CHAPITRE PREMIER
B£GIMB SANITAiaE.
PouA obtenir son entier perfectionnement et la plus longue durée / leeorps humain réclame quelques conditions foiMamentales : pureté de l'air ; alimens de bonne nature et bien combinés; résistance aux yicissitudes de l'atmosphère ; activité des membres ; enfin exercice successif des sens internes et externes , lequel n'a pas pour unique destination d'éloigner ou de rapprocher l'individu des choses nuisibles ou utiles ^ mais de déterminer entre tous ses organes des oscil* lations dont la régularité produit l'état sain et 'le plaisir de vivre *.
* Le plûfic de vivre, le aentiiiie&t de Teustence , os de Vétn, aon t ie véritable bonlieur de Tliomnie. To«s dos efforts ont ponr bot de dégager cette espèce d'inconnue des quantités m
Kii dckiinant le plus grand essor à Tagricul^ lure , qui dessèche les marais et active la végélution I et en répandant les citoyens d'une manière égale sur le sol, le bienfait d'un air pur était déjèl abqtàslait ](artia^2aé jpëu^ld israélite. Sans doute Moïse ne dicte ;pas de nombreux précep|;es , comme a fait Hippocrate , qui traite en médecin la question dé Paîr^ des eauœ et des UeiLx; mais il indique avec quel zèle on devait chercher cette première condition extérieure de la vie , soit par l'ordre qu'il établit dans son camp y soit par le règlement d'après lequel , dans toute réunion considérable , chaque individu porterait à la ceinture un petit pic , pour cacher aussifàt sous la terre tout œ qui
remharras3ent. Si Ton pf aiqine i*iin aprè3 r^utrçtous les objets quî* occupent iloti}e Yté, on se convaiacra qu*iis 9& rédaisetkt ))otfr là
^Mp^l^^ 4h f^4^^i^ • 9? F^^ ^^>'fs en butte ^f frq^d^ ^ \^ ^^'^f^ à la faiin^ à la foif , à tous Xq^ genres de besoin , à tous les genres A^oppreâsiôii , à tout dé «{ai comproriict enfin le dévôlbppement de
|».yK tt«€|f« 0^90^ 4« c«rps> unç p^ft^fll^iPH Wi»^ f|W4f dans Texisténce. S*il n'est^ f)as libre de remplir toutes sqs fonction^ s^l est opprima pàf lin ôii "par pilisienrs autrrà bipînbi?',' il' s*^^it liqiir lui-irt^nje nnin^al qui se ^^^ ;resw^U^r i^ i9|^;l9pe]£49iM^ C'est de Tensem^le que naît le bien. C'est de l!harnionie de La 1er ^latiotk corporelle que'r^ultcf la plus grande somme de fjtaakî)r pour Tindividu, comme de rharnioniç de ^a i^iiilf^ipft^çlflc ^ j[)i plus grande somme pour Fespèce. Si les moralistes, les théologiens, les métaphysiciens, les philosophes et les faiseurs de lois, qui ne sont pas toujours des législateurs , avaient plus éfcudié l%oinme «Uns l'homme, ils se seraient épargné saAs doute beaacoup àm iiflcussMai ai d'erreuis*
KiGlME SAfftTAlRE 3g
xserait'de nature à répandre de l'insalubrité au loin \
Dans les y illes, les hommes d'autorité veiUaieùt à la police sanitaire : aussi chez ce peuple accusé de tant d'ignorance l'on ne conçut jamais la bi-^ zarre idée de faire respirèr les viyans au milieu de la décomposition dés morts. C'est dans une caverne, sous un arbre, sur un coteau, que s'élevaient les tombeaux des familles qu'on avait soin chaque année de reblanchir et de réparer.
