‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreuChapitre 40 sur 45 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

si onéreuse qu'ils demaDdèrent à Alexandre , comme un bienfait, d'être exemptés du tribut pendant son cours ; c'est l'impôt, plus que la loi, qui leur était insupportable : Moïse avait-il constitué son peuple pour alimenter le trésor des rois de Macédoine ?

Les grandes routes établies par Tordre du législateur, et la promotion qu'il accorde au voyageur et à l'étranger, devaient favoriser l'agriculture *.

Après sa mort, les anciens des Hébreux ne cessèrent pas de s'occuper de cette partie éminente de la richesse publique. Le partage des terres auquel ils présidèrent les y encouragea. Josué, que Thistoire représente comme ayant proposé luimême des lois au peuple, à Sichem, fut, dît-on, l'auteur des dix statuts relatifs à la dépaissance , au droit de la pèche et à plusieurs autres droits. Je me garderais de l'affirmer ; mais eussent-ils été conçus ou modifiés beaucoup plus tard; eussentils même été empruntés à d'autres peuples , on y reconnaît toujours l'esprit de la législation.

* Au sujet des villes de refuge dont je dirai plus tard la destination , il recommande d'établir de tous côtés des chemins qui y aboutissent et qui permettent de faire facilement la route. Ainsi, outre Jérusalem et les autres grandes villes, il y avait six centres difTérens dans le pays où Ton devait aboutir sans peine de chaque bourg.

LITBB m. •— GHAF. IT«

« I. Il est permis de faire paître un jeune troupeau dans les bois dont les arLres sont avancés, mais non pas un troupeau déjà fort. Il est défendu d^introduire quelque béte que ce soit dans nn bois de jeunes pousses et d'arbustes , sans lapermission du maître.

» II. Il est permis de ramasser par terre , dans le champ d'autrui, des rameaux sans importance; il est défendu de toucher aux arbustes et aux arbres.

» ni. Il est permis de ramasser Therbe qui croît spontanément; cela est défendu dans les champs semés d'une plante destinée à la dépaissance des bestiaux.

n lY. On peut bien couper chez autrui une petite branche d'arbre pour la replanter , mais non pas sur les branches qui portent des oliTcs. Ce qu'on coupera ne doit pas dépasser le volume d'un œuf; ce sera pris parmi les rameaux qui commencent. à s'étendre, encore privés de fruit, et dans une partie assez touffue pour que les rayons du soleil ne les touchent pas.

» Y. Tout cours d'eau renfermé dans les limites d'une ville ou d'une province appartient exclusivement aux habitans , quoique la source soit h ors de leur territoire.

• Yi. Le droit de pécher avec le hameçon dans la mer deTibériade est commun; mais il y a droit

«xclosif» pofot les kâbitoDs des provinces doiot ceihemev baigoe les bords, d^étendre des filets ou de pécher avec des barques.

» Tii* L'homme, qui pressé par un besoin en* tre dans le champ d'aub-ui , de quelque plante qu'il soit semé, et arrache une poignée d'herbes , ne sera pas jugé coupable. .

» yiu. L'homme égaré peut traverser une vigne ou tout autre propriété ouverte, jusqu'à ce qu'il ait retrouvé son chemin.

» IX. Dans la saison qui rend les chemins bourbeux et obstrués par les eaux , le voyageur passe dans les sentiers adjacens, lors même qu'ils, sont une propriété particulière; durant les chaleurs de l'été et jusqu'aux pluies d'automne , il peut, pour abréger ion chemin, traverser tous les sentiers.

31 X. Tout hpmme enfin, rencontré mort dans un champ , obtient pour sépulture la place même où il est couché , à moins que ce ne soit dans les limitesd'une ville; car on le transporterait dans le lieu destiné à recevoir les morts (81).

