‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 3)Chapitre 32 sur 60 · ROIS ST GUERRES · texte numérisé non relu

ROIS ST GUERRES

iedénoBil»reiii0iit pk*écëdetit. Il f)^iit\lt)nc avouer que celte dignité se donnait au' mérite et aux •erviceB partienliers (58). w •

Dans les catnp's, ies chefs remplissaient lés foDctiotis de jages, de sorte qàe le tfibunàld'titic compagnie devait' être compoéé de dix déciirions «td'nn centurion. ' ' i"^- • . »

Au son prolongé âé deux trompettes d'argent , tous lès officiers se réunissaient* auprès dii 'ctièf suprême; si Ton ne sonnait qu'avec une s^'enlè trompette vO<n une seule fois avec les deux trompettes^, lès prifftees des tribus et les millettieV^ seuls arrÎTaieht pottr foinmer le consîeil (09). * *

Quant à Tordre des troupes et du caiU^^ c'est chei les Juifs eux-mêmes qt!i*on trouve le plus ancien ît^^e du carré milîtaithe. €e qné Molîsé atait exécuté en grand, daâs le désert ^' 4t«iit' répété en petit par les dWers chef» de corps ^ fieii ne rappelle mieux les cttmps des Koma^t^s. Il avait mis au centre desconibattan9,le téd)erriàcl^ d'a«signation qui conteniaitb^ Tdbles de la; loi; et devant lequel était le'quàttiér' général. Pè^ cette disposition il appreuAif àj'T armée qu'etlé ne : deivait- combattre qtie pdlir la défétisb dé sëi lois /et de sai Uberlé. Les àôu2e'trlBiis,'rtiiig<?êià de* trois parallèlement à chaque 'c6fé du fàbernacle , formaittvt* un^ Vaste' cai-fsé ^compbsé 'éé quatre camps principaut. (jefui de 'Jtida,' placé

230 UTAB yi. — CHAF. nu

Ters If orient 9 comprenait U trîbn de Jnda on des Juifs, celle dlsMcar on des Issacarites, celle de Zabulon. Le camp de Ruben, au midi, se coiii*' posait de4 Aubénites, des Siméonites et des enfans de Gad. Le troisième camp, celui d'£* phraïm, s'étendait à l'occident; ses tribus étaient Ephraïm, Manassé, Benjamin. Enfin le camp de Dan , qui ré4inissait les tribus de Dan , d'Aser et de Nephtali, occupait le septentrion. Les enfans de Lévi, gardiens du tabernacle, formaient aussi quatre coj'ps^ pour rentourer immédiatement Moïse, les vieillards, Aaron et ses fils étaient placés à l'orient , o« se tenait le con- #eîl(60).

Des étendards tissus en laine, en lin ou en «oie,.tli$tinguaient les diverses tribus. « Les en«* fans ,d*Israêl , dit le législateur, camperobt, cb^un. sous leur étendard, autour du tabernacle (61)1 » Leurcouleur correspondait à celle den pierres préciojuses qui composent Tornemeni sacerdotal dont je parlerai plus loin. Ils portaient divers emblèmes avec des versets do la loi. Don Calraet pense que ces emblèmes cités par le»

parapbrastes les plus «nciens avaient quelque chose de contraire a l'esprit de Moïse , 4}ai con* damne toutes.les figures en peinture., sculpture et broderie. J*ai réfuté cette erreur.

Les étendards des tribus de chaque camp se*

AOIS BT GI^^BBS. 2BSf

candarires se réuhissaieat en un séal gr&nd étendard à trois couleurs , orné d'un euiMème, d'uo« légende et du nom decestrois^ tribus. Lapins remarquable est celui du quatrième camp, bien sapliir , rouge jaspé , blanc d*agatlie ; il portait une aigle et ces mots : a .Reviens , ô Tout-Puis**sant et demeure avec ta gloire parmi les milliers dlsraêl *. » .

* Il y a dans le texte deux termes , dit Calmet, dont Tun signifie en général , un signe , un signal , une enseigne ; et Tautre désigne particulièrement un Hendard de guerre. On peut croire qu^ii j avait une manière d'enseigne générale et commune au corps des trois tribus, et qu'outre cela chaque tribu avait son drapeau particulier... Les auteurs hébreux, et après euxlescommentateurs, assurent' que Tétendard de cbaque tribu était composé d*une étoffe de soie de la couleur de la couleur de la pierre précieuse où était gravé le nom de la tribu , sur le rational du grand-prétre... Le drapeau de Juda était verd, et représentait un lionceau ;... l'enseigne deRuben, rouge-.. L'ancien paraphrastc Jonathan dépeint ces drapeaux d'une manière à peu près semblable. Il veut que cbaque bataillon composé de trois tribus ait eu un-, étendard commun, fait d'une étoffe de trois couleurs,... Sur le drapeau était qpelque figure qui était comme Tembléme de la tribu princ«(>alc..'. Dan, Azer et Kcphtali portaient, selon quelques uns, un basilic; selon d'autres , une aigle avec ces mots : • Revenez , Seigneur , et demeurez avec votre gloire ma Aiilieu des trooh pés d'Israël » {Comment. UtUr, nombir. efa: il , vers. 2). « T. II. 21

S88 hlYKB TI. — tmiT. tu.

Quand lea dsoK trompettes d'argeul , droke»

•t évasées à leu* extrémité » conuiie dos portée ?eix ^sonnaient par saccades, le décampemeDl •'opérait à commencer par les troupes placées à i'orient«Le carré se rompait, et les tribos sV Tançaient en colonnes : Juda ouvrait la marcbe. Dan la fermait, et Us enfans deLévi, chargés des pièces du tabernacle se plaçaient entreles diverses divisions (62).

Avant d'entrer en campagne, on désigne un corps spécial , qui aplanit à Tarmée les chemins di£icil«5 , veille aux bagages et aux appro vision- Berne ns (6d). Il est de principe que les corps qui, par suite des dispositions militaires , n*ont pas combattu^ partagent Thonnenr et tous lés avantages acquis aux combattans : « Celui qui se tient au bagage doit avoir la même part que celui qui descend à la bataille (64). »

Pendant la durée de la guerre , toutes les lois rituelles sont suspendues autant que la nécessité l'exige. Ce fut une exagération contraire à Tesprit de Moïse que celle de ces Hébreux qui, aittaqités par rennémi dans le jour du sabbath, refusèrent de se déiendre et s'écrièrent : r Mourons dans notre simplicité , restons fidèles à la loi.» Aussi la. sacerdote Matathias et le conseil blâmèrent vitement cette action , et déclarèrent que c'était un devoir de défendre sa vie et de

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combattre en ce jour, comme dâD$ t.oiitAuti}e(9$).

« Les guerriers , disent les docteil|(i > ^^$tégfillt les villes, livrent des batailles jdurant le jour de repos y et ont la liberté de se nourrir de toutes lea-' viandes défendues, lorsqu'il y a nécessité (66). » C'est pourquoi le grand- sanhédrin de Paris , consulté par' Napoléon , décFara que tout I&raélite appelé au service militaire est dispensé par la loi » pendaot la durée de ce service , de toutes le% observances religieuses qui ne peuvent se concilier avec lui (67).

