RÉSUMÉ DE LA. JUÉGISLATIOJV
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▼ne* et qni ont fait obterrer ans pei^ilr» dm loi»
pai»é«i lUn* la nature et ffc t i fi ée » par la raHOD atfar la lageaae.
TiKiAssM , Hist. de Im Jmr. ivm. , Trff,, p. u.
J'ai dit qu'une foule de circonstances, naissant dans le sein des nations et hors de leur sein, ont accéléré ou enchaîné leur développement. Parmi les dernières, la plus importante est l'obligation pour l'humanité d'arriver en masse à son but. Les nations qui , sur un point quelconque, dépassaient leurs contemporaines, ont bientôt rencontré des obstacles, même éprouvé une dissolution , pour donner au reste de l'espèce le temps de les atteindre. De là pro-
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viennent des complicaticms nonibreuses que rhistoire doit démêler avec soin ; de là il r^ suite que tous les peuples , en particulier, peuvent prétendre à quelque genre de jH'ééminence , tous , en- particulier, encourir des reproches d'infériorité.
Les progrès que le peuple hébreu fit , <lès les premiers pas , dans une partie spéciale du domaine de l'intelligence, furent si étendus, qu'il sortit tout à coup du cercle ordinaire des choses, qu'il a paru aux jeux du plus grand nombre une exception inexplicable, et que notre époque touche à peine au moment de se trouver, sous quelques rapports, à son niveau.
Toutes les nations qui ont brillé pendant le cours de son existence politique, suivaient une bannière différemment caractérisée. Celles de l'Inde et de l'Ethiopie, portaient ces mots : Prêtres y Castes ^ Mystères; l'Egypte j ajouta, Science y Industrie; Babylone, Luxe, F'obiptés; Athènes mit sur la sienne, BeauayÀrts; Sparte, Patrie; Sidon, Tyr et Carthage, Commerce; Rome, la Guerre; les unes et les autres, Mé^ tempsj^cosey Transmigration des âmes y JEfysée^ Paradis y TaHare y Enfer ^ Mais Israël grava » LÀ Loi, et autour, Paix y Abondance y longue Vie y Bonheur. C'est ce même étendard que les nations modernes recomnoencent à déployer , at-<
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tendu que y sous son abri , tout ce que les autres offrent de bon et de vrai doit fleurir.
Solon se glorifiait d'avoir donné aux Athéniens les meilleures lois qu'ils pouvaient comporter. Moïse fit plus que cel» , il conçut la loi d'une manière absolue; il traça des principes qui conviennent à tous les temps et à toutes les nations^ qui prennent leur source dans la nature des choses, qui assurent l'accomplissement de tous les besoins réels de l'homme; ensuite il organisa Ufi peuple pour conserver cette loi; enfin il dicta des statuts accommodés aux hommes qui composaient ce peuple, et conformes aux circonstances.
Les livres , confidens de ses pensées , sont arrivés à leur destination ; ils ont été répandus chez presque tous les peuples du monde ; le christianisme les a fait adopter. Mais le christianisme en a interprété V esprit à sa manière; et le mosaïsme est resté comme défenseur - né de la lettre y comme une opposition qu'on pouvait opprimer aisément , mais dont les racines vivaces étaient au-dessus de toute volonté humaine, et devaient réagir au premier beau jour. Les nations s'agiteraient donc en vain pour reconquérir tous leurs droits, la paix et la stabilité; des entraves multipliées gêneraient long-temps leurs pas ; il faut que cette grande
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question soit résolue ; il faut que ce fait étonnant prenne sa place dans Tordre naturel des faits. Leur ignorance seule les a privées d'une force qui , en raison de la marche que la civilisation a suivie, ne peut être suppléée par rien; elles ont manqué de sens, autant que de justice, en frappant, d'une manière aveugle, un peuple constitué pour la loi , en jetant un voile d'oubli sur une loi proposée tout entière dans l'intérêt du peuple. Le bien-être que la Réforme a introduit dans leur sein , leur a communiqué une nouvelle vie ; et pourtant la Réforme n'a été qu'un retour préparatoire et incomplet vers le mosaïsme, rendu à sa pureté. Les lois, l'histoire , toutes les pièces du procès, se trouvent en leur pouvoir; qu'elles y portent une attention soutenue et qu'elles jugent, car, aujourd'hui plus que jamais, la vérité en toute chose est le besoin dominant du genre humain.
