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saisit*. Uo de ses disciples , se meltant en révolte ouverte , abat d un coup de sabre Toreille a l'un d'eux , et s'attire le blâme de son maître (102). Dès que Jésus est arrêté , Tenthousiasme des apôtres s'éteint : tous l'abandonnent (103). On le conduit devant le grand-conseil où lessacerdotes soutiennent l'accusation. Les témoins déposent y et ils durent être nombreux; puisque les faits qu'on lui reprochait s'étaient passés en présence de tout le peuple. Les deux témoins que saint Mathieu et saint Marc accusent de fausseté , rap* portent un discours que saint Jean déclare vrai , sous le rapport de la puissance que Jésus s'attribue (104). Enfin le grand*pontife s'adresse à l'accusé, et lui dit : « Est-il vrai que tu sois Christ, que tu sois fils de Dieu? — Je le suis, répond Jésus ; vous me verrez dans la suite à la droite de la majesté de Dieu, qui viendra sur les nuées du ciel. » A ces mots, Caïphe déchire ses vêtemens en signe de désolation* :u Vous l'avez entendu. » On délibère. La question déjà soulevée parmi le peuple était celle-ci : Jésus s^est-il fait Dieu? Or le sénat jugeant que Jésus fils de
• Je répète que rexpressîon fils de dieu entraftiait ici ridée de Dieu même; le fedt est déjà établi, et toute» les circonstances postérieures Je prouvent. Note* de plus que je ne cite que lès chroiA^ues d*une des parties de ce grand procès.
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Joseph , né à Bethléem , avait profané le nom de Dieu en Tosurpant pour lui-même, simple citoyen, lui fit l'application de la loi sur le blasphème, et de la loi chapitre xiii du Deutéro* nome et article ^, chapitre xyiii, d'après lesquels tout prophète, même celui qui fait des ^iracles, doit être puni, quand il parle d'un ifieu inconnu aui Hébreux et à leurs pères (105): la peine capitale fut prononcée. Quant aux mauvais traitemens qui suivirent la sentence , ils sont contraires à l'esprit de la loi hébraïque; et ce n'est pas dans. Tordre de la nature, qu'un sénat composé des hommes les plus respectables d'une nation; qu'un sénat qui se trompe , peut-être , mais qui pense agir légalement, ait permis de pareils outrages envers celui dont il tenait la vie entre ses mains. Les écrivains qui nous ont transmis ces détaits, n'ayant pas assisté euxmêmes au procès , ont été disposés à charger le tableau, soit à causé de leurs affections propres, soit pour jeter sur les juges une plus grande défaveur. Une chose certaine , c'est que le conseil se rassembla de nouveau dans la matinée du lendemain ou du surlendemain (106), comme le veut la jurisprudence , pour confirmer la sentence ou l'annuler : elle fut confirmée. On fit conduire Jésus devant Pilate , le procurateur que Kome avait imposé aux Pébreux. Us avaient conservé
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la facalté de juger selon l«ui^s lois , mais dans lès tnaîns du procurateur seul ré&idait le pouvoir exécutif : tout coupable ne pouvait périr que par son consentement, afin que lé sénat n'eût pas les moyens d'atteindre les hommes vendus à Tétran* ger'^'.Le romain, Pilate; signa Tarrét. Ses soldats , mélange impur de diverses nations , furent chargés du supplice. Ge sont eux qui amenèreift Jésus au prétoire, qui le dépouillèrent devant toute la cohorte, qui lui mirent sur la tête une couronne d'épines et un roseau à la main , qui exercèrent les barbaries auxquelles est disposée la populace de tons les âges, qui lui firent subir enfin un supplice commun à Rome , et qui n'était pas en usage chez les Hébreux (107). Mais avant
^LesfoQctionçdePilate étaient de sHnformer en quoi les sentences touchaient on ne touchaient pas à Tintérét de Aome : là finissait son rôle. Aussi n^y a-t-il pas lieu de s'étonner'^e ce procurateur , fort peu au courant sans doute deslois judaïques, n'ait pas reconnu personnellement que Jésus fût coupable , et cependant ait signé Tarrét. On verra plus tard qu'il y avait alors plusieurs partis chez les Juifs, parmi lesqueb les hérodiens ou les seryiles , partisans de la maison d'Hérode , et dévoués à l'étranger. Ce sont eux qui parlent toujours de César, de rendre à César, du tribut de César; ce sont eux qui insistent sur ce que Jésus se prétendait roi des Juifs : mais ce chef d'accusation ne fut compté pour rien devant le séftat, et n'était pfts dénature à entrainer seul l<|peine capitale. *
rexécntioii , le gouTerneur a^ait accordé au coq* damné l'appel au peuple qui^ respectaut le juge* ment de son conseil , ne Toulut point faire grâcei et motiva son refus en ces termes : « Nous avons une loi; d*après cette loi^ il doit mourir y car il s'est fait fils de Dieu (108). » Alors Pilate laissa le choix de sauver ou Jéfius , ou un homme accusé de meurtre dans une réviolte : le peuple se déclara pour celui*-ci, en disant que Fautre jetait dans le sein de la nation des semences de discorde, au moment où l'union était le plus nécessaire *.
Jésus fut mis à mort. Les sacerdotes et les sénateurs se rendirent au lieu du supplice ; et comme la sentence avait reposé sur ce fait, qu'il s'était illégalement arrogé le titre de fils de Dieu, Dieu lui-même , ils Tinterpellèrent ainsi : « Tu
* Le renvoi que , selon TÉvangile de saint Luc , Pilate aurait fait de Jé&us devant Hérode , n'est pas régtté par les autres Évangiles, et ne change rien à la question judiciaire. Hérode-Antipas , tétrarque de la Galilée et de la Férée , n'avait aucun pouvoir dans Jérusalem, A son passage dans cette ville , Pilate , suivant saint Luc , aurait par déférence fait comparaître Jésus devant cet allié des Romains , à cause que Jésus était surnommé Galiléen, quoique originaire de Juda. Mais à quelque tribu qu'il appartînt , la nature de l'accusation aurait toujours exigé , d'après le drf)it hébreu, qu'il fûc jugé par le sénat de JérusXcm.
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-veux sanver les autres, et tu ne peux pas te sauver. Si tu es réellement roi d'Israël, descends au milieu de nous , et nous croirons en toi : puisque tu as dit, je suis le fils de Dieu, que Dieu qui t'aime vienne en ce moment à ton secours (109).» D'après TÉvangéliste , ces paroles étaient une moquerie : mais la nature des personnes qui les prononçaient , leur dignité , leur âge , l'ordre qu'elles avaient suivi dans le jugement, prouvent leur bonne foi. Un miracle à cette heure même n'eût-^il pas été décisif?
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