Tout prouve qu'ils choisissaient de préférence le penchant des collines pour y bâtir leurs demeures : ils les exposaient en général au levant, point cardinal le plus favorable à l'introduction d'un bon air *, et vers lequel était tournée l'entrée du tabernacle. Ils "se servaient de pierres taillées : les riches revêtaient Tintérieur de bois de cèdre, de cyprès, de^sapîn; ils avaient un appartement d'été et un appartement d'hiver : cette dernière saison n'arrivait que lorsque la neige tombait en gi^and^ abon-
*. Le piineipal oTastagedu côté oriental têt quëjte soleil; péné^ trant de borine heure, détiniit plus tôt les effets de rhun^idité de U nuit; niiaîs les localités doivent faire varier à Tinfini ta place convenable foyr lesTÎUes et les habitations. Dans le fKiytfid* Israël considéré en totalité, le vent 4u nord pas.sant sur le Liban doi( être frais et sec ; le vent à^ midi traversant le désert, après avoir rasé rOcëan et la mer Rouge , chaud et hainide ; le vent d'ouest arrivant directement de la Méditcrannéç, humide et frais j le. vent d*est de l'intérieur des terres, chaud et sec.
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dance sur le Liban , et elle passait bientôt* A. faut de cheminées , ils avaient recours à des» fourneaux et à des brasiers^ qui sont du plus mauvais usage. Lorsque le roi Jéhoakim se saisit du rouleau que le secrétaire de Jérémie avait lu ^ de la part de ce prophète , à tout le peuple y il était dans son appartement d*hiver, durant le neuvième mois, en décembre, devant un brasier ardent où il )eta cet écrit pleia de menaces ^.
Pour y trouver la fraîcheur , on faisait des rez-de-chaussée l'habitation ordinaire ; les lemétrés se fermaient avec des jalousies et de» rideaux; pendant les chaleurs de Tété on couchait à l'abri d'une tente sur les toits disposés en terrasse. Les appartemens des femmes et ceux des hommes étaient séparés.
On juge Teffet immense des alimens sur la santé. Et d'abord, quel phénomène que l'alimentation l Les corps extérieurs introduits dans le sein de l'homme éprouvent une transformiation complète et deviennent partie intime de son être • Après un certain nonàbre d'années, ces mêmes parties sont entraînées au dehors par le mouvement de la vie ; de s<M*te que rien de ce qui composait autrefois l'individu n'existe encore; et cependant, sauf les change'mens apportés par rage, iï est toujours lui-même !
RÉGiMK SANITAIRE. /| l
Cette série perpétuelle de services réciproques entre rhomme et les objets extérieurs nous force doue à reconnaître qu'ils ne sont que les élémens d'uq plus yaste ensemble ; et à conjecturer que ralimentation , considérée sous son aspect le plus général y n est pas seulement un moyen de conservation pour l'individu^ mais une élaboration naturelle y destinée peut-être à jeter dans Fanivers quelques produits inappréciables à nos sens j et d'autant plus parfaits ^ que la nature de l'bomme qui les fournit est elle-même plus parfaite*
Un aliment, quel qu'il soit, agit de deux ma-^ niëres : en excitant l'estomac par sa présence et par les principes qu'il renferme, et en portant dans le sang un suc nutritif qui s'associe aux divers organes à travers lesquels il passe. Si l'excitation produite sur l'estomac n'est pas proportionnée^ la nutrition que l'aliment détermine , il en résulte beaucoup dé mal ;'et c'^st ce qui arrive chez les individus réduits par la pauvreté à se nourrir d'alimens de mauvaise nature, et à recourir à des excitans pour développer les forces dpnt ils ont besoin dans leurs travaux. Comme rien ne suit cette excitation déréglée, leur corps s'use plus vite, et le défaut d'ordre dans le physique occasionne une grande oppression du moral et de rintelligence. Le nombre des aliiaen^k
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e&l considérable/; la partie nutritive s'y combine en toute proportion avec une fouie d'autres substances: plus ou moins ag^issantes. Oa conçoit donc qu'un régime approprié pourrait prévenir et même arrêter à leur naissance beaucoup dei maladies; on conçoit surtout que ^ dans un pajs où la force de production et l'ordre politique assureraient à^ehaque individu une nourriture telle que la réclame l'organisation commune àû corps humain, la santé^ la beauté, et la moralité de la population s'accroîtraient d'une manière rapide. Que d'infortunés chez qui le sentiment du besoin fait de toute l'existence une longue maladie; et quel admirable vœu que celui «de ce roi de France qui ambitionnait la poule au pot chaque semaine pour le moindre de ses sujets * !
