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David d'une harpe on décore u (Marot

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fut SOUS cette forme ignoré du Psalmiste, en revanche les bardes du pays de Galles le pratiquaient. Le recueil des Leges Wallicse nous enseigne que trois choses sont nécessaires à un gentilhomme, « sa harpe, son manteau, son échiquier, » et trois autres à un homme dans sa maison, « une femme vertueuse, un coussin sursa chaise et une harpe bien accordée ». La harpe accompagne les plaintes de l'amant d'Iseult. Partout au moyen âge sa vogue est considérable; non seulement les jongleurs, mais encore les seigneurs et les dames s'y adonnent. Au XIII* siècle Hudefroy le Bastard la cite :

Plus lor plaist à ouïr que harpe ne viele.

Et un Dict de la harpe, dû à Guillaume de Machault, nous renseigne abondamment à cet égard : les vingt-cinq cordes de l'instrument symbolisent autant de vertus de sa maîtresse, laquelle assurément était fort vertueuse. Écoutons-le :

Je ne puis trop bien ma dame comparer A la harpe, et son corps gent parer De vingt-cinq cordes que la harpe ha Dont roi David par maintes fois harpa.

Et ailleurs :

Mais la harpe qui tout instrument passe Quand sagement Ijien enjoué et compassé, A la harpe partout telle renommée Qu autre douceur a li n'est comparée.

Depuis lors les poètes ne l'ont guère délaissée.

Parmi les nôtres nous n'avons que l'embarras du choix'. A l'étranger, depuis Cervantes nous montrant Altisidore qui s'accompagne sur la harpe pour chanter ses plaintes à Don Quichotte, jusqu'à Thomas iMoore, le barde par excellence de la harpe d Erin, nous entendons souvent vibrer les cordes harmonieuses, notamment avec Tennyson

who sings To one clear harp in divers tones -.

(In Memoriam.)

Une fois pourvue des perfectionnements que nous avons retracés, la harpe occupa dans les salons pendant la dernière partie du xviii" siècle et la première du xix°, une grande place que devait beaucoup réduire l'avènement du piano ^ Quant à l'emploi qu'en fit l'orchestre, on y peut discerner trois époques : au cours du xviii" siècle elle ne semble avoir été usitée qu'en faveur de la couleur antique dont elle aidait à revêtir certains sujets, tel que VOrphée de Gluck ; de même au début du xix' avec le ballet de Prométhée, de Beethoven. Ensuite le goût du romantisme ossianique, se mêlant au renouveau hellénistique et parfois à la

1. Voir par exemple la préface d'Athalie, où Raclue évoque les harpes et les lyres des prophètes.

2. On sait que le vieux harpiste du Wilhelm Meister de Goethe a inspiré à Schubert plusieurs lieder et un duo.

3. La harpe était on faveur à la cour de Louis XV. Beaumarchais en jouait et fut chargé de l'enseigner à Madame, iillo du roi. Marie-Antoiuette la pratiqua aussi (v. pi. IV).

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poésie biblique, lui accorda un rôle important chez les maîtres français ou francisés. C'est le moment où Millevoye célèbre

Le mol accent de la harpe sonore,

où Fontanes s'écrie :

Des hivers ont passé, ma harpe détendue Aux voûtes de Selma se trouvait suspendue. Eveille-toi, ma harpe, et frémis sous mes doigts!

où la CoT-inne de iM"° de Staël « prit sa harpe et se mit à chanter les romances écossaises dont les simples notes semblent accompagner le bruit du vent qui gémit dans les vallées ». Ailleurs la même héroïne s'accompagne de sa a lyre, instrument de son choix, qui ressemblait beaucoup à la harpe, mais était cependant plus antique par la forme et plus simple dans les sons' »;etoù Méhul, dans/ose/j/iet dans Uthal^ hesMQwràan?, les Bardes^ Boieldieu dans la Darne blanche, Mozart, Spontini, Spohr, Steibelt, Rossini dans divers ouvrages^, mettent en relief les ressources de ce poétique instrument. Enfin, avec Berlioz, Wagner, Meyerbeer, Liszt, il s'installe dans l'orchestre, auquel il

1. Plus tard, George Sand, abandonnant la lyre, écoutera en extase la harpe faisant a entendre deux ou trois gammes de nos harmoniques qui semblaient descendre du ciel et promettre aux âmes souffrantes sur la terre les consolations et les caresses des anges : »

(Lettres d'un voyageur.)

2. Notamment dans la célètre Romance du saule, au dernier acte d'Otelto, si poétiquement commentée par Alfred de Musset.

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apporte un élément presque indispensable, soit comme addition à la palette symplionique, soit, dans la musique dramatique, comme auxiliaire des chants religieux, héroïques ou amoureux. Sur ce point, il suffira de rappeler des pages célèbres de Roméo et Juliette, Tannhœuser, du Prophète, de la Dante-Symphonie, etc.

