‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 5)Chapitre 41 sur 73 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I>E0 TEMPS ALLEGORIQUES.

Un ciel pur, une température chaude, une végétation qui procurât des fruits doux et nourrissans, devaient être les caractères naturels du lieu où se développerait la souche de Tespèce humaine. Ces avantages sont ceiix que le poëte attribue au jardin d'Eden *, lieu de délices que clés eaux vives arrosaient , où de beaux arbres chargés d*excellens fruits charmaient lés yeux , et dans lequel Thomme errait nu , sans souffrir des impressions extérieures.

Mais quel coin du globe renferftiait cette heureuse contrée? L*imagination la plus vive

* Le mot hébreu Bdeti , dëliœs , signifie aussi plaisir amou" roidc. ^

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serait impuissante à prévoir toutes les suppositions , et leur seul énoncé ferait gémir sur la frivolité de l'esprit humain , si ce n'était la certitude que des aberrations de ce genre ne peuvent plus reparaître. On Ta placé successivement dans toutes les contrées de l'Asie y dans l'Arménie , dans la Tartarie , la Perse , la Babylonie , sur les bords du Gange , dans l'île de Ceylan y faisant venir le nom des Indes du mot Eden, dans la Chine , sous le pôle arctique y et à l'extrémité de la terre de feu ; sur les montagnes de l'Afrique ; en Europe , dans un lieu caché aux homtnes, sous la terre , hors de la terre, dans la moyenne région de l'air, dans le troisième, dans le quatrième ciel, dans le ciel de la lune, dans la lune même, enfin, partout où il a été permis aux divagations de la pensée d'aborder *.

« UJElohim avait planté vers l'orient , dit avec simplicité la Genèse, le jardin d'Eden, un jardin de volupté, d'où sortait un fleuve qui se divisait en quatre bras , savoir : le Pison , qui coule autour du pays d'Havila , où Ton recueille du bon or et des pierres précieuses ; le Guihon dont le cours environne tout le pays de Cus; rHiddekel (le Tigre) allant vers l'Assyrie; et l'Euphrate. Sur ces dernières indications, qui ne se tournera du côté de F Arménie,V:omme étant

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le pays qu'avait en vue Tauteur sacré ^? Nous avons déjà dit que « c'est un des plus fertiles bassins de l'Asie j proprement le centre de la distribution des eaux de cette contrée vers tous les points de l'horizon.» Là, proche du Caucase , la plupart des savans placent le séjour de la race d'hommes primitive : de là enfin , il semble j suivant l'histoire méme^ que les populations se soient répandues de toutes parts.

Dans le jardin d'Eden ^.l'homme ^ n'ajant ni les regrets du passé ni des craintes pour l'ave*nir, goûtait le genre de bonheur attaché aux sensations du premier âge : ses besoins peu nombreux obtenaient une satisfaction soudaine ; et tandis que la variété de la terre et la prér sence de sa compagne excitaient doucement ses sens y le spectacle imposant des cieux pénétrait son cœur d'une admiration religieuse.

Mais y d'après l'ordre immuable des choses j cet état de calme devait être de courte durée. Chaque jour l'aurait-il vu solitaire et oisif sur le globe que sa force et son génie étaient faits pour peupler, et pour embellir? Se serait-il arrêté dans ce repos de l'âme, qui, pour avoir un charme durable y ne doit arriver que comme le

* L*£uphratc et le Tigrç naissent aujourd'hui à des distances assez considérables. Mois quelles révolutions cette partie de TAsie nVt'dlc pas du subir!

iSa LIVBX Ilf. CHAF. X.

tetme d'tiD long et- rapide mouTemeDl? Il &1lait qn'an changement subit mît en jea touà les ^ressorts de son être > et qu'une im{>uI$ion miuinéUe ouvrit une immense carrière à sa tolonié et à ses ](>assi6ns.

Au milieu du jardin , parmi tous les arbres qui l'ombrageaient ^ VEhhim avait placé un aii>re mystérieux : et , sous cette allégMie gracieuse queSalomonlui-^néme explique, en nommant la science un arbre de vie^ Tauteur désigna f expérience des choses qui, par l'obligation qu'elle impose à l'homme de tout connaître , devait lui faire traverser une foule innombrable d'erreurs, et lui faire supporter tous les maux qui en sont la suite *•

