‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreuChapitre 5 sur 45 · VAUT M0Ï8B · texte numérisé non relu

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lenr dépendance immédiate jusque dans les choses du moindre intérêt (8)«

La première caste faisait elle-même les lois, les interprétait y les gardait en dépôt, et cachait ses livres de science à tous les yeux , avec des précautions infinies. Aussi toutes les grandes dignités civiles de TÉtat, toutes les fonctions de magistrats et de juges , toutes les professions qui demandaient de Fintelligence, n'étaient et ne pouvaient être remplies que par eux (9). Les guerriers , répandus dans Tempire , s'acquittaient alternativement, durant la paix, d'un service journalier auprès du roi ; lorsqu'une expédition était projetée , ils se réunissaient par son ordre, et pour récompense, ils partageaient avec la première classe le droit de porter certains signes de distinction (10). Enfin, le peuple, asservi au culte des idoles , dont il nous importe peu ici de. connaître l'origine plus ou moins savante, baissant le front devant Timage d'un crocodile ou d'un bœuf , et se frappant douloureusement la poitrine à la mort d'un chat (11), comprenait , sous des répartitions secondaires , tons les hommes livrés à l'agriculture , à l'industrie et au commerce (12).

Voilà pour la distinction des personnes ; voici pour la distribution des propriétés.

La terre d'JÉ^pte était divisée en ti'ois grandes portions :

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L'une, exempte de tout impôts appartenait à la première classe (13). De plus, d'après le té* moignage d'Hérodote, les . prêtres ne consommaient rien de leurs biens propres, attendu que chacun d'eux recevait , dans les temples, sa part devin et des viandes sacrées (14). La seconde fournissait aux rois de quoi soutenir leur dignité, payer l'administration, les frais de la guerre (15); l'aulre formait l'apanage des guerriers, qui possédaient chacun douze araures, au moins, ou douze carrés de cinquante-deux mètres environ de côté , exempts de charges et de redevances. Mais cette portion des guerriers n'était pas incommutable : on pouvait les faire changer de domaine; même le leur enlever entièrement (16).

Quant au peuple , il ne possédait rien en toute propriété, comme je l'expliquerai mieux en pariant de l'administration de Joseph, qu'on a gêné* raiement présentée sous un faux point de vue : tl cultivait, a titre de fermier, et avec plus ou moins d'utilité pour lui- môme, les terres des rois, des prêtres et sages , et des soldats (17).

Enfin , le droit public de l'Egypte , s'il faut en croire plusieurs historiens, astreignait chaque individu a suivre , sans en dévier , la profession exercée par son père. Mais il est probable que cette loi ne s'apj^quait qu'au genre de professions réservé aux diverses castes; et qu'elle ré

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pondait à la maxime autre fois usit ée parmi nons : iftt'iln'esip€f8 bon que les gens du peuple sortent de kur état, Bossnet, qni a déployé toute sa magnifique éloquence dans le tableau qu'il trace du gouTemement de ce royaume , adopte Texagération des historiens. « Les lois, s'écrie- t*il , j étaient simples et pleines d'équité ;.... ellei^ assignaient à chacun sa profession , qui se perpétuait •de père en fils ; on ne pouvait en changer.... Les prêtres et les soldats avaient des marques d'hon» neurs particulières ;.... la profession de la gueifre passait de père en fik comme les autres; etaprès les familles sacerdotales^ celles qu'on estimait les plus illustres étaient, comme parmi nous, les Hflonilies destinées aux armes (18). » On conçoit , en conséquence. Tordre imposé à toute personne qui ne remplissait pas d'emploi public , de ne s'occuper en rien des affaires de l'État , sous peine des plus terribles châtimens (19).

Tels étaient les grands principes de l'organisation égyptienne.

Il n'existait pas chez elle d'unité nationale, fuïsque le même État renfermait plusieurs peuples^ distincts. Il n'existait pas de principe d'égalité^ puisque tous n'araient pas le droit de- faire les mêmes choses ni d'arriver aux mêmes charges : point de principe de liberté ^ puisqu'ils ne pouvaient pas développer leurs facultés de la manière

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la plus convenable à leur propre nature. Qu'im* porte donc au sujet que je traite, une suite plus ou moins longue de leurs rois ? QuVt-il à perdre dans Tancienneté dç leurs reliefs , de leurs dieux et de leurs batailles ?Des conquêtes et la servitude, de magnifiques palais et la servitude , une certaine^somme de science et encore la servitude , ne se sont-ils jamais trouvés réunis? Replaçons la question sur le terrain dont on Ta trop longtemps écartée ; et si les travaux de Moïse lui méritent une gloire réelle, loin dy porter atteinte, la grandeur de TÉgypte ne fera que la rehausser. Elle est tombée , et tout Tart des investigateurs suffit à peine pour en découvrir les traces , il a vécu , et ses œuvres sont en honneur chez toutes les nations.

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