‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 5)Chapitre 32 sur 73 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

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L'histoirb des anges^ de leur rérolle envers Dieu y de leur chu le ^ les projets du prince des mauTais anges contre l'homme, toutes ces idées cpii Tiennent de la même source que les deux principes Orimaze et Arimane, ou les.génieadu bien et du mal, ne se trouYent pas dans les Utivs de Moïse, et furent apportées de Babjlone et des pays plus orientaux, soit durant les relations de Salomon arec TOrient , soit lorsqu'une partie destrihus j fut transplantée.

Le mot nudak signifie un envoyé, un messager, un ange , des êtres réels, et des êtres de raison. Les hommes que Jacob dépêcha à scm frère,, pour lui porter des paroles de paix, sont

afka LIVRE i.-TfCHiiP. m. .

des malaihim; dans le sénat ^ il j avait des anges y ou messagers. Les voyageurs qui recarent d'Abraham rhospitalité, et qui lui annoncèrent la naissance d'un fils, étaient des anges de Dieu. Enfin sont compris ;80f s ce nom les sages, les savans, les guerriers, tous leshonmies qui servent la loi et le peuple par leurs actions ou' leurs discours. Moïse fut un ange oonducteur ; l'homme qui détermina Gédéon à prendre les armes pour délivrer son pays, est appelé un ange; le roi des Philistins lui-même compare David, à cause de sa valeur et de son esprit, à un ange de Dieu ''^y preuve évidente que cette locution était commune aux Orientaux, pour marquer l'excellence.

Gomme êtresde raison, on désigne sous le noin d'anges les figures qui jouent un rôle dans les visions des prophètes, et qui donnent une forme symbolique ou dramatique à leur pensées ; les animaux avec lesquels ils exprimaient , suivant la coutume orientale, les principes des choses, et les attributs de la divinité. Tels sont l'ange qui retient la main d'Abraham , dans la méditation sur le sacrifice de son fils ; l'honmie qui lutte contre Jacob; l'ange qui apparaît à Moïse dans le buisson aillent d'Uoreb ; celui qui marque les dimensions du temple dans la vision d'Ezéchiel; ceux qui font partie de son cha^

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riot^ ou mercabahy composé de quatre animaux et de quatre roues y pour lesquels on a imaginé touMs les explications possibles^ et qu'il faut renvoyer aujourd'hui aux commentateurs de la cabale et de l'apocalypse *; les chérubins de David, les séraphins , l'agneau d'Isaïe, les quatre animaux de Daniel. « Toutes ces formes, dit Maimonide^ indiquent que ces anges n'ont rien de fiuuénel, en d'autres termes, qu'ils n'existent pas hors de la pensée et de l'imagination de celui qui les conçoit ^'*. »

Dès les premiers temps , les Hébreux regardèrent les astres comme des corps animés :

cela remontait aux traditions des Ghaldéens et des Sabéens , grands observateurs des corps célestes , qui avaient fini par leur donner une influence directe , suprême , réfléchie , et éternelle, sur toutes les choses du monde. Abraham se détacha de leurs opinions , et ne vit dans les astres que des êtres secondaires > soumis à une loi supérieure, et ayant eu un commencement.

Mais le principe qu'ils étaient animés resta; et l'ordre et les lois nécessaires dans ces corps , conduisirent à admettre des intelligences parti- '. culières et abstraites , qui y présidaient. Bien

* Dupuis , dans V Origine des cultes , a regardé tout cela comme le symbole des constellations et des phénomènes astronomiques. Jt* reparUrnii dp cette opinion. •

aa4 LIYRE I. CHi^P. III.

plus I comme les découvertes des sciences n'avaient pas éclairé les Hébreux sur FéUt pbjsique de l'espace , et qu'ils croyaient le noubre des corps célestes Limité à ceux que Tœil aperçoit , leur pensée y suppléa en remplissant l'étendue f en-deçà et au^ielà du firmament^ d'intelligences abstraites, dont une grande partie semble correspondre à ce que Platon appelait les idées , ou les types des choses. Philon , le Juif , fait à ce sujet une comparaison qui éclaircit, autant que possible, ce point. Un architecte forme le plan d'une ville ; le terrain est marqué, les rues sont tracées; bientôt le projet s'exécute^ la ville se découvre. Mais entre le moment où le projet a été conçu, jusqu'à ce qu'il se soit réalisé , là parole dt l'architecte existait , et , sur le terrain même , s'élevait en quelque sorte une ville idéale ''.

