‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 38 sur 67 · LIVRE VI, CHAP. lU · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAP. lU

la rivalité des hommes de guerre des diverses tribus !

Les citoyens désignaient poar chefs les hommes de leur pays dont ils connaissaient le cou'rage et la fermeté; c'était la conséquence néces* saire de cette organisation même : le commandant les instituait. Ainsi firent Moïse, les juges « David et plusieurs autres rois (55). Ce commandant de son côté élevait aux grades supérieurs les guerriers qui se distinguaient dans les cotnbats. Saûl appelait tout homme fort et vaillant auprès de sa personne (5Q). Devant la forteresse de Sion y occupée par les Jébuséens , David s'écria : « L'homme qui montera le premier à Tassaut et frappera les assiégeans , sera fait capitaine.» Joab obtint la récompense (57). Ceux qui ont prétendu que le commandement des tribus ap* partenait de droit aux fils aînés des premières familles de ces tribus , ont donc commis une erreur. « Comme les Israélites se considéraient tous également nobles, dit Calmet, il ne pouvait exister entre eux, à cet égard, aucune distinction. On remarque, d'ailleurs, que les princes des tribus ne sont pas toujours descendus des premiers-nés ; tel était Nahasson prince de Juda, cadet de sa famille. Dans le troisième dénombrement, on ne voit pas que les princes des tribus soient descendus de ceux qui sont marqués dans

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le dénombrement précédent. Il faut donc ayouer que cette dignité se donnait au mérite et ani services particuliers (58). »

Dans les camps, les chefs remplissaient les fonctions de juges, de sorte que le tribunal d'une compagnie devait ôtre composé de dix décurions et d'un centurion.

Au son prolongé de deux trompettes d'argent, tous les officiers se réunissaient auprès du chef suprême; si l'on ne sonnait qu'avec une seule trompette, ou une seule fois avec les deux trompettes, les princes des tribus et les milleniers seuls arrivaient pour former le conseil (59).

Quant à Tordre des troupes et du camp, c'est chez leâ Juifs eux-mêmes qu'on trouve le plus ancien type du carré militaire. Ce que Moïse avait exécuté en grand dans le désert , était répété en petit pnr les divers chefs de corps ; rien ne rappelle mieux les camps des Romains. Il avait mis au centre des combattan s, le tabernacle d'assignation qui contenait les Tables de la lot , et devant lequel était le quartier général. Par cette disposition il apprenait à l'armée qu'elle ne devait combattre que pour la défense de ^e^ lois et de sa liberté I L^ douze tinbu s , rangée^ de trois parallèlement' à chaque cô^té du taber-^' nacle , formaient: un vaste- carré composé de' quatre camps prkscipaux. Celui dé Jnda; plafcé

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vers Torient, comprenait la tribu de Juda on des Juifs, celle dlssacar ou des Issacarttes, celle de ZabuloD. Le camp de Ruben , au midi, se composait des Rubénites , des Sîméonites et des enfans de Gad. Le troisième camp, celui d*£* phraïm^ s'étendait à roccideot;ses tribus étaient Ephraïm, Manassé, Benjamin. Enfin le camp de Dan , qui réunissait les tribus de Dan , d'Aser et de Nephtali, occupait le septentrion. Les enfans de Lévi, gardiens du tabernacle, formaient aussi quatre corps, pour Tentourer immédiatement. Moïse, les vieillards, Aaron et ses fils étaient placés à Torient , où se tenait le con- $eil.(60).

De$ étendards .tissus en laine, en lin ou en soie, distinguaient les diverses tribus. « Les enfans d'Isrckel , dit le législateur, camperont, chacun sous leur étendard , autour du tabernacle (61). n Leur<:ouleui* correspondait à celle des pierres précieuses qui composent Tomement sacerdotal dont je parlerai plusloin. Ils portaient divers emblèmes avec des versets de la loi. Don Calmet pense que ces emblèmes cités parles parapkrastes les plus anciens avaient quelque chose de contraire a Tesprit de Moïse , qui condamne toutes les figures en peinture , sciilptare et broderie. J'ai réfuté cette erreur.

