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tes bonnes grâces dans cette fête , et donne à tes serviteurs et à ton fils David quelques vivres , la quantité qui le plaira *. » Mais Nabal les repoussarudement et accompagna ce l'efus d'excla-* mations outrageantes. David courroucé ordonna soudain à quatre cents hommes de ceindre leurs épées , pour détruire sa maison de fond en comble.^ Heureusement Abigaïl eut le temps de le détourner de son projet. Forcé de quitter le territoire 9 il se retira de nouveau chez le roi de Gath , qui vit avec satisfaction Israël se priver d'un bras aussi redoutable* On Ini assigna la ville de Silag : de la , il allait faire des irruptions cruelles sur les peuplades cananéennes proscrites par la loi , et au retour il disait à AkiS| que ses armes avaient frappé des bourgs deJudaet d'Israël, afin qu'on pensât que toute réconciliation avec sa patrie devenait impossible (47).
* On voit dans ce choix d'expressions qui sont littéralement celles du texte , les motifs pour lesquels Fleury a cru devoir parler de la politesse des. Hébreux. Il est assez remarquable que toutes nos formules. Comment vous portez-vous? J'ai Vbonneur de vous saluer Je suis votre très* humble et très-obéissant serviteur,... soient les mêmes que celles des anciens; de sorte qu^on a eu tort de prendre souvent pour des témoignage de servilité chez eux, des manières de parler que nous répétons tous les jours , et auxquelles ils n'ajoutaient probablement pas plus d'importance que nous-mêmes.
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Après la mort de Saûl, David, âgé de trente ans, régna en Juda; mais Issobeth fils de Saûl étant soutenu par le vaillant Abner , son proche parent , conserva quelque temps la puissance sur les autres tribus : il mourut victime d'un assassinat, et David punit les coupables qui allèrent près de lui se glorifier de Tavoîr délivré d'un ennemi. Sept ans et demi s'étaient écoulés depuis qu'il avait été reconnu en Juda, lorsque toutes les tribus lui accordèrent le titre de roi : mais cette division , qu'une trop longue guerre avait envenimée, laissa un funeste levain qui se développa dans la suite. Ses premiers soins furent d'enlever aux Jébuséens la forteresse de Sion , située sur la plus méridionale des trois montagnes que renferme Jérusalem , et de la rebâtir : on la nomma Cité de David. En même temps il fit de Jérusalem le centre de gouvernement , le lieu où, selon les recommandations du législateur, devaient se trouver FArche , le temple et le conseil national. La force publique armée reçut une organisation générale ; on mit en vigueur des réglemens dont Moïse avait jeté les bases, et sur lesquels il est indispensable dé nous étendre, parce qu'ils sont curieux pour l'histoire de l'art, et qu'ils expliquent le cafractère belliqueux du peuple juif, qu'ont signalé la plupart des historiens de Tantiquité.
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Avant de commencer les hostilités , la nation devait exposer àrennemi les raisons qui lui mettaient les armes à la main , ou bien lui demander les motifs qui le déterminaient à la guerre. On a entendu les ambassadeurs de Jephté au roi d'Ammon discuter en détail ses griefs, et terminer leur.s discours par ces mots : « Nous ne t'avons point offensé, et tu commets une méchante action en marchant contre nous. Que Dieu, le juge des batailles, décide donc entre ton peuple et le peuple dlsraél ! » Il n*est personne au monde à qui Ton doive faire la guerre, disent les docteurs, sans qu'au préalable on ait proposé' la paix; le même principe s'applique aux guerres exigées par la loi et à celles qui sont entreprises pour la majesté de l'empire (48).
Dans les premiers temps , il n'existait pas d'armée permanente, tout homme au-dessus de vingt ans passait pour soldat. Sous Saûl on faisait publier par toutes les tribus que les citoyens disposés à combattre eussent a se rendre en un lieu désigné. Je n'ai pas besoin de remarquer le mal que cette -manière de former les corps devait causer à l'agriculture et à l'industrie , et le peu de compte que le général pouvait faire de son armée qui , d'un jour à l'autre , se trouvait composée d'une multitude ou réduite à quelques hommes. Rien ne donne mieux l'idée
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de cette enfance de Tordre militaire» que les guerres soutenues de nos jours par la Vendée coDtre les forces républicaines. Au moment des récoltes , les officiers Tendéens voyaient prèsqoe en un clin-d*œil s'éclipser tous leurs soldats.
David divisa tout le peuple çn douze corps de vingt-qualre mille hommes , qui recevaient tour à tour l'ordre de se tenir sous les armes un mois entier , de faire le service à Jérusalem , et d'être tout prêts à marcher contre Tennemi , en attendant que le reste du peuple fût rassemblé.