L'indiscipline est plus redoutable péut*4tre que la guerre elle-même. « Quand iu marcheras con* tre tes ennemis , garde-toi de toute mauvaise ao*^ tion (68). Celui qui brise des ustensile^ y àifohJme^ des vêtemens, endommage des maisons, jK>ucber des fontaines, emploie à pure perte des vivres, pèche contre la loi , et mérite d^élrebattu , disent les règlemens militaires (69)k » >

Les officiers les plus int^Uigens vont reoonnai* tre la nature des lieux , les . fortifications des villes , le nombre des défendeurs , les positions les plus convenables pour l'attaque (70). On propose à la ville ennemie de «e ^soumettre. Si elle ouvre ses portes , on n'exige que la contribution de guerre ; si elle refuse , on en fait le siège ; on forme des retranchemens , et on élève de* tours en bois sur lesquelles les assiégeant se trao^

240 LIVRE VI. CBAT» lit.

vent an niveau des assiégés , ou même les dominent. De là ils lancent des pierres et des traits; en Oléine temps ils battent les remparts avec des béliers. Ezéchiel indique en ces termes la manière de faire les sièges: o Fils de riiotrime, prends nne brîque, et suppose qu'elle représente la ville coupable ; bâtis contre elle des tours ; élève des terrasses , forme des camps et entoure-la de maohines de guerre pour la battre; qu'il y ait entre elle et toi comme un mur de fer * (71). » Déjà le roi de Juda Osias avait établi des tours défensives dans les angles des murs de Jérusalem , et placé dans ces tours et sur ces angles , des machines inventées par un ingénieur , qui lançaient au loin des flèches et des grosses pierres (72).

> Mais en coupant les arbres du pays ennemi pour alimenter le siège , on se gardera de porter la coignée sur les arbres à fruits ! « Quelle utilité y aurait-il à fkire cela? dit le législateur, Tarhre des champs est-il un homme qui puisse entrer dans la forteresse et la soutenir contre toi (73)? » De plus, comme conséquence d'un principe qui sera énoncé tout à l'heure, les règlemens ne per-

• Quant au siège de Jéricho , le' lecteur en décidera. Sont- ce les murs ou les assiégés qui frémirent au brait cbsftirompettcs?

• ROIS ET GXnBRRES. It^l

ixiettent pas de bloquer la ville entièrement ; on doit laisser nn passage à cenx qui désirent s'enfuir , en fermant toutefois l'entrée aux auxiliaires ; on ne doit pas détourner ni corrompre les eaux des assiégés (74).

Si la ville, qui a refusé la capitulation, est prise d'assaut, tous les hommes sont passés au fil de répée ; on n'épargne que les en fans et Les femmes; on s'empare des troupeaux et de tout le butin. « Chez les Grecs , les habitans d'une yille prise , dît Montesquieu , perdaient la liberté civile, et étaient vendus comme des esclaves ; la prise d'une ville emportait son entière destruction (75). » Qu'on n'attribue pas cette conduite seulement à la barbarie des âges , mais à ce qu'ils n'avaient pm comme de nos jours les moyens iIq placer des garnisons dans toutes les villes em« portées, pour les réprimer et pour s'assurer une retraite. Si David établit des garnirons à poste fixe dans Tldumée , c'est qu'il y avait urgence pour protéger les commerçans , qui allaient et venaient de la mer Ronge à Jérusalem (76).

On a vu que les Hébreu» s'avançaient tantôt en corps de bataillu , les rangs serrés , tantôt en troupes légères , courant comme le daim sur les crêtes âés collinel. Quelquefois l'armée ne présentait qu'un ft-otlt , d'autrefois elle était divisée en plusieurs corps qui agissaient de concert. Un

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centré ei d^az ailes entraient souvent dans leur» dispositions : Saùl divise en trois corps ses goerriers pour tomber sor le camp des Ammonites ; David divise son armée en trois corps dans la bataille contre les rebelles commandés par Absalon son fils (77). La principale tactique consistait a prendre l'ennemi en tête et en queue, soit par les embuscades soit par des contre-mar« ches, ou en le débordant. Lorsque la coalition des rois de Syrie et des Ammonites eut menacé le pays 9 Joab» le plus habile général de l'armée de David, dont Tambition cruelle causa plus tard la perte i vola contre eux ; car , du temps de ce roi , les Hébreux n'attendaient jamais la choc. Il s'engagea dans la plaine occupée par la capitale des enfans d'Ammon^et il m vitbientôl comme enveloppé : en avant, les Ammonites s'étaient rangés en bataille, de manière à trouver un apiiii dans leurs remparts ; derrière lui, la multitude des Syriens remplissait les hauteurs de la campagne. Sans hésiter , il divisa l'armée en deux corps , qui se tournèrent le dos l'un à l'autre ; les troupes d'élites sont rangées en bon ordre contre les Syriens ; le. reste commandé par son frère, fait face aux Ammonites. Il lui dit : a Si tu fléchis, je te soutiendrai; si ^ t'aperçois que je cède , viens à mon secours. Sois vaiU lant^ portons-bons de tout cœur pour notre peu».

«018 ET Gir£Illt£S« 94t

pie iPt'ptkiir bos cités ; ensuite que l'Éffirnel décida ce qui lui semblera bçn (78), » La Ticioire i^ favoma. Mais les Syiiens se radièrent à quel--, que distance; de nouveaux auxiliaires TinrenI grossir leurs rangs. Tout en faisant la part des exagérations, Tébranlement des populations en* .fiéres explique les masses que les chbfs de ces temps là avaient par moment sous . les ordres. Qui croirait que la seule -ville de Sybaris , en Italie , eût pu réunir , y compris ses auxiliaire^, des forces énormes ! David accourt en pers.onjp^, les vaincre. Sa présence valait une armée. « Ttt ne ne sortiras pÉs de la ville» lui dirent un joiu* ses guerriers , reste pour nous secourir ; si la moitié d'entre nous périssait dans cette affaire »' cela serait. sams. importance : mais toi, tu vavx dix mille hommes (79). n

Les exemples de l'éloquence ii#îtaii:e , forte «t lacoDÂqne , ne sont pas rares datis tes livres bé* breuxj et les hommages qu'ils rendent à la bra-* TOiire de leurs ennemis , prouvent assez directement combien ils étaient braves eux-mêmes. Dans la bataille où l'arche tomba au pouvoir des f^hi7. listins, une terram" panique s'était emparée de oe peuple guerrier. Leurs chefs réTevèrent en ces' termest^cHi co,ui*iige : o Philistins, renforcet- voira ^ et soyez hommes ;. seriez-voùs asservis à'ces Hér breux que voas avez tenus sous le joug ? soye%

^4 LIVRB TI.<— 'CHàF. III.

donc hommes , etr combattez (80). » En effet la déroute fat grande pour Israël; elle lui coà* ta , dit-on , trente mille tués , ou blessés, ou captifs.