. Les étendards des tribus de chaque camp $e-

. ROIS BT «VBRMSa. .

coDdaires se réunissaient en un seul grand étendard à trois couleurs, orné d'un emblème , d*une légende et du nom de ces trois tribus. Le plus remarquable est celui du quatrième camp , bleu saphir , rouge jaspé , blanc d*agathe ; il portait une aigle et ces mots : « Reviens , ô Tout-Puissant et demeure aTec ta gloire parmi les milliers d'Israél ^ »

* Il y a dans le texte deux termes , dit Calmet, dont Tun signifie en général , un signe , un signal , une enseigne ; et Tautre désigne particulièrement un étendard de guerre. On peat croire qn^il y arait une manièr« d'enseigne générale et commune au corps des trois tri* bas, et qu'outre cela chaque tribu avait son drapeau particulier... Les auteurs hébreux, et après eux les commentateurs, assurent que Pétëndard de chaque tribu était compbsé d'une étoffe de soie de la couleur de la couleur de la pierre précieuse où était gravé le nom de latribo, surle rational du graod-prétre... Le drapeau de Juda était verd, et représentait un lionceau ;.•. l'enseigne de Ruben , rouge. .. L'ancien paraphrastc Jonathan dépeint ces drapeaux d'une manière à peu près semblable. Il veut que chaque bataillon composé de trois tribus ait eu un étendard commun , lait d'une étoffe de trois couleurs*.. Sur le drapeau. était quelque figure qui était comme Tembléme de la tribu principale.... Dan, Azer et Nephtali portaient , selon quelques uns , un basilic ; selon d'autres , une aigle avec ces mots : a Revenez , Seigneur , et demeurez avec votre gloire au milieu des troupes dlsraél » {CommenU Uttêr, nombir. ch. ii , vers. 2).

LITRB TI«-^CBAP. III.

Quand les deux trompettes d'argent, droitei et évasées à leur eitréoûié , comme nos porte* voix, sonnaient par . saccades » le décampement s'opéiait à commencer par les troupes placées a Tortent^Le carré se rompait, et les tribus sV Tançaient en colonnes : Juda ouvrait, la marche. Dan la fermait, et 4es enfansdeLévi, chargés de« pièces du tabernacle se plaçaient entre les diverses divisions (62).

Avant d'entrer en campagne, pn désigne un corps spécial , qui aplanit à l'armée les chemins difficiles , veille aux bagages, et aux approvisionnemens (63). Il est de principe que les^corps qui, par suite des dispositions militaires, n'ont pas combattu, partagent Thonnenr et tous les avantages acquis aux combattans : «Celui qui se tient 4iu bagage doit avoir la même part qu« celui qui descend à la bataille (64). »

Pendant la durée de la guerre , toutes les lois rituelles sont suspendues autant que la nécessité Texige. Ce fut une exagération contraire à l'esprit de Moïse que celle de ces Hébreux qui, attaqués par l'ennemi dans le jour do sabbath, refusèrent de se défendre et s'écrièrent : « Mourons dans notre simplicité , restons fidèles à la loi. » Aussi le saçerdote Matathias et le conseil blâmèrept vivement cette action , et déclarèrent que c*était un devoir de défendre sa vie et de

combattreence jour, connue dans ioutauiire(^).

« Les guerriers , disent les docteurs , asjdégent les ailles, livrent des batailles durant le jour de repos y et ont la liberté de se nourrir de toutes les viandes défendues , lorsqu'il y a nécessité (66). » C'est pourquoi le grand- sanhédrin de Paris icon» suite par Napoléon» déclara que tout Israélite appelé au service militaire est dispensé par la loi , pendant la durée de ce service , de toutes les observances religieuses qui ne peuvent se concilier avec l'ai (67).