Maintenant, si nous passons de ce produit de l'individualité de l'architecte aux produits de l'individualité universelle , l'immensité sera peuplée d^ idées, destinées à avoir une réalisation; et, comme les idées d'un Etre étemel ne peuvent qu'être éternelles comme lui , l'on a dit que la parole existait de toute éternité , soit qu'elle ait donné naissance aux astres, au Monde , à l'honune , et à tout ce qui est la conséquence de l'homme. Ainsi, dans cette ma-

Yiièré de déduire , au lien d'être le positif dè^ l'Univers , les choses et les hommes ne seràenl> qu'une apparence et une forme îpassigève idéiidées ; qui , seules , aurairât iè cârajctëre po*' sitif. '• •*•♦

Mais revenons aux corps célestes et aux ivteU* ligences abstraites , qu'on appelle des an^si chez les Hébreux. Us forment / métaphoitiquet* ment parlant, l'armée céleste ; ils exécutent des concerts , qui sont l'harmonie . générale ; et ila entrent dans les conseils de Vélohim , ou de l'ia^ telligence universelle , abstraite etpersoianifiée ) pour prendre part à tous les décrets auxquels est inévitablement soumis le Monde inférieur *.

*^Comme l'intelligence générale , la force universelle pénètre nécessairement tous les corps; cela se rédbif à dire que tbaque «trc en particulier et que tous les groupes d*étres influept k leujr manière sur les lois générales de Tuniversalité, et cela justitie ce que les raLbins et toute l'antiquité- oiKt avaticé toucluuiti Moïse, que ce législateur avait regardé ia théosophie naturelle et le monde comme la base et le modèle de sa république. Le sénat suprême d'Israël devait se composer des fpncip&lfis intelligences' des tribus, présidées par la principaU* intelligence de la nation : de même pour les sénats secondaires.

Mab ne perdons pas de vue ces differencesL : il^abonl le nom transcendantal de Jéhovah, embrassant tout, et plus encore , ne peut être mis en opposition avec rien : c'est, en quelque sorte , le troisième et le plus baut degré *de rinitiation ; c'çst la vérité , la réalité même. Au-dessous, le nom tTélohim marque la force générale, Tintelligence générale abstraite, qu'on peut opposer, si Ton veut , à la substance , à la matière morte. C'est le second degré de rinitiation ; ces abstractions ne sont pas la réalité absolue f^

elles n'existent que dans l'esprit. Enfin le premier degré embrasse III. i5

Îia6 LIVRE III. CHAP. I.

De là vient que ^ dans le récit poétique de la Genèse , Vélokim est peint comme le président d-iin sénat «'adressant à ses collègues , et que les Sages juifs disent : « Rien ne se fait dans le monde que sur des résolutions provenant , non d'une intelligence seule , mais d'une ii/u'£e d'intelligences en concours ^'. » De là vient aussi que, bien avant les Pythagoriciens, cette opinion était répandue parmi ce peuple^ que les sphères célestes y dans leurs mouvemens » produisent des sons et des concerts admirables dont l'imperfection de nos sens nous empêche de jouir.

La tendance des esprits, qui avait réduit en êtres de raison l'ensemble harmonique des forces de chaque corps céleste , fit servir aussi le nom à^anges à désigner d'une manière abstraite les êtres terrestres, leurs forces et facultés particulières. Ils admettaient un ange qui présidait à la vie de chaque individu ; d'autres anges qui présidaient à chacune de ses facultés , à l'imagination , à la sensibilité . à la raison ; tels les anciens signalaient l'âme

les abstractions poétiquement personnifiées ; et cotte personnification sVt end soit ù riiitelligcncc* g(^nërale, di-venue \v Dieu, qui parle , qui c^coutr , qui s'irrite , soit à lu portion de foret ou d*intelligence dont chaque corps est particulièrement anime; laqucUc forme alors ôcs anges plus ou moins rlovés dans la IiiérarcUic : c'est le langage vulgaire.

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