‹ Histoire des institutions de Moïse, et du peuple hébreu (volume 5)Chapitre 44 sur 73 · III. ai · texte numérisé non relu

III. ai

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les gens de l*eniiroit et leur offrit un festin. Mais il intixxluisit furtivement dans le lit nuptial Léa » sa fiUe aimée , au lieu de Rachel ; et quand Tépoux, surpris, vers le matin, de ce-changemenly lui adressa des plaintes, il répondit : c< On ne marie pas ici la plus jeune fille avant l'aînée; achève la semaine des épousailles , et nous te donnerons Rachel, 3i tu promets de travailler encore chez nous pendant sept ans. » L'amour fil cv^nsentir Jacob « et huit jours après son mariage avec Lêa^ il épousa Rachel.

l>a le n^ndil père de Ruben , c'est-à-dire , ^ i\v;jj moN //& .• de Siméon , yW été écoutée; d<* l.c^ î, umioit ; de Juda, lominge. Alors Rachel, se crv>vaut stérile « offrit à son époux sa servanle lUla « |K)ur en obtenir des enfans qu'elle r^jT^rtlerail comme son propi-e fruit. En effet , mu lui mèrv de Dan . jugement ^ et de Nephtali , /:*r,v. IV Si>n coté Léa, dans la crainte de ne pUis< *noir do pivgcniture, donna pour femme À Jaivb. /il^Ki sa servante, qui enfanta Gad^ ttxHii^ ««mivc et Aser, bien ^ heureujc ; mais i^uUiXï son os|K^rance » elle devint mère encore d*lssaohar • n^compense; de Zabulon, demeure^ ot do Oina. première fille du patriarche. Enfin lUohol aussi fut exaucée, elle eut pour fils Jiisioph , uccnHssenè4*nl ; et plus tard Benjamin «|ui lui tHu\la U vie.

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Après la naissance de Joseph^ Jaœb voulut prendre congé de son onde; mais celui-ci trouvait de trop grands avantages dans sa ma- ^ nière d'administrer les biens , pour le laisser partir. Ik firent une convention ,• en vertu dé laquelle les agneaux et les chevreaux d'une certaine couleur appartiendraient à Jacob. Malgré les injustices répétées de Laban envers lui , ce ne fut pas une pensée très-morale , celle qu'il eut, d'écorcer par petites sections des verges d'arbres qu'on mit dans les abreuvoirs des brebis hâtives , pour influer sur la couleur de leur portée. Sans doute ce secours dut se réduii*e à l>ien peu de chose ; mais il ne manquait pas moins à la convention qui avait pour base le hasard. Bientôt les fils dé Laban virent avec jalousie sa portion s'accrottré, sans songer que celle 'de leur père suivait la ménfie progression . Ce dernier lui-même laissa paraître tant d'aigreur, que* Jacob, après avoir communiqué son dessein à ses (eiifiimes qui l'ap^ prouvèrent *, partit pour la maison paternelle, sans en rien dire à son oncle .

* Quelle portion avons-nous dans l'héritage de notre père, Iqi

dfrènt*e)ies ? Ne notis a-t-îl pas traitées in étrangères? Après t'â'-

yoir fait travailler pour nou^ obtenir, il a tourné en sa fa.reur le

prix Je tes 5L'r>iccs,qui nous appartenait linous-uiùmcafCen- i.\x.i,

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Laban plein de funestes projets, Tatteignit sur les montagnes de Galaad; mais pendant le silence de la nuit il fut docile à une voix intérieure qui lui représenta que son gendre n'avait aucun tort à son égard., Dans leur entrevue^ il se contenta de lui adi:esser ces reproches : « Pourquoi m'as-tu quitté sans m'avcrtir? je t'eusse conduit au bruit des chansons et des instrumens; tu as emmené mes filles comme des captives , sans me laisser le plaisir de leur donner le baiser d'adieu, ainsi qu'à leurs énfans. J'ai le pouvoir de te faire du mal; mais le Dieu de ton père m'a parlé cette nuit, et me l'a défendu. Toutefois, je t'accorde que le désir ardent de revoir les lieux de ta naissance ait causé ce départ si précipité , pourquoi m'as-tu dérobé mes téraphiniy mes pénates? »

« Si je suis parti , répliqua Jacob , c'est que j'ai craint que tes mauvaises dispositions ne te portassent à m'enlever tes filles; quant à tes pénates , je ne les ai point; que celui sur qui tu les trouveras soit réputé coupable ; cherche dans ma tente , et si tu découvres quelque x^hose qui t'appartienne , ne manque pas de t'en saisir. »

Laban chercha en vain ; Racliel qui avait pris, à l'insu de son mari , ces petites images , auxquelles elle supposait beaucoup de vertu , les cacha avec soin.