Chaque citoyen avait son équipement ; des dépôts d'armes eiistaient dans les principales villes ; pendant la paix il s'était occupé des exercices guerriers , il avait quitté la charrue pour manier la fronde , lare , le bouclier ou la lance. Les jeunes gens de Juda s'exerçaient daus leurs jeux à lancer des flèches; les habitans de la ville de Guiba n'étaient pas moins habiles à diriger la fronde que ceux des îles Baléares , ils s'en servaient de toute main , et atteignaient le but, à t^n cheveu près (49). Le mérite particulier des divisions qui allèrent, dit-on, se ranger autour d& David à Silag et en Hébron, et qui rappellent plutôt l'état de son armée dans sa splendeur, prouve une grande expérience militaire j et une distinction établie entre le sol*
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dat de phalange , et le^ vélooes ou les hommes légers à la cource. Un détachement de Benjamites arriva , portant des arcs , des flèches et des frondes. Les enfatis de Jada agitaient le bouclier et la lance et étaient parfaitement équipés pour la guerre. Vingt mille hommes d*Épfaraïm, forts et Taillans, jouissaient d'une grande renommée. Parmi les enfans d'Issacar, deux cents chefs étaient doués d'une intelligence remarquable pour connaître le temps ; leurs avis obtenaient un grand poids sur l'esprit de leurs frères. Les nombreux milliers de Zabulon, rangés en bataille avec toute sorte d'armes , gardaient leur rang d'un cœur inébranlable ; les enfans de Nephtali , de Dan et d'Azer , tenaient aussi très-ferme dans leurs rangs. Enfin les tribus situées au-delà du Jourdain se plaisaient à combattre au son des intrumens ; et c'est au sujet des troupes d'élite de la tribu de Gad , que les chroniques font cet énergique portrait : n hommes forts et Taillans , etperts à la guerre , maniant le bbttcHer et la lance; ils avaient des Tisages de lions , et ils ressemblaient aux daims des montagnes parla légèreté de leur course (IK)).» Les armes dont parle Moïse sont Tépée i large lamé , renfermée dans un fourreau et suspendue à un ceinturon , le pieu garni de fer, l'arc et les flèches. Du temps des juges , le
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boQclier et leà casques étaient en usage* Sons Saûly et surtout pendant le règne de David, les Hébreux avaient toutes les armes connues des anciens. Pour Tétement ordinaire , ils portaient une tunique ou casaque de laine, serrée par le ceinturon de Tépée , un manteau à quatre pans , roulé en forme de baudrier qui servait de défense , de larges caleçons sous la tunique, et une chaussure liée autour de la jambe et garnie d'agrafes en fer (51).
La cavalerie hébraïque et les chariots de guerre ne furent organisés que sous Salomon. Moïse n'avait point favorisé cette arme , parce que la terre de Canaan ne fournissait pas de chevaux. D'ailleurs la cavalerie est surtout propre à la guerre offensive , et il ne voulait ,pas qu'après leur établisement les Hébreux eussent l'esprU tourné à la conquête; 11 comptait pour repoussser les invasions sur la nature montagneuse du ter^ ritoire. Tout le système de défense est clairement développé dans les lettres que le conseil de Jérusalem, présidé par un courageux pontife, envoya a toutes les villes d'Israël menacées d'un envahissement de lapart d'une armée assyrienne. « Garnissez d'hommes toutes les hauteurs , enfermez les provisions dans les villes fortifiées , .et rendez-vous maîtres de tous les déiïlés (52). >» Cestpourquoi les guemers de Syrie' avaient jadis
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cherché à se laver de la honte d'une de leurs défaites , en ces termes: « Qu'y a-t-il détonnant, les dieax des Hébreax sont des dienx de montagnes , tandis que les nôtres sont des dieux de plaines (53)?»
Pour les subsistances, on s'adressait aux \il* les et aux tribus traversées par Tarmée, et on les dédommageait soit avec l'argent du Trésor soit avec le butin (54)» Sur le territoire étranger, on vivait aux dépens de l'ennemi.
A mesure que les citoyens arrivaient au lieu de réunion, ils se formaient dans un ordre décimal, primitivement conseillé par Jéthro beau père de Moïse, a qui ce dernier s'empresse d'en faire honneur. Chaque tribu était divisée en corps de mille hommes , commandés par les princes de mille ou milleniers ; ces corps se divisaient à leur tour en dix compagnies de cent hommes , ayant à leur tête le centenier ou centurion; ces compagnies en escouades de dix, avec un dixainier ou décurion. Enfin les princes des tribus, qui représentaient nos généraux, étaient commandés par le juge-^consul ou par le Roi.
Cette division générale , fondée sur la distinction des provinces, annonce sans doute l'eniance de Tart. Mais les choses ne pouvaient se passer autrement, attendu qu'elle présentait une exéca-
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tion facile, et qu'on ne distinguait pas encore la force publique armée extérieure , et la force publique armée de l'intérieur. Pour la première, rien de plus dangereux que ces corps dont le nom rappelle un esprit et des intérêts de localités, et qui dans un combat meurtrier peuvent enlever à toute une province sa population. Dans la seconde , au contraire , Tesprit de localité doit dominer et attacher Thonime à la défense spéciale du sol sur lequel il respire et il dort *, Que de guerres civiles chez les Juifs eurent pourcause
* La distinction qu^on fait au jourdlim entre une garde nationale et une armée, n^est pas exacte, du moins pour l'expression;; et les mots, comme on.sait , ontunegrande influence sur les choses, L'armée doit être considérée comme une garde très-nationale ; et la garde nationale ne mériterait pas ce nom si elle n'était pas armée : Tune est la force armée pour maintenir les rapports extérieurs» Tautre pour maintenir les rapports intérieurs. Or, de cette simple rectification des mots s'ensuit la conséqufsnce naturelle, que nul n'a le droit de faire agir à feu et à sang la force extérieure contre les citoyens , de transformer de braves guerriers en bourreaux. Il ne peut exister d'exception que lorsque ces citoyens eux-mêmes ont quitté de plein gré leur qualité' légale pour prendre celle de guerrière notoirement armés et insurgés contre la loi , par conséquent contre le pays. Alors l'application de loi martiale se présente ; et le clairon qui donne le signal à la force armée de charger, Tappelle à un véritable combat.