DE LINDUSTBIE ET DES ART
Les écrivains qui ont accusé Mo'ise d'ayoir formellement repoussé Tindustrie, oubliaient. que ragriculliti*e n'est qu'une grande branche do cette industrie même, et que toutes ses lois avaient pour but de faire du pays d'Israël un. atelier db production aussi actif et aussi bien entendu que pouvaient le permettre l'époque et la situation particulière du peuple. t
L'exploitation du sol exige des instrumens nom-' breux. Un sol d'une fertilité moyenne nouiTit beaucoup plus d'hommes qu'il n'en faut pour le cultiver* Lors même qu'elle ne servirait pas à l'accomplissement de la plupart de nos besoins et a nos plaisirs , l'industrie proprement dite emporterait donc toujours avec elle cet avantage , . de fournir de puissans secours à l'agriculture et de protéger l'ordre social , en utilisant Factivité
MQ LITBB.lUé-^CHAP. IT.
delà majeure pailie des indWidus dont cette dernière branche n'a que faire.
Après a^oir prescrit aux Hébreux de bien cultiver leurs champs, que leur recommande le législateur ? de se loger dans de bonnes habitations. Voici ses paroles textuelles : a Travaille , et ton pays te rapporteras de tout : tu mangeras et tu seras rassassié ; tu bâtiras de belles w^aisons et tu y demeureras ; ton gros et menu bétail , ton or, ton ai^genty tout ce qiiè tu possèdes sera augmenté : mais alors, que ton cœur ne s'enfle point fusqu'à oublier Jéhoyah 'ton Dieu, qui t'a retiré en plays d*Égypte , de la Maison de servitude (47)« n Aépéterai-je à Tappni la sentence de Salomon : (cFais ton ouvrage, travaille tes champs, ensuite embellis ta maison. » Mais le développement que le génie de Maimonide donne à cette parole fondamentale de Moïse est d'autant plus remarquable, qu'il renferme tout l'esprit de la loi hébraïque.
'•'- «( Cette loi veut perfectionner deux choses : le corps et Tintelligence. La première de ces perfections consiste à ce que le corps se trouve dans la meilleure disposition possible de santé. Or cela ne s'effectue point saps toutes les choses nécessaires ; les alimens et tout ce qui regarde le régime diététique ; de bonnes habitations, des bains, et tout ce qui ^'ensuit* Ua homme ne peut donc ar-
. xnfivsTiitfi. Î801
river seul à cet état de bieu-étre : irfâ«it la-réor DÎon des individus d'une cité ou d'uqe teontrèe, ce qui revient à ce que j'ai déjà avancé : que rhomme est de sa nature^ un iàmi?ial politique eit eivih Qoant à la seconde perflçdtion , elle a pour but de irédutreen acte l'aptitude ^nteliedtuel|e que chaque^ j^dividu apporte en naissi^nt ; de lui faire connaître sur tout ce qui existe , tout cp qu'il lui est permis d'en connaître , suivant sa caparcité personnelle. Mais il est évident qu'on ne peut atteindre «ette deuxième perfection qu'aj^rès-avolr obtenu l'autre ^^ Comnient un homme parviendrait-il à comprendre ce qui est inieUjgible y soit qu'on le lui enseigne^ soit qu'il Tapprenne de luimôme , s'il a à lutter contre la douleur, la faim', la soif, le chaud , le froid , et autres choses de cie genre (88) ?» .
Tous les objets de nécessité et de luxe , âiumérés dans le Pentateuque et dans i les livrets {postérieurs, font juger que, par rapport ai» temps et aux circonstances, Tindustrieet les.arlB n'étaient nullement, chez les Israélites, t^lfts l'état de détresse qu'on a prétendu. Voyez eo eih fet la contaradition ! On* a élevé aii pkis haut d'o-
* On voit dans tout cela les moti^ qiii ont fait appeler les Juî& peuple matériel et charnel, par opposition, à ceux qui ne regardent la chair que comme un obj^t méprisable.
a02 UTBB m.— CHAP. T.
gré rbabUeté indu^ielle des Égyptiens, et Ton s'étonne que les fils de Jacob» qui ayaient travaillé parmi eux et avec eux, fussent avai^pés sur beauciQup de points ! Il faudrait alors accuser leur intelligence: mais la contradiction ne cesserait pas d'exister, puisque les œuvres de leur intelligence même ont exercé l'action la pt^s générale, la plus profonde et la plus durable sur l'espèce humaine.