L'indiscipline est plus redoutable peut«-étre que la guerre elle-métae. « Quand tu marcheras cod* tre tes ennemis , garde*toi de toute mauvaise action (68). Celui qui bi^se des ustensiles , déchire des vétemens, endommage des maisons, bouche des fontaines, emploie à pure perte des vivres, pèche contre la loi , et mérite d'être baito , disent les règlemens militaires (69). »

. Les officiers les plus intelligens vont reoonnai* tre la nature des lieux , les fortifications des villes, le nombre des défenseurs , les positions les plus convenables pour l'attaque (70).. On propose à la ville ennemie de se soumettre. Si elle ouvre ses portes , on n'exige que la contribution de guerre ; si elle refuse , on en fait le siège ; on forme des retranchemens, et on élève des tours en bois sur lesquelles les assiégeanssetrou-

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vent an niveau des assiégés ^ on même les dominent* De là ils lancent des pieiTes et des traits; en mérne temps ils battent les remparts avec des béliers. Ëzéchiel indique en ces termes la ma-> nièrede faire les sièges: « Fil s de l'homme, prends une brique, et suppose qu'elle représente la ville coupable; bâtis contre elle des tours ; élève des terrasses , forme des camps et entoure-la de machines de guerre pour la battre; qu'il y ait entre elle et toi comme un mur de fer * (71)* » Déjà le roi de Juda Osias avait établi des tours défensives dans les angles des murs de Jérusalem , et placé dans ces tours et sur ces angles , des machines inventées par un ingénieur , qui lançaient au loin des flèches et des grosses pierres (72).

Mais en coupant les arbres du pays ennemi pour alimenter le siège , on se gardera de porter la coignée sur les arbres à fruits ! « Quelle utilité y aurait-il à faire cela ? dit le législateur, l'arbre des champs est-il un homme qni puisse entrer dans la forteresse et la soutenir contre toi (73)?» De plus, comme conséquence d'un principe qui sera énoncé tout à l'heure , les règlemens ne per-

' * Quant au siège de Jéricho , le lecteur en décidera. Sont- ce le§ murs ou les assiégés qui frémirent au bruit deç^trompettes?

metlent pat d« bloquer la ville entierefaent ; on doit laisser un passage à ceux qui désirent s'enfair j en <kivmmt toutefois rentrée aaz auiiliaires; on ne) doit pas détourner ni corrompre ks eam des assiégés (74).

Si la ville, qai arefasé la capitulation, est prise d'assaut, tous les hommes sont passas au fil de Tépée ; on n'épargne que les enfans ^t les , fem<me&; >on 8*emparc des troupeaux et de tout le butto. « Ghes les Grecs , les habitans d'une ville prise , dit Montesquieu , perdaient la libei*té civile, et étaient vendus comme des esclaves ; la prise d'une ville emportait son entière destruction (75). «Qu'on nVttrtbue pas ceftte conduite seulement àla barbarie des âges , mais à ce qu'ils n'avaient' pas commie de nos jours les moyens de plftcer des garnirons dans .toutes les villes em«> portées, pour les réprimer et pour s'assurer une retraite. Si David établit des garnisons à 'poste fixe dans Tldaraée , c'est qu'il y avait urgence pour proléger les. çommerçans , qui* allaient et venaient de la mer Ronge a Jérusalem (76)*

On a vu que les Hébreux s'avançaient tantôt en corps de bataille , les rangs serrés , tantôt en troupes légères , courant coàime le daim sur les crêtes dès collines. Quelquefois l'armée ne présentait qu'un front , d'autrefois elle était divisée en plusieurs corps qui agissaient de concert. Un

«entre ei deiiK ailes entraient souvent dans leurs 4îspasiUoDs : Saiil divise en trois corps ses guerriers pour tomber sarle camp des .AmmojiUes ; Da.vid. divinei son armée (en trois corps dans la bataille contre les rebelles coramandés par Absaion son fils (77). La priodpale tactique «oilsistail à prendre rennemien léte>et en qneue, •fioit.païf les ^embuscades soit par desxontce^mar- <^es, ou «n ie déboirdakiU Lorsque la «oalitioa 4)es rois do Syrie et des Amioonites ent menacé le^ays, Joab^ le plus habile génjéralde TarsAée de David, dont rambition cruelle catisa plus iard la perte V vola contre eux; car, du temps àe ce roi, les Hébreut n'atteadaient jamais le 43hoo. Il s'engagea dans la plaine occupée par la «upitale des enfàna d'Amûion^ et il se vîtbientôl comme enveloppé : en avant , les Ammonites «'étaient rangés en bataiile^ do^ manière à trouver un appui dans leurs' remparts ; derrière lui, la multitude des Syriens remplissait les habteors de la campagne. Sans bésiter ,« il divisa réarmée en deux corps , qm .se iourhèreni le dds. Tuo à Tautre ; les troupes d'élites Wonti rangées eu bon ordre contre ies Syriens!;, lé .'reste cownpÊMaÀé par son frèrd, fiait (ace.aux Ammônittes« U lui dit : a Si tu fléëhis,'je<te soulLandrui.; svtb t'aperçois que je cède , vitensà mon! seooitf s. Sûis»t!atl' lant, portoss«<moiisida louii^œBir'poiu'inoïref eu*

