprends sans peine; mais que Tana* logie qu'ils ont établie entre leur position et la position de Samuel, offre la moindre exactitude, cela est impossible à reconnaître. Quoique la magistrature sacerdotale d'Israël fût partie intégrante de la nation ; quoique toutes ses fonctions fussent nationales ; que toutes les cérémonies auxquelles elle présidait , quelque bizarres qu'elles paraissent au premier abord , n'eussent

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d'autre but que la conservation des principes et des lois, desquelles dépendaient la force et le bonheur du peuple, ce nest nullement à ellemême que fut dévolu le droit de censurer et de déposer les rois , mais aux magistrats politiques , an prince des anciens et a ses collègues.

Bossuet a donc eu grande raison de soutenir contre les papes qu'ils n'avaient, d'après le droit divin lui-même, aucune action à exercer sur la puissance temporelle des princes : mais Bossuet a eu tort de ne vouloir détruire cette apparence de frein pour la royauté , que dans l'intérêt du pouvoir absolu auquel les circonstances lui firent dévouer son génie ; que dans Tintérêt de ce pouvoir, dont les papes eux-mêmes , s'ils n'eussent jamais perdu de vue l'esprit de la primitive Église, étaient appelés peut-être a devenir les plus justes et les plus redoutables adversaires. Aussi la doctrine de Bossuet n'a-t-elle servi que de« passage à la doctrine des gouvernemens modernes , qui ont replacé dans le sein des nations ellesmêmes , les 'obstacles légaux aux funestes aberrations du pouvoir.

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