Souvent^ des provocations et des combats singuliers précédaient l'affaire générale. Les plus remarquables sont les provocations de Goliath , et plus tard, dans la guerre civile entre les partisans de Saiil et ceux de David , le combat de douze hommes de Benjamin , contre douze de Jttda. On prétend qu'il n'en survécut aucun (81). Mais Moïse prescrit lui-même pour Theure de la'batàille, quelques règlemens'qui sont le dernier terme du respect pour la volonté et la liberté individuelles. On en voit Texécution dans l'hTstoiredeGédéon '^et des Machab^w. « Quand

* Parmi les rus6B de guerre, celle de Gédéon mérîte d^étre citée. Pc^dahtla nnit, il donne à trois centshommes d'élite, des trompettes et des flambeaux c^cbés dans des vases de terre. Cent hommes sous ses ordres se dirigent en silence vers un des côtés du camp des Madianites et 4^ leurs nombreux auxiliaires qui pesaient depuis long-^emps sar le territoire. Quand ils sont tout près des tentes- et qu'ils ont trompé la sorveillgpce des sentinelles , les flambeaux se découvrent. Iestrompette»«onnentavec fracas ; de grands cris , Voilà Fépée d^ TÉternel et Fépée de Gédéon , font retentir les montagnes. L'enAcmi arraché au sommeil se porte en désordre sur le point attaqué. Tout à coap , vers l'autre extrémité du camp , le

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ta marcheras contre rennemi, si ta dëcouTres ane cavalerie , des chariots et un peuple plus nombreux que les tiens, ne te trouble point; car le Dieu qui t'a fait monter>du pays d*Égypte est avec toi. A peine en présence, un sacerdote , ( appelé Voinct de la guerre ) s'avancera et dira : «Ecoutez, enfans dTsraëll vonsallez combattre; ne vous étonnez de rien ; que vos cœurs soient inaccessibles à la erainte; ne reculez point. » Après cette exhortation, les hérauts crieront à haute voix , à la tête de chaque corps : « Si parmi vous il est un homme qui , ayant bâti une maison , ne Tait point encore lubitée ; planté une vigne n'en ait point recueilli les prémices ; fiancé une fille , ne Tait point encore épousée : qu'il se retire , de peur que la mort ne l'atteigne , et qu'un autre ne fasse ce qu'il aurait dû faire. Enfin , s'il est quelqu'un dont le cœur soit timide et otaintif, qu'il s'en aille, afin de ne point communiquer au cœur de ses frères la faiblesse du sien (82). « Dès que les hérauts ont parlé, ils se placent

même fracas se répète ; puis dans une antre direction* Ces trompettes , ces cris , ces feux , ces épées flamboyantes, toute cette apparence d'une armée formidable , jettent TépouTante dans le cœur de l'étranger. Il fuit; les troupes de Ncphtali, d'Aser, de Manassé, complètent sa déroute ; et les hommes d'£phraïm , avertis par un courrier de Gédéon , ferment les passages du Jourdain. (Jug. VII.)

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à rextrémiié de la ligne de chaque corps , le« armes à la main. Pendant le combat, leur devoir est de yeiller à ce qae les guerriers gardent leur poste , et de les exciter par leurs discours : si quelques-uns prennent la fuite, ils les frappent de leur fer (83). Enfin , les capitaines s'avancent a la tête de leurs compagnies, suivis de jeunes ëcuyers qui s'exercent an métier de la guerre , et qui leurprësentent les fléchas et les javelines; Joab, avait autour de lui dix jeunes gens qni portaient ses armes (84).

C'est aux sacerdotes conservateurs de la loi , qu'est confié le soin de sonner la charge , lorsque la bataille se donne sur le territoire hé« bren (85). Les deux armées commencentà sëhar* celer avec les flèches et la fronde ; les chariot» qui traînent après eux des faux et des lames tranchantet de toute sorte, sont destinés à rompre les lignes; les guerriers qui soutiennent leur choc, s'efforcent de couper les jarrets des ch&* vaux. L'épée âédde de la victoire. Lorsqu'elle favorise les Hébreux , ils poursuivent les fuyards, jusqu'à ce que la retraite sonne. « N'est-ce pas assez nous poursuivre ? l'épée n'a-t-elle pas aujourd'hui assez dévoré de tes frères? » s'écria Abner , chef du parti de Saûl , à Joab vainqueor. «Dieu est vivant, répliqua ce dernier^ que si tu m'avais plus tôt adressé ces paroles , le peuple

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se serait à rinstant retiré. » Alors il fit sonner de la trompette , et toote hostilité cessa (86).

Le premier soin est de compter les morts \ et de leur rendre les honneurs funèbres. Les ennemis sont déposés a^ec respect dans les yaliées Toisines; les corps des Hébreux, transportés dans les tombeaux de leurs pères. La crainte de ne pas recevoir la sépulture , et d'être abandon-^ nés aux oiseaux de proie, a été p«yur eux un puissant aiguillon. Sur h champ de victoire , on n'élève pas de monumens somptueux ; une simple pierre doit apprendre que , là, des enfans dis-» raïl sont morts po«r les lois et pour le pays (87). On a vu la sollicitude infinie de la loi , pour les veuves et les orphelins ; chaque citoyen était soldat, il ne devait pas tond>er sans Tespérance que le peuple servirait de père à sa famille.

Avant de rentrer dans les villes , les goerriers se purifient pendant sept jours , lavent leurs vétemens , et nettoient leurs armes (88). On lait deux parts du butin ,rune pour tes combattais, Ta'utre pour le reste du peuple *. Souvent touteè les femmes dlsraél., vont à la rencontre dei vainqueurs , en dansant au son des tambourins ,

* Sar ce butin une portion sur cinq cents était offerte à Jéhovah par ceux qui avaient combattu ; et une sur cinqiMnte aux lévites par le reste du peuple (nomb. zxxi,27).

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en chantant des refrains à leur gloire. Après la première bataille où David s*éiait attiré Tadmiration du peuple , les femmes chantèrent on chœur : « Saiil a frappé ses milje , et David ses dix-mille (89). » pour exprimer qu'il avait fait encore plus que le roi. Enfin les guerriers illustrés par quelque action d'éclat, obtiennent en récompense le nom de braves des braves. Ce titre leur donnait le droit de marcher à la tête de leurs frères; Israël les aimait, les honorait , pleurait à leur mort ; et fours exploits étaient écrits dans le livre des batailles *. Voici les noms des trente braves des braves de Tarmée de David, disent les chroniques, nuls autres ne pouvaient leur être comparés ; chacun d'eux avait à citer une action étonnante (90). Ce rçi suivit lui-même le cercueil du brave Abner, et il fît entendre sur sa tombe un chant de douleur. Le fatal combat où Saiil et Jonathan périrent , inspira à sa harpe les strophes suivantes.

«L'élite d'Israël a péri sur les collines. Ah! » comment sont tombés nos hommes forts!

» N'allez pas le dire dans Gath ; n'en portex p^ » la nouvelle dans les places publiques d'Aské-

* Il est parlé d'un livre des batailles (norab. xxi, 14) qui n'est pas parvenu jusqu'à nous j et qui a été fondu probablement dans les autres livres.

KoiB ST GvuiaBS. 349

» Ion, -de peur que les filles des Philistins n'en I) tressaillent de joie. Montagne de Guilboa, I» que la rosée ni la pluie ne fertilisent plus les M champs qui te couronnent; c'est là qu'a été « jeté le bouclier des vaiilans,, le bouclier du roi. » SaCil et Jonathan, aimables pendant leur vie; » n'ont pas été séparés à leur dernière heure* » Ils étaient plus rapides que des aigles , plus » forts que des lions. Jamais Tare de Jonathan » ne revenait du corilbat que teint du sang des » morts; jamais Tépée de Saiil ne brillait en » vain. Filles dïstaêl ! pleurez ce guerrier. Vous » lui deviez d'être vêtues de pourpre^ de porter » sur vos vétemens des joyaux d'or. Pourquoi 9 sont-ils tombés dans la bataille! pourquoi » Jonathan a-t^il péri sur la colline! Jonathan , » mon frère, ta perte cause mon désespoir; ta » faisais mon bonheur; l'amitié que j'avais pour » toi l'emportait sur l'amour qu'on a^|>our les » femmes. Ah! comment^ sont tombés nos hom- » mes forts ! Commept ces instramens é^ giwrre I» se sont-ils brisée (91) !•.»