* Sal^moa tb tons les antres ébrivâios hébreux expliquent Tafliégorie, et développent la Genèse aussi littéralefn<;nt qu*il soit possible de le faire. Apr^s avoir dit que la science est un arbre de i^niy rScelénoste observe « que cette science cause néanmoins une foule de chagrins , que les questions dans lesquelles rhomme s*est engagé font livré à beaucoup d*ennuis , que dans Texpé- *yîenee qu*il a faite des choses , il a trouvé beaucoup de vide et de lôngement d^e^prit. » Le texte n'indique pas d'une manière rigoureuse s*il j avait deux arbres dans le jardin ou un seul. Quelques fersets ( t y 9 , ni , aâ ) tendant à (a première opinion ; d^antves (III ,3^5) lila seconde. Mais qu^importe pour Tallégorie que Tarbre de Im êcience du bon et du mauvais , et PaHfre de %fie fussent disttncts ^ou réanis? on y Toit le principt de la philosophie hébraïque qui se retrouve répété dans toutes les pages. « La sagesse 6it ('M^re long-temps sur la terre; l'absurdité, Tiniquité, Tinutilité conduisent au tombeau. O sots! jusque) à quand aimerez-vous la sottise? jusques k quand les insensés auront-ils la science en haine et chercheront-ils les ténèbres! » (/Voi/. I, aa). « Sojei

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Une voix suprême s'adressa dono à rhumanité personnifiée. « Jouis de ton repos et garde-toi de toueher à Tarbre de la science. » Paroles ifiutiles! Sotis l'emblème d'un serpent doué d'une éloquence irrésistible , le désir amoureux, uni au besoin de nous oorïnaitre nousHuémes et d'étendre notre existence , s'insinua dans le cœur de la femme ^ plus facilement accessible aux vives émotions. Habile à deviner sa faiblesse , il la persuada que le fruit de l'arbre dont une jalousie injuste les privait , leur communique-» rait une vie nouwelle y un bonheur infini et de^ lumières réservées aux habitans des cieux. Qui eût résisté? La femme succomba , cueillit le fruit céleste et en offrit à l'homme , qui partagea avec empressement le délire de sa compagne ^. •

une nation inteiligenie et sage, n'imitez pas les nations insensées. Ke vous occupez pas à des choses de néant; ce que je vous propose est destiné à v«nu procurer tous les biens conTen&bles pour vous faire viure Jong-tcmps sur la terre ; la science, c'est U ifie ; la sagesse, la loi, c'est le iavoir^ure. Choisisses entre le travail et la paresse, rabondancc et U pauvreté, la paix et la guerre , le repos et les discordes , la force et Ja faihlessc , une longue vie et la mort .... »

^ Le mot nan'ackf serpent, signifie aussi celui qui dwint. Lafacilité avec laquelle le serpent se jglissc à travers les broussailles et se replie en' tous les sens, est un des principaux motifs qui l'bnt €ut odopier par les anciens comme lo symbole de i%-fiBeaM> et de la pénétration. Il est devenu l'un des syn^holcs de |a JO^^ decine. Philon ne voit dans celui de la Genèse que remUèm* ^~ désir des sens (Dé Opifici^ Mundi, pag. 36 )» tendît ^ïù unir à «la le besoin très-distinct de coonal^ le ^O) réprouver , d'agrandir notre existence-

a64 LrvBS m. — cuap.u

Anasitôt un voile sembla^ se déchirer de dessus leurs jeux; tout leur être fut boulevers^; .la nudité leur devint si insupportable, qu'ils se couvrîrent de feuilles verdoyantes,' et qu'ils se cachèrent sous les arbres les plus épais, comme pour s'éviter eux-mêmes. Mais c'est surtout après la nuit, à l'heure du crépuscule, que des réflexions inaccoutumées les assaillirent, et qu'un sentiment profond de crainte pénétra, dans leurs cœurs ; aussi le poëte fait -il arriver en ce moment l'Ëlohim, qui leur dévoile en ces termes leur destinée : ic Que le serpent séducteur soit maudit i c'est l'ennemi que vous aurez à combattre sans cesse* Toi^ ô femme, tu vivras en butte à une foule de maux, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs seront subordonnés à ceux de l'homme j^ Toi, tu n^obtiendras qu'avec un travail assidu les fruits de la terre, qui ne te produira souvent que des ronces ; et ton pain sera baigné de la sueur de ton front, jusqu'à ce que tu rentres dans cette terre d'où tu as été tiré ; car tu n*es que poussière^ et tu redeviendras poussière \ »

L'homme et la femme nommée Eve, c'est-àdire existence, parce qu'elle a été la mère de tous les humains, se couvrirent de peaux de bétes desséchées, et sortirent à l'instant du jardin^ ou, sous le rapport moral, de l'état primitif

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de calme et d'insouciance ; et TEloliim, pour lesconvaincre jqu'ils n'avaient plos à , reiienir sur leurs pas , et qu'ils devaient marcher avec cou:rage , plaça vers le côté oriental des chérubins armés d'épéesflambojantes, qui en défendaient l'entrée.

