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loujoui-s vingt-<]uatre d'entre eux se tenaient aux (Histes marqués ; six à la porte de l'orient, quatre au septentrion ^ quatre au midi^ quatre à rentrée de IsPsalle du sénat , et six vers l'occident. I^es descendans de Moïse furent du nombre de ceux qui avaient à garder, les diverses chambres du Trésor '^\
Les soc^erdotes offraient les oblations^ les victimes^ et allumaient le parfum dans le li^ saint. C*est par eux que le feu perpétuel était entretenu y la purification des personnes et des choses accojnpiie , que les pains de proposition étaient renouvelés, la bénédiction donnée au peuple* ils se privaient de vins, de liqueurs^ et de tous les plaisirs conjugaux , lorsqu'ils* avaient à se présenter à l'autel.
Une tunique de lin longue et trës-juste, une ceinture ornée de broderies, des caleçonssous la tunique , une espèce de mitre ronde d'un tissu de lin très-épais , iormaient les vétemens des sacerdotes ordinaires. Le grand-sacerdote portait en outre une seconde tunique plus ample , couleur hyacinthe , ou bleu céleste , sur laquelle il passait Véphod, espèce de veste ^ d'un riche tissu , dont chaque épaule tte fut ornée d'une pierre précieuse , où l'on avait gravé, a la manière d'un cachet, le nom de six tribus. Le bas de ('otte seconde tunique était
alteruativdment garni d'à ne grenade faite en iin tordu , de diverses couleurs , et d'une olo^ chtstte d*or dont le bruit annonçait sôo entrée <ians le àeu très -saint. Sa ÛUare ^ beaucoup plus élevée qu6 la mitre des autres saeerdotes^ offrait au-devant une placfue d'or, attachée avec un cordon de pourpre, int laquelle on lisait ces mots : Saiistetb a JÉHOVAd ! '
ËniSn > le plu» remarquable des onierbens
pontificaux, est le rational àxx jugement , Ott
V Ourimêï Tommuti On* a écrit «les volum«s sur
ce. ratioual'. Il lançait des flaimiies; quand une
décision était deuiandeée au pontife y eUé'peN-
raissait.. à' sa aurCace ^cpmiM si oa l'avait gra^
véejles pierj?es dQHt il sel cwftpoaait^ brillaient
ou s'obscurcissaient^ selôu les circdnstances!.«l
ilien de tout cela dans Moïse* Un tism double >
dei laine var^ié^^^dô Un et db fils d'or^ d'une palmb
carrée (dû pouces environ), se- fixait sur là
poitrine par d^s chaineltes dont fes unes s'agraf-
iaient^aux ^paulettêa de l'épbbd, les autres au
ceinturon. Pouzè pj^rres précieuses, enobls^-
^ées sur quatre * rangs , partaient chacune le
Aom gravé d'une tribu 4'ial^ël / .sélqn Toidre
de naissance des fils de Jacob. C'est à ce sym-
Jbole de la fédération des tribus ^ et de l'unité
du peuple y que furent attachées par la pensée
les qualifications ourim et tounûin^ qui sigui-
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fient doctrine et vérité y ou plutôt lumière et perfection. « Tu mettras sur le rational da jugement Vourim et toumim qui seront sur le cœur d'Aaron, quand il se présentera devant TEternel : ainsi , le jugement des enfans d'Israël devant leur Dieu y sera toujours sur le cœur du pontife '^.» Ce jugement qui, les reconnaissant tous égaux, servira de base à ses méditations, donnera l'impulsion à son intelligence.
Josèphe , poursuivant , comme Philôn , cette idée que le temple représentait le' monde»
ajoute que «la tunique du souverain sacrificateur signifiait aussi la terre, la tunique d'hyacinte, le ciel, les pommes de grenade, les éclairs, ei le son des clochettes , le tonnerre ; que Tor qui brillait sur Téphod rappelait la lumière , les deux pierres précieuses attaciiées sur Tépaule, le soleil et la lune , et les douze pierres du rational, les douze mois ou les douze signe»
du zodiaque. » Une chambre particulière du temple était destinée pour les vétemens sacrés *. A chaque féte^ le pontife ne pouvait s'en revêtir qu'avec l'autorisation du grand-con-
* Lc5 yaccvdotes ordinaires et le pontife ne portaient de tame distinctif que dan.» le temple (J^tim/. xxviii , 4^ )• '^ Y ^ ^ f^randex diflTérencei d*opinion «ur l.i forme rigoureuse de telle ou t«lle ptrtic de leurs vétemens : nous n*«Ton.s pas à nous y arrêter.
