V. Wanda Landowska, Musique ancienne
3. Michel Todini organisa 1 union de la pochette accordée au violon, ces deux instruments pouvant être joués ensemble ou séparément.
exemple de l'emploi de cet instrument à Torchestre.
Chateaubriand nous a conté comment, voyageant en Amérique, il rencontra parmi la tribu des Cayougas « un petit Français, poudré et frisé, comme autrefois, habit vert-pomme, veste de droguet et manchettes de mousseline, qui raclait un vi olon de poche et faisait danser Madelon Friquet à ces Iroquois... »
Nous ne saurions omettre de rappeler ici l'archet, ce précieux et indispensable auxiliaire du violon et de ses congénères. Dans le principe il affectait la forme d'un arc fortement bandé. Il s'en départit dès le commencement du xvii' siècle qui vit naître la crémaillère permettant de varier aisément la tension des crins. Les archets de Tourte et de Peccate en France, et ceux de Dodds en Angleterre sont les plus renommés. Au xif siècle l'archet se nommait arçon, et le Dict de la Maille parle de bien l'arçon trère.
Au xiv' siècle nous trouvons l'archet mentionné dans ces vers de Guillaume de Machault : Car chascun d iaulx selon l'acort De son instrument, sans descort Pipe, souffle, muse, naquaire, Tabour et quanque l'on peut faire De doit, de penne et de l'archet.
De nos jours M. Maurice Brillant a poétiquement chanté la Musique avec
Ses archets comme aux doigts d'un sj'lpbe balancés.
{Adagio en fa mineur.)
INSTRUMENTS A CORDES FROTTÉES Sg
Le plus ancien spécimen en est Vorganistrum, qui affectait la forme d'une guitare montée de trois cordes. Deux exécutants étaient nécessaires, dont l'un tournait la manivelle motrice de la roue, tandis que l'autre promenait ses doigts sur les cordes. Employé au ix^ siècle, cet instrument avait complètement disparu au x*.
L'application d'un clavier à l'organistrum devait lui assurer une durable fortune, sous les noms de symphonie, sinfonie, cifonie ou ehifonie, puis de vièle ou vielle. Dès le xiii" siècle ils apparaissent tour à tour sous ces deux sortes d'appellations.
Tymbres, tabors et slnfonies.
[Roman de Dolopatfios.)
Et pend à son col une vielle, Car Girars bel et bien viele.
(Poème de Gérard de Nevers^.)
La vielle, d'abord jouée par les ménestrels pour accompagner leurs chants, commença de déchoir à partir du xiv" siècle. La Chronique de Bertrand Du Guesclin nous en fournit un témoignage en la qualifiant d' « instrument truand » ". Les aveugles se la réservaient spécialement.
Jouèrent les aveugles des vielles
I. Le Roman de Renart et le Roman de la Rose en font aussi mention.
1. Victor Hugo, dans l'Homme qui rit, nous montre Ursus jouant
disent les Chroniques de Matkurin de Coussy au xv° siècle. Ils persévérèrent longtemps, puisque Saint-Amant, deux cents ans plus tard, citant divers instruments, ajoute :
Un aveugle, expert vielleur.
Joint sa symphonie à la leur.
Rabelais a mis en relief le caractère populaire de la vielle : Aux noces du roi Anarche, afin de faire danser les invités, on loua « un aveugle qui leur sonnait la note avec sa vielle » [Pantagruel), a Le peuple de Paris est tant sot, tant badault, et inepte de nature, qu'un bateleur, un porteur de rogatons, un mulet avec ses cymbales ', un vielleux au milieu dun carrefour, assemblent plus de gens que ne ferait un bon prêcheur évangélique » [Gargantua). Mathurin Régnier parle aussi de cet instrument d'un ton dédaigneux, lorsqu'il s'adresse aux hommes
Qui rudes n'ayraeront la lyre de la Muse Non plus qu'une vielle ou qu'une cornemuse.
(Satire IV.)
Un peu plus tard Gaultier Garguillc lui fera place en ses chansons.
agréablement n de la cliifonie, sorte de vielle de mendiant, que la chronique de Bertrand Du Guesclin qualifie d'inslruracnt truaud, et qui est le point de départ de la symplionic. Ces musiques atliraicul le monde. Ursus montrait à la foule sa chitonie et disait : en latin organistrum ».