Ces détails surVorganisaitloD militaire démontrent qu'il dépendait de Moïse de la perfectionner, et de former une nation éminemment guerrière qui aurait pu s'étendre comme les Romains^ ou comme les Musulmans, Ma» , quoique obligé par les circonstances à conquérir, il jugea, dans

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ses luéditations profondes, qu'il Tant mî#ix pour le bonheur d*un peuple , lui faire connaitre ce qui lui est utile sur la terre , lui inspirer la haine de la servitude, et Tamour des lois , que de lui apprendre à subjuguer les autres homoies. Rien n'est plus simple que cette pensée, et cependant rbistoire nous montre des conquérans daps cha* que siècle > tandis que des milliers d'années s*é- OQvlent sans donner le jour à un législateur*

Mais ee qui regarde la guerre n*est pas la seule cause des grands souvenirs que David a laissés ehee le peuple hébreu. Il s'occupa de rintérieur ; il organisa le culte national ; il suppléa au vide que le manque d'hommes instruits de laloi, dan^ certains districts, offrait pour Tadministration de la justice. Il avait la volonté d*étre un roi piste; c'est dans le Dieu ybrité , ÉauiTÉ, que son ame cherchait la force. Jamais malgré Téclat de ses armes , il ne méconnut le pouvoir de la loi ; jasais il ne mit en question les droits du peuple a qai il 4^vait la couronne. Voilà le beau c6té de son histoire. Mais il paya un large tribut aux passions humaines et a la barbarie de son âge. Il fut très*cruel envers quelques peuplades • qui lui araient denné de justes sujets de plainte; c'est pourquoi les anciens et les prophètes lui dirent que ce n'était pas k lui de bâtir le temple, parce qu'il avait versé tre|> de sang (92)^ Par une odieni^

ROIâ BT GVSBAB8. ft6l

poiiliqitd, plotdl encore qae par superstition , il livra les restes de la famille de Saiîl, hormis les fils de Jonathan , à la vengeance des Gabaonites; Non content de brûler d'amour pom* la femme d'un de ses capitaines , il le chargea de la missive qui le conduisait à la mort. Et combien Tintérét redouble en faveur de ce brave Urie qui, en* -voyé à Jérusalem pour y porter des dépêches , Mfuse d*entrer dans sa maison , et couche en plein air, s*écrîant : « Â Bien ne plaise que je m'abandonne aux douce|g[|^ nepos et* à la v^ , lupté, tandis qoe mes frère^ d'armes sont expon ses à Tintempérie du ciel et aux titiits de lien- Bemi(9d)!n

Ce crime ne pouvait être saisi par laf loi* Urie était mort en combattant avec beaucoup d'au-* Ires gnerriers : il fut puni par la nature même des choses, par le fotal «temple donné à ses fils, par le mécontentement do peupleet par tous lès maux que ce mécontentement entraîna. «Écoute, lui dit le prophète Nathan , il y avait dansvne Ville deux hommes ,run riche et Tautre pauvre : lepau* Tre ne possédait qu'une brebis qui avait grandi avec ses enfans, mangeant près de lui, buvant dans sa coupe , et dormant sur son sein , comme •i elle eût été sa fille. Or , un Yoyageur est arrivé ofaez rhorame riche qui, pour épargner son trou-* peau , s'est emparé de la brebis du pauvre et

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Ta servie àrétrangen » A ces mots , l'indlnation de DaTÎd éclata : « Dieu est vivant » cet homme serait digne de mort; qii*ii rende quatre brebis pour une! Tu es cet homme- là , répliqua Nathan , et tu as fait pis encore ; rËternel secfaai^ge de t'en punir (94). »

Mais ici , quel intérêt nouveau ne se reporta pas sur David ! Quelle renommée a été acquise au prix d'autant de revers , d'angoisses et de dcchiremens ! quelles entrailles paternelles ont éprouvé de plus profondes blessures ! quelle lyre enfin a fiiit entendre des chants pins magnifiques et plus douloureux ! Chassé par Saûl , accusé par des hommes perfides , long-temps incertaia de son existence, obligé de mendier un asile sur la terre étrangère , combattu entre les obstacles qu'il rencontre et le sentiment de sa supériorité qui Texalte , sans cesse en activité comme citoyen , comme soldat, comme capitaine , comme roi , rendu criminel par l'amour et regagné par Je repentir , il va voir dans sa propre famille, Tépée tirée contre lui-méine ; et son dernier désespoir sera de ne pouvoir plus pardonnera •on barbare fils*

Absalon, déjà coupable de s*étre cruellement Tengé d'une offense sur un de ses frères, leva l'étendard de le révolte. La crainte de ne pas obtenir le trône excitait son ardeur. Il s^était

■ ' nois BT «usAres. 2S8

fait ée némbrenx partisans par sa grâce naturelle , par les promesses qu'il répétait chaque jour de corriger tous les abus, par sa popularité. Dairid fut forcé de quittera pied Jérusalem. Unnouveau conseil d*anciens est soudain convoqué. Achitopel, homnie résolu qui avait abandonné le roi , dit à Absalon : « Tu as deux choses à faire pour te maintenir ; d'abord te compromettre aux yeux de ton père, à tel point que tes partisans n'aient plus à redouter une réconciliation qui les exposât à porter la peine de tout ce qui se passe ; ensuite mai*cher sans retard contre le roi , mettre, ses gens en fuite , et le frapper lui-même. » Le premier conseil eut son çxécntlon ; Absalon , snr la .terrasae du palais , coucha avec les femmes de son père. Mai& Cusaï, intime ami du roi,. qui avait feint de se ranger du parti vainqueur, empêcha Teffet du second ; on décida d'assembler des forces .nombreuses pour assurer le soc0ès du combat , et pendant Ce temps David fit ses dispositions. Lorsque ses troupes allant se ranger en bataille défilèrent en sa présence , il dit à tous les caféines ; « Hélas ! épargnai le jeune homme , épargnez mon fils ! » Bientôt on courrier arriva en toute hâte dans la vilk où on l'avait forcé de rester. Sa premure question fpt : .Le jeune homme a^tril survécu ? A la nouvelle dç sa inoirt , un cri déchirant lui échappa ;

SM UTEX m. fp- OHAF* m.

il s'enferma dans la chambre qui était au-des* sus de la porte de la ville , et là , marchant A grands pas, il pleurait, il se convrait le visago de ses mains , et il répétait : Mon fils ! ô mon fils!... (95)

Mais Toyez ici l'étendue des droits du etioyen. Après tant de troubles , David, déjà légalement institué , dut obtenir de nouveau la sanction générale. Il resta assis à la porte du royaume, et toutes les tribus discutèrent à Tenvi pour savoir si Ton rappellerait le roi. Ce n'est quo lorsqu'ils furent d'accord, comme s'il n'y avait eu qu'un seul homme , que les habitans de Ju^a lui envoyèrent dire , reviens , et furent à sa ren* contre à Guilgal , où les députés des autres tri« bus se rendirent aussi.

Là, un grave différend s'éleva entre ces tri^ bus ; les actes qui y donnèrent lieu , et les prin* cipes qu'elles émirent , sont très -remarqua-» 'bles.Dès que tout le peuple de Juda et une partie seulement d'Israël furent arrivés , on se mit en marche. Mais bientôt les autres députés parurent et dirent au roi : « D'o& vient que nos frères les- hommes de Juda t'ont fajt passer le Jourdain «tant que nous fussions tous rassemblés? » Geax<^ ci leur répondirent: «Parce que le roi nous lient de plus près. D'ailleurs , de qoot vous fâche»-vou^ Avons-nous mangé des biens dn roi , ou avofiA^

nott» reçn de lai des présens ? Mauvaise raison , s'écria Israël , nous devons être comptés pour dix parts auprès du roi , et il est bien plus à nous qu'à vous-mêmes. » Alors , au lieu de calmer les esprits , un Hébreu nomraé«Séba sonna de )a trompette , et détermina Israël à se retirer dans ses foyers. Cette nouvelle levée de boucliers ne fut pas de longue durée; mais les semences de discorde continuèrent à germer (96).