FONCriONNAlRES DU CULTE. l33
9eil '*» On sait que les naziréens étaient les personnes de toute tribu qui se vouaient volontairement au service du culte. Ils laissaient croître leur chevelure et leur barbe, ils se pri* ▼aient de raisin et de toute liqueur. On les considérait assez pour que le prophète Amos fasse dire à rÉternel ': « Je vous ai retirés d'Ëgjpte, et vous ai conduits quarante ans^ î*ai rendu plusieurs de vos jeunes gens pro^ pfaètes, plusieurs naziréens. »
Lorsque le sacerdoce fut tombé avec le temple , le soin de conserver le texte des lois et d'y ramener les esprits, passa tout entier aux maîtres, ou sages, ou docteurs, à ceux-là même qui, durant lezistence de la république, au* raient formé le grand-conseil et Iqs sénats se- X coudaires. Dans les longs troubles qui avaient précédé la ruine de Jérusalem, ils s'étaient déjà occupés à consig[ner, par écrit, tous les QJages , toutes les traditions de leurs ancêtres , et leurs propres opinions. Après la ruine de cette ville , ils formèrent des écoles qui diri- ^aient les Juifs. Le plus illustre chef de ces écoles est Juda, surnommé le Saint, dans le deuxième siècle^ à cause de sa science et de la pureté de ses mœurs. Il vécut à Tibériade, et s'occupa , pendant quarante ans , à rassembler, dans un recueil , toute la jurisprudence.
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toates les coutumes, toutes les décisions el commentaires sur les livres de Moïse. Ce tecueil porte le nom Mischna^ ou loi redite.
Gomme il renfermait encore beaucotlp de points obscurs , on y ajouta les commentaire^; ce sont les Gtiemares. L'une appelée Guéfnàre de Jérusalem, parce qu'elle fut composée en Palestine; l'autre , beaucoup plus estimée , Guèniare de Babylone ■*, Réunies à la Mischna et aux Commentaires des commentaires ^ elles for* ment le Talmudy ou doctrine.
Le souvenir des circonstances qui le virent naître^ indique :aussitôt la nature de cet effrayant Digeste où beaucoup de bonnes pensées sont étouffées sous le poids des puérilités. On diroit que les docteurs, menacés de la dispersion y agissaient comme des hommes qui , dans un incendie , veulent sauver tout ce qui leur tombe sous la main , laissant à d'autres le soin de tirer plus tard le meilleur parti possible des
* 1^ rabbin Jochanan présida à lu confcclion (ic la première, peu de temps après U mort de Juda , et \e rabbin Aacé , ài la cobfection de raiitre dans le cours du cinquième siècle. Le& Juifs de rOrienI, sépares, par les circonstances, de la métropole , avaîeat nomraë des chefs de synUgopie, qui prirent le nom de prince» dt lacapiwiti. Ils acquirent de la puissance, et ils formèrent dfs écoles nombreuses jusqu'au onzième siècU-, qn*une persécution, de la part des caliA'S, ie^ força fie se rejeter sur l'Occidenl , priûci|J^ lement en LCspagnc.
FONGTlOAifAlRKS DU CULTE. l35
objets arrachés aux flammes» C'est là, on effet, ce que Maimonide eût rintcntion d'accom-^ plir 9 lorsque , quatre siècles avant Luther et Calvin, il porta le flambeau d'une raison super rieure dans l'examen des livres sacrés , et qu'il donna son abrégé du Talmud, intitulé Mainrforte.
Après la confection de la Mischna et de. ses commentaires , un autre travail non moins c^i* niâtre et conçu dans le même esprit de défense y occupa les docteurs. La connaissance <le la langue hébraïque pure se perdait ; l'écriture négligeait les voyelles , auxquelles le sens des phrases et l'habitude générale avaient jusqu'alors suppléé* Us craignirent que le temps n'altérât la valeur des mots et le sens des livres sacrés ; et que la religion nouvelle ne profitât un jour de sa force ^ pour détruire la lattte même de ces. livres , et y substituer un esprit qui leur semblait en opposition avec la vérité. Alors ils inventèrent y ou . du moins ils perfectionnèrent les .points-voyelles qu'on remarqué sous, les lettres hébrajfquesf et les accents qui mai^quent les inflexions de voix propres aux diverses ^syllabes. Us ajoutèrent les variantes connues, et pour empêcher tout retranchement ou toute addition ultérieurs, ils allèrent jusqu'à dresser acte du nombre des versetsy
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des mots et des lettres que renferme le tejLte^ C'est à ces ' précautions infinies qu'on dk>it Li conservation, dans toute sa pureté, du texte ori* ginal f contre lequel les puissances* du catholicisme ont paru long-temp» liguées. Du mot liébreu, massora (transmission),.on a appelé /tu»sorèthes cet ordre de docteurs, dont les travaux sont rapportés à des époques très -difFésen tes par les historiens, qui les reculent vers le deuxième siècle, ou lesrapproclientdu onzième* Que dirai-je de leur Cabale ? mot signifiant aussi //vi^'ora.EUesecomposaitorigtDairemeDt de tous les principes . abstraits qui ne se vè^ pandent pas chez le vulgaire ; elle tomba bientôt dans la folie. Cacher quelques idées métaphysiques sous les figures les plus bizarres, et prendre ensuite one peine infinie pour retrou* ver ces idées premières: s'imaginer qpi'il existe entre les mots et les choses, une corrélation ipévitable , et que la contexture littérale des livres sacrés, par exemple, doit éclairer sur l'essence même et sur tous les secrets du Dieu qui les a dictés : tourmenter dès lors chaque phrase, chaque mot, chaque lettre, avec la même ardeur qu'on en met de nos jours à décomposer et à recomposer tous les corps de la nature : enfin après avoir établi la corrélation entre les mots et les choses , oroire qu'en changeant , dispor
FOKCTIOirirAIRKS ou 6ULTE. i37
sant, combinant ces mots, on traverse de prétendus canaux d'influence qui les unissent à ces choses et on agit sur elles; voilà , ce me semble^ les principales prétentions de cette espèce de science occulte, échappée de l'Egypte, <{ui a dévoré beaucoup de bons esprits, et qui , d'une part, donne la main à la théologie, d'autre part, à l'astrologie et aux combinaisons ma-
giques.