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pie et pour nos cités; ensnile qoe l'Éternel décida ce qni loi semblera bon (78). » La ^victoire le fiiTorisa. Mais lès Syriens se rallièrent (à quel-» qoe distance; de nouveaux auxiliaires -vinrent grossir leors rangs. Tout en faisant la part des exagéradoBs, Tébranlement des po^olations éa^ tièrès expliqoe les niasses que les chefs de ces temps là avaient par moment sous, les ordres» Qui croirait que la seule ville dé Sjfbaris , en Italie i eut pu réunir, y compris ses auxiliaires^ des forces énormes ! David accourt en personne les v,aincre. Sa présence -valait une armée, a Tu ne ne sortiras pas de la ville, lui dirent ua jour ses guerriers , reste poun nous aeeourîr; si la moitié d'entre nous périssait d'dns cetteàffaire; Cela serait sahs importance : lùais toi, tii vaux dix mille hommes (79). n

Les exemples de réioquence militaire , forte et laconique, ne sont pas rares dans les livres hé«breux; et les hommages qu'ils recîrdent a (a bra-voure de leurs ennemis , prouvent assez directement combien ils étaie;nt braves eux-o^émes. Danç. la bataille où Tarche tofnba au pouvoir des Plûi listins , une terreur paniqae s^était emparée de ce» peuple guerrier. Leurs chefs relevèrent en ces termes son courage : «Philistins, renforcezrvou^' et soyez hommes ; seriéz-yous asservis à ces Hé^ breux quo ▼oos avez tionus sous le joug ? soy^f

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donc hommes' , et combattez (80). » En effet la déroute fnt grande pour Iiiraéi ; elle lui coâ« ta, dit^on , trente mille tués, oa blessés, on- captifs.

' Souvent des provocations et des combats singuliers précédaient l'affaire générale. Les plus remarquables sont les provocations de Goliath, et plus tard, dans la guerre civile entre les partisans de Saiil et ceux de David, le combat de doase hommes de Benjamin , contre douce de Judaé On prétend qu'il n'en survécut aucun (81). Mais Moïse prescrit lui-même pour l'heure de )a bataille , quelques règlemens qui sont le dernier terme du respect pour la volonté et la liberté individuelles. On en. voit Texécotion dans f histoire de Gédéon *et des Machabées. « Quand

'■ * Parmi les ruses de gaerre, celle de Gédëon mérite cl^étre citée. Pendant la nnit, il donne à trois cents hommef '4'^>^09 4^s troDipettes et des flambeaux cachés dans des vases de terre. Ceat hommes sous ses ordres se dirigent en silence vers un des câtés du camp des Madianites et de leurs nombreux auxiliaires qui pesaient depuis long-temps sur le territoire. Qiiand îk sont tout prèsdes tentes et qu'ils tmt- titorôpé fta surveillance des aentindlH y \fi9 0aoi)>ei^vx.se,découvrentf les trompiettes sonnent avec fracas; de. grands cris , Voilà Tépée de TÉternel et Tëpée. de Gédéon , font retentir les montagnes. L'ennemi arraché au sommeil se porte en désordre sur 1c point attaqué. Tout à coup , vers Fàutre extrémité du camp , le