Après avoir fait , sans la participation des anciens , un recensement du peuple qui fut blâmé, et auquel on attribua une peste survenue à la même époque ,* David mourut , dans la quaran-* lième année de son règne , ver» Tan 1000 , un siècle environ avant lès jours présumés où le génie d'Homère remplit la Grèce. La douce chaleur d*une jeune fille nommé* Abisag , fut le seul remède qu'on trouva pour combattre un frMd cruel que la vieillesse i#ait répandu sur tout son Gorps (07). Sans doàte rhistoire offre dea eonquérans plus grands que lui, des administra* teurs plus profonds, des moralistes plusméthodiq^s , des poètes d'un goût plus pur et plus régulier ; mais elle ne cite aucun chef de peuple qui ait réuni ces diverses facultés à un degré |i haut; dont le cœur, le jugement, l'imagination «1^ le^bras aient eu tant de force*

Ses dernières années furent obscurcies par

2M UTBB ru — GHAP. UT.

Qoe Dowelle révolte d'un de ses fils et par le choc de plusieurs atobitions rWales* £n admet-» tant Thérédité perpétuelle dans sa maison , les anciens n'avaient pas reconnu le droit do pri* mogéniture , afin de choîstr le plus digne des fils du roi. Adonias, jaloux de Salomon, plus jeune que lui , voulut s'emparer du trône de vive force ; on Tarréta dans ses projets ; Salomon fut institué , et Adonias périt par Tordre même de son frère , effrayé de son ambition *.

J'ai déjà indiqué ce qu'il y avait de factice dans l'éclat do ce règne et l'inopportunité de plusieurs de ses entreprises. Son plus beau titre est la paix dont il gratifia le pays "**. Souvent les empires comme les familles travaillent à leur mine au moment même où ils brillent le plus.

Le siècle de Salomon, c«mme celui de Périclès » d'Auguste , de Louis XIY , fut suivi de grands orages. Mais le roi juif, par son intelligence per* sonnelle, laisse bien loin derrière lui tons ces hommes célèbres. Malgré ses fautes , un charme

* Joab périt en même tempt;-il avait Uchement assaa- •ind Abner et Amasias dont il craî^^nait la rivalité ; et mpigré lef recommandations de David , il avait frappé de sa lance Absalon qu'il pouvait faire prisonnier. Ses conseils excitaient Adonias.

^ Saiomon yeut dire pacifique ; David ^ aimable et «^ mant.

ROIS ET GOUES. 307

inexprimable l'environne ; car elles tronTèrent Unr source dan« les denx passions qui obtien» nent le plas d^indnlgence, Tamour et la vanité. Il était fils de cette Bethsabée dont la beauté avait fait une blessnre si profonde sur le cœur de David. Un vif et légitime attachement le pé* . Éiétra à son toqr pour la fille du roi d'Egypte- , et pour une aulreifemine qui lui inspira peut-être l'épiihalame voluptueux que Ton connaît sous le ndm d& Cantique des Cantiques *. La va-

* Si le Cantique des Ca&tiques a été éorit Wng-tempt après Salomon , on aepeut révoquer en doute que ee ne toit dans son esprit, et suivant Tidée que les Juifs se formaient de lui. Il en est de même de tous ses autres ouvrages. Le fond lui appartient , et ce fond a un caractère qitf est propre à la nation hébraïque. Au reste, pour ces livres-là comioe pour ceux de Moïse , si Fon recon^ nait qu\in grand nombre d'individus y ont travaillé:, il faut recoiinaitre aussi que Tinstruction , proportionnellement aux époques, était très-répandue chez les Juifs. Si Ton voulait aller plus loin , et dire qu'ils onttout pris des autres nations , il faudrait reconnaître alors qu'ils faisaient une étade trèa-ap^ofondie des œuvres des étrangers, et qu'ils savaient en extraire les pensées morales ai philosophiques , les plus positives et les plus fortes. Mais trois mille ans de possession , et Tinfluence que les Juifs ont exercée sur la marche de l'esprit humain sont d'un certain poids pour assurer leur propriété littéraire. Le cantique des Cantiques, suivant quelques un4, fut fait à Toccasio^ du mariage avec la fille même du roi d'Egypte. Je l'exposerai plus loin aux yeux du lecteur.

3S8 Ll\ME, TI. — 0H49* XII.

nlté seule remplît son sérail , et la ùùhiHw d# l'âge avaDoé le mit a la merci de toutee les étras^ gères dont il adopta les coutumes et les dieux.

Mais quelques passions n*exclueiit pas la sagesse. Quel homme est toujours égal à lui-même? Durant une nuit que de nombivuses pensées l'agitaient , une voix lui avait dit: «•Choisis evtré la richesse, la gloire , une longue- vb » et la des* truction d^ tes ennemis*— * Bien ^e tout cela, je demande eomme suprême faveur , Vi^elligence, de savoir distinguer le bon du mauvais et d'être un homme juste envers le peuple.-^ Eh bien ! puisque tu as préféré Tintelligence à toute chose, tu posséderas ces choses mêmes ; car l'intelligence tient dans sa main droite 1& prolongation de la vie , et dans sa ga,ui|he \f fortune et la gloire (98). » • '>^*

Le nom de Salomon se répandit ata loin ; {q accourut de toutes parts le visiter: tous les étrangers le proclamèrent le plus sage et plus aimable des rois. Une reine , arrivant du fond de TArabie , entra da»s Jérusalem , entourée de toute pompe de TOrient , et jugea le monarque encore au-dessus de sa renommée. Les richesses immenses que David avait accumulées pour bâtir le temple » et celles que procura le commerce* «u nouveau roi , firent circuler l'or «i l'argent à tel point , qu'on ne le considéitf t pas plus que

. moi» W9 «17SBBB8. StM

y phmb et Um pimrrêê (99). Tonte sa TaisseUe était d*oir , éi le msie d« rameablement de la snakMi royale et do palatsde la reine, qui s'ap-* pelait la MaiflaD du Liban , correspondait à cette magnificence.

. Hais tout son luxe, •es. doToirs publics et ses |^bniîr3/ particuliers , ne reiupéchaient pas de se liirei* afoc- ardeur à Tétiide. L'bistoire naturelle Avait paur lui un puissant attrait II parla, ditoQa , des plantes , depuis le oè«be du Liban ^qu'à rhysope \ il traita des quadrupèdes » des aiseauK , des reptiles et des poissàbs. Plusieura komines de Juda , dont on a conservé les nomsi Etban , Héoaan , Darda , Galcol , parcouraient Là mdœe carrière; il les surpassa tous. Enfin aiîUe cinq cantiques, et non pas cinq mille (100), sortirent de sBk bou^e , et trois mille apologues *. Âleve 14 perspicacité et la sagesse des

* Quelques uns eiii|iéiMé que les Pfo-ûerhês de Salommi n'étaiait que le iDoralité de ces apologues qui furent fépaudas daus tout rdrîeet par les Juifs transportés en Asisyrie et en Bab^lbfte. D^autres, au contraire , les ont fcgardét, comme un« extrait des fables des Orientaux? nid» 4i» Hébreux avaient un ensemble d'ouvrages qui readent'en quelque sotie raison de ceux de Salomon; mais des pensées présentées sous la forme lyrique dans l«>s (%ants de David , sont répétées sous une forme simple, par .son successeur. On a vu plus haut le premier apologue politique connu, qui est parfaitement approprié

960 LIVBB VI. — CKAP. m.

Onentanx et des Égyptiens farent éciipaiées^ et leis Hébreux, enthousiasmés d'inn si grand roi,s'endormirent quelque temps sur les infraction* des lois dans lesquelles on le* vil peu à peu entraîné.

