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I. C.-M. Widor, Technique de l'orchestre moderne

monté de trois cordes et muni de doigts d'acier qui venaient les toucher lorsque Texécutant les faisait se mouvoir au moyen de leviers ad hoc, cet instrument jdescend à une quarte au-dessous de la contre-basse. Il est d'ailleurs inutilisable'. Cependant on avait fait mieux encore, plus de deux siècles auparavant : en i6i5 un Polonais nommé Raposky fit convoyer à Dresde, en vue d'un concert monstre commandé par l'électeur de Saxe, une contre-basse mesurant huit mètres de hauteur, et qui cependant parut insuffisante à des projets si grandioses, puisqu'on en improvisa une autre en tendant sur un moulin à vent des câbles vigoureusement frottés par une poutre dentelée^.

A lextrémité opposée nommons la fluette et gracieuse pochette, que les maîtres à danser mettaient facilement dans leur poche, d où ils la tiraient pour accompagner de ses sons aigrelets les pas qu'ils enseignaient à leurs élèves '. Le Musée du Conservatoire en possède une de Stradivarius, qui figura dans un opéra de Clapisson, les trois Nicolas, où elle joua une gavotte. C'est le seul

I. Cependant Berlioz parle avec éloges, dans son Traité d instrumentation, de « cette belle et puissante individualité, aux sons d'une puissance et d'une beauté remarquables, pleins et forts sans rudesse », et qui serait o d'un admirable effet dans un orchestre u. Jamais, d'ailleurs, il ne l'a employée. Ou la voit au Musée du Conservatoire.

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