. mots XT «1»RBB8« S4ff

in. lourdbi^at Gomirt T^oofini, si ta découvres une cavalerie ». de& cbariots. et- un peuple plus Boiabreni que les tiens, ne te trouble point ; car le Dieu qui t'a fait monter du pays d'Egypte est avec toi. A. peine en présence, un sacerdote t ( appelé Yomct de la ^$erre ) s'avancera et dira : «Ecoutez, enfans dlsraêl! vous allez combattre ; ne voQs étonnez de rien ; que vos cœurs soient inaccessibles a la crainte ; ne reculez point. » Après celte exhortation, les hérauts crieront à haute voix , à la télé de chaque corps : « Si parmi vous il est un homme qui , ayant bâti une jQUfti3K)n , ne Fait point encore habitée ; planté unevigne-n'en ait point recueilli les prémices ; fiancé une fiUe ^ serait point encore épousée : qu'il se retire ,,de peur que la qiort ne l'atteigne , et 'qu!un autre ne fasse ce qu'il aurait du faire. Euiin , s-i} est quelqu'un dont le cœur soit timide et craintifi qu'il s'en aille, afin de ne point communiquet au cœur de ses frères la faiblesse du sien (32).> Dès que les hérauts ont parlé , ils se piacent

même fracas se répète ; puis dans une autre direction. Ces trompettes , ces cris , ces feux , ces épées flamboyan* tes, toute cette apparence d'une armée formidable , jettent répouyante dans le coeur de l'étranger. Il fuit; les troupes de Nephtali, d'Aser, de Manaasé, complètent sa déroute ; et les hon^nes d'£phraVm , avertis par un courrier de Gédéon.) ferment les passages du Jourdain^ {Jug. ni.)

d4S UnUBn YI« ^-^CEAt^'^lU

à r^Ktrèinilé îierlaligiiW-dQîdMqoe c^è, Im ftrfne» j^ la main.' Pendant le eobibat,>lear detair eàt de veillarà ce qae les gÉerviers gavdent kw {M)$te , et '4e ies exdter {mr iè^rs cKscQurs : si quelques-uns prennent la fuite , ils les frappent de leur fer.(6d). Enfin , les capitaines s'avancent à la tête de leni^ compagnies, sofiris* dd jeunes éeuyers qni- s'-exercent an métier de la guerre, et qui lear présentent les flèches et les javelines: Joab', aiùUt antour de lui dix jeasves gens qui petrtaveat sesarmeq (84).

-'^ C'est aux srfteerdotés oonseryateiirs de la loi, qu'est confié le soin de sonneô* la «barge, lors* que la bniûriH« se donne sur le territoire hé* breu (<85). Les deux arméres commenôentà sehar* celer avèciies flèches et la fronde; les chariots ^oi h^aîn^nt après eux 4es faux et é^s lames tranchantes de toute sorte, sont delttn/és à rompre ies lignes; les guerriers qui sonliesinent leur choc , s'efforcent de couper les jarrets des chevaux. Ii'épée décide de la victoire* Lorsqu'elle favorise les Hébreux , ils poursuivent les fuyards, jtisqu à ce quie la retraite sonne, u N'est-ce pas assez nous poursuivre ? Tépée n'a-t-elle pas aujourd'hui assez dévoré de tes frères? » s'écria Abner , chef du: parti deSaiil , à Joab vainqueur. «Dieu est vivant, répliqua ce dernier, que si tu m'avais plus tôt adressé ces paroles, le peuple

• mots BT «oraBXB. ' t47

•e Serait à t'instifit retiré» » Alors il fil sonmr de la trompette , et toute hostilité cessa {80).

Le premier soin est de compter les morts , et ûb leur rendre les honneurs foDèbres. Les en* nemts sont déposés avec respect dans les vallées ▼oisines; les corps des Hébreas, transportés dan^ les tombeani de leurs pères. La craiitte- de ne pas'reeeroir la sépnlttire , et d'être abandon"» nés anx oiseaux de proie , a été ponr eux • nu puissant aiguillon. Sur le cffaampde victoire , on n*élèvepas de monument somptueux ;une simple pierre doit apprendre que , là^ des enfans -d-Is-^ rail sont morts pour les lois et pour le pays (87)« On a TU la sollicitude' infinie de la loi , pour lés veuves et lès orphelins ; chaque citoyen était soléàt, il ne devait pas tomber sans respéraiiéè que lé peuple servirait de père à sa famille.'

