MAGISTRATURE SACERDOTALE
central étranger; elle a des intérêts séparés de ceux de ces Etats même; elle n'est atta* chée au pays ni par l'amour des femmes ^ ni par la sollicitude pour des enfans ; elle est aveuglément soumise à des lois particulières et inconnues aux peuples ; dans le sein desquels elle s'introduit. L'autre au contraire a son centre dans la capitale même d'Israël , sous les jeux du conseil national; elle a pour but de fortifier l'union nationale , de présenter sans cesse au peuple la loi qui règle le mode de sa propre existence y de diriger toutes les âmes vers les intérêts positifs de la nation et de l'homme : elle est citoyenne dans ses intérêts privés, citoyenne par ses affections de famille , citoyenne par ses espérances. Et quelle différence surtout entre les temps d'alors et les siècles modernes ! L'état des esprits , la difficulté de la communication des pensées, l'enfance des sciences et des lettres, tout justifie l'institution de Moïse ; tout lui donne un grand caractère de sagesse.
Mais ces circonstances étaient de nature à changer; mais l'âme sublime du législateur aspirait à une époque où la connaissance des choses et l'intelligence des lois seraient également répandues sur tous. « Quoi ! disait-il avec une généreuse indignation au jeune Josué qui
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voulait empêcher deux anciens d'Israël de pro* phétiser dans le camp, quoi! tu serais jaloux en ma faveur ? Plût à Dieu que le peuple entier fût nyojant comme moi-même ^^; que l'esprit qui m'anime reposât sur eux tous ; qu'ils devinssent tous sacerdotes de l'Eternel, de la justice et de la vérité , pour vivre long-temps et bien sur la
terre! » Jérémie ne fit donc que répéter
sa propre pensée , quand il annonça que le sa- <Derdoce spécial serait enfin superflu. « En ce jour , Jéhovah traitera une alliance rfouvelle avec son peuple. Ils porteront tous la loi au fond du cœur , et il ne faudra plus que les uns enseignent les autres, en disant : Connaissez l'Etemel f car ils le connaîtront tous, depuis le plus grand jusqu'au plus petit ^^. »
Ainsi, la question est déjà éclaircie : ainsi les lecteurs ne seront plus abusés par la Vulgate , qui fait dire à l'Eternel : « Vous me serez un royaume sacerdotal; ni par Sacy , qui traduit : Vous serez un royaume confirmé par la prêtrise. » Les intentions cachées sous ces derniers mots ne sont pas pures. Le texte parle autrement : Vous êtes constitués d'une manière qui vous distingue de tous les autres peuples : vous deviendrez une nation sainte , un royaume , un peuple de sa^ cerdotes : c'est-à-dire que bien loin d'être assujettis, comme il arrive en Egypte, dans l'Inde,
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partout, à des castes sacerdotales qui s'emparent des lumières , des richesses et du pouvoir, vous participerez tous également à ces lumières , à ce pouvoir, à ces richesses.
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