‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 5)Chapitre 33 sur 73 · ANGES · texte numérisé non relu

ANGES

t-aifcmnable y l'âme nutritive , Tàme sensitive ; tl'autres avaient sous leur direction Tair, le. feu 9 l'eau 9 le coucher du soleil, les alimens, les jours, les mois, les années; ils disaient: i'ange destructeur j pour la destruction ; l'ange :générateur , pour la faculté génératrice , ou la génération ''; et comme cette destructionet cette génération se rattachent à un ensemble de forces extérieuties 9 le destructeur et le générateur étaient Mumis à un etnge plus élevé qui pré* aidait à cet ensemble , et qui dépendait à son tour d'tm ange supérieur , et successivement jusqu'à VéMum ou rintelligence et la force univeiselle.

Enfin on a considéré les anges comme les tjpes de l'humanité. Le physiol(^iste , le moraliste, le peintre imaginent un modèle de l'homme : de même , eu rassemblant toutes les idées de beauté , de bonté , de force et d'intelligence, on forme des êtres de raison analogues à ceux que Jacob vit sur son échelle , qui s'approchent de très-près de la perfection absolue, et qui, réunis d'après des lois aussi régulières qu'eux-mêmes, produisent le beau idéal de la société , un peuple saint et parfait, c'est-à-dire un peuple exempt de toutes les vanités et de toutes les douleurs qui accablent les existences publiques réelles. C'est en ce sens

yifi rn'Rr m. — chap. i.

qiif la veuvt fleTi'koah adressait ce compliment .^ Ocivid ■ n Tu es comme un Ange AeXélohim , ronnaissanl \ii bon et le mauvais » ; dans le même sens que les premiers Pères de l'Eglise donnèrent ;i ces intell licences abstraites des corps d'une \tf'A\\\\\ siii»j-uliêre . entraînés sans doute par cette jKrnsi''P très-vraisemblable , qu'il doit exister, répandus dans rinimensité , une foule d'êtres bien autrement élevés que l'homme surréchelle derjnU.'ili^^enc*e,de la beauté etde la perfection.

Apres avoir re;;fardc comme des êtres de raison rintelliyence, la force . toutes les facaltés prisi's ou bfMHie part , on dut naturellement faire i\vs i'Avis de raison pris en mauvaise part : ce sont les ;^-(''nirs malfaisans qui ont peuplé toutes Ifs nivtliolr)Li:ies. Le premier aurait été le daii- (fcrrnx s<*rpenl qui séduisit Eve, et dont je parb*rai dans la suite. La poésie et Tamour du m«'rv<'ill<Mjx exercèrent leurs droits sur toutes ces conceptions et les écartèrent, à de i^randes distances, <le leur simplicité primitive.

Les noms des animes , chez les Hébreux . furent empruntés à la Habylonie et à la Perse. L'armée céleste se divisa en quatre léjjions principales , dont rarcliange Micliaël, placé à la droite du trône de Dieu, commandait la première; l'archange Gabriel à la «^auclie, commandait la seconde ; IJriel au devant, la troisième ; et Rapliaëi

derrière, ta quatrième *. Mais la concupiscence et l'orgueil causèrent bientôt la perte d'une foule de ces bienheureux. Schammaël, prince des anges , épris de la beauté d'Eve , qu'Adam négligeait, la séduisit et la rendit mère «En même temps y les anges gardiens des hommes appelés les égregoriy dans un prétendu livre d'IIénoc , loin de veiller sur ceux qui leur étaient confiés , devinrent amoureux de leurs femmes , et mii^nt au monde une race de géans, qui fit tant de mal sur la terre, que Dieu envoya contre eux les archanges ; avec ordre de les plonger dans Tabime *^. Enfin d'autres anges se révoltèrent, jaloux de l'empire que Dieu avait accordé à l'honune , et formèrent avec leurs complices l'armée des démons, commandée par Schammaël qui est devenu depuis le Béelzébut, le Satan , le Lucifer des Juifs et des Chrétiens, et TEblis de Mahomet**.

* « Je suis Rapliarl, l*un «Ics-fopt angrs saints qui niarohcnl deraiit la niajrsU' du saint ji , dit cet anj^eà Tol)ic, habitant de Ninive. — Dupuis afliime que c<*s sept jliw^vs tont los rrprésrntaiis des sept planètes.

** Ensuite nous dhues aux anges : « Adorez Adam , el ils l'adorèrent. Kblis seul lui refusa sou honiiiiago. Pourcpioi u'obéis-tu pas à ma voix, lui dit le Seigneur? pourtpioi n*nd(ire^-tu pas Adam? — Je suis d'une nature supérieure à la sienne, répondit £blis. Tu m'as créé de feu , et tu l'as formé d'un vil limon. — Fuis loin de ees lieux , ajouta le Seigneur j le Paradis n'est point le séjour des superbes. Fuis, Tabjecl ion sera Ion parlage.... — Puis(|uc in m*a« tenté; coutinua Sjlati , je m'eiiurcrrai (Pécarter les liomiues-

LITRB m. CHAP. f .

Toutes les idées généralemeot répandues dans nne j|>ériode de Thumanité se représentent pour Tordinaire dans toutes les périodes subséquentes. Les bons etles mauvais génie» existent encofe ; mais ib ont changé de forme et de nom. La science , l'utilité , la lumière , I4 liberté , sont les principaux capitaines des bienfaisantes cohortes ; l'ignorance , Tavidité , les ténèbre» y la sen itude ^ ont la présidence sur fes démons.

ê& tel Toie$ , je mtiUipUenii' mes altaqaea , je sèmenâ dct pi^ derant et dcmèjne eux, à leur droite et A leur gauche. ( Cou*, ch. VII, trad. de Savary. )

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