‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 4)Chapitre 45 sur 69 · TRESOR >ET IMPOTS · texte numérisé non relu

TRESOR >ET IMPOTS

Yelles preuves que le trésor du temple appartenait au peuple lui-même , et non pas à la tribu sacerdotale , sont fournies par les événemens des règnes d'Asa , d' Achaz , d^Ëzécliias , où le pouvoir politique puise dans le trésor de la maison de Dieu , pour conclure des alliances ou pour éloigner de puissans ennemis ^^\

Maimonide , qui a mal envisagé un {principe sur lequel je reviendrai plus tard , ctmfirme la cho^e en ces termes : « Le roi se gardera d'usurper l'argent ^t l'or de^qes sujets, de l'accumuler dans ses trésors, et de le faire servir à ses jouissasices partijculières et à sa vanité : mais il n'en demandera que ce qui est convenable pour son armée , ses serviteurs , ses ministres ; et il déposera le tout dans le trésor de la maison de Dieu, soi>s la surveillance d'hommes fidèle&, afin qu'on puisse y recourir sur-lç-champ., suivant 4es besoins de l'Etat '^'*. >^

Pour conserver dans sa république l'amour de l'égalité, et des lois. , Lycurgue imagina de priver Lacédémone de toute monnaie d'or et d'argent, et de les remplacer par des pièces pesantes de fer et de cuivre. Moïse ne fit point cela; mais il semble qu'afin.de mieux exciter le peuple^ hébreu à vivçe de ses produits et de leur échange , ses efforts eurent pour but de diminuer la masse des richesses métalliques,,

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soit en leur donnant tin débouché dans le bril-^ lant appareil dont il entoura le culte ; soit en établissant le dépôt du sanctuaire. A son instigation , les- tribus , dans le diésert , ofirent ce qu'elles ont de plui{ riche en métal. Après la guerre contre Madian, tout ce qui était d'une utilité directe» tomba en partage au peuple, tandis 4fae les objets en or et en ai^nt furent ^posé^ d^s le tabernacle : enfin il prescrivit non setrlement de briser les. statues des idoles dont on se serait lïëndu maître à la guerre , mais de ne pas désirer l'argent et l'ôr dont elles étaient coinpo^éés^ et de ne jamais le mettre en circtilatiott '*^

Paimi lefr fâcheuses conséquences du système exagéré de Salomon , celle-là n'est donc pas la moins remarquable , d'avoir attiré trop de richesses métalliques dans Jérusalem^ et d'en avoir fait un appât puissant pour les nations voisines. Alors plusieurs de ces nations qui, dans un état ordinaire des chcr^s, auraient eu intérêt à Vivre en bonne îtitélligence avec le peuple d'Israël, ne cherchèrent qtf une occasion pour s'emparer d*lrn si prfécieu* butin : tel fut le roi 'd'Egypte Sisak ou Sesonchis, parent par alliance de Salomon, à c^usè <Je la femme égyptienne que ce detniej avait épousée >. qui arriva sur la ludée avec une armée nombreuse, peu de temps

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-après la mort du prince hébreu ^ et dépouilla «Dtièremeatle trésor du temple et le trésor particulier du roi.

Le dixième de la dîme «tait apporté dans lés chambres de la maison de Dieu ; une partie revenait ausî sacerdotes> l'autre au trésor.

A chaque dénombrement du peuple ^ tout homme au-dessus de vingt ans devait donner un demi-side (vingt-cinq sous environ), que le législateur ne regarda pas conrnie un*impôt, puisque dans quarante ans le peuple ne fut dénombré que deux fois , mais plutôt comme un signe qui indiquait la présence des personnes ; c'est pourquoi il dit : « Le riche ne donnera pas davantage ; le pauvre ne donnera pas moins '^^ . » . Sous Néhéipie , le. peuple réuni en grande assemblée convint de payer le demi-sicle où le tiers de sicle tous les ans '^'. Alors ce fut un impôt réel^ et Ton manqua aux principes en déclarant que tous les hommes libres le porteraient sans distinction de fortune. Une seule circonstance semble lès j ustifier : il était consigné dans la première loi-, (jue le demi-sicle serait considéré comme le prix du. rachat de chaque individu devant l'Eternel : et lescitojens les moins fortunés se seraient offensés ,> peutêtre , qu'on leureùt,dema«dé un prix inférieur : ce sentiment se conçoit dans une république.

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Au commencement du mois A^adar^ vei^ février 9 le sénat faisait publieF^dans toutes les provinces l'ordre de satisfaire à la taxe . Les citoyens s'empressaient de l'apporter dans'l'aseemblée des anciens de leur ville, et la déposaienD sur de grandes tables ou dans 'des troncs. Après trois semaines, ceux quine s'étaient pas acquittés fournissaient uii gage : le lévite payait ou donnait son gage; le sacerdote. payait, mais ordinairement on n'exigeait pas de gage , par pure déférence. Dès que la perception était achevée , l'assemblée en calculait le produit et l'envoyait à Jérusalem, par un homme fidèle qui était reçu avec les mêmes formalités que les citoyens dans leur ville : le sénat , après avoir fait inscrire son. nom , son pays et la so^ime , lui donnait une décharge *^.

Les choses librement vouées à l'Etemet servaient aussi à accroître le trésor. On sait la propension des hommessuperstitieux à se rendre favorable par des offrandes l'être dont ils redoutent ou dont ils réclament l'intervention. Mais Moïse commença pair leur déclarer qu'ils n'étaient nullement obligés à faire des vœux; qu'ils pouvaient s'en dispenser sans crainte , et il. publia quelques règlemens qui semblent destinés à restreindre cet usage; celui-ci, par exemple : « Un honrnie qui veut racheter la chose qu'il a

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