Si la philosophie cons^te en grande partie à se replier sur soi-même po4ir examiner et ce m* parer les impressions qui nous ail*iv«tit soîl di*' rectemenftoit par transmission, quois droHs n'a pas Salomoii,'ou rintelligence que ses écrits re* présentent , à compter parmi les pères de la sagesse? Qu«l esprit est plus positif et plus es^ p6rimental9 Quel homme a marché plus droit vers les hautes questions et a plus éprouvé rinquiétude qu'éveille le besoin de la science? Que Ton compulse tous les livres de philosophie mo-*

aux circonstances. Au reste, le teste mèmeitious îndtqae qu'on a fait beaucoup d additions aux Proverbes primitifs , que. des maitres s'occupaient à former dfiê recueils ^ et que , dès les temps les plus an^ens , la tradition répandait de toutes parts les sentences du roi,sage« Le chapitre xxt commence par ces mots : « Ces choses sont aussi des proverbes de Salomon que les gens d'Èzéchiasroi de Juda ont copiés. » Le chapitre xxx rap]Myrt;e Icar paroles d'Agur fils de Jaké : le chapitre xxxi , les instruc» tions données par sa mère au roi Lémuel qui est probablement Salomon lui-même. Que le lecteur juge donc comme il lui sera convenable : qu'il fasce la part des Juifs, des Orientaux, des auteurs et dts compilateurs. .

.E0I8 ET OITEllRES. 261

raie et d^obserration de mœars passés et présens , on ne trouvera pas , dans le- niôtne nombre de pages , un nombre supérieur d*aperçns ingénieuxr.et de fortes pensées. Il était convaincu, comme Jean-Jaques , qiie l'homme naît avec un coeur juste, mais que la foule de questions qui ont été soulevées lui a souvent fait perdre la bonne trace (ICI). Alors il ramène lui-mémedans la vérité et la réalité avec une énergie qui étonWi. « Tonte chose est en tramil plus que Thomme ne saurait dire ; IWl n'est jamais rassasié de voir , ni loreille d'entendre : il existe dans les choses un roulement perpétuel qui fait qu'elles se représentent sans cesse; ce qui est, a été; ce qui a été, sera, i^ai appliqué mon cœur à me rendre raison de tout ce qui se passait sous les' cieuxi ,afia de distinguer les actions convenables, des actions nuisibles ; ce qui mérite le nom de sagesse, de ce qu'il faut appeler folie; et je me suis bientôt aperçu qu'il yavaU beaucoup de chagrin et beaucoup d'agitation d'esprit à s'occuper de cela , car il existe une fonle de choses défectueuses cçntre lesquelles nous ne pouvons rien. Je me suis dit à moi-même : éprouvons la joîe bruyante, et j'ai senti qu'elle ne laissait que du vide ; j'ai interrogé le rire , il m'a paru insen* se; j ai recherché tous les genres de plaisirs, je m'y suis abandonné entièrement, sans perdre de

3(0 UTEX TU ** GHAP. III.

Yue pourtant le dessein où j'étaift 4e détecminer ce qu'il convientàThomme de faire sons les cieux|..«. puis j*ai lu beaucoup de livres , |*ai écouté ceux qui disenl que Tame des bétes descend en bas et que Tame des hommes monte en haut; j'ai TU quUls n*en savaient rien , et j'ai conclu en mei'-même que Thomnie a de grands traits de ressemblance avec les animaux, et que les jouissapées qu'il retire de son propre travail, la justice réciproque et r«mour, sont le Téritablo objet qu'il doit se proposer sur la terre (102). »

Salomon moKrut dans la première moitié du dixième siècle , cinquante ans avant Fépoque présumée d'Homère , un siècle avant Lycurgne » trois siècles et demi avant I^thagore. Roboam S#n fils fat la cause définitive de la division de l!état en deux royaumes, Juda et Israël;, il dit aux députés d'isradi : « Je rendrai plus pesant le joug que mon père avait mis sur vous; il TOUS châtiait avec des verges, moi avec un ibuet. » Les députés lui répliquèrent: «Et nous , nous te refusons pour notre, roi (lOS). » Mais en détruisant son unité , le peuple hébreu perdit sm principale force*

Les détails des guerres entre les rois dlsraêl, et lesrob de Judai. des guerres Contre les Am* monites y les Idoméens , les Acabes , les Égyptiens , les JSfyries^d , les rois d'Assyrie , remplissent

ROIS sr emiLBXi. : 9(0

hê énndeA de ce peuple. Taatôt vaincu , tantôt Taio queur ; entraîné > vers Tidolâtrie et ramené à la loi priittitiTe ; faisant des rois et les précipitant de leur trône ensanglanté ; les jugeant à leur mort , et leur accordant ou leur refnsanli à Texemplô des Égyptiens, les ikonneurs de la sépulture royale (104) , ils arrivent à Tépoque où les tribus d*Israêl transportées en Orient par le roi d^Assyrie devancent d*nn siècle environ les deux tribus de Juda et Benjamin écrasées par les armées de Babyione *.

* Les vois é» Juda sont aa nombre de vîpgl; engéoénil le trdne {»as8a paisiblement, du père au fils : plusieurs U distinguèrent par d#s vertus. 1. Roboam mouratvers lan 958 f$ 2. Abiam son fils , trois ans après; 3. Asa vécat dix ans sou«.Ia régence de Maaca aê mère ; 4. Josaphal, ami de la paix et de la justice» voulut établir la navîga* tion sur la mer Bouge , il mouraft en 891 ; 5 Jorani , cruel comme Athalie sa femme; 6. Ocbosias tué par Jébu; 7. Àthalic ; 8. Joas meurt par snite d\me conspiration» 838; 9. Amasias vainqueur dfsjdnméenç , battu par Joas roi d'Israél, 811 ; 10. Osiaa ou Asarias grand guerrier , protecteur .des arta et de l'agrioultnre , mort trois ^aus enfi^ ron avant la lipndation de Rome , 759 ; 11. Jovlhan.son fils, vertueux ; 12. Acbaz appelle Tétranger ; 13. Ëzéebias pieux, vertueux, brave, éconon^ et chéri du peuple, règne vingt-cinq ans, 689; 14. Manassé remplace le culte 4e J^bovab par le culte phéi^pien; emmené captif en Jbsgrrîe , il eat readu à la liberté et soutient la caaae ûm ÀssyrieoB «oali» l'%Fpte} 16. soi» fils kmm, tysmt

•264 UTU TI. *-GHAP. III.