En prenant sous cet aspect le tableau de la Grenèse, toutes les circonstances ne sè*lient^lles pas d'une manière convenable? Dès que l'antique usage de recourir à des allégories et à des emblèmes a été admis ^ qui pourrait* voir* un végétal dans l'arbre de la science^ et dans le serpent un animal réel^ séduisant Eve par* la douceur de ses paroles , ou bien un démon véritable^ dont la félicité de l'homme aurait excité l'envie ? Quel rapport existe-tôl entre une pomme mangée, la connaissance du bien et dû mal, et l'enfantement avec douleur? Quelle inimitié plus grande aujourd'hui entre la femme et le serpent > qu'entre elle et tant d'ar nimaux non moins redoutables ? Au contraire , c'est le désir qui se glisse comme un serpent jusqu'à son cœur; c'est la science du bon et du mauvais qui débute par la connaissance de soimême, dans le développement de la faculté la plus propre à donner l'impulsion à la machine humaine. Avec quelle.exactitude ses principaux effets physiques et moraux ne sont-ils pas dé-

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peints! L'homme ^ prêt à se croire l'é^ldie»

dieux, 08 1. soudain frappé d'un sentiment de crainte et de tristesse^ qui l'ayettit qu'il ne se prc^age que parce qu'il doit mourir. Enfin le genre de punition et de devoir impc^ à la femme se trouve dans le plus juste rapport avec l'objet de la défense enfreinte; c'est la douleur de* Fenfantement • c'est la nécessité de la pudeur*!

A peine éloignés du jardin d'Eden , Adam et Eve eurent ^es enfans , à qui ils ne transmirent à leur naissance que'le poids des peines qu^ls avaient à supporter, et nullement un péché d'origine; car, s'il arrive, disent la plupart des docteurs, que Ton voie des hommes tirer du sein de leur mère une organisation si mauvaise qu'on tenterait en vain de la corriger, il n'est pas plus possible de concevoir que rhomme, en général, naisse avec le péché originel ou avec la vertu originelle, que de comprendre qu'il naisse habile et maître dans un art \

* Tout VOrient a admis Texistence d'un premier homne et d*iine première femme. Mais il semble que le rôle qu*on leur a fait jouer a plutôt rapport aux phénomènes de la nature extérieure qu*au développement d^ sentimeas intérieurs. SaBchûniirtoii les appelle i£on et Protogone. Ils furent engendrés par le vent Colpias , et par sa femme Baou qui est la nuit ou le chaos. Protogone découvrit que les fruits éxa, arbres étaient bons à man^ ger. Les Persans les ont appelés Misba et Mishana \ quelques jurâmes» Pourous et Patvouhée (Hyde, L'ords).

' Gàïn, mot qui si^ifie acquisition, fatTatiië dès enfans mâles, et Abel , vanité selon les ans , affliction selon les aatfes, vit le jour après lai. C'est le premier développement des passions domaines qne la Crenèse peint dans le drame si connu dont ils sont les acteurs.

Les oblations d'Abel livré aux soins des trou<^ peaux, furent les plus agréables i Dieu ; il obtint plus de succès que son frère, adonné au labourage. De là un premier sentiment de haine, que Tamour porta au comble. Une des filles d'Adam aurait préféré Abel qui était plus doux et plus beau ^. La passion du laboureur se peignit sur son visage, et lui inspira de noires pensées. Vainement cette' voix suprême, qui, sans frapper Toreille, arrive au cœur, et force l'I^omme à raisonner les émotions qu'il éprouve, hii dit : « Pourquoi t'abandonner au désespoir? fais ce'^i est bien, tu en recevras la récompense. » Rien ne put l'apaiser; la première jalousie conduisit à la première fureur, et le malheureux Abel, frappé par son frère, tomba mort au milieu des champs ^.

* Saivant le Targum ou la paraphrase de Jérusalem^ il y eut ^ns les champs unecoUYersation entre Caïn et Abel dans la- «plelle le premier dit k Fautre qu'il n*y a ni jagcmcnt à Tenir, ni récompenses pour les justes, ni châtiment pour les mëclians, ni intelligence dans le monde, attendu que son oblation n*avait pas été agréée. Abel soutint le contraire, et ainsi commença la querelle*

%6S LIVRB III. — CHAP. ^

Que de larmes dut coûter à nos premiers pères la vue de ces restes inanimés ! Ah ! si du moins le forfait de Gain était le seul à désho- . norer la terre !

