CHAPITRE II
PONCTION1?AlRES DU CULTB. *
Oh a TU que le culte de Jéhovah se composait cle deux choses distinctes : Taction législative, et les formes conservatrices ; que le temple servait de palais aux deux corps chargés de ces fonctions ; qu'il renfermait la salle du sénat ou de l'assemblée d'I^aël , et l'enceinte sacerdotale disposée pour relever la majesté du texte de la loi qu'on y avait mis en dépôt. De là vient que l'expression, relever le temple y a un sens différent dans le langage des Juifs que chez les auCres nations , il signifie relever^ la dignité du peuple et tout le matériel de la république.
IjCS simples lévites préparaient dans l'intérieur du parvis les cérémonies; entretenaient
FOmCTlOVItklliEÉ DU CULTE. l^'j
la propreté ei l'éclat du teraplé ; montaient la garde sous les divers portiques ; veillaient sur les chambres du Trésor ; chantaient les louanges àe rEtemely et avaient à leurs ordres une classe d^individus appelés neûunéens, parce qu'ils s'étaient donitéssLU temple , comme leur nom l'indique , pour y transporter chaque jour le bois et Teau nécessaires.
Le service des lévites , d'abord fixé de vingt-cinq ans à cinquante , fut avancé par David à vingt ans. On tira au sort la distribution des rangs et on les divisa en vingt-quatre sections qui se succédaient toutes les semaines. Quatî*é mille chantaient tour à tour , et jouaient des instmmens de musique , dont plusieurs devaient leur invention à ce roi. Deux cent quatre-vingthuit cljiefs d'orchestre les dirigeaient, douze pour chaque section '^. Les principaux , savoir, Asaph, Héman, Jéduthun et leurs fils, composèrent une partie des chants réunis sous le nom de Dayid, lesquels étaient exécutés par les chœurs, accompagnés des instrumens*. Les titres seuls
* Les Juifn citent beaucoup d*instranieii9. Les principaux, sui la forme desquels il y a grande incertitude, sont le nalnU ou psaltërion, que Josèphe représente comme un in5trument ^ dix eordeSyidont on louait avec un archet ; le kinor, guitare, lyre ou harpe à douze cordes, sur lesquelles on portait les doigts ; le haxor, la sjrmphonie, la samèutjfue, le minnùn, qui comptent parmi les instrumens à cordes. Le ougab, qu'on traduit par orgue; ehophar^
ia8 LIVRE X. CHAP. II.
de ces chants, quelle qu*en soit la véritable date 9 prouvent qu'on leur appliquait des modes divers; à cause du défaut d'unanimité sur la signification exacte des mots, je les cite tels quels : Psaume de David , donné au maître chan tre , pour être chanté sur giUttit^ sur nehîlolh^ sur cliémimty sur chochanim^ sur maralat *^ etc.; tantôt c'est un chant de victoire , tantôt un chant nuptial, ou des chants de douleur, de désespoir, de supplications , d'actions de grâces ; ils portent des noms différcns : chûy signifie un chant en général; ainsi le Cantique des Cantiques s'appelle chir achirim; téliUuy signifie louange • ce sont les psaumes proprement dits; clugaiony misnior^ mictam^ maskil** y marquent des nuances diverses, comme élégie , ode, cantique, hymne. Citons un exemple , intitulé ffu'smor, qui a trait à une maladie essuyée par le poète.
« Jéhovah ! je l'exalterai , car je te dois » la délivrance ; tu n'as pas comblé l'espoir de » mes ennemis. J'ai élevé mes accens vei*s loi,
la trompe ou Mel, la cornir i\v. hélicr; ixusotsomt , les trompettes j rhalily la flûte; maskemkita, lo syrinx, etc. Toph , le tambour ou le tambour de basque ; tsUsilim , les cymbales ; chaUchtm , le trigone ) metsiltaîm , les sonnettes , etc. ( l-'oy. Calniet ,'sur la musique de^ Hébreux ; Pfeiffer, de re music. ueter. Hebrœor, )
* Ces mots sont pris par plusieurs pour des iuslrunit^ns, par d'autres, pour des indications du sujet.
** Le sens de ces mots est aussi très-indéterminé.
. FOVCnOVNAIIlES DU CULTE. 1119
^ et tu m'as accordé la guérisoa ; tu as fait re- » monter mon âme du tombeau , tu me rends à »» la vie *. Chantez TËternely vous qui l'aimez; )> que sa sainteté soit célébrée ! tJn seul moment ^ de sa colère détruit ; un seul moment de sa )» faveur donne une longue existence : le soir on i> est dans les larmes^ le matin dans la jubin lation. Durant les jours de mon repos, je » me disais : Rien ne peut m'ébranler.; le Trèsw Haut a £adt reposer sa force sur ma montagne. M Mais soudain il a caché son visage, et la ter- »> reur s'est emparée de moi. J'ai crié , je l'ai »> supplié en ces termes: Quelle utilitéy aurait-il » à me donner la mort, à me jeter dans le 9» pays d'oubli ? I4 poussière te célébrera-t-elle ? » répandra-t-^lle ta vérité? Daigne m'exaucer; )» prends pitié demoi-méme; viens à nK>n aidei • • • » Alors il a changé mes plaintes en chant d'allé- ♦> gresse , il a déà'é le sac de mon aJBGUction, pour » me ceindre de joie; il n'a pas voulu que je )» cessasse de chanter sa gloire , que je fusse » réduit au silence. Je le célébrerai donc à ja«
» mais '^. »
Quatre mille lévites , divisés aussi par sections, fournissaient les sentinelles du temple*
* La Vulgate traAluit : « Vous avez retire , Seigneur, mon àiuc de IVnfer. » Partant de U, on juge que Je sens du |)oëtc «^st souvent «nftièreinent change.