Avant de rentrer dans les villes , les guerriers se purifient pendant sept jours , lavent leurs vt^ temens , et nettoient leurs armes (88). On ' fait deux parts du butin ^Tune pour les combatlans, TMtre pour le reste du peuple *. Souvent totrtes leslfetnines d'Israël, veut à la rencontre* des vainqueurs*, en dajnsant au son des tambourins ^

*Sur ce butin une portion sur cinq cents était offerte & Jéhovah par ceu^i qtH aVaient conibàttih ; et une sur cinquante aux lévites 'par' le 'reste du peuple* (nomh. zxxi,27> • -'^ •• ..

848 UTBB TI«-*OHAr.'UI.

es chantant des refrains à leur gloire. Après la première bataille où David s'était attiré l'admU ration du peuple, les femmes chantèrent en diœnr : « Saui a frappé ses miHe , et David ses dix-mille (89). « pour exprimer qu'il avait fait encore plus que le roi. Enfin les guerriers illustrés par quelque action d'éclat, obtiennent en récompense le nom de briwet de» brtw^ê. Ce titre leur donnait le droit de marcher à la tête de leurs frères; Israël les aimait, les honorait , plenrait à leur mort ; et leurs exploits étaient écrits dans le livre des. batailles *. Voici les noms des trente bra90ê deê hrwtêê de l'armée de David , disant les chroniques, nuls autres ne pouvaient l^r être comparés ; chacun d'eux avait a citei: uue action étonnante (90). Ce roi suivit lui-même le cercueil du brave Abner, et il fit entendre sur sa tombe un chant de douleur. Le fatal combat ou Saûl et Jonathan périrent , inspira à $a harpe les strophes suivantes.

« L'élite d'Israâl a péri sur lescolUnes. Ah! » comment sont tombés nos hopmes forts!

» N'allés pas le dire dans Gath; n'en portez pas 9 la nouvelle dans les places publiques d'Aské-

* Il est p^U d'44ja livre d<^s brailles (norab. xxi, 14) ^ai n'est pas^ parvenu jûsqu^ noiu^^t quia é\é fondit probablement dans les autres livres. ■

KOlS ET 617BBRB8.

» Ion, de penr qae les filles des Philtstins n'en » tiessailient de joie. Montagne de Guilboa, » que la rosée ni la pluie ne fertilisent plus les » champs qui te couronnent; c'est la qu'a été » jeté le bouclier des vaillans, le bouclier du roi. » Saûl et Jonathan , aimables pendant leur yie , » n*ont pas été séparés à leur dernière heure. » Ils étaient plus rapides que des aigles , plus » forts que des lions. Jamais Tare de Jonathan » ne revenait du combat que teint du sang des » morts; jamais Tépée de Saiil ne brillait en » vain. Filles d'Israël ! pleurez ce guerrier. Vous » lui deviez d'être vêtues de pourpre» de porter » sur vos vétemens des joyaux d'or. Pourquoi » sont>il$ tombés dans la bataille! pourquoi » Jonathan a-t-il péri sur la colline ! Jonathan , » mon frère , ta - perte cause mon désespoir ; tu » faisais mon bonheur; l'amitié que j'avais pour » toi' l'emportait sur l'amour qu'on a pour les » femmes. Âh! comment sont tombés nos hom- » mes forts ! Gomment ces instrumens de guerre n se sont-ils brisés (91) !..)> * Ces détails siir l'organisation militaire démontrent qu'il dépendait de Moïse de la perfectionner, et de former une nation éminemment guer-* rière qui aurait pu s'étendre comme les Romains ou comme les Musulmans, Mais , quoique obligé par lès circonstances à conquérir, il jugea, dans