Il s'efforce de résister aux remords; mais une Toîx tonnante l'interroge : « Q'est devenu ton frère Abel? — Je l'ignore; étais- je son gardien? — Qu'as-tu fait de ton frère A.bel?

son sang sfélèye de la terre et crie contre toi. » Le poëte nous montre bientôt le triomphe de la conscience ; elle imprime sur sou front le signe de ses déchiremens*. « Je suis errant et maudit; ma peine est trop grande; où fuirai-je?

quiconque me rencontrera pourra me tuer ! »

« Non , dit TEternel lui-même , dans Tesprit du législateur , l'homme qui tuerait Gain serait puni sept fois davantage » y attendu que nul n'a le droit de s'arroger la vengeance, et de frapper de sa propre autorité un coupable : à la justice seule, dont la parole reconnue sera la loi , il appartiendra de le punir.

Dans ses courses lointaines**, Gain eut plu-

* Ce signe a été un très-grayc sujet de débats. C'était* une

, lettre du nom de la victime ou du nom de Dieu : nullement ; c'était

le signe de la croix ; cela signifie qu*il était couvert de lèpre, qu'il

avait les yeux ensanglantés, que la terre tremblait autour de lui,

qu'une corne lui éfait poussée ( ^o/. Bay!e,art. Caht.)

misères dt* rimagination humaine !

** Où donc Joscphc a-t-il pris que Gain, fuyant ses pères, rcn-

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sieprs fils et filles parmi lescpiels Ënoe, qui donna son nom à ia première ville ^ et dont Tarrière-petit-fils Lemec fut le premier polygame. Ses femmes s'appelaient Ada et Tsilla.

C'est de la bouche de ce Lemec que sortit pour la première fois le principe de la défenlb natu^ felle. Un jour qu'il avait été assailli par quel-» ques hommes y sans qu'on sache à quel Sujet ni de quelle manière^ il s'écria, plein d'agitation : « Femmes > écoutez-moi! J'ai tué un homme, étant blessé moi-même , et un jeune homme.

Si le meurtrier de Gaïn (coupable) devait être puni sept fois davantage, celui de Lémec (non coupable) le sera soixante-dix-sept fois^, »

Ses enfans furent Jabal, père des pasteurs, qu'on a pris pour le Paies des Grecs ; Jabal son frère, inventeur de plusieurs instrumens de musique, pour l'Apollon; Tubal-Caïn, dont on a faitVulcain parce qu'il travailla le fer; et Naama sa sœur, confondue avec Vénus , à cause de son nom qui signifie agréable.

contra (Tautrcs hommes qu*il suppose aussi méchans que lui? La Genèse ne fait allusion qu*à une foule de fils et de petits~fils d'Adam qui auraient voulu venger la mort de leur frère. Ce pds* sage de Josèphe a donné peut-être la première idée au Hollandais Lapereyre, chef des Prœadamites, qui attribuaient à Fauteur sacré d*avoir seulement présenté Adam comme la souche du peuple hébreu , de sorte que d^autrcs hommes et des peuples auraient ekisté avant sa formation.

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Cependant le. premier homme et sa compagne moururent^, après avoir ressenti toutes les peines de rexistence y et avoir fieporté souvent les yeux vers le jardin de délices* On cite dans la multitude de leurs enfaiis , un fils nommé Seihy i4ot qui signifie destine ^ à cause qu'il fut destiné à remplir dans le cœur de ses pères lé vide qu'y avait laissé la perte d'AbeL Les Sabéens^ ou adorateurs des corps célestes, Vont regardé comme leur fondateur. Du temps de son fils Ënos , l'on commença à' appeler du nom de l'Etemel , c'est-à-dire de rendre un culte à la Divinité, Enoc, son arrière-petit-fils,

