TABLEAU PHYSIQUE
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Genèse f 1,3.
Les Juifs appellent la Genèse béréchit, premier mot de ce livre , qui signifie au com^' mencement. Us donneQt le nom d'œuvre de béréchit à tout ce qui regarde la création et la connaissance des choses naturelles, par opposition à Tœuvre de mercabah ou de ce chariot d'Ezéchiel y cité plus haut , à l'explication du-* quel se rattachaient les notions métaphysiques de leurs ancêtres , que le temps , disent-ils j a pour la plupart effacées ' •
Les répétitions, les renversemens d'ordre
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dans les faits j les transitions brusques dans le» récits y les interpolations qu'on a reprochées à la Genèse % autorisent-ils à n'y pas reconnaître l'auteur des autre» livres du Pentateuque? je suis loin de le penser. La liaison qu'on remarque entre ces diverses parties, qui dans l'origine n'étaient pas séparées j la science de Moïse initié aux cosmogonies de l'Orient, l'utilité qu'il trouvait à faire reposer ses institutions sur la nature même des choses , et à substituer aux croyances superstitieuses et divergentes du vulgaire hébreu, une image simple et poétique, me semblent devoir, sans autre secours, contrebalancer avec un avantage marqué l'opinion des savans qui l'ont déclaré entièrement étranger à la composition de ce livre.
Au reste , lors même qu'il y aurait le plus à hésiter, nous serions tenus encore de considérer la Genèse comme existant par le fait dans le Pentateuque , comme ayant été associée depuis un temps très-reculé aux quatre derniers livres.
En vertu du droit d'examen dont ils jouissaient; les Juifs ont imaginé, tant pour la lettre: que pour l'esprit, toutes les interprétations possibles sur chaque phrase , chaque mot , relatifs, à la création ; et comme la grande majorité de leurs docteurs ne se distinguait pas par les con-i naissances physiques, on juge tout ce qui ea
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est résulté. Une foule de conjectures ont aussi été adoptées dans toutes les autres croyances. Celles que je propose tiennent à une idée.pre* mière déjà présentée , mais sous un aspect trèsdifférent , par le docteur Wisthon : c'est la formation du Monde terrestre^ et non de l'Univers, qu'il faudrait lire dans la Genèse. Je. m'attache surtout à la série des faits positifs qu'elle renferme ; aux erreurs probables des anciens sur les dimensions et l'importance relative des corps célestes; au caractère du langage oriental; enfin à l'usage pour lequel ces chapitres poétiques furent écrits.
L'auteur ne professe point , il peint. Franchissant les siècles par la pensée , il arrive au moment où la terre prend sa place dans l'immensité , et seul sur cette masse agitée, il signale à grands traits les faits physiques tels que ses yeux croient les voir se succéder autour de lui.
Ainsi s'accomplit un tableau dont les formes et la concision sont appropriées aux hommes qui devaient le saisir et le graver dans leur mémoire , dont la fidélité consiste moins à dire des choses d'une vérité absolue qu'à représenter les illusions naturelles , et dans lequel se découvrent ces grands principes reconnus par les sciences modernes : une même puissance , une
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même force agit sur tons les êtres : tous les êtres sont une agrégation première des mêmes élémens : dfins leur succession et leur développement ^ ib suivent en général la progression du simple au composé.
rOBKATIOir DE LA TBUK.