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«'Quel est donc mon crime ou ma faute^ s'écria alors Jacob y que tu m'aies poursuivi si yiolemment? Prenons tes frères et les miens^ pouç juges : j'ai resté i^ét toi vingt ans, peùdàht lesquels tes brebis et tes chèvres ont rarement avorté ; je n'ai point mangé des moutons dé tes troupeaux ; je ne t'ai pas mis en compte ceux qtie les bètés sauvages ont déchiré ; j'en ai supporté la perte y et c'est à moi-même que tu as redemandé ce qu'on nous a pris. Le jour, je résistais à une chaleur brûlante; la liait, j'endurais la froidure ; le sommeil a fui long-témps de ma paupière; et pourtant, sans le Dieu d'Abraham et la crainte d'Isaac, tu m'eusses renvoyé en ne me laissant rien. »•

A ces pldintes réciproques succéda le* raccommodement ; et le lendemain de bonne heure V Laban ayant recomnîandé ses filles à son gendre, les ayant embrassées et bénies^ lui dit adieu.

Jacob , près des demeures de son père , se ressouvint de ses torts envers Esau , et lui dépêcha des messagers au pays de Séhir,*pour lui faire part du succès de ses Voyages et pour obtenir son pardon. Mais ces messagers revinrent en toute hâte lui annoncer que son frère s'avançait à la tête de quatre ceirts hoinmes. Saisi de crainte , il partagea ses gens en deux bandes , afin que si l'une était frappée, l'autre.put s'é-

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chapptir. Eli oji^iae temps il. disposa plusieurs petits troqp^ux dUtao^te^ uns des autres , e\ il d5>nna ce\ çrdre à chaque conducteur. « Quand Esaiî mon fjrère te rencontrera, s'il te dit : A qui app^rtiens-tu ? où vas^tii? pour qui ces troupeaux? tu lui répondras : Jp suis à Ion serviteur Jacob,; je conduis de ^a part ce préseftt à sqn frère ; mon maître n'est pas loia de nous. ^ Àprè^ cela y il fit passer le gué de Jabboç à toute sa suite et il resta seul la nuit en-decà du tofrent. C'est alors qu'une nouvelle vision cemarquable s!emparade son esprit : le sens moral est que l'homme doué d'intelligence peut triompher de forces supérieures qui sembleraient devoir l'anéantir soudain. Un homme mystérieux lutta contre lui jusqu'à l'aube du jour , sans le terrasser. Dès que l'aube parut, cet homme lui dit : « L^isse-jrnoi , l'aube est levée. — Non, je ne te laisse point que tu ne m'aies béni. — Que] est ton nom? — Jacob* — Eh bien ! ton nom sera désormais Israël; ce^r tu as obtenu l'ay^aotage en luttant contre les forces de Dieu; que sera-ce avec les hommes ? » Or, on a déjà vu les rapports établie par Moïse entre ce symbole et le peuple auquejl le nom d'Israël fut donné» Au moyen de la loi, ce peuple obtiendra l'avantage sur chacun de ses membres en particulier, quelle que soit sa force; il sera le maître de

tous ; et dans le cours de son existence , il ré* sistera non seulement au choc des nations , mais aux circonstances les plus extraordinaires que la nature des choses, ait jamais réunies contre une association humaine.

Le lendemain^ Jacob, en quittant les bords humides du torrent où il s'était endormi , boita d'une hanche ^ et c'est eu souvenir que les Hébreux enlèiKent avec soin le nerCde cette partie dans les animaux dont ils se nourrissent. Le lieu témoin de sa méditation fut nommé Pemely la face du Dieu fort.

Bientôt il découvrit son frère et les quatre cents hommes. Les femmes et les enfans s'avancèrent; et luirméme alla an-devànt d'Ësaîi qui se précipita dans ses bras.: iis vénèrent des larmes de )oie. « Est-ce là ta famille?,» Et chaque mère ^'approcha avec ses enfans pour le saluer. « A qui destines-fu les troupeaux que j'ai rencontrés? — A tôi-^méme. — Non^ mon frère , garde ce qui t'appartient , j'aiabondamment de: toutes choses. .i> Mais Jacôb le presser d'agréer aob présent pour preuve qu'il l'avaitè; jamais pardonné i « Accepte, accepte , car ton msage apaisé est pour moi ce qu'il y a de meilleur à voir. » Après beaucoup d'amitiés-, Ësaiï se dirigea niera la. montagne de Séhir , et Jacob • arriva àSichem v dans le pays de Canaan , ou îL

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dressa ses tentes et un autel dans an champ acheté des Siché mites.

