LIVRE TU — CHAP. III
cbeveu de sa tête (44). » C'est dans la bataille de Guilboa , Ters le milieu da onzième siècle, époque des archontes perpétuels d'Athènes, des guerres de Sparte naissante contre ses voisins , de rémigration des lopiens de TAttique dans l'Asie Mineure , que ce roi perdit la vie après avoir vu trois de ses fils renversés à ses côtés , entre autres, l'aimable Jonathan, modèle d'amitié et de vaillance. La veille.de cette fatale journée, l'ombre terrible de Samuel, évoquée par la pythonisse d'Ëndor, lui avait annoncé la catastrophe; elle Tattendait au sombre séjour *.
Dès que la déroute fut complète , Saûl é'ijt à «on écuyer de le percer de son épée , pour ne pas tomber vivant dans les mains des incirconcis qui l'accableraient d'outrages. L'écuyçr n'osa point céder à son désir ; il se contenta de suivre
• La chose est d^autaût plus facile à concevoir , et la supercherie de la pythouisse d'autant plus évidente que Saûl ne voyait pas lui-même Vombre de Sarouel ; et que la magicienne n'était pas fâchée peut-être de se venger des décrets lancés par le roi contre les gens qui faisaient comme elle le métier de sorcière. « Alors la femme lui dit : qui veux-tu que je fasse paraître de dessous terre? — Samuel. — Tu es le roi, répUqua-t-elle. -^ Soit, mais que vois-tu ? — Un Dieu qui monte de la terre. — Et le roi dit encore : comment est-il faiti' — C'e8|: un vieillard recouvert d^un manteau. Saûl reconnut à cela Samuel, se prosterna et écouta ses paroles (1. Samuel xxvii.)
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Fexeoiple de son maître qui se traversa le sein d'une lance. Ivres d'avoir abattu un si redoutable adversaire , les Philistins suspendirent son corps à leurs murailles et envoyèrent sa tête et ses armes, comme un trophée, dans tous leurs districts. Mais leshabitans de Jabés , en Galaad, se glissèrent pendant Tobscurité de la nuit , en*levèrent le corps du roi et de ses fils, et leur ren* dirent les honneurs funèbres. Tout Israël, amis ou ennemis pleurèrent son sort; il ne manquait pas de qualités , et la rigueur du système inflexible de Samuel , plus encore que sa méchanceté personnelle y avait été la première source de ses infortunes.
Les Hébreux durent a David Tindépendance du pays , leur gloire , et une prépondérance dé'* cidée sur tous les peuples qui ne leur avaient jusque là laissé aucun repos. Malgré les taches qui déparent sa vie , ce roi a des droits positifs à une place brillante parmi les chefs des nations. Ce n'est pas Tétendue du pays sur lequel un homme a dominé qui détermine la nature de son génie; mais sa conduite publique, et la parti qu'il a tiré de sa position, et de toutes les cfao* ses à sa portée : sous ce rapport, que de chefs de petits États ont développé plus d'intelligence dans leur étroite sphère , que des gouverneurs de grands empires qui étopnent par les masses .
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qti^ls régissaient ! On sait que la première action de David fut de renverser , d*un coup de fronde, un Philistin d'une taille gigantesque dont les provocations journalières jetaient du déshonneur sur Tarmée d'Israël. Mis à la tète de troupes nomhreuses, ses succès allèrent croissant; mais rien n'explique mieux son élévation et sa renommée nationale que les détails rapportés par les chroniques. Les femmes le trouvaient beau ; les jeunes gens l'aimaient ; les vieillards avaient une grande estime pour sa modestie et la grâce de ses paroles ; les guerriers admiraient sa bravoure ; enfin tout le peuple était charmé de lui (40). Je ne rappellerai pas à quel prix il obtînt en mariage la fille du roi. Lorsque la jalousie trop bien fondée de Saiil , dont sa harpe avait souvent calmé les frénétiques transports , l'eut environné de dangers, Jonathan prépara sa fuite; et ils s'embrassèrent en se jurant une amitié éternelle. Sa vie devint aventureuse. Retiré chez le roi de Gath , Tune des principautés des Philistins , on le yitréduit à jouer l'insensé pour ne pas donner de l'ombrage. Il rentra dans le pays : les partisans qui le suivaient et la justice qu'il se faisait à luimême , recevraient sans doute de nos. jours une dénomination fâcheuse; mais on lui savait gré alors de n'employer de violence et de ruse que ce qu'il lui en fallait pour vivre et poar se mainte-
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nîr. Deux fois il put frapper le roi Saiil qui le poursuivait à outrance, et deux fois il ménagea ses jours en accompagnant cet acte de loyauté de nombreux témoignages de soumission et de respect, Le roi , s'abaudonnant à l'émotion de son ame^ lui dit alors ces mots qui «ont deve« DUS célèbres ; « Tu es plus juste que moi , et que personne; car tu rends le bien pour ie fiia/(46> »
Dans les montagnes duCarmel, sa bande avait protégé contre les excursions des peuples voisins les troupeaux d'un Israélite fort riche, posses-^ seur de trois mille brebis et de mille chèvres* Cet homme s'appelait Nabal , sa femme Abigaïl ; elle avait beaucoup de raison et une grande beauté, dit le texte; mais son époux passait pour uu être grossier avec qui il n'était pas bon d'à- Toir à faire. David ayant appris qu'il tondait ses troupeaux , chargea dix de ses gens d'aller le saluer en son nom et de lui parler en ces termes : « Autant en puisses-tu faire Tannée prochaine , dans la même saison , jouissant d'une bonne santé, toi, ta maison, et tout ce qui tient à toi. Interroge tes bergers? ils te déclareront que nous les avons protégés jusqu'à ce jour ; que nous ne leur avons pas causé le moin- «ire tort , et que rien de ce qui leur appartenait De s'est égaré. En conséquence, accorde-nous