LIVRE IX. — CHA.P. II
loin rie vicier les facultés naturelles. La Iocih tion^ circoncire son cœur ^qui exprime TexpuisioD des pensées nuisibles, prouve bien qu'on attachait à cela des considérations sanitaires. Maimonide envisage les choses sous le même aspect; mais il insiste principalement sur ce que Texcès de sensibilité , que ce moyen détruisait , devait être regagné par les organes qui jouent le rôle principal dans l'exercice des facultés intellectuelles. On aurait dès lors ambitionné d'attiédir, sanslui nuire, unpointtroptyrannique,enfaveur de tous les autres, et l'on aurait porté atteinte à la volupté locale, pour l'étendre et la généraliser. Mais les développemens dont ces questions sont susceptibles ne peuvent pas trouver ici leur place. Chacun sait combien est chatouilleuse la chasteté de notre époque, et je ne voudrais pas la blesser.
Durant le cours de l'allaitement et du premier âge, il est recommandé aux mères et aux nourrices d'apporter le plus grand soin dans leurs alimens; de ne rester jamais le sein découvert; de ne jamais tenir l'enfant tout nu, la nuit ni le jour^ de ne point le laisser aller nu-pieds ou sans rien sur la tête ; de ne pas l'exposer dans les lieux trop échauffés par le soleil, ou à la clarté humide de la lune ; de le lever de trèsbonne heure, et de le baigner souvent *^ .
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Les hommes d'autorité avaient pour devoir de s'interposer dès qu'un enfant en souffrance 5'offrait à leurs yeux. Des divers bienfaits que les principes de liberté ont répandus dans la <uvilisation moderne , celui-là n'est pas le moins admirable^ d'avoir reporté l'intérêt sur l'enfance y de lui avoir rendu tous ses droits. Le grand nom de Rousseau s'est attaché à cel acte de justice , son éloquence a accompli cette conquête ; et n'eût-il que ce seul titre à la gloire , il suffirait pour lui acquérir le respect «t l'amour de la postérité.
Quelle que soit l'imperfection de la science <les* disciples de Moïse , on est obligé de reconnaître avec les auteurs ^ni ont examiné la chose ^ que y « jaloux de partager la sollicitude de leur maître, ils s'efforcèrent toujours d'exercer une heureuse influence sur la santé des jeunes citoyens ^^ » ; et même sur la beauté, à laquelle le législateur doit un bon nombre de ses pensées. Toutes nos sensations, étant accompagnées <le mouvemens intérieurs qui changent ou modifient le tempérament général , doivent à la longue apporter certaines modifications dans les formes extérieures. Le grand travail de La- Tater est un développement de ce principe poussé à l'excès. Qu'on imagine une organisalion intérieure parfaite et un moral en rap}K)rt,
la beaulé des Ibniies el l'expression Je la physiunoiiiie suiv l'Ont naturelletnent. Maiscumment définir la beauté ? de deux maoières , selon qu'un la considcrc en elle-incme, ou par l'impressiuu qu'elle produit sur nous. Dans ee dernier cas, c'est un ensemble de Tonnes qui a h propriété de réveiller les sensations auxquelles se rattaclienl nos sentimens d'admiration et de plaisir ; et comme le tempérament, l'éducation, les mœurs, les habitudes modifient indéËniment notre manière de peirevoir, il eu résulte . un nombre infini de beautés relatives; il en résulte que des formes semblables produisènl sur les individus désefiels opposés, et des l'ormes opposées, des effets se ndïlables. Mais, considérée eo elle-même, la beauté a quelque chose d'absolu : c'est un ensemble dans lequel chaque l'orme se trouve des mieux proportionnées au but particulier qu'elle doit remplir, et à l'efie-t ^aéral de toutes les autres.
Pour apprécier la beauté relative . il suftît donc de recevoir des impressions; mais, pour la beauté absolue , il faut penser. Un chant léguer ravit pendant quelques jours une population entière qui s'en lasse; une marche guerrière agite loys les cœurs; mais un ensemble bai*- TOonique qui s'adresse à la ibis au cœur . à l'intelligence et aux sens, passe seul, aux yeux de
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Vhomiue de Tari, pour une ronceptioii imnior-
lelle.