Us faisaient usage de diverses étoffes de laine , de lin , de coton , quelques-uns disent de soie , de bysse , qui était d'une nature plus fine encore que la soie et qu'on retirait d'un végétal sur lequel les avis sont partagés, et de poils de chèvre. Pour .les obtenir ils réduisaient la matière en fil , et la tissaient avec la navette ou la travaillaient à l'aiguille. Ils eurent aussi des métiers (89).
Les principales couleurs employées dans les premiers tempç étaient le bleu céleste , le cramoisi, te pourpre, le |aune, qu'on obtenait, soit an moyen des- végétaux, soit de quelques poissons à «oquilles , soit des minéraux dont les Égyptiens et les Phéniciens leur avaient appris l'usage. On s'efforçait surtout de donner un beau blanc aux toiles qui formaient les tuniques et plusieurs autres parties des vétemens. Les étoffes les plus riches entremêlées de fils d'or portaient toute sorte de dessins et étaient ornées de franges de diver-
IlfDIJSTBIE* 803
ses couleurs (90). Les réglemens traditionnels prouvent que de tout temps la' teinturerie fut un état très-pratiqué chez les Juifs. J*ai dé)à compté la garance , le carthame, rindig.o y parmi les ob<jets de culture : ils se servaient aussi de l'arbrisseau appelé henneh^ qui fournissait des nuances aurore, du kermès, qui est une excroissance faite sur le chêne par la piqûre d*un insecte , et de beaucoup de colorans d'une moindre impor* lance (91).
Quand Moïse demanda au peuple, pour la confection du tabernacle , une partie des choses précieuses qu'on avait exigées de l'Egypte , les femmes industrieuses filèrent du- fin lin, des poils de chèvre et des matières d'une couleur bleu céleste, pourpre , et cramoisi ^ qui , dans les mains d'hommes habiles, furent transformées en tapisseries Irès-longues, très -larges , semées de belles figures d'un travail délicat et jointes les unes aux antres par des crochets d'or *, Ils firent en même temps avec des poils de chèvre des espèces de nattes dont on recouvrit le tabernacle , et qui furent recouvertes à leur tour de peaux de mouton teintes en rouge (92).
*Remarqaez que Hoïse ne pouvait pas donner le nom d^ouvrages délicats et d^artistes intelligens à des œuvres grossières ou à des hommes inhabâes , il avait passé toute sa jeunesse aunûlieu des grandeurs de la cour égyptienne.
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Les détails de l'Exode, sur les proportions des pièces qui formaient la charpente de ce temple portatif et sur tontes les choses qu'il renfermait, indiquent l'usage d'une foule d'instrumens propres à compasser, à mesurer, à égaliser.
Avec l'art du charpentier, du fondeur, du potier, les Hébreux apportèrent d'Egypte l'art de graver les pierres précieuses en creux comme des cachets, de travailler les métaux, de plaquer en or et de mouler, si ce n'est de sculpter, en bosse et en relief (93).
En conséquence , rien de plus inexact que la défense qui leur aurait été faite de tracer des figures. Le législateur ne leur interdit que les images devant lesquelles on avait coutume de se prosterner; que la représentation de la divinité sous la forme d'un homme, d*une femme, ou de toute autre créature. Hors de là leurs goûts étaient libres *. Ne fit-il pas sculpter lui-même, sur l'arche , et broder sur les rideaux du tabernacle , de belles figures humaines avec des ailes ? La vaste
* Est-ce seulement par une superstition religieuse que les Juifs refusèrent ayec opiniâtreté de voir les aigles romaines apparaître dans leurs murs , et la statue des empereurs s'élever dans le sanctuaire? L'insurrection générale qui éclata bientôt après, et dans laquelle les zélateurs avaient pris pour devise : La mort plutôt que la servitude (Josèphe, Guerre Judatq., chap. xxx), explique la chose*
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cuve du temple appelée la mer d*aîrainne fut-elle pas posée sur douze bœufs de ce métal, et les soubassemens du sanctuaire n'ofiraient-ils pas des images de bœufs, do lions, et des figures d'hommes (94)?
