LIVBB TI. — CHAP. III
être éterneile... Aa premier bmit de ce fumste accident, toutes les irilles de Judée furent émues; <les ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitans ; ils furent quelque temps muets , saisis , iuimobiles. Un eifort de douleur rompant enfin ce long et morne silence , d*une voix entrecoupée de sanglots que formaient dans leurs cosui^s la tristesse , la pitié , la crainte , ils s'écrièrent : « Comment est mort cet homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël! » Â ces cris, Jérusalem redoubla ses pleurs ; les voûtes du temple s'ébraiilèrent; leJonrdain se troubla, et tous ses rivages retentirent du son de ses lugubres paroles :
« Gomment estmort cet homme puissant qui sauvait le peuple dlsraél (223) ! »
u Sois notre chef» , dirent les Hébreux à Jonathan frère de Juda , et il fut digne de celui à qui il succédait. Les armées étrangères éprouvèrent sa valeur ; mais afin de laisser i*espirer la Judée , il transigea avec les rois de Syrie et leur reconnut une espèce de suzeraineté , dont le développement naturel des forces du pays devait faire bientôt justice. Tous ses soins eurent pour but de rétablir en tous lieux I oirdrè et ià puissance des lois. Les dissensions de Syrie lé favorisèrent. Démétrius Soter avait été renversé Tan 100 avant rère vulgaire par un usurpateur, Alexandre Balas , à qui. Démétrius^ Nicator fils
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de Soter arracha la couronne. Elle fnl reprise pour quelque temps par Antiochus £1$ de Balas. Jonathan , recherché de tous les partis , sat profiter des divisions qui assuraient le repos de sa patrie. Mais après dix*huit ans d'un gou*- Ternement glorieux, il tomba dans des embûches qu'on lui tendit en pleine paix , et fut mis à mort par Tryphon, général de l'armée syrienne, qui, ayant formé le projet de s'emparer du trône , Tonlut priver Antiochus d'un de ses plus redoutables appuis *.
Simon Machabée était le plus âgé de ses frères après Jean , déjà mort comme eux dans lès combats ^ il avait servi de tout son cœur sous leurs ordres et, participé à toutes leurs victoires. Dans l'assemblée générale de Jérusalem , des acclamations unanimes le reconnurent prince des Juifs. Il accepta malgré ^on grand âge. « Tous mes frères ont péri en défendant la cause d'Israël , à Dieu ne plaise que je cherche à épargner mon sang dans ces temps d'affliction : me voici prêt à combattre pour la nation , nôtre temple , nos en&ns et nos femmes. »
Si l'héroïsme guerrier fut le principal carac-
* L'an 143: trois ans ayant, en 146, fin delà troisième guerre punique, destruction de Gartbage. Guerre de Vi~ riathe, le Machabée de la Lusitanie , contre les Romains; destruction de Numance , 133.
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tère d« Jttda Maciiâbéd ; si Jonathan unit la p<H Ittiqaeau coorage, jamais homme d'an cœurpflat droit qoa Simon , et dune vertu plus gt'acieuse, ft'a commandé ïi un peuple* Vaillant dàïid le« combats, compatfistant enveri le$ vaincus , sa« cri&ant sa propre fortune au bien public , s*ocèupant à relever les humbles , à faire triompher la loi et à corriger tous les abus , il accrut durant tout le temps de sa magistrature la prospérité de l'État, il acquit Teslime universelle des étran^ gers , et rendit sa puissance et sa gloire aussi agréablos qu'utiles au peuple.
Les Juife , voulant consacrer par un monumettt leur étemelle reconnaissance , firent graver sur des tables d'airain ce qui suit : « Dans la grande assemblée de toute la nation , il a été dit : que Simon fils de Matatbias et ses frères ont résisté aux armées étrangères, pour conserver le$ saints^ lieux et la loi , et qu'ils ont acquis à la nation beaucoup de gloire : que Simon , en particulier, a non seulement combattu avec ardeur, mais qu'il a dépensé la plus grande partie de son bien pour armer les hommes vaitlans , p6ur leur feVir^ nlr la solde , et pour acheter des munitions de guerre; qu'il a de plus fortifié un grand nombre de villes et mis les affaires en état de prospérité. En considération de toutes ces choses , il a plu à la nation de le reconnaiUre prince ,00 m4«<
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ma tetnpg grand-pontîfe ; car elle est tît^dvaiificad de 4a justice , de la foi qu'il lui a gardée, et de foa aèle pour le bien diù pays (114)..;.. w ; Poui^quoi faut-il qu*un monstre ioit entré dans sa fiftmille ! Démétrius Nicator était prîsonniét^ des Parthès , qui depuis cent yingt ans èhf îtnifn àTaieat foraié sous Arsace 1"* un royaume, ambitiette de s'étendre de TEuphrate à TltidUs. Son frère Antiochus Sydètes épousa Mtib fille de Phtlométer rot d'Egypte , qui ^ accordée d'abord a Alexandre Balas, passa dans les bras dt^ autres rois de Syrie cotntaô une àttebance de la eour»one;en même temps il âiarcha contre Try-^ phoo i et le vainquit avec le Secours des Jififs. Maii dès qii'il se Otit afierrât , ses prétentions ént la Judée fie reneavelèrent. La réponse que seil ambassadeurs reçurent du prince, montre lapb'^ Utiqoe de la nation et la persévérance areti \é^ quelle elle espérait toujours regagner la i>oii^ tion indépendante et libre , objet de se^ Vœti\i « Vous teneï Joppé en votre pouvoît', dlt'Ato« tioofaus, Gatartf et la forteresse de JémsaleiiU ,' ville qui me doit le tribut; voua avez pointé hl destruction en divers Ueut el dominé éiir plu-* sieurs points de mon royaume* Maintenant , H^ vrez-moi les villes que vous avez prises , ou payez mille talens d'argent. Si vous Refuses y («vous déclare la guerre. — Nous ne iWms ^bnïmèii em>