LITAB VU. CHAP. IV
commun ; c'est pourquoi Ton disait qu'un bâtard instruit devait avoir le pas sur un pontife suprême ignorant (78). Le soin quMls mettaient à conserver leurs généalogies était exigé par les époques périodiques ou chacun , devant ressaisir la propriété de 8a famille , avait à présenter son titre. G*est une chose assez singulière queBossuet, parlant des abus qui , dans les derniers siècles de la république , avaient dénaturé la constitution primitive , s'exprime en ces termes : a -A ces maux se joignit un bien plus grand mal, l'orgueil
et la présomption Us se crurent d'une autre
espèce que les autres hommes , et ils les regardèrent avec un insupportable dédain. Etre sorti d*Abraham, selon la chair y leur paraissait une distinction qui les mettait naturellement au-dessus de tous (74).» Mais que faisait Bossuet luimême ? n'employait-il pas toute son éloquence pour la conservation d'un état de choses, dans lequel être sorti, selon la chair ^ de quelques ancêtres recommandables inspirait toutes ces présomptions-là ?
Les descendans de Moïse , de Josué , de Samuel , se perdirent dans la foule , et ne pensèrent pas que la seule grandeur de leurs ancêtres leur don*nât le droit de s'élever au-dessus de leurs frères. Le titre d'enfans d'Israël était le plus noble à leurs yeux. Dès lors , on ajoutait dans les ac-