Après avoir traversé les déserts dans toutes les directions , les Hébreux dressèrent enfin leurs tentes sur la rive orientale du Jourdain, dans une plaine limitrophe du roi de Moab. Ce roi , et les Madianites ses alliés , effrayés de leur voisinage , et incertains du parti qu'ils avaient à prendre, s'adressèrent à unhoiQine dont l'œil était ouvert , selon l'Ecriture , au devin BiléaUi qui , dans le chemin , eut avec un ange
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et avec sa fameuse ânesse une conversation^ prise toute au fi^ré par les plus orthodoxes docteurs juifs , et réduite à une prosopopée mentale '• Du sommet d'une montagne , d'où il découvrit l'ordre militaire des tribus , ce prophète , cédant à une conviction invincible^ annonça f sous des formes hyperboliques, que le peuple d'Israël s'étendrait comme un torrent ; qu'une étoile sortie de Jacob briserait les che& de Moab , abattrait les enfans de Seth et pos» séderait l'Idumée '• Toutefois, il proposa de recourir à la ruse, de communiquer avec eux en amis y et de les entraîner par la flatterie el l'appât du plaisir. La chose fut exécutée ; les femmes madianites, belles et voluptueuses, soumirent les Israélites à leurs charmes, et les firent sacrifier aux idoles, surtout à Baal-Péor, idole de l'impudicité .
A l'aspect de cette dissolution, Moïse ordonna aux juges du camp de punir, selon toute la rigueur des lois, les chefs qui se seraient rendus coupables; le mal était déjà poussé à ce point, qu'au moment où le conseil siégeait dans l'affliction à la porte du tabernacle, un chef des familles siméonites se coucha sous leurs yeux, dans sa tente, avec la fille d'un des principaux de Madian. Ce fut pour son malheur • Phinées fils d'Eléazar, cédant à Hindi-
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gnation générale, saisit ime javeline et les perça d'un même conp. Une plaie occasionnée sans doute par la perfidie de l'ennemi, et par les excès auxquels les Hébreux s'étaient livrés , vengea l'outrage fait à la discipline. En même temps une division de douze mille hommes marcha contre les Madianites, qui s'avancèrent avec cinq rois à leur tête. Ils furent défaits, les cinq rois et la plupart des hommes capables de por^ ter les armes, passés au fil de l'épée, au nombre desquels Biléam ou Balaam, l'auteur du conseil.
Mais que ne m'est-il permis de jeter un voile sur le reproche qui fut adressé aux guerriers , après la bataille, d'avoir épargné les femmes , instrumens des projets de l'ennemi, et sur l'ordre affreux de frapper les enfans mâles captifs, afin de jeter l'épouvante chez les peuplades voisines! « Ainsi faisaient les Romains, dit Bossuet, qui, pour répandre partout la terreur, affectaient de laisser dans les villes prises, des spectacles terribles de cruauté, et de paraître impitoyables à qui attendait la force ^ »
C'est dans ces mêmes plaines de Moab, que Moïse , plus grand encore comme législateur, qu'il n'a été inflexible comme capitaine , rappela aux Hébreux tous les événemens survenus depuis près de quarante années * , réca-
* II leur dit alors : « Vous avez ëté nourris, malgré des seul-
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blic; lie (It-vHloppt-r la loi , soit en ce qoi regarde les rapports pilîtiques et civils, soil dans toutes les cboses qui (dépendent des rites et des observances roniniunément appelées religieuses. Ce conseil connaît de luus les crimes de lèseloi , institue le t^jrand-pontilc. et le met en jugement dès qu'il est luiidté en liiule. 2" Les anciens des tribus et des villes (zi'finé chibUm. zikné éarim) sont pommelles comme le grandconseil pour tout le peuple. 3" Les cbel's de la force publique (sarim), depuis ceux qui commandent n dix hommes jiisqu'aui: chefs des tribus et du peuple. 4' Les juges ordinaire* i^chophetim). 5" Les oIRciers civils ou hommes d'autorité (ckati-rim). 6' Les orateurs-prophètes (rxHJn on nalmm). 1' Enfin les lévites cl sacerdotes{fe('/i'metcf)A(7«;>»), auxquels la nature des circonstances fit accorder héréditairement la charge spéciale de conservci" le texte des lois, de publier sans cesse cette parole écrite du Jéhovah , et de remplir le culte.
L'autorité du ju^e suprême (chnphcl), ou consul à vie. qui dirig;e la force publique, et qui préside quolqueloifi le sénat, ne prenait le caractère dictatorial qu'à la guerre. Ils furent remplacés dans leurs fonctions par les voîft*. Ce changement dans l'ordi-e du gouvcrnettiWrt étaft laissé à la merci du peuple.
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IjC roi {melek) est Jésii^ni* par le «;raiul-consei! (les anciens , confirmé par la magistrature sacerrlotale , institué par l'assemblée du peuple. 11 ne peut exiger arbitrairement de l'arg'ent des citoyens, ni s'adonner an luxe , ni s'élever avec orf^ueil ati-«|essus de ses frères. Chaque jonr il lit quelque partie de bi loi, potir l'exécuter tout entière. S'il l.i viole avee connaissance de cause , sa déchéance suit de droit.