Mais durant son séjour , Dîna sa fille sortit du camp pour voir les filles du pays. Sichem, fils d'Hemor, chef de la peuplade, l'ayant trouvée belle, l'enleva, et la viola. Ses frères, au retour des champs, s'occupaient de vcmgeance, lorsque ces deux princes entrèrent dans leurs tentes : « Mon fils aime votre fille, unissons-les, et restez parmi nous. » De son côté, le jeune homme ajouta : « Faites-nioi grâce , je donnerai tout ce que vous demanderez; exigez de moi telle dot et tel présent qu'il vous plaira. »

Mais ni ces paroles pacifiques, ni l'offre de riches présens ne désarmèrent la colère de quelques uns des fils de Jacob, qui, sachant que le peuple de Sichem leur était supérieur en nombre, répondirent : <t Nous sommes circoncis, et vous ne l'êtes poiqt; adoptez notre usage , et nous nous établirons parmi vous. »

Les deux chefs , revenus à la porte de la ville , firent un tableau si avantageux de l'alliance projetée, que la majorité des mâles sicbémites se soumit à cette condition.

Mais au troisième jour , qui était le moment de la douleur, Siméon et Lévi, sans en avoir parlé a leur père , entrent hardiment dans les murs, suivis de leurs serviteurs^ l'épée à la

maio ; ils frappent tout ce qui leur résiste , par* viennent jusqu'à la maison d'Hemor et de Sichem, les font tomber sous le glaive , et reprennent Dina. Tout à coup le bruit du désordre arrivant aux autres tentes hébraïques , y donne l'alarme ; on se porte en foule vers le point d'attaque; les Siehémites défendent leur vie;. on s'anime ; leur sang coule ; enfin la ville est pillée. . Jacob indigné protesta contre une -action si barbare , et il prononça le jugement déjà cité qui maudit la colère inflexible de Siméon et de Lévi , et qui déclare qu'Israël n'a pris nulle part à leur conseil secret , qu'il met en exécration leur fureur •*.

De Sichem on alla à Bethely maison du Dieu fort; au lieu même où Jacob avait eu sa pre-^ miëre vision : il dressa sur la montagne un autel, après avoir obtenu de sa famille et de tous les gens de sa suite qu'ils enfouiraient les idoles dans lesquelles ils mettaient quelque confiance. Là aussi , Debora y la nourrice de sa mère ^-qui était venue à sa rencontre , mourut > et fut en* sevelie sous le cbêne des larmes.

Mais peu de temps après il eut à pleurer sur une perte bien plus cruelle y sur Rachel y $on épouse ; sa première amante. Non loin d'Ephrat, elle éprouva des douleurs d'enfantement si longues et si terribles , qu'elle en fut épuisée ;

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enfin le souffle seul lui restait y quand la sagefenune s'écria r « Courage ! tu as encore un fils. » La.pauvre mère le regarde y rassemble ses farces pour lui donner le nom de Benoni, qui vent dire^ fils de ma douleur ; et rend le dernier soupir.

Comment peindre le désespoir du patriarche?

il changea ce nom àe Benoni^ trop déchirant à pronoQBCer y en celui de Benjamin y fils de ma droite; il éleva sm^ le cheimn d'Ëphrat un simple monument à la mémoire de Rachel y et l'on sadt combien les: enfans de cette femme adorée lui furent toujours cbers.

Enfin ^ après avoir séjourné à Migdol-Heder , où Ruben osa souiller la couche paternelle , Jacob revit son père Isaac dont il était séparé depuis plus de vingt ans.

Dès que le vieillard fut mort et que les derniers devoirs lui eurent été rendus, Esaii, qui avait épousé , outre les deux Héthiennes , sa cousine-germaine, fille d'Ismaël, retourna en la montagne de Séhir , dans le pays qui , à cause du surnom qu'il avait d'Edonï^ te roux, s'appela Iduraée *.

* T^a Genèse donnc*siir 1rs desccndans d'Esaii dr «ombreux détaib, dont une partie sont des annotations ultérieures in9ëréc5 dans le texte. Une suite de rois aurait gouverné riduinëc avaBl qu'il y eut des rois hébreux j ce qui a fait supposer dans ce pays un état de civilisation qui remontait tnàs-haut.

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Jacob resta en Canaan où son cœur fut bientôt frappé de la perte de Joseph. Qui n'en connaît l'histoire 9 représentée sous tant de formes^ dont aucune n'a éclipsé la narration simple et pathétique de l'auteur hébt^u ? Parcourons-la rapideinent>. surtout pour rétablir les faits relatifs au sjstènie d'administration que ce fils de Jdicch suivit en Egypte.

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