« Ce qui n'esta personne, ajoute la jurisprudence hébraïque, appartient au premier occapant. Los poissons pris dans la mer ou dans les fleuves, les oiseaux et les bétes qui n'ont pas de posses* seur, deviennent le partage de celui qui s'en empare* Quoiqu'on ne doive ni chasser ni tendre des

LITfiB in.W«IVIMIP. IT.

iMéges «m'eiseiii» davs le 'èlidiiBpld^4WlniîV®op^>*' dant le prodait âpparttetidrà au ohasseui^ , i moins que ie maître do'ciiaatp n'ait invdqoé an* paravant èon droit de prppr^té. Celai qui prendrait les poissons oii> les bêles qu'ad individa xsonsenre dans <|^' ^î^icrs ' ou dans an enclos commettrait un vol. Si des filets sent étendus dans les eaux ou dans <}es lieux déserts » et qu'un liomme aille en cachette saisir la proie qui s'y est engagée , il fait une mauvaise action : si les filets ^taieint fermësv c'est un ii(ol véritable (&S). n

La gnerve fat le ^plns^ grand fléau dé l'àgricoltnre. La manière dont elle se faisait alors ,- la baine et la crainte que les .Hébreux dni^enl; ins» pirep à tons les peuples ^roi^ins dés pays qu'ils ^onquireut^ les forcèrent, -pendant-bien ^es au* nées, à tenir le soc de la charrue d'une main et leurs épées dé l'autiie* Des hordes uoiubreuses se précipitaient tout à coup siir les cantons hes moins foHifiés et les ruinaient entièrement. IRieu ne peint mieux cet état de eh oses que les invasions annuelles ' qui déterminèrent Gédéoti à se mettre à leur tête : « Quand kraèl avait semé» Madian montait avec Amalec et les Orientaux , en aussi grand Uombre que les sauterelles; ils dressaient un càinp potir eux et pour leurs cba*meaux; ils ravageaient tout le pays, et ils ne laissaient rien de reste , ni vivres, ni menu ni gros bétail (83). »

Cependftpt:l!i^ri«ttM[ii^?^ ne! c^ssapa^ 4e fleurir; Parmi les rois; qyi^Iy.actoQQèrepiaTec le plus d<8 zèle est ce méttie. Q^f ^9 qu^Azarias qui, sur la fin de sa TÎe , youlut s'^mpaner du sacerdoce , et qui , pendant un règnfi d'un, detoi-siècle , avait illustra son nom par des vidipires (84). Mais ell^ était indépendante des faveu;i*s des rois ; elle se liai^ immédiatement à reiistemce des Hébreux et à H constitution du pays : avec elle ce peuple déye^. loppa des rosâ^ouri^eis qui paraissent étçunaptei^ , quand on les coonp^re aw époques où il vécu^ , aui désastres qu'il épcpiiva) aux tributs que ^etïi peser sur lui TA^syrie^ TÉgypte^et la Perse, et Rome^ Mais n'avons-nous pa^ été ténioips d^ quelque chose d't^nalogue? N'avons-nous pas vu, dans les plus grandes proportions, tout ce qji^e peut la fécondité d'un sol occupé par des hommes actifs? Découragée , épuisée, envahie, souffrant de la désunion de ses citoyens, et de l'imperfection de ses lois , la France ne s'est-elle pas relevée tout à coup d'un échec qui semblait devoir la tenir abattue pendant plusieurs siècles?

Depuis la dispersion générale , les Juifs n'ont eu que rarement Toccassion d'exercer l'agriculture. Elle exige , d'une manière absolue , la sûreté la plus complète des personnes et des propriétés. Partout où ils avaient émigré , avant la ruine de Jérusalem , pour fuir les discordes et l'oppression

30S LITRB III. OHAP. IT.

étrangère qai accablaient lear patrie, ils s'étaient fait remarquer par leur bonne culture (85). La plupart des choses écrites jusqu'à nos jours à leur sujet , ressemblaient moins à des récits qu'à une dérision perpétuelle* Us ont contribué ayec les Arabes à acclimater en Europe une foule de tégétaux de TOrient ; ils ont porté en Sicile la culture de l'indigo; au Brésil, celle de la canne à sucre (86). Sous la domination pacifique de ces même Arabes, ils ont travMlté à féconder l'Espagne; beaucoup d'autres points de l'Europe les ont vus laboureurs : et partout où la liberté régnera, ils seront d'autant plus amis de ce genre d'industrie que la 'nature de leur institution, leurs usages , leurs fêtes , leurs souvenirs les y ramènent sans cesse.

iHBrsTBii. 990

A^««/%«^A%'V^% <V«W«'»<V»«A/«%l|/%W»«%««*/V»*<W«''WV%W«W»W»%-V«%AAl^»«V%«

Page 1