269 LiTBB VU — cHAr« m.

^8 méditations profondes, qu'il vaut mijçiix. pour le honh^ur d'un peuple, lui faire^ connaître ce qui lui est utile sur la terre , lui inspirer la haine de la servitude, et Tamour des lois , que de lui apprendre a- sid)juguer les autres hommes. Rien n'e^ plus simple qup cette pensée, et cependant rhistoire nous montre des conquérons dans chaque siècle, tandis que des milliers d'années s'é* çoulen);. sans donner Je jour 9. un légj^late^ur» . Mais, ce qui regarde la ^erre n'est pas la seule cause des grande souvenirs que David^a laissés chez le peuple hél)re^^ Il s'occupa de l'intérieur ; il organiisa le culte natio.naji ; il suppléa au vide que le manqufe d'hommes insiruits d^ Uloi, dans certains di^triCits , offrait pour radqainistt^ation de la justice.. Il avait la Tolopté d'être un roi juste; c'est dans 1^ Dieu tsaité , jBauuà, que son ame cherchait la fprce. Jamais malgré l'éclat de ses armeS'i il. ne méconnut le pouvoir de la loi; jamais il ne mit en question les droits du, peuple à qui il devait la couronne. Voilà le* beau câté de son histoire. Mais il pay.a un large tribut aux passions humainp^ et à la barbarie de spi^ âge. Ufut trè^-cruel envefs quelque* peuplades qui lui avaient d^nn^ de justes, sujets deplalnte; c'est pourquoi Ipsapciens et les prophètes lui dirent que ce n'était pas à lui de bâtir le t^u^Kpje, paice qu'il avait vei^é ti^ppde sang (82)., Far uw odiet:\se

politi^ttd^|>iiitôf ëhèbrefqàepàr superstition, il lÎTra les restes de la FaYaille de Saûl , hormis les fils de Jonatlmn , à la'venfgeancedes Gabaonites. Non content de bfûler d'amour pour la femme d*un de ses capitaines j ille chargea de la missive qiii Le conduisait à la mort. Et combien Hntérét rèdoiiblé"'en fàtveur de ce brave Uriè qni, envoyé à Jérusalem potir y porter des dépêches , refuse d'entrer dans sa"^ inatson , et couche en plein air, sMcriant : « A Dieu ne plaise que je m'abandonne atil dbnceùrâ du repos et à la volofitéVf^àifrdis'qae^ieèf frères d'armes sont expo* tés à rkitempérie dn ciel «t aux traits de Tei^nemî(W)î» ' • - «

Gè 'Ci^MIé tte ptiui^ait être isaisi par la loi. Urîë était mort eh dotohattant avec beaucoup dWtres guerriers r -il fut puni par la nature m^me'dés choses, par le fatal exemple donné à ses fils, par le mécdntentement.du peuple et partons les ibâut que ce mécontcntèmeiil entraîna. « Éboiite ^'liii dit le prophète Nathan , il y 'avait dans une ville deux homtnes jrun riche et i*âtIt^e pauvre : le pauvre ne possédait. qu'une brebis qui avait grandi avec ses enfans, mangeant près do lui, buvant dans sa coupé, et dormant sur son sein , comme 11 elle eût été sa fille. Or , 'un voyageur eii arrivé chez rhorame riche qui, pour épargner son troupeatt i l'est emparé de la brebis du pauvre et

2ë2 UTRs Ti*--*CHAP# ni.

Fa servie àrétraager. » A ces mois , Findignatioii de David éclata : « Qieu est vivant , cet homme serait digne de mort; qu'il rende qaatre brebis pour une ! Tu es cet homme- là , répUqua Na« than , et tu as fait pis encore ; TÉterael recharge de t'en punir (94). »

Mais ici , quel intérêt nouveau ne se reporte pas sur David ! Quelle renommée a été acquise au prix d'autant de revers , d'angoisses et de déchiremens ! quelles entrailles paternelles ont éprouvé de plus profondes blessures ! quelle lyre enfin a fait entendre des-ohants plus magnifiques et plus douloureux! Chassa par Saûl, accusé par des hommes perfides , long-temps iocerjtaiu de son existence, obligé de mendier ua asile.sur la terre étrangère , combattu entre M obstacles qu'il rencontrée et le sentiment de sa supériorité qui l'exalte , sans cesse en activité com« me citoyen, comme soldat, comme capitaine, comme roi, rendu criminel par l'amour et regagné par le repentir , il va voir dans sa propre famille, l'épée tirée contre lui-môme; et son dernier désespoir sera de ne pouvoir plus pardonner à son barbare fils.

. Absalon, déjà coupable de s'être cruellement vengé d'une ofiei^e sur un de ses frères, leva l'étendard de Ja révolte. La crainte , de. ne pt^s obtenir le \rdne. excitait s,on ardeur. Il s'était

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