Avouons toutefois, que la seule défense de donner à la Divinité des formes sensibles dut arrêter le génie des beaux-arts dans ses plus nobles élans. C'est loi^squ'ils étaient soutenus par Tespoir dé faire tomber la Grèce entière aux pieds du dieu que leur ciseau allait produire ^ qu'un ardent enthousiasme s'emparait des Phidias et des Praxitèle. Mais, pour obtenir quelques chefs d'œuvre. Moïse pouvait-il ofiPenser la vérité , retenir les citoyens prosternés devant une pierre, et braver les conséquences, alors si funestes, de cette er*reur ?
Leurs occupations , durant les périodes de repoj dont ils jouirent sous les jages, ne nous sont pas assez connues. Si dans les livres de Samuel on voit que les Philistins ôtèrent pendant quelque temps à une partie de la nation les moyens "xle forger des armes (95), il ne faut pas conclure de cet accident leur inaptitude ou leur répugnance pour l'industrie; bientôt après, sous \ç règne de David, ils travaillèrejjtle fer et ils surent s'en servir avec avantage. •*'
Le règne deSalomon fut brillant pour les arts.
906 LITBB m. — ORAP* T.
Les travaux du temple « les maisons royales , leur riche ameublement, des jardins agréables, de beaux ouvrages en or et en argent, en iyoire , des concerts composés de chanteurs , de chanteuses et de toutes sortes d*instrumens de musique , prouvent les encouragemens qu'il leur donna. Des villes et des forteresses furent bâties et réparées (06); la brillante Palmyre ouTadmor, située au nord-est de la Judée, au-delà de Damas, lui dut Texistence*; les grands chemins dontrentretien avait été fortement recommandé par Moïse furent multipliés: dans toute la Bible, un des principaux signes de décadence est exprimé en ces termes : u Les grandes routes ne sont plus battues, les chemins de'Sion mènent deuil (97). » Salomon, dit l'historien Josèphe, avait fait paver en pierre noire tous ceux qui aboutissaient à Jérusalem (98). Qu importe que ce roi ait écrit au roi de Tyr : u Ordonne qu'on coupe des cèdres
* Palmyre etTadmor signifient, Tun en grec, Fautre en héhren , palmier. Un sol fertile , des eaux pures, dans un canton que des sables arides enveloppaient de tous cétés et que la nature semblait séparer^ de toute autre terre ! Placée dans un état d'indépendance entre deux grands em'^ires , la première attention des Romains ainsi que des Parthes , dans la circonstance d^une rupture , fut toujours de s*assurer de Palmyre ( Encycl. méthod., art Palmyre). . , . i i t
du Liban et que tes serviteurs travaiîUeiit «tec les miens ; car tu sais qu'il n'y a pas 4e gens paraû nous qui s*^entendent mieux que les Sidoniens a couper et à faire voyager le bois de cùnstraction;i» Cela marque une branche particulière du comr mercé des Sidoniens , et rien de plus. Qu'importe qu'il ait appelé un célèbre artiste, fils < d'un ,Ty<rien , pour présider aux travaux du temple* Hiram n'était point entièrement étranger^.