Enfin les docteurs de l'Occident , plus particulièrement appelés rabbins y continuèrent à remplir les fonctions conservatrices exigées par leur culte. Quoique leur fausse position, au milieu des peuples, dût gêner beaucoup l'exercice de leurs facultés , ils s'élevèrent , dans les dixième, onzième et douzième siècles , au rang des hommes les plus savans et les plus lettrés de l'Europe , et ils rappelèrent sans cesse l'attention vers les livres sacrés, qu'on détournait, d'après eux, de leur but, vers la constitution po-litique et morale que leur législateur avait signalée, comme devant être un jour un objet d'étude et de méditation pour tous les peuples les plus intelligens.
On ne leur à pas tenu compte des immenses services qu'ils ontrendus à la Réforme, qui, pour la discussion des textes, a trouvé dans leurs écrits des armes paissantes , et du travail tout
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l'ait. Mais elle n'avait à prétendre elle*méine^> qu'à des succès ti^ès - bornés , cette classe d'hommes laborieux, qui, outre ses défauts particuliers, manquait de la chose sans laquelle tout progrès est impossible, la sûreté politique; et qui j dans un trait de génie lancé avec imprudence^ pouvait rencontrer une cause subite de destruction. Aussi les formes obscures > jointes à l'obscurité de leur langage presque inconnu aux autres nations, leur convenaientelles d'autant plus que leur doctrine ramène en définitive au pur théisme , et qu'on était toujours prêt à les accuser d'une sorte de ma* térialité. Jean -Jacques , avec ce sentiment intime de la justice, qu'il possédait bien audessus de Voltaire , était donc fondé à faire cette remarque : « Nous ne croirons jamais avoir bien entendu leurs raisons^ qu'ils n'aient un état libre, des écoles, des universités où ils puissent parler et discuter sans risque : alors seulement nous.pourrons savoir ce qu'ils ont à dire *^. »
C'est parmi les docteurs qu'on devait prendre les rabbins des synagogues, chargés de diriger les prières, de prêcher et d'expliquer la loi.
Plusieurs sfouvernemens les forçaient souvent à
entrer en discussion avec les théologiens chrétiens : mais ces conféi*cncessingulières rappellent
FONCTIOUNilIRES DtJ CULTE. î3g
trop bien ce despote de rOrienl passionné pour un jeu difficile, qui disait à sa partie adverse : « C'en est fait de toi, si je perds *. » En même temps que le rabhin, un conseil de notables, appelé aux soiqs de l'administration, et au soin des pauvres, était désigné par l'assemblée qui ne perdait jamais son droit de suprématie. Dans les temples des Français, israélites, on compte aujourd'hui le rabbin, le maître chantre, un maître d'école, et le conseil ou consistoire que le gouvernement s'est réservé de choisir sur les candidats
qui lui sont présentés par une partie des nota-
blés de chaque circonscription.
Quant aux individus qu'on regarde comme déscendans des familles d' A aron , ils sont invités de préférence à remplir certaines cérémonies , et ils peuvent seuls donner la bénédiction sacerdotale dont je parle dans le chapitre suivant.
* Le pape actuel oblige les Jnifs de ses Etats, sous i^nc <i*uiie forte amende^ de se rendre toutes les semaines à un sermon qu'il leur fait faire. Cette mesure manque de justice y et je doute qu elle soit maAyuéc au coin de rinfaiUibilité.
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