Les Egyptiens semblent avoir puisé à \^ûe tiûple source leurs préceptes alimentaires. Centaines substance^ furent défendues par le seul principe dp santé ; d'autres par des raisons d'é^ conomie publique, telles les vaches, que lettr rareié, dit-on> rendait précieuses et qu'on avait consacrées à Isis; enfin là superstition les fit renoncer à se nourrir de diverses espèces aux-
* Il u'e^t pas beM^in de dire que la. poule au pet tous les 'di* manches entraînait Tidëe d*un bon morceau de viande Men saine pour la phipart des autres jours.
RÉGIMIP SAlflTiJEB. 43
quelles une idée mythologique avait. conduit à rendre un culte.
Les Hindous, qui réclament la priorité sur kà Egyptiens, pensèrent que, pouv s'approcher le plus près possible de la Divinité, il fallait que l'âme ne lut jamais ^subjiiguée par les appétits du corps i Ils adoptèrent cette exagération de: la sensibilité humaiqe, qni a fait dire qu'oo ne devrait pas immoler à la faim des 'étMs jouissant de la plénitude de vie ; de sorte qà'ils s'imposèrent, entre autres choses, l'abstinence complète de tout aliment tiré du règne animal.
L'École de P jthagore trouva de même dans le régime un moyen dé perfectionnement pour l'intelligence, et elle renonça à se nourrir de la majeure partie des animaux, si ce n'est de tous.
Quant au3;: Laçédémoniens, qui furent réduits, en fait de ragoût > au brouet noir, c'est que Lycurgue les destioait à la guerre e.t au mépris de toute recherche.
Enfia \à pénitence çt Taniortissement des appétits charnels ont produit les préceptes alimentaires du catholicisme. Mais ici il y a eu erreur, en ce cens, que la nourriture qit'on a reg^urdéç conm^e la plus tempérante, les légumes, et surtout fè poisson, n'est pas celle qui excite le moins, soit que l'estomac et ses
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dépendances aient besoin de développer proportionnellement une plus grande sonune de forces, pour extraire d'une, masse donnée des sucs nutritifs moins abondans, soit à cause du principe phosphorescent que le poisson ren-ferme. H parait q^ue de deux individus long^ temps soumis à Tun des^detix régimes, servi avec abondance, celui qui aurait fait sa nourrir ture des alimens cités, serait, toutes choses égales d*adlleurs, plus dominé que Tautre parlés sens*.
* Les mots Umpértuti et t^aihUsiont ne sont point synonymes. C*est pour les troir confondus qu*une doctrine médicale moderne, ^ laquelle. on doit d'ailleurs -d*escellentes' idées ^ a répandu dans le monde quelques principes erronés , auxquels on s^est attaché avec d*autant plus de zèle qu*ils semblaient porter en quelques keures rhomme le plus ignorant au niveau du pios habile. Tontes^ les maladies ont été ramenées à une seule , qui a reçu le nom d*irn£ation , et qu'il eût mieux valu appeler tout simplement ta maladie. La conséquence a été qu*il n*y avait qu'une classe de bons remèdes, les antiirritans , et qu*il fallait affaiblir pour guérir. Mais )*^ dit <fu*affaibiir n*est pas tempérer , et que les moyens mis en usage dans ce but produisent, au-delà d'un certain terme, feffet contraire à celui qu*on a en vue. Une diète convenable calme, une diète disproportionnée itrite ; pourquoi cela? parce que les organes ont Jine vie active, etque l'habitude et le besoîâ de prendre et d*élaborer certains sucs, s*ils ne sont pas satisfiiits, les agitent, et les font ressembler en quelque JN>rte k une troupe qui , pressée par la faim ou par la soif, se débande et se précipite avec une espèce de foreur sur tous les objets dont elle espère être soulagée. Le même principe s*applique à rémission du sang ; piodérée, elle tempère } excessive , elle irrite les plus importans organes ^ et si Ton voit alors une faiblesse extérieure, cette faiblesse se compose à la fois de Taffaiblissement direct qui résulte de la perte du liquide bienfaisantet deraflaibiissement^*occasionnent ces organesagitës, en appelant vers l'intérieur toutes les forces. Il s'ensuit une troisième période , qui est celle d'épuisement*