|)uisqu'il appartenait par sa mère à la tribu d^ ï>an ou à celle de Néphtali : d'ailleurs , faudrait-r'il en Conclure qu'il n'y avait pas d'artistes en Judée? le lexte dément cette assertion. La lettre de Salo>hion aii roi phénicien est conçue en ces termes : ,« Envoie-moi maintenant quelqu'homme très-hl^bile à travailler en or, en argent, en airain^ c;n fer, a faire des ouvrages de couleurs variées, .et qui sache graver, afin qu'il s'entende avec les artistes que ['ai avec moi en Judée et à Jérusalem. » Et le roi de Tyr répondit : «Je t'envoie un homme des plus habiles , issu d'une femme de Jia tribu de •Dan , il sait tout ce que tu exiges ; il fera toute jorte de gravures et de dessins , et il travaillera avec les hommes d'esprit que tu as et -qu'a eus mon seigneur David ton père (99). » Gomment, en effet, cet artiste remarquable aurait-il accompli, seul, le nombre étonnant d'ouvrages précieux qui sortirent alors des ateliers juifs ; entre autres
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ce trétoe dottï ob D'avait jamais va te pareil. Il 4iaitid'ivoire»incrosté d'or; on y montait par sût ^egrë^'; le dossier était rond ; deux lions sortaient Aé% acciyùdbît*s , et chaque degré portait un lion d'un côté et de l'autre (100). )
-Mai» h)r& nvéme que le texte ne donnerait pa^ -tous des détails , pourquoi ne pas tirer de la de-^ mandé; de Salomon cette conséquence, avant toutes \^Sf autres : que les Hébreux honoraient le talent éh*anger, et qu'ils ne professaient pas Tin^ sociabilité qu'on leur a si souvent reprochée. Les maçons du )roi se lièrent bientôt ayec les maçons -de Tyrpar une espèce de compàgnonage, un vé^ ritable nœud de fraternité ; d'où est sortie ^ avec des ornemens empruntés à l'Egypte et à l'Inde, la pensée de faire fraterniser des ouvriers de toutes les nations, pour la réédification morale •du temple de la Vérité.
' Sous lies règnes subséquens , des villes , des forteresses nombreuses s'élevèrent avec leurs arse* naux; on inventa des machines de guerre, on déposa toute sorte de vases précieux dans le trésor public, et des aqueducs furent dirigés vers Jérusalem (101). Isaïe , se plaignant du luxe des filles ^e Sion , 'énumère presqu'autant d'objets qu'en •peut oflrir la toilette d'une femme moderne. «Les filles de Sion portent la gorge découverte , leur regard est hardi , leur démarche bruyante : c'est
INDVSTBIE. 90^
pourquoi 1-Éternel les punira. Il leur^ ôie^a- tou^e l^jir parure : les chaussures gai^ni^s /ie so^ettes^ leurs réseaux précieux ^ leurs crolssaufS ;d,'or, les colliers» les bracelets, les voiles, iesi.^iar^s, les ja^rçtières , les ceintures , les corsçiges^.laiirâ pendans d'çr^ille , les anneaux y les orii^p[ien^ pl^Ç^Ç sur le front, les robes superbes, If^^f^iques^Jes^ manteaux, les bourses élégantes ;,^,lçs ^miroirs; de tuétal, le linge fin, les bandeaux >le9 ca,pu(^qn3^^ l€|urç parfums (102); tout ce qui .flatte leur/v|t:^
nité*.» ... ;■:.••'••.. ; ! ..i.
Tpwtes ce$;grandes maisons çoiftre.tesqueUçs £^*emp9rtenl les prophète^, ces pal^i^ de pi^iu*]e dé taille; ces logemens d'hirer et d'été; ces n^aisons^ dUvoiref dans lesquelles des ,m^fr,es .qonf;halans se couchent si^^.des lits préciçi^x^ se pourrisseï^^ diimeiUeur fies ^oqpeai^x , boivent le \in dans ,4^ larges coupes, s/enivrent des parfums lèsplu^ejfj^ quis , frE;donneni au son des instr^imei^^ , et cQOçiposent comme David des paroles pour tes mettre^ en musique, sans s^nquiéter en rien des plaie!^ du peuple (IQd)i attçstent une (certaine industri,^,
A rheure de la captivité, les artistes étaien^ très-nombi?0Ux à Jérusalem. Sur dix mille .chefs de maison transportés à Babylone, lors de la
♦Sur chaque mot du texte il a diversité d'opinions ; mais toutes 's'accôrdent-ponr indiquer viûgtidèliik obfét^ de toilette , tous- riches ou ^légiansi'
