LIVRE nr. — CHAP. I
pour elle proportionné à cette action meniez peut-on dire que le désir de vengeance ait dominé dans sa conception? ne doit-on pas plutôt y reconnaître le pendant de ce fameux principe moral de l'antiquité. « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît ? » rendu 'en ces termes : « Crains qu'on ne te fetsse ce que ta ferais' de mal à autrui. » La vengeance éist déréglée de sa nature; elle va toujours au-delà du coup qui l'a excitée : aussi, quels que soient les mots qui'la déguisent, y a-t-il dans une foule de nos lois pénales modernes plus de vengeance que dans la peine du talion. Celle-ci admet une égalité rigoureuse entre l'acte coupable et la peine, tandis que celles-là offrent une disproportion excessive, et accumulent souvent un grand nombre de peines différentes , physiques ou morales , contre le même délit.
Mais la peine du talion est un principe plutôt qu'une loi. Gomme loi, ellene peut pas, ellene veut pas, en général, être exécutée; et je dis qu'elle ne veut pas, parce que l'égalité parfaite , qu'il est de son essence d'exiger entre la punition et le dommage, est aussi impossible à produire qu'elle serait inutile et funeste. Comment faire à un homme , une fracture , une blessure , une contusion ressemblant en tout point à celle qu'il a causée à un autre? Et quel avantage pourlarépu-^