‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreuChapitre 29 sur 45 · SENAT · texte numérisé non relu

SENAT

sénat) appelé tantôt naoi (le prince), tantôt le ckophet (le juge), comptait parmi les soixante-dix, et que le sénat tout entier ne représentait que le législateur. Mais le nombre impair convenait mieux à l'assemblée, et Moïse dit en termes exprès : « Que les anciens supporteraient atec lui la charge du gouvernement » , loin de dire après hd. Leur nombre correspondait donc à un sénateur, pour neuf mille hommes environ , au-dessus de vingt ans , si Ton admet les indications numéri* ques du Pentateuque.

Suivant les docteurs eux-mêmes, l'assemblée choisit le membre le plus savant pou^ l'élever à la présidence : il représente Moïse. A sa droite est le doyen d'âge , sous le nom de père da la maison du jugement; à sa gauche, une espèce de vice-président, appelé le premier sage. Les autres sénateurs se rangent des deux côtés , en demi-cercle , selon Vordre de leur promotion ; les scribes ou greffiers ont des places particulières ; il y a aussi des messagers (59).

Les suffrages sont recueillis quelquefois par le président, quelquefois par le plus jeune membre, afin qu'il n'en impose pas aux autres. On va des derniers aux premiers : chacun motive son avis : la majorité d'une voix décide certaines questions, comme on le verra plus tard ; souvent elle est insuffisante. Dans les grandes questions publiques,

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on devait chercher runammité des suffi*ages : les propositioDS de Moïse auxaiicieiis sont accueillies tout d'une voix.

Le candidat nommé, ainsi que je l'ai dit, d'après le principe suivi dans les assemblées sa* vantes , recevait Timposition des mains ^ : le président prononçait son admission, en lui posant les deux maîns sur la tête, de la même manière «pie le législateur avait fait à Josué, et en l'invitant à prendre séance. Quoique le nom d'anciens appartint au grand-conseil ,. le |enile homme doué de qualités supérieures y pénétrait: «Avec la sagesse , l'e serai honoré dans les assemblées et estimé des anciens , malgré ma jeunesse : quand je me tairai , ils attendront que je parle ; quand je prendrai la parole, ils m'écouterônt attentive-? ment, et ils mettront la main sur leur bouche, de crainte de m'interrompre (60). »

L'usage fit durer leurs fonctions toute la vie, quoique la loi soit loin de l'ordonner; Moïse, au contraire, abandonnant le timon des affaires, lorsqu'il était encore plein de vigueur, donne celte grande leçon à tout homme qui joue un rôle sur

* Certains docteurs prétendent, dans leurs exagérations, que le grand-sanhédrin parlait soixante-dix langues différentes : ce qui suppose qu^on aurait exigé de chaque candidat qu*il connût au moins une langue antre que sa langue maternelle.

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la scène da monde : Que les plu» hautes facultés s'épuisent, et qu il y a autant de sagesse a ne pas se sonrivre à soi-même, que de julstice à déposet sans regret dans d*âutres mains les avantages où même le fardeau auxquels on avait ajouté quelque prix.

Le grand-conseil i<este en permanence ; i^es délibérations s'accomplissent à la &ce du peuplé : le secret, au contraire, était un des premiers pii»-» cîpes de TÉgypte. Dans le désert , il s'asseniblait devant le tabernacle dressé à chaquecàmpëm^nt; plus tard, il occupa Fun des portiques do: temple) à Jérusalem,- de sorte que la'maîsoniidè' fé'bêvah fut plus particulièrement appeléie'mai^Mm-téfo^ té*' fUé, dais lelieii on rôn conservait lesftdbléis des principes et le livre de la Idi; et ws«ison àUju^* ment y là où cette loi recevait des dévek>p|>emens et ntié aotîon (61).

' Toutes les fonctions législatives; exercées par Moïse rentraient dans les attributions dn conseil {)ublic^ Pendant sa. vie, c^ sénàit avait partagé OMO lui le fardeaii du' peuple f' apr^ sa mort , il était son héritier. légal,' eomine le sacerdoce héri* tait d'Aaron : et'o'estici le cas de citer les paroles suivantes de Basiiage , quoique^ cet auteur se con« tl^edise lui-même !«BlusiiBurs chrétiens se sont imaginés que le grand-sànhëdrin étabtt par M o'Ise fut aboli k sa mort; 4in.trôiive une frenveMu çon-

traire dans la chronique des Samaritains. Les Jnifs partagent le sentiment de ces derniers , et le bon sens le dicte ; car si ce grand législateur eut besoin de ce conseil, pendant sa vie, il était encore pins nécessaire à ceux qui lui succédèrent dans l'administration de la république (62). »

Il appartenait au sénat de développer selon les besoins du moment les principes de la loi fondamentale, non-seulement en ce qui tient an droit civil et politique, mais 'dans les rites même ; attendu que les rites avaient tous pour but , oomme la loià laquelle ils servaient de rempart, nn ' intérêt temporel et national : il proclamait en conséquence les jugemens au IHeu éPItraël , en d'àuti*es termes , ce qu'exigeaient le bien public et la raison d'État. Ge principe est trop sagement rappelé dans les déclarations de l'assemblée des députés israélites de France et d'Italie , convoquée en l'année 1807, pour que je les passe sous silence.

« Réunis à Paris ^ au nombre dé soixante et onze docteurs et notables d'Israël , nous nous constituons en grandr sanhédrin , afin de rendre des ordonnances conformes aux prineipes de nos saintes lois, et qui servent de règle et d'exemple à tous les Israélites.... Ainsi, en vertu du droit que taons confèrent nos usages et nos lois, et qui détennine que dans le s«fia# réside essen-

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