‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 35 sur 67 · DES ROIS ET DES GUERRES · texte numérisé non relu

DES ROIS ET DES GUERRES

Les rois hébreur offrent donc ce double caractère que f loin d'être né$ comme une émanation du droit divin, il& furent produits paria volonté du peuple contre la vt^lonté de Dieu , et que, loin d'avoir fait eut-mêmes la toi fondamentale , ils sortirent du sein de cette loi dont Us n'étaient que les premiers sei*viteurs^

Cependant la faculté de déposer les rois en- Uaîna bientôt les plus graves in%if)ttVénîens,et ia guerre entre le parti de Sàûl et le -parti de David fît tant de malheurs , que l«s prophètes et les anciens de la nation furent pénétrés de ia ' nécessité d'en prévenir d'autres. Ils convinrent que la royauté ne sortirait plus de la famille de David , sous cette condition eipresse que le roi pourrait être mandé devant le conseil , censuré

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(comnae les rois de Lacédémone) , et oondatnné a des peines corporelles *,

Mais lorsque le royaume dl<srael'6*éleva, il renonça à cette inodiBcation , pour revenir a la lettre même de la loi fondamentale , et il déposa les rois. Boboam fut rejeté par eux ; les tribus de Benjamin et de Juda restèrent seules fidèles au principe de rinamovibilité. .Ce n'est pas tout ; Tétat des choses et la volonté do Jébovahiqui avaient légitimé la répudiation d.e Boboam, firent dans la suite entendre ces terribles paroles au roi d'Israël : « Je t'avais tîi*é du seni du» peuple, et t'avais établi pour le conduire v nmxa puisque lu as méprisé la loi, que tu B'asrien 'fait de droit» hï que tu es devenu pire que tes d«vanoiers, je reh'ancherai ce qui tient à' Jéroboam depuis Thomme jusqu'au chien , et je raclerai sa maison

* « <>aaAd tes joqrt Mfttmt «ceomplis et tpu tuteséras emioniiivvec te9.p«r<8, dit rÉteritôl à David , j'élètVierai ton propre 1^8. et j's^ermirai son règne à jamais ; léserai pour lui un père, et il sera comme mou fils. Mais s'il commet des iniquités, je le châtierai avec une verge d'hommes , et si ses descenddns violent la loi , les droits, les statuts, leé préceptes, jd visiterai avéc la Tcrge leap trasisgression )'ils suliiront les plaies d|ea fils des homme$. Mais je ne me retirerai pas d'eux comme j'ai fait pour Saùl » (II Saniuel , vii, 12. Psaume t\xxix, 31). Pour ;ip« précier ceci, il faut se souvenir des usages du temps mentionnés dân& le livre de la Justice , cfaap. 1 .

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comme on racle la fiente, pour qu'il n'en reste plus (41.) » Un semblable jugement fut porté et exécuté contre la maison de Bahasa, contre la maison d'Achab. « Fils de l'homme, disait l'Esprit suprême à rimpétoeux Ézéchîel , c'est ici le lieu de mon trône. Les rois ont souillé mon nom; je les ai consumés. Que les enfans d'Israël soient confus de leurs iniquités , qu'ils rejettent loin de moi leurs adultères et les cadavres de leurs rois : alors j'établirai pour jamais ma demeure au milieu d'eux (42). »

De là naissent deux réflexions essentielles : Tune 9 qu'après avoir admis la royauté et l'inamovibilité d'une dynastie , il restait aux Hébreux un grand pas à faire pour se trouver sous certains rapports dans le système des modernes, à diriger contre les agens des rois , les peines dont ils menaçaient les rois eux-mêmes* L'autre, qu'une série d'idées spécieuses peut conduire aux résultats les plus terribles; car, dans le royaume d'Iraêi où le principe de la destitution fut conservé dans toute sa rigueur , on arriva à cette conclusion qui a rempli de sang les pages de la Bible, que 9 pour éviter les guerres entre les dynasties rivales, il faudrait, quand un roi serait déposé, consumer l'arbre jusqu'à la racine.

Le malheureux Saiil , quoique honoré par de nombreuses victoires, était tombé dans une mé-

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lancolie que les saccès de son rival, restîine générale de Tarmée dont ce rival devint l'objet , et la tendre amitié pour lui de Jonathan son pro« pre fils , portèrent à la f areur.

Dans son impuissance à faire mourir David, il teignit ses mains du sang de ceux qu'il croyait le protéger. L'ordre fut donné de frapper le grand-sacerdote Âbimélec et une fouie d'autres sacerdotes qui , sur un faux avis de ce guerrier forcé de cacher sa fuite , lui avaient accordé quelques vivres et une épée. Les serviteurs de Saîîl refusèrent tous d'obéir; il eut recours à des étrangers (43). Déjà même, par un frivole motif, il avait condamné son fils* Le jour d'une victoire remportée sur les Philistins , ce vœu était sorti de sa bouche, que personne ne mangerait rien jusqu'au soir, et qu'on poursuivrait sans relâche les fuyards't Jonathan ne l'entenditpoint, trouva du miel , y goûta, et répondit à ceux qui l'avertirent de l'ordre royal : « Mon père a trou« blé le peuple : puisque ce léger aliment ranime mes forces, jugez combien la défaite de l'ennemi eût été plus décisive si tout le monde avait pris de la nourriture. » Un arrêt de mort fut prononcé contre lui; mais toute l'armée s-'écria : « Ce jeune homme à qui nous devons la délivrance d'Israël recevrait un tel prix de ses exploits! Nous jurons, par Jéhovah, qu'on ne touchera pas à un seul

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