Jje travail est d'obligation pour tous les eituvens d'Israël, l^eur position relative, autant qu'un intérêt bien entendu, leur fit regarder l'affriculture comme la principale source des nchesses. Viennent ensuite l'industrie et le commei-ce.
Le parta^ des terres s'accomplit par la voie du sort. Les lots sont pro[K>rtionnés au nombre des personnes qui composent chaquf tribu et chaque famille.
Le principe qui a fait répandre ia tribu de Lévi parmi toutes les autres, commande de ne loi accorder aucune portion'dans le partage.
Elle est dédommagée au moyen du revenu que ses frères lui paient. Ses intérêts matériels se trouvent par là sous la dépendance générale du peuple, et la forcent à s'occuper de la conservation de ta loi, qui garantit ses droits et son exis-
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L'élatdesclioses, el lesdilTicuItésqui serencuiilraient (Hjur préscivcr l'éjiralîlé. firent recoiii'ir à des mesures deslinées ù empêcher (Hi'il V eût de grands pi-opriét aires pei-pctuels; l'aniour des lois et do l.i patrie et le bonlieur public devaient suivre la divisioa^perpétuelle des pTOpriélés.
I,e prinei|>e de ces mesures tbrmt; la loi absolue : leur nature ofTi'e l'exemple le plus retiiar- (|uab]e du point de vue relalil'.
Le droit de vie et de mort réside dans la natiu;). L'accusé est publiriuement ju^'é par ses pairs. 11 l'aut plusieurs témoins, d'une moralité reconnue. Son droit de défense esl aussi illimité tpi'on puisse le concevoir.
La loi, très-sévère en principe, exige dans l'application des conditions nombreuses, pour balancer sa sévérité.
La peine de mort se présenle sous trois aspects : la mort donnée au coupable . la niort civile, et la mort prématurée dont est naturellement menacé tout individu qui s'écarte de l'ordre convenable à l'homme et au peuple.
Les jut^es ordinaires , ctioisis par les citoroM» décident de toutes les que«tions relativesoMix.tQtçréts privés, et de tous les ilélits. Les officien civils, ou lionimes d'auloritc chargés de la fOr.
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lire lies villes, conduisent devanl eux les coiitrevenans et les témoins appelés à déposer.
S'il s'agit de l'interprétation de la loi , les questions sont portées au petit-conseil des anciens des villes et des tribus, et de là aux petits-conseils et au gi'and-conseil séant à Jérusalem.
Tout Hébreu est soldat dès l'à^e de vingt ans. Les citoyens désignent leurs officiers; le commandantde l'armée les institue. H l'ait choix à son tour des hommes qui se distinguent par leur intelligence et leur courage.
La nécessité exige une coaquêtt; qui n'cnthi pdts d'uue manière absolue dans le cadi'e de la loi.
Ce n'est qu'après cette conquête que les Hébreux sont une nation dans toute l'étendue du mot. Ils établissent des relations amicales et commerciales avec les peuples étrangers : ils sont libres d'envoyer des ambassadeurs et d'en recevoir. Leurs guerres doivent toujours porter le caractère défensiC,: si l'ennemi se présente en trop grand nombre et ne demande que le tribut , il faut céder pour le moment : s'il menace la loi de l'Etat, on ne doit plus compter soa inlanlerie, sa cavalerie . ni ses chariots, il faut mourir ou vaincre.
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doit atlaclier l'idée de son propre bonheur au bonheur de ce peuple.
La population du pays est la co>nsé({neiice et la preuve de la sagesse de* sa législation. Elle croit eu raison de l'abondance et de la sécurité que procurent le travail et les lois : cette abondance à son tour est accrue par la population elle-même -
Le célibat est réprouvé. L'autorité paternelle a ses limites ; elle cesse de droit à la majorité des enf'ans.
Les femmes sont de véritables citoyennes^ soumises, à ce titre , à quelques lois particulièreSy en rapport avec ce qu'il y a de particulier dans leur nature^ dans le climat qu'elles habitaient , et dans les mœurs.
L'adoration de l'Eternel ; la recherche continuelle de sa, pamle qui est le droit, la raison, et l'utilité nationale ; l'amour du pays ; la connaissance des lois ; l'horreur de la servitude, et des coutumes superstitieuses de l'époque ; l'attachement des citoyens les ynt envers les autres ; une excessive bienveillance pour l'étranger; une tolérance positive; le pardon des injures ; le devoir de rendre le bien pour le mal ; la foi du serment: le i^espect pour les femmes; l'honneur rendu aux parens, aux vieillards, aux sages, aux magistrats, aux guerriers; Thos-