Entre ces dens catastrophes , lé pelît^fih de Salmanazar ayant en à soutenir une gaerrè con* t^e le roî desMèdes, envoya Tordre à tous les peuples occidentaux d'acconriràson secours : maïs on ne récouta point. Malgré cela, la victoire se décida en sa faveur. Le général en chef de ses armées fut chargé de tirer vengeance du mépris

protèf^e le cnlte des idoles, et périt par une conspir»tion, 642; 16. Josias rétablit le quUe de Jésbotab. On retrouve le livre original de la loi. Les deux règnes précédens expliquent comment il s*était égaré, et ne prouvent en aucune manière que des copies n^existassent point dans les antres ville» de Juda ; il meurt en 611 ; 17. Joachas, détréné par le pharaon Néco; 19. Joakim, prophète Jérémie ; 19. lîéhoakim sq^i fils transporté eu Babylone ; 20. Sédécias son oncle , établi roi par Nabuèhodonosor, ensuite pris dans le siège de Jérusalem, 588 ; les Babyloniens hii crèvent les yeux , massacrent ses

' enfans et remmènent esptif.

Dix-neuf rois d'Israël : 1. Jéroboam; 2. Nadab son fils tué en 953 par 3. Baasa; 4. Éla fils de Baasa, tué en 929 par 5. Zim ri qui est forcé de se tuer lui-même; 0. Omri ; 7> son fils Acbab, prophète Élîe ; 8. Ochosias fils d*Aehab, mort en 896 ; 9. Joram son frère tué en 833 par 10. Jébu , prophète Elisée; 11. Joachas fils de Jéhu, mort en 856 ; 12. Joas fils de Joachas ; 13. Jéroboftm II fils de Joas; 14. son fils Zacharie, 772 , tué par i5. Sel-

' lum , qui fut tué un mots après par 16, Ménahem ; 17. •on fils Phacéia fut tué in 750 par la. Phacée qui fut tué

'par 19. Osée, lequel est emmené en cd^tivité par Salmanttar, treute-six ans après 1» fouisl&oB ds Bomc.

•' ROIS ET GtERRES. iMS

qH'oD avait fait 'de ses ordres. A la tête de forces ' supérieures -, il trai^ersa la Mésopotamie , ta €ili« ' cie et se répandit dans les plaines de Damas. Il fcrÂla les moissons , détruisit le bétail , pilla les campagnes, saccagea les Tilles, et 6t passer toute la jeunesse au tranchant de Tépée (105). Les habitans de Sidon , de Tjr et de tontes les contrées ' voisines furent saisis d'épouvante et consentirent ' à se soumettre ' aux conditions les plus dures , à f voir ravager leur conti*ée, couper leurs bois, ' renverser leurs temples , et à reconnaître le puis* sant roi d'Assyrie pour le seul dieu de la terre. Le grand-eoQseil de Jérusalem avait écrit en tous lieux qu'on se mit en état de défense. Holopherne était déjà canpé devant Béthulie , Tune des clefs septentribnaies de ht Judée. Sans exposer ses troupes dbns les montagnes, il parvint à interceptei* les eaux des assiégés. Le conseil de la ville, eédânt au désespoir des habitans, résolut d'attendre des secours pendant cinq jours encore et de se livrer ensuite à discrétion* Mais une jjjBtine femme, veuve , et aussi renommée par sa vertu que par sa beauté , se présenta devant eux : « A quoi servirait à la Jqdéè et à nousmêmes d'ouvrir nos portes à l'ennemi ? Ayez bonne confiance en l'Éternel; je médite une action dont parlera Tavenir *, » Bile se revêt de

* Le moment où Judith prononce ces mots était digne

380 UTEB TU CSAP«m»

ses plos^ riohes TétemeDs et se rend aree sa sni- ▼ante ao camp des Assyriens, coonme si elle fuyait Bétholie. On Tentonre avec admiration, on se plaît à Icntendre prédire rabaissement des Hébreux et les saccès réservés aux gnerriers d'Assur. Le soir du quatrième joar, au milieu des délices d*un festin , le général la fait appeler et placer à ses côtés. Des torrens de vîo égaient la fête. Bientôt les conviés disparaissent, il reste seul avec l'étrangère ; mais les vapeurs du repas remportent sur son ardeur ; il se coucbe et s'endort. On sait comment les choses se passèrent. Le lendemain , les assieds excités par JodiUi font une fausse attaque. A Taspect du tronc inanimé de leur cbef, la terreur s'empare des Assyriens, et la patrie est samrée. A«Ant de reprendre les habits^ de son veuvage, qu'elle ne quitta plus de sa vie, la libératrice des Hébreux et toutes les femmes, redirent en chjoeur le chant qqi suit,

« Assur est venudc Laquilpn avec les mit- » liers de son armée ; sa multitude tavissait Us » torrens et sa cavalerie couvrait; les.. vêlions. » Il se vantait de brûler mon pays|^ de passer » nos jeunes gens au fil de i'épée ; d^ froisser » contre ietSfi tes nouveau-nés ; de détruire tous

d« la peintuM plutôt que la situation ]ioi;itble dans laquelle on 8*e8t plu à la représenter.

aoia BT GmwM. 907

» DM cdDfant , et de se partager nos vierges* Mais » ie TontJPoisaaiit a frustré ses espëranceiw Ce »'ne sotilni des feunes gens, ni des homines .9 de iMiute taille qui ont ranTersé rhomme fort, » c est Judith fille de M^rari. Elle a quitté la j» tunique de son veuvage pour délivrer Israël ; :• elle s'est parfumée; elle a arrangé ses che- » veux sous sa eoiffure ; elle a choisi sa robe » la plus fine, Uélégance de sa chaussure a char- » mé lennemi ; sa beauté l'a vaincu, et il est » tombé sous le. cimeterre. Tant de fermeté a » étonpé' les Perses , et les Mèdes ont frémi d*une » si gif*an4e audace (106) »

Le roi' de Babylone avait établi sur la Judée nn gouverneur hébreu. 11 périt bientôt sous les coups de quelques conjurés «aidés par le roi des Ammonites. Malgré lavis, de Jérémie qui ne voulait pas qu'on abandonnât le sol » la majeure partie du peuple que la captivité avait épargné, Venfuit en Égypt^^ Ams la crainte des Chailléens.

lias Jnifff , nmis de Fédit de Gyrns , relevèrent 1^ t^i^le «ans rétablir les rois. Poors'oppojserant SaidaliHaiiisttaux Arabes qui menaçaient Jérusaleai , Ifîéhémie organisa tons les hommes qui travaillaient aux fortifications : « Je plaçai pantofft des sentinelles , et je rangeai dei*rièré la muraWU , sur dea^ lieux élevés , le peuple en

2C8 UVB« ▼!. — GHAP. IIU

«rmes. L'attaqae n'ayant pas eu lieu , nous reprîmes nos travaux. Je divisai^ nos gens en deux bandes; tandis que Tune s'occupait à bâtir, l'autre était prête à combattre. Ceux même qui tra^ Taillaient portaient leurs épées. Un trompette était près de moi , et comme l'ouvrage embrassait une grande étendue, je dis aax principaux: des que vous entendrez le son de la trompette, accourez. La nuit, nous faisions -la ronde, nous ne quittions pas nos Télemens (107). »

C'est en ce même temps que les Hébreux , répandus dans la Perse et dans l'Assyrie, darent aussi leur délivrance aune femme , à l'aimable E&ther, dont les charmes , que la poésie française a si harmonieusement célébrés, avaienttouché le cœur d'AsMérus , «ou Darius fils d'Hystaspe. L'heure d'une extermination générale allait sonner. Elle se présenta devant le roi , craintive , agitée , liM découvrit son origine , accusa un ministre cruel, obtint HÉiie justice qui fut malheureusement souillée par la vengeance , et vit Mardochée son oncle élevé au suprême rang.

