MAGISTRATURE SACERDOTALE. I
C'est durant Tépoque très-peu connue qui suivit le gouvernement de Néhémie , après la captivité de Babylone , que les grands-pontifes devinrent réellement les chefs de la république .. Leur pouvoir se mamtint d'autant mieux que les. Pois de Perse et de Syrie, tenant la Judée tributaire, aimaient à la voir gouvernée par des.
hommes plus pacifiques, de leur nature que guerriers.
Josèphe nous apprend que treize pontifes s'étaient succédé depuis Aaron jusqu'à la fondation du temple de Salomon, vers Tan 1000 avant notre ère ; dix-sëpt , depuis cette dernière époque jusqu'à la captivité, Tan 588; et seize, depuis le retour de la captivité jusqu'en l'année 167, parmi lesquels les plus remarquables sont Jaddus, qui reçut Alexandre à Jérusalem,, et Simon , surnommé le Juste .
Alors, les choses changèrent de face. Ce n'est pas en leur qualité de sacerdotes, mais comme citoyens, que les Machabées levèrent l'étendard de l'indépendance : et le peuple qui réunit en eux la dignité de grand-pontife à celle de chef suprême, trouva cette fois la plus légitime excuse dans la nature des circonstances, qui exigeaient qu'on mît dans les mains de ces hér#s tous les moyens propres à faire réussir leur entreprise. Néanmoins ces deux
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titres leur furent accordés séparément : et Ton disait d'eux qu'ils étaient princes des Juifs et grands sacrificateurs '' , par la raison que l'une de ces fonctions n'était point la conséquence de l'autre. ,
Sous leurs successeurs et sous la dynastie d'Hérode , le pontificat fut à la merci de ceux que la force étrangère protégeait.
Enfin , après avoir présidé quelque temps le conseil des anciens , sous les procurateurs de la Judée , devenue province romaine ; après avoir essujé des désastres pendant le gouvernement de Félix, qui fit assassiner le pontife Jonathas , et sôus le roi Agrippa II , qui accrut les discordes intestines, les sacerdotes prirent une part honorable à la guerre contre les Romains et partagèrent les fatales destinées de la nation»
Où est donc la théocratie? Ne s'est -on pas laissé imposer par une locution propre aux Hébreux; par l'emploi continuel et général du nom de Jéhovah? ;N'a-t-on pas confondu dans les mêmes mots , des fonctions dont la nature et le but oflFrent des contrastes profonds? Ahf sans doute , la théocratie des modernes a puisé dans la politique de Moïse ! Une milice religieuse a été jetée comme un réseau au milieu des Etats. Mais quelle différence avec la magis-^ trature de Lévi î L'une correspond à un point