* Certes il n*cst rien de plus ëyidemment poétique que cette manière de personnifier l'humanité naissante. Malgré cela , Timagination déréglée des commentateurs de toutes les croyances s*est bizarrement exercée sur tous les détails relatifs 2i ces deux personnages. Par exemple, au moment où il fut créé, Adam atteignait d'un bout de la terre à Tautre; il traversa la mer d'une seule enjambée. Après sa chute , Dieu , sur la requdte des anges , réduisit sa taille à cent aunes. Les Mahométans se contentent de Tégalcr à un palmier des plus élevés. Les docteurs chrétiens ne sont pas restés en arrière. Avant de le créer. Dieu aurait revêtu lui-même les plus belles formes humaines, ce qui était une image anticipée de Tincarnation , et il l'aurait pétri h sa ressemblance corporelle. Ce n'est pas tout , dans le temps mémo que Dieu s'occupait à faire Adam, celui-ci, tout incréé qu'il était, considérait avec beaucoup d'attention son créateur de la tête aux pieds (Eugubin, m Cosmopeid ap* Saù'anum. Annal., t. 1). Il possédait les connaissances les plus variées dans 1rs sciences comme dans les arts. Le Coran le met au nombre des six grands prophètes. Les anges a\ aient moins d'esprit que lui; il a fait des livres, entre autres le Sepher Jesira , ou Livre de la création ; il a composé le quatre-vingt-douzième psaume, et l'on cite

puiro)ui ^yec Dieu y en d'autres termes fut intelligent et sage ; c'est pourquoi il passé ches les Hébreux pour un des premiers hommes qui firent jaillir les étincelles des sciences que TEgjple cultiva dans la suite. Mais il ne parut plus y dit l'historien y parce que Dieu le prit; ce qui ne signifie en aucune manière qu'il fut enlevé tout vivant dans le ciel . comme on l'a prétendu ; seulement ses proches et ses amis ignorèrent l'époque et le lieu de sa mort. Enfin le fils d'Enoc, Methuséla^ ou Mathusalem, parvint à la plus excessive vieillesse. Il compta neuf cent soixante-neuf ans ^ et fut aïeul de

m^me deux hjmliei de sft façon , dont nne fut chantée lors de m première entrevue avec Eve, et Tautre après leur péché (Calmet. Gènes, ^ iv ).

Tons les détails sar le compte de notre première mèro ne sont pas à son avantage. Les larmes qu*ellc versa à cause de la fatale pomme furent bien assez abondantes pour former Ic-lac de Tibériade ; mais un bel ange la consola. Comme l*homme a conservé ses vingt - quatre côtes , ce n*cst pas avec une côte qu*eUe fut fai^ej mai» avec une queue qu,Ul portait à Tinstar des animaux. Une autre femme , nommée LUit , mot dérivé de kaia , la nuit, les ténèbres, partagea la couche d'Adam : c'est un mauvais (^ënie. Enfin les commentateurs juifs ont soigneusement placé leur sépulture en tiébron , où Abraham fut enseveli : les Pères de TE^ glise Pont transportée sur le Calvaire, pour donner plus d'importance à ce lieu : par la m^mc raison , les Mahométans l'ont établie tout proche de la Mecque , tandis ^ue les anciens Persans les faisaient garder par des lions, dans File de Ceylan.

* La longue vie des hommes , a-t-on dit , compensait ators leur petit nombre; les années ont été comptées successivement par lunes, par saisons, par équinoxes ou solstices; la plupart des

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Noé qui , après avoir engendré Sem y Cam et Japhet , survécut au Déluge*

De l'avis des Hébreux^ la mémoire des patriarches anti-diluviens s'est conservée , parce qu'ils se livrèrent à l'observation de la nature y à l'astronomie , et aux idées spéculatives, qu'ils s'efforcèrent de civiliser les hommes y et qu'ils se transmirent les uns aux autres y comme des chefs d'écoles , les résultats de leurs réflexions. Plusieurs savans modernes ont affirmé, au contraire y que tous ces noms de patriarches appartenaient à des êtres mythologiques qui représentent les astres , les constellations^ et les événemens astronomiques. Il y a du vrai , sans doute, dans cela : mais comme la science n'était pas encore divisée en sections , comme le même langage et les mêmes figures symboliques servaient à retracer les phénomènes du ciel, les événemens de la terre et toutes les conceptions abstraites , on ne peut , sans beaucoup d'imprudence , assurer que telle ou telle image corresponde rigoureusement à telle ou telle classe d'idées. La chose positive, je le répète , c'est que l'auteur de la Genèse , quel

noms de patriarches embrassent des lignées entières . et leurs âges forment des périodes historiques. Josèphc , après quelques asstîr- Hons prii concluantes, lais^^e au lecteur la liberté iVcn croir»* ce qu'il voudra } cVst e« qu'il y avait de mieux.

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qu'il soit y eut en vue de ramener les esprits dans une direction égale et favorable aux lois du pays et à la morale publique ; c'est que , si Ton considère les superstitions incroyables qui régnaient alors, on trouvera que les tableaux qu'il mit à la place ne manquent ni de savoir, ni de charme, ni de philosophie.

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