‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 3)Chapitre 11 sur 60 · LIYKB IV» — CHAP. III · texte numérisé non relu

LIYKB IV» — CHAP. III

un riche d'entrer dans le royaume des cieux (96).» Dans cet état de choses, le conseil délibère; les uns sont d'avis de Ici regarder comme un insensé (97) , les autres disent qu'il cherche à séduire le peuple (98). Gaïphe , le grand-sacerdote , que sa dignité même oblige a défendre la lettre de la loi, observe que ces dissensions seraient pour les Romains une raison d'accabler la Judée, et que Tintérét de la nation devait l'emporter sur un homme : il se constitue son accusateur (99). L'ordi*e . est donné de le saisir. Mais arvétons-nous sur un fait de la plus haute importance. Le sénat ne commence point par s'emparer de Jésus , comme cela se pratiquerait de nos jours ; il commence par rendre après débats un jugementpour qu'il soit saisi (100). Ce jugement est public; il est connu de tous, de Jésus en particulier. Aucun empêchement ne s'oppose à ce qu'il dépasse la frontière : sa liberté dépend en entier de luimême *, Ce n'est pas tout , ce jugement de prise

* Mais, dit-on , Jésus ne voulait pas s'exiler; il avait depuis long-temps annoncé sa mort comme devant accomplir les prophéties ; soit. Mais alors ce sont les prophéties qui Font fait mourir et nullement les Hébreux ; car si ces Hébreux eussent été plus forts qu^elles, et. ne Teussent pas condamné , les prophéties se seraient trouvées fausses ; et si elles s*élaient t^uvées fiiusses, Jésus n'aurait pas été dieu.... Ainsi, en suivant les conséqaen-

de corps a été précédé par un autre jugement , d'admonition. Un jour , Jésus étant entré dans le temple, y jM*it une autorité contraire au droit commun ; puis it prêcha le peuple et s'écria : «Que ceux qui auraient la foi en lui pourraient faire toute chose , que lors même quHls diraient à une montagne, ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, elle le ferait. » Alors les princes des sacerdotes et les sénateurs allèrent le trouver , et lui dirent : « Par quelle autorité fais-tu tout cela ; qui t'a donné ce pouvoir (101) ? •

Cependant un perfide découvre le lieu où s*était retii*é le prévenu ; les gardes autorisés par le grand-pontife et par les anciens * accourent le

ces dtt système chrétien , <m aurait en de bien plus grandes' plaintes a faire contre les Juifs , si par la non condamnation de Jésus ils avaient fait manquer toutes les choses annoncées. Avouons donc qu'on les a placés dans une position hien singulière ! Condamnaîent-ils ! ils tuaient Dieu , ils étaient déicides. lie condamnaient-ils pas ! ils étaient bien plus déicides encore, puisqu^en mettant en défaut la vérité des plrophéties et des paroles de Jésus-Christ, ils tuaient bien plus directement encore la divinité de Jésus-Christ lui-même.

* On se souvient que le sénat tenait ses séances sous un des portiques du temple. Dans ce temps-là le pontife présidait le sénat , de sorte que les gardes du gra^d-prétre , des anciens et di^pmple , ne sont pas autres que la milice légale. «

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