‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 5)Chapitre 30 sur 73 · LIVRE I. — CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAP. I

cause des conséquences naturelles et nécessaires de Terreur, La crainte de l'Eternel, dit Salomon , c^est la haine du mal ""y et quand ce nom se prend pour la loi de l'Etat^ c'est aussi la crainte des peines qu'elle inflige au coupable.

Enfin, l'on a déjà vu que les attributs de clémence et de miséricorde exprimaient, qu'à peine rentrés dans la ligne de l'ordre et de la vérité qu'ils auraient abandonnée, les hommes, soit en particulier, soit en général, renaîtraient toujours au bonheur.

La troisième espèce de locutions concerne les rapports entre Jéhovah et le peuple. On le nomme Dieu d'Abraham, parce qu'il fut connu de ce patriarche ; Dieu d'Israël, parce que Moïse constitua le peuple en prenant ce principe d'unité pour base , et en le faisant admettre comme l'objet du culte public. L'on désignait de même les dieux de tous les autres peuples ; Dagpn était le dieu des Philbtins, et Kémos celui des Ammonites. Mais comme , selon la doctrine des Hébreux, l'homme est à la fois passif et actif dans ses rapports avec l'Etre universel , ce n'est pas seulement Abraham ou Moïse qui découvrirent l'Eternel , mais ce dernier qui se découvrit à eux; ce n'est pas seulement le peuple d'Israël qui le choisit pour son Dieu ,

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mais ce Dieu qui ^ en se faisant choisir, chai^ sissait lui-même ce peuple.

Enfin, sans pousser plus loin cet examen, j'observe, d*une manière générale, que toutes les formes et figures sous lesquelles on met en scène de nos jours la vérité, la raison , la liberté , la justice, la patrie, la nature, sont accumulées, avec une profusion orientale, sur le Dieu d'Israël : comme la nature , il distribue les bienfaits des astres à toutes les nations de la terre; comme la patrie, il est affligé et irrité de la conduite de ses en fans; comme la justice, il porte l'épée qui doit punir le coupable ; conmie la liberté menacée, il arme son brsts des flèches perçantes qui frapperont Tennemi ; comme la raison enfin et la vérité, il se rit de la ligue des rois, lorsque les rois aveuglés s'assemblent pour conspirer contre lui ".

Ici se termine ce que j'avais à dire sur le Jéhovah. Encore une réflexion : n'est-ce pas une chose grande, sublime, que le dogme tout entier de Moïse soit renfermé dans deux mots, Jéhovah ekhady l'être est un, il n'existe qu'un seul être ?

En prenant dans un sens littéral toutes les expressions et les figures du texte, on obtient l'histoire entière des opinions qui se sont formées à ce sujet, soit qu'on ait considéré ce

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dieu comme un sculpteur réel^ travaillant de ses mmns à une statue d'argile^ pour en façonner l'espèce ; soit qu'on lui ait donné une ifoijc sonore^ retentissant à V oreille de ses privilégiés, comme celle d'un maître sévère qui parle un langage humain.

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