‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 4)Chapitre 32 sur 69 · I. lo · texte numérisé non relu

I. lo

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Elles le rangent parmi les grands-officiers du royaume ^^! Quel est le but de la révolution qu'opère le pontife Joad à Taide des chefs de l'armée et des anciens , et comment se passèrent les choses?

Plus de cent ans avant la fondation de Rome, Athalie fille d'Achab , roi d'Israël , et de Jézalfel fille du roi de Sidon , était montée au trône de Juda par le massacre des enfans de son propre fils. Un seul avait échappé k ses coups, grâce au courage de Josabeth , sœur consanguine du feu roi et femme de Jéhôiadah ou Joad. Depuis sept ans, la tyrannie de cette reine pesait sur le pays , lorsque le pontife s*entendit avec des officiers de l'armée , et les chargea de parcourir le royaume pour engager les lévites et les chefs des pères d'Israël à se réunir à Jérusalem. Toute cette assemblée jura de rendre le sceptre au rejeton du prince le plus vaillant et le plus national qu'avaient eu les Hébreux, de David. On s'arma secretement , et au jour convenu on proclama au bruit des trompettes le nouveau roi. Athalie étonnée et furieuse se précipite sans gardes dans le temple et tombe au pouvoir de ses adversaires, en criant de toutes ses forces : Conjuration ! conjuration ! La perfidie à laquelle Joad a recours dans une tragédie célèbre , pour s'emparer d'elle , n'est donc qu'une fiction du

MAGISTRATURE SACERDOTALE. it^^

poëte. On l'entraîna et l'épée fit justice de son ambition parricide. Le texte nous montre Joad comme le généreux restaurateur des droits de la nation. Après avoir conclu une alliance avec l'armée et les anciens , il fait établir le roi par le peuple ; ensuite lui-même , tout le peuple et le roi , c'est-à-dire les trois tètes qui portaient les trois couronnes d'Israël , traitent une autre alliance ; ils redeviendront lé peuple de Jéhovah, ils se soumettront en tout point à la loi . primitive : une troisième alliance est conclue entre le roi et le peuple : Joad n'accomplit rien qu'accompagné des centeniers de l'armée , des hommes les plus notables , des hommes en autorité sur le pays , et de tout le peuple du pays. Enfin , le résultat de ses eflForts est de donner à toute la nation de la joie , et à la ville du repos '^. Les vers suivans de Racine, quelque sublimes qu'ils soient, se trouvent donc de beaucoup au-dessous de la vérité, en ce sens, que le texte ne se borne pas à recommander au roi <le ménager le peuple; mais il montre l'importance de ce peuple lui-même par le rôle qui lui est réservé .

Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois^ Maîtresses du vil peuple , obéissent aux rois ; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même;

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Qu'il doit immoler tout à sa grandeur suprême; Qu^aux larmes, au travail le peuple est condamné. Et dun sceptre de fer veut être gouverné; Que s'il n'est opprimé, tôt ou tard il opprime.

Les choses se maintinrent dans un état con-venable pendant toute la vie du magistrat sacerdotal; mais il eut à peine fermé les yeux que les courtisans s'emparèrent de l'esprit du roi, qui, ayant bientôt perdu le souvenir de tous les bienfaits de Joad , fit assassiner le pontife Zacharie son fils, dont les justes plaintes lui étaient devenues insupportables.

Enfin si, un siècle plus tard /le roi Osias, après avoir obtenu les succès les plus glorieux à la guerre , éprouve de la résistance lorsqu'il prétend s'emparer du sacerdoce national, oo doit en faire honneur au pontife , et nullement y trouver la preuve que le pouvoir résidât dans sa propre tribu. Peu importe la lèpre dont les chroniques assurent que ce roi fut subiterrlent saisi en punition de son audace ; mais le pontife suprême marche à sa rencontre comme il s'avançait vers l'autel , et lui dit avec énergie : « Retire-toi , Osias ^ tu n'es pas dans ton droit; la loi ordonne aux seuls enfans d'Aaron d'offrir le parfum , et ta conduite ne te tournera pas à honneur devant l'Eternel ^^. »

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