810 LITRB III. — CÏBAF. V.
première invasion , il y eut mille mattres d'ate- Kers, eW bois ou en métaux(104). Dans son hîs* toire dé l'Art, Winkelman leor donne une destination particulière, très-hasardée, sans doute; mais la remarque qu'il fait n'en a pas moins de valeur. » Né/ùs sommes très-peu instruits de l'art, éhëz ïé peuplé hébreu ; il faut pourtant qu'il l'ait porté à tin cérioin degré de perfection , du moins polir lef dessin et pour le fini du travail; car parmi les àtiistes que Nabuchodonosor amena captils^ de la seule ville de Jérusalem , il y en avait mille quf travaillaient en ouvrages de marqueterie: on àuràitde la peine à en trouver autant aujourd'hui datis les' plus grandes villes (105). »
Enfin, les qualifications d'hommes d'esprit, ahommés fntelKgëns et savans (106), que les Hébreux 'se' plaisaient à accorder aux tîitoyens indiastrienx, aux artistes renom.niés, semblent prouver qu^ils avaient pour eux la considération qui ah ime l'industrie et les arts, et qui est leur première récompense. Au ^oombre des hommes qui font la forc^ de Juda , Isaïe ne manque pas de compter V artiste habile (107).
Il n'existe pas de documens détaillés pour la période qui sépare le retour de la captivité, de l'élévation des Machabées : mais comme la loi du jubilé fut alors négligée, comme il se forma une classe de grands propriétaires , le nombre des in-
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dividas obligés à chercher leur existence dans des arts purement industriels dut s^accroître. G*est aux princes dont je viens de parler que remontent les plus anciennes monnaies hébraïques aujourd'hui connues. Cependant, divers auteur»
pensent que, dès les premiers temps, les Hébreux eurent des pièces marquées à leur coin : on ne peut douter qu'ils ne travaillassent les métaux; or, si lés autres peuples avaient des monnaies, pourquoi s'en seraient41s privés ? pourquoi auraient-ils eu recours aux monnaies étrangères? «ela ne s'accorderait point avec leur caractère naiional. Sur ces premières pièces on aurait gravé, d'un côté Jérusalem^ de l'autre la figure ou seulement le nom du roi. Dans les pièces des Machabées , un côté porte une coupe, ou un vase du temple , ou une lyre ; l'autre , un palmier, une gerbe , une feuille de vigne, avec le nom de la monnaie et l'année depuis la délivrance de Sion. Leurs successeurs arrivés à la royauté y firent imprimer leurs images **.
* D'après Maimonide , le sich d*argent , ou la pièce , renfermait de ce métal pur le poids de cent soixante grains d^orge. Calmet Testime 32 sous 5 deniers ; Brerewood le porte à 3 lir. 9 s. : suivant d'autres, il équivalait à 2 fr. 80 c. Le sicle se divisait en demi-sicle ou béka , en tiers de sicle et en quart de sicle , drachmes ou deniers . il se décomposait aussi en 20 guéra ou oboles. H fallait T. I. 28
812 UTBB m.— caup. y.
Daoft le eoBTs de 8a tyrannie , Hérode déploya par pelitiqae La magoificeiiée i*onHÛiie. Des "vU*lefly des porto, des temples, des palais supM'bos, en rhooneur des empereors , ses maîtres , furent ^eonstrnito et ornés d'objets précieux. L'ordre d'architeeture grecque, déjà introduit du temps des Machabées, fut substitué au goût égyptien cpii avait dominé dans les; âges antérieurs.