La domination des Perses était modéi'ée , elle n'occasionna aucune guerre remarquable. Sôus les dynasties des «uccesseurs d'Alexandre, les Juifs, désirant mettre un terme aux déchiremens qne leur causait le passage perpétuel suF leur territoire des armées syriennes et égyptiennes, se

ROIS BT GVERRES. 269

joigniroot à Ântiochos dît le Grand ; c'était le ftîxièmerôt de Syrie ^depuis Séteucus Nicator qui avait fondé dans Tannée 812 Terapire des Séleu* cides. Ils espéraient repousser dans ses limites Ptalémée Émergé te , dont le père Philopator les avait craellenienl tyrannisés. Mais il n'en résulta pour eux rien de favorable. Jouet des deux nations rivales auxquelles leurs forces ne pouvaient être comparées, ils furent réduits à la dernière extrémité par Antiochus Épiphane, petit-fils d'Antiochiis-le*Grand.

Si Ton considère les causes de toutes les guerres violentes qnih ont soutenues , on se convainci^ que jamais elles ne méritent le nom de guerres re/^gîetfses, dans le sens on nous prenons ces mots aujourd'hui. Sans doute leur culte y joue un principal rôle ; mais leur culte était une des faces importantes de la constitution politique , il avait pour but de servir de rempartàla loi. Tant qu'on • n'attaquaitpointceretrancfaemetityilsseflattaient de reprendre le terrain qui leur avait été enlevé, et de secouer le- joug que leur imposaient des circonstances majeures. -Mais dès que l'ennemi menaçait de les chasser de cette dernière retraita , le sentiment comprimé de la longue se* rie de vexations dont on les avait accablés^ avant d'en venir à cet excès , se réveillait avec force. La- question d'être on de ne pas être s'offrait -i

870 UTAS TI.— <GBAV. III*

«nx , et Us se précipitaient dans les dang^s avec la résolution d'en triompher ou d'y moiu^ir. Antîocbus Épiphane çn 6t Tepreave. Après aToir pillé , riiioé le pays y s^adoy é les dissensions intérieures 9 il voulut introduire le culte grec. La résistance irrita sa colère; les transports de joie que manifesta la Judée au bruit mal fondé de sa mort la portèrent au comble; Il répandit le sang a grands flots , le temple fut profaoé., les livres de la loi devinrent la proie des flaiuaies« et l'on força les juifs que le fer du soldat avait épyftrgnés de sacrifier aux idoles. Une foule préféra le supplice a Tignominie. Tels furent, dit-^oDy les sept frères M acbabées et leur mère qui ont tiré leur nom du livre da^s lequel cet épisode est consigné» et qu'il faut bien se garder de confondre avep l'héroïque famille des Machabées on pi^ipqes Asmonéens do^t je vais paHer.

Le pora d'Asmonéens leur.venait d'Asmonius , >an de laurs ancêtres; le nom de Machabées , des premières lettres réunies de quatre mots hébreux qu'ils auraient portés . sur leurs drapeaux, ayant pour signification : <c Qui d'entre les forts est . semblable à toi , ô Jéhoyah ? «

Qans la ville de Modin, tribu de Dan , le vieillard Matathias , leur père , répondit aux ordres du rpi : « Lors même quç tontei les nations céderaient à Avtiochus , iioMs liii résisterions, moi,

nois vs erBMiES. < 971

mes ^inq fil9 et mes frèreé. » Ma» tin lAcbe juif accomplit à ses yeux le sacrifice 'qu'on exigeait ; il le frappa de sou épée, renversa à ses c^tës le satellite d'Anliochus , et d'une Toix à laquelle Tâge n'avait rien été de sa force , il s'éeria': « Enfans d'Israël, vive la loi ! Qu'ils me suivent ceux qui lui restent fidèles. » Ce signal retentit au loin *.

A sa mert , Juda Madiâbée son troisième fils s^arme de pied en cap comme un géant. Dans une grande bataille il défait les Syriens , tue de sa propre main ApoUotiius leur généi'âl et {>rénd son épée , dont il se servit depuis. Des forces su^ périeures s'avancent : k Ne les craignez point , dîk«41 aux Juifs^ ; ce n'est pas du nombre que dépend le succès des armes : nous combattons pour nos personnes et pour nos lois. Marchez , le Ciel viendra à notre aide (108). »

Uo autre corps dWmée plus fort encore arrive en toute hâte pour finir d'un seul ooup Tingurrection. Juda fait dérouler le livre de la loi : « Préparez-vous pour la bataille , il vaut mieux mourir les armcâ à la main , que d'être témoin^» des maux qui accablent notre patrie et de la désokitio» de nos saints lieux. > Par tkne marche

. • Van 167 avan^notre ère , époque de la guerre des, Romains en Macédoine , et de la chute de Pcrsée^

273 LITBB TI»— rOUlP* IH.

rapide U trompe IVnn^fni » porte la flamme daos son camp et le force à la retraite.

L'anoée suivante , un quatrième succèl accomplit raffraochisse^ient du territoire. Il purifie le temple, il réorganise l'État *^ il entourai S#pn de muraille^ et élève des forteresses sur les. pdiiUg les plus importans. Les Iduméens» les Ammonites, les Arabes se déclarent contre lut; il. les soumet les uns après les autres. Ne «onduisant jamais plus de huit à dix mille hommes « on le iroit partout, au nordietau.midi. Alors Antiocbo» Eupator, jeune successeur d'Épiphane , accourt: lui-même à la této de forces innombrables diri- . gées par son général Lysias. Juda tient conseil; avec les anciens pour savoir si Ton attendrait Tennemi ou si Ton volerait à sa rencontre. Son avis est de marcher; il prévalut. « Ënfans dlsraêl? hésiteriez-vous de combattre vaillamment jusqui la mort pour vos loi$ , Je iemph, la cité la patrie , la république (109) ?» On tombe de Quit sur le camp syrien et quatre mille hommes spot frappés. Mais il faut céder aux masses . syrÂeHae^; Éléazar Machabée se précipite à travers

* C '«st en commémoration de cet avènement iiatiooal que fîit instituée une grande fête que les Juifs célèbrent encore ; ils allument pendant huit jours une lampe à huit hecs , attendu que la purificatien du temple dura tout ce temps-Ik.

ROIS ET GVERRES. 273

leurs lignes , renverse toat ce qui lui fait obstacle et meurt y dit-on , sous le poids d un éléphant, qu'il croyait porter le roi, et dans le flanc duquel il avait enfoncé son glaive. L'ordre de bataille de Tennemi était redoutable. Ses troupes garnissaient les hauteurs, ses éléphans couverts de machines et d'archers savançaient dans la plaine ; autour de chacun de ces animaux étaient groupés cinq cents chevaux et mille fantassins ; une cavalerie légère jetée sur les ailes animait les combattans par des fanfares : toute cette multitude marchait avec ensemble et fermeté.

Quand le soleil naissant darda sur leurs boucliers d'or et d'airain ». les montagnes furent resplendissantes, on aurait dit les voir en feu (HO). Enpator devant Jérusalem dressa des machines qui jetaient la flamme , des pien'es , des dards et des flèches : les assiégés lui opposèrent d'autres machines. Heureusement des troubles éclatent en Syrie : on propose aux Juifs une capitulation honorable; ils l'acceptent, mais le roi entre dans la forteresse de Sion , trahit son serment et la fait démanteler.

Juda avait eu garde de s'enfermer dans les murs ; il tenait des forteresses et un^ grande partie du '^ pays. Démétrins Soter, échappé de Rome où il avait été conduit pour otage, fit mourir son frère Eupator et Lysias, et régna sur T. II. 24

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