JÉHOVAH
telligence à 100,000. Comment signaleronsnoas l'Etre général ? par le plus grand nombre possible. Quel est ce nombre? .personne ne peut l'indiquer? Nous l'appellerons X. Cet X renferme toutes les quantités précédentes ; mais s'il plaisait à l'imagination de les soustraire > X ne changerait en rien ; il serait toujours le plus grand nombre possible ; il serait le \ divisé par zéro des mathématiciens , qui donne toujours 1 y ejL qui est le symbole de l'infini.
La plus immédiate conséquence du principe que je viens d'établir est U suivante : dans tout ensemble moral ^ une pensée fondamentale domine f de laquelle semblent én^aner toutes les pensée^ secondaires et vers laquelle toutes sont ramenées : au physique, il n'est pas un seul être qui n'ait son centre d'action et dé tendance* Tout signale donc l'existence d'un point central de l'iminepsité; d'un moi de l'Être infini; d'un foyer iacalculable de la législation universelle , d'où s'échappe éternellement ce qui donne la vie à toute chose , et vers lequel tout est ramené. C'est la, à travers les abîment du ciel, que. par instinct ou par inspiration , le génie poétique des anciens se plut à cliercher la présence spéciale du grand Etre , qui embrasse tout , qui est partout, qui est tout, et beaucoup plus encore. « Quoique les cieux des cieux ne puissent 1^
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contenir, les cieux * , s'écriait Salomon, scmt le domicile arrêté de sa demenre ^. »
Dans Tordre politique , nous avons rencontré quelque chose d'analogue ; la loi est présente et active partout; mais au cœur de l'Etat^ elle a une demeure spéciale, vers laquelle sont tournés sans cesse tous les regards. De même le peuple est répandu dans tout Fempire , mais il a un centre , un moi publie , où se répètent toutes les impressions les plus éloignées ; une demeure spéciale y .qui est la salle du sénat oà les anciens de la nation , légalement assemblés, développent la loi et lancent des décrets qui donnent le mouvement et la vie à l'ensemble*
Quel que soit le nom qu'on réserve •à cette manière d'envisager l'Etre absolu^ elle est fondée sur le fait , sur l'analogie , sur lliistoire et la conviction. Nous avons déjà vu les hautes conséquences politiques et morales qui en découlent. Si, de prime-abord, vous reconnaissez deux êtres absolument distincts, un être prétendu matière^ et un être esprit , un être absolument passif et un %tre actif, vous brisez l'unité, et vous avez aussitôt dans l'Etat deux peuples,
* Il i»*est plus besoin aujourd'hui d*observer que la terre Ibrme une partie intégrante dès cicuxj que par conséquent toute allusion aux habitons, des cieux comprend les habitans de la terre.
« L*infiniy disait Pascal, est un globe dont le centre est partout et ^circonférence nulle part. » Nous sommes dans ce globe.
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dont l*un se regardera comme créé pour commander à l'autre. Si vous admettez au contraire un Etre unique y sans prétendre à déterminer sa nature, vous formez, à l'exemple de Moïse, un peuple au-dessus duquel ne s'élèvent ni individus , ni castes , et vous tracez subsidiairement des distinctions fondées sur Futilité et qui n'ont pfus rien d'absolu.
Le mot Jéhovah dérive de la racine aïa ou ava, être, n signifie, celui qui est^ ou l'existence essentielle. Des volumes de subtilités ont été écrits
sur ce mot et sur l'ancienne manière de le prononcer, très-différente de la manière moderne. On a remarqué qu'il renferme les signes du passé , du présent et du futur ; de sorte qu'il exprime à la fois ce qui a été y qui e^t et qui sera y gravé dans les inscriptions égyptiennes *. On a dit que toutes les lettres qui entrent dans sa composition sont du nombre des quiescentes ^ ainsi appelées parce que souvent on ne|Jes prononce pas, et qu*elles sont censées se reposer; d'où cette conclusion, qu'il indiquait le repos
* J*ai dit que JAwak est considéré "comme le verltt absolu-; le ▼erbe itrt dont tous les autres êtres ne sont que les tem|>s et les modes. Les Hébreux ne se servent jamais du présent ; ils ne disent pas/r êuiê, parce qoe cette proposition est à peine* terminée que ron rCtst plus comme on était d*aboAi. De là ces expressions répétées que TEcriture met dans la bouche du Jéhovah : ce A moi seul la vie appartient; je suis seul vivant éternellement. »
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de l'Etre universel , par opposition au mouv^ ment de tous les êtres qui circulent perpétuellement dans son sein. Des commentateurs onf pensé que ce nom avait donné naissance à celui de Jupiter; car quelle différence entre ce Jtms et le Jehwihy comme il est écrit au Deutéronome? Yolnej juge au contraire que les Hébreux l'ont emprunté aux autres anci^D3 ; ^e le mot Jupiter se prononçait originairement Youpiterj dans lequel le mot rou signifie existence, et que Jéhovah se prononçait j^ohoiihj et formait le participe du verbe hih, exister, être. Peu nous importe cette di^ tinction, dès qu'on s'entend sur le sens propre du mot ; mais Yolney ajoute que yahouh signifie l'existant , c'est-à-dire ^ le principe de la vie , le moteur, ou même le mouvement, l'âme universelle des êtres ^ ; et en ceci , il confond dei choses très-différentes. V existant est l'être luimême; et le principe de la vie, le mouvement, l'âme universelle des êtres, sont une abstraction de cet être , une division mentale et arbitraire de son individualité.
Outre ce nom «principal que les Hébreux appelaient ineffable , et qu'ils n'auraient osé prononcer , dit Basnage , « par la raison que le nom de Jéhovah renfermé généralement toute chose , et que celui qui le prononce met dans sa bouche