Ce qu'est la liberté dans Torganisation des peuples , ce qu'est la santé pour les parties intérieures du corps , devient ainsi la beauté dans les formes extérieures des générations humaines et dans leurs principales œuvres. Il n'appartient qu'à la raison elle-même d'être initiée à tous ses mystères et d'en comprendre tout le pouvoir.
Qu'on se garde donc d'assigner la froideur comme le caractère essentiel de la raison ! Elle ne ménage ses forces qu'afin de les accroître ; et^ sa flamme a sur toutes les autres cet avantage de porter à la fois la chaleur, la durée et le iL^alme, partout où il lui est permis d'aborder.
La peinture donne en général aux esclaves , un œil terne 9 un nez écrasé, des lèvres inanimées, des traits indécis ou qui se heurtent en tout sens. Qu'on songe à la physionomie hébraïque qui , dans sa pureté primitive , offre des lignes prononcées , un nez a(}uilin , un œil vif, un front découvert , une bouche expressive : « Elle doit inspirer de belles conceptions » , dit Winkelmann "''. Que de nuances , en effet , depuis le calme du patriarche jusqu'à l'enthousiasme du prophète, depuis la grâce du pasleur jusqu'à la fureur du guerrier !
Maislitoe chose remarquable, c'est qu'au
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milieu Jes traits repoussans , produits par éff longues infortunes; on puisse encore démêler sur le visage de beaucoup de juifs quelques traces de leur ancienne physionomie. Je n'attri-^ buerai ce fait ni au climat ni à la nourriture , puisqu'ils vivent dans des climats opposés. L'habitude de s'allier ensemble fournit une raison bien plus solide, auprès de laquelle il faut ranger la résistance naturelle que la direction de leurs esprits vers les mêmes idées , le souvenir tou-jours présent des mêmes personnages et leurs mêmes espérances , ont dû long-temps opposer aux causes qui changeaient leurs traits primitifs. Chez un homme d'un caractère élevé Ja ph jsiono* mie hébraïque offre encore une grande noblesse, et chez les belles juives, elle ajoute, à la douceur ordinaire d'tin joli visage^ une expression de dignité antique , qui l'emporte peut-^tre sur la beauté grecque, en ce qu'elle a moins de fadeur. Pour que les yeux de l'assemblée ne tomr bassent pai sur un homme désagréable , le législateur ordonna, qu'un défaut corporel, trop d'embonpoint , trop de maigreur , un œil gâté , un nez difforme éloigneraient de l'exercice du sacerdoce '*. Il voulut en même temps que le grand-^pontife n'épousât qu'une vierge , et non pas une femme veuve ou répudiée *..
* La même loi existait à Athènes; le chef des pontifes ne devaiC
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Quand Saiil lui choisi , le sénat prit en eonsidération la noblesse de sa taille et de sa figure : t< Ne voyez-vous pas qu'il n'est personne parmi nous qui puisse lui élre comparé ! » David était blond 9 de bonne mine , et très-beau. Tout porte à penser que Salomon fut d'un extérieur gracieux. La Genèse rappelle avec complaisance la beauté des femmes : « Sara était fort belle. Le messager de son époux ^ s'étant arrêté pour examiner les jeunes filles de la Mésopotamie , jugea que Ribca fille de Béthuel l'emportait par la beauté. Des deux filles de Laban , Léa , l'aînée ; avait les jeux bleus , mais Rachekétait belle de taille et de figure ^'\ » Enfin c'est un honmiage à la beauté elle-même que cette loi déjà citée: « Si parmi les captives que vous livre la guerre, tu en vois une qui soit belle et qui t'inspire de l'amour^ tu pourras la prendre pour femme. »
éf)oii.icr qu'une vierge ; c était une coutume fournie aux ileux peu- , pie« par rÉg7p4«.
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