Mais on aderiiandé, d'une manière générale, •pourquoi les Hébreux n^nt pas laissé , à Texempie des Égyptiens eux-mêmes, quelques-uns de ces grands monumens de pierre ou d'airain qni luttent avec succès contre les siècles *• Lanailure
60 sicles pour \sl mine : 50 mines faisaient le talent d*argewt, et 16 talens d'argent le talent d or. {Voyez Calmet,
.sur les Monuaies des M^breus; Mncyclop. méihod., art. Monnaie; dans RosenmuUer, Exed. xxx ; Garnier, Histoire des Monnaies.)
* a II ne nous reste rien de rarchîtecture primitive des Juifs à Jérusalem que la piscine probatîque. On la voit encore près de la porte Saint-Btienne , et' elle bornait le temple au septentrion. C'est un réservoir long de cent cinquante pieds et large de quarante..*. Cette piscine est
.maintenant desséchée et demi-comhlée ; il y croit quelques grenadiers et une espèce de tamarins sauvages dont
, la verdure est bleuâtre; Taogle de Torient est tout rempli de nopals... Josèphe appelle cette piscine Stagnum Salomonisf FÉvang^ la nomme probatique , parce qn'on y purifiait lea brelûs destinées aux sacrifiées.... Je mets ks
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de leur pays ne le comportait pas : une hante politique avait fait prescrire de n'élever dans TÉtat qu'an seul temple ; et il n'existait pas une grande partie des citoyens jetée dans lés derniers rangs et dont le repos offrît de graves dangersàla classe dominante. La construction des fameuses pyramides, dit Voltaire, est une preuve de l'esclavage des Égyptiens : rien ne pourrait contraindre un peuple libre à élever de pareilles masses (108). Leur temple , le palais de leur loi est le seul édifice monumental dont les hommes gardent le' souvenir. Il partagea les destinées de ceux à qui il devait Inexistence : après avoir servi de foi*teresse dans les derniers efforts de la liberté , ils s'écroulèrent ensemble sur les ennemis* On admire Sparte qui n'a rien fait pour les arts ; et quelle trace eût laissé Rome républicaine **?
sépulcres des rois et les tombeaux d'Absalon, deJosaphat et de Zacharié , au nombre des monumens grecs et roiriaiDà exécutés par les Juifs.» (M. de Chateaubriand,' IHnéfair0, tom. II» )
* Les beaux-arts ont ce double caractère de servir d*asile aux grandes idées de simplicité, de liberté et de beauté , lorsqu'elles sont chassées de la société humaine ; et d*étrc ensuite le foyer d''oii ces mêmes idées s*élancent pour se répandre encore dans la société. Les arts de Rome dégénérée recueîlHreat l'héritage de Rome vertueuse. Les arts dans le moyen âge ayant réveillé toutes les nobles pensées , nous rendirent le dépôt qui avait été renfermé dans leur sein.
LITBl UI«,— > GlUF T.
De tout ceci, comme on voit, je ne venz pas inférer que l'industrie et les arts soient arrivés à un haut degré de perfection chez les Hébreux : ce ji'était pas leur principal objet, et Ton conçoit très-bien une division générale de travail parmi les peuples comme parmi les membres d'une même société. Mais leur législation ne renferme aucun dessein de leur être conti*aire ; bien loin de là, elle pose les principes les plus propres à leur donner Tessor dans des temps opportuns : elle fait du travail une obligation universelle, et elle présente sans cesse la paix et les jouissances réglées de la vie comme le terme des eiOForts de rhomme.
Au milieu du déluge d'accusations plus ou moins fondées auquel chaque historien se croyait indispensablement tenu envers les Juifs, on n'a pu s'empêcher de reconnaître que cette nation ait porté de puissans élémens d'industrie dans tous les pays où elle a passé. L'esprit méthodique et positif de leur loi donne, encore plus que tout autre chose , la raison des succès qu'ils obtinrent en ce genre* Mais les circonstances ne leur permettaient pas de fournir une longue carrière. Il y avait une opposition si profonde entre leurs besoins, leur croyances, leurs intérêts et leur fanatisme particuliers et ceux des peuples , pour la plupart étrangers à toute idée de législation et
IHDrSTRIE* 815
d'ordre public , dans le sein desquels ils se troa* aèrent jetés malgré eux , qu'il en résulta bientôt des cbocs dans lesquels leur faiblesse numérique les rendit yictimes *, Il leur fut donc impossible de mettre de la suite dans leur travaux industriels ; par conséquent d'en retirer pour euxmêmes et pour les autres tous les avantages moraux et matériels qu'ils doivent produire. Déjà avant la ruine de Jérusalem les discordes civiles et les faveurs de quelques princes en avaient conduit un grand nombre en pays étranger, et surtout en Egypte et à Cyrène : mais la paix qui les avait attirés ne dura pas long-temps. Dans son Oraison contre Flaccus , gouverneur de cette province, Philon le juif, qui Semble armé de toute l'éloquence de Ctcéron , retrace les causes et le tableau des malheurs qu'ils y éprouvèrent: on dirait le résumé de tout ce qui leur est arrivé depuis. C'est par la libre concjirrence et non par des
* En parlant du massacre qu'on en fit dans plusieurs villes d'Espagne, où d'ardens fanatiques allaient de maison en maison pour encourager à ces exécutions sacrilèges , UD historien ajoute avec un regret naïf: « Cette portion de rhumanité était bonne au moins à réveiller Tindustrie, à payer des impôts, et à fournir des homm^ qu'un gouyemement plus doux aurait ramenés à la véritable croyance. » {ffist. de Ferdinand et d'Isabelle, tom. I, p. 109-838. Paris, 1796.)
9l9 LITRE m. — GHiL?. V.
massacres qu'il voulait qu'on luttât contre eux. « Dans les proyinces de l'Europe et de l'Asie où ils s'étaient répandus, les Juifs, dit-il, se livraient au travail avec zèle; ils conservaient un saint respect pour la métropole qui renfermait le temple du Dieu Très-Haut ; mais ils ne se montraient pas moins attachés à leur nouvelle patrie qu'an séjour de leurs ancêtres. Combien, en efiPet, serions-nous coupables de ne pas payer de réciprocité ceux qui nQus permettent de vivre selon nos mœurs!........ Mais l'ambition et l'avidité de
Flaccus changea leur sort. Pour se faire valoir de la multitude , il résolut d'opprimer les Juifs....
Les Égyptiens séchaient d'envie, ce vice qui leur est naturel, soit à cause des succès des Juifs, soit à cause des faveurs que les empereurs leur avaient accordées , soit par une antique haine. Ce n'était point la classe éclairée et juste de la nation , mais cette multitude oisive , paresseuse , qui ne s'occupe qu'à parler, qu'à médire et à
enfanter des calomnies On commença par
l'outrage ; on voulut ensuite les obliger à des choses contraires à leur culte et inutiles à l'ordre public, à recevoir dans leurs assemblées religieuses la statue de l'empereur Bientôt Flaccus publia un édlt violent , leur ôta le droit de se défendre, les condamna de prime abord; et, ce qui est le dernier terme de la tyrannie, il réunit
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en lui les divers rôles de dénonciateur , d'ennemi, de témoin , de juge et d'exécuteur. Enfin les Juifs furent forcés dans leurs domiciles et dans leurs ateliers; on les dépouilla de tous leurs biens , on les traita comme les habitans d'une ville prise
d*assaut Mais ces rapines étaient moins fata*
les encore que la destruction complète de toute industrie : plus de sûreté dans les transactions ; le Juif, livré a l'agriculture, à l'état de pilote, de commerçant, d'ouvrier, ne peut continuer ses travaux ordinaires..... Bien plus, la pauvreté pesante que nous lèguent nos ennemis n'est pas le comble de nos infortunes ; ils nous affligent de tant de manières, ils nous accablent de tant de tourmens, que celui qui veut les rapporter sem* ble tomber dans l'exagération , et qu'on ne trouve pas de mots propres pour rendre une cruauté si inusitée (109). »
318 UTBB m. — OHAr. ti.