Plus près de nous signalons, entre autres partitions, V Esclnrmonde de Massenet, l'Oratorio de No éi de M. Saint-Saëns, la Shéhérazade de Rimsky- Korsakow, le Choral et Variations de M. Widor, la Fantaisie pour harpe et orchestre de M. Théodore Dubois, etc.

Mentionnons, en terminant, la harpe à clavier inventée en 1774 par le facteur Berger, la harpe ditale, ou à toucher (de l'italien dito, doigt), produite en i83o par Pfeiffer, et qui n'est qu'une modification de la harp-lute de l'Anglais Light, Varpone de Barbici, la harpinella de Marstand, en forme de lyre, la harpe- harmoni- forte de Keyser de Lisle, le clavi-barpe de Dietz, pourvu d'un clavier, enfin la harpe d'harmonie de Thory, qui imitait le piano, avec addition de tambour et de sonnettes chinoises.

Selon saint Isidore de Séville, la cithare et le psaltérion différaient en ceci, que dans le premier la cavité résonnante était située au bas de l'instrument, tandis que dans l'autre elle en occupait la partie supérieure.

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Lepsaltérion du moyen âge était composé d'une caisse plate percée de plusieurs ouïes, et montée de cordes métalliques en nombre très variable qu'un plectre mettait en vibration. On le rencontre dans des miniatures de manuscrits, entre les mains des anges. Une des figures delà Châsse de sainteUrsule, de Memling, joue d'une sorte de psaltérion. On le trouve dans le Roman de la Rose :

Psaltérion prend et viele, Puis psaltérionne et viele.

Au xviii" siècle, les Italiens le nommaient, peu élégamment, instrumento di porco, à cause de l'analogie de sa forme avec celle d'une hure. Cent ans plus tard, nous le retrouvons sous la plume de Voltaire, dans son conte des Trois manières :

Pensez-vous alors qu'Agathon S'amusât à verser des larmes, A me peindre avec mon crayon, A chanter sa perte et mes charmes Sur un petit psaltérion ?

a Cithare ce est eithole », explique, auxiv* siècle, Nicolas Oresme, évêque de Lisieux. « Vous Orpheus, tant bien citharizant », écrit Jean d'Autun, en ses Annales de Louis XIl^. Cet instrument affecta aussi des formes variées ; d'abord triangulaire, il devint rectangulaire au xviii"^ siècle. La

I. Les sons de la cithare furent vainement employés pour calmer les maux dont souffrait le peintre zélandais Hugo Van der Goes, qui mourut atteint de démence en 1482.

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cithare modernisée est toujours pratiquée en Autriche, en Bohême et en Bavière.

Dante, en son Paradis,, a célébré la cithare accompagnant la voix :

E come un buon citarista Fa sequitar lo guizzo délia corda.

(Canto XX.)

et Théophile Gautier a joint en un beau vers Les violes d'amour et les cithares d'or'.

Les instruments avec manche sont : le lutb, le théorbe, la mandore, la mandoline, la guitare, le cistre et la pandore.

Cette famille peut être partagée en trois séries dont les types, quelques variations qu'ils aient subies, sont néanmoins reconnaissables à ces caractères principaux :

Luth (et archiluth) ' Pas d'éclisses, dos bombé et à

Théorbe, Mandore, ■ cales. Cordes à vide hors du

Mandoline f manche pour le théorbe.

i Eclisses , dos plat, cheviller

Guitare ; , .

/ plat.

Pandore et Cistre | Eclisses, dos plat, forme ovale.

I. Au.^ deux oxlrômitcs de la poésie anglaise l'on trouve la citole • Dans le Knight's taie de Chaucer nous lisons :

a citole in hire band hadde .she.

et Dante Gabriel Rossetti écrit, en sa Dlesscd Danozel ;

And angels meeting us shull sing to their cisterns and t-itoles.

Edouard Schuré a fait vibrer « l'heure de l'amour et l'heure du mjstére

Oii la cithare en deuil se remet à frémir. «

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Il faut noter d'ailleurs que ces caractères furent souvent modifiés par les recherches des luthiers.

S'il est vrai que le luth fut primitivement construit avec une carapace de tortue, on doit constater son fidèle attachement à sa forme initiale. Les Croisades l'importèrent d'Orient en Europe. A ses caractères généraux ci-dessus établis, ajoutons la présence, au milieu de la table, d'une, deux ou trois ouïes circulaires, généralement très ornées et appelées roses ou rosettes. — Le thèorbe, nommé aussi téorbe, tiorbe ou tuorbe, possédait deux chevillers ainsi que l'archiluth, distingué par ses dimensions plus amples. Joignons-y le chitarrone, variété de l'archiluth, dont le second cheviller était très distant du premier, le colascione, formé d'une petite caisse de luth que surmontait un long manche, et Vorpbéoréon^ dont il sera parlé plus loin. Jusqu'à la fin du xyii" siècle ces instruments ne connurent que les cordes de boyau, auxquelles s'ajoutèrent alors des cordes basses filées. Au xiv" siècle on rencontre des luths avec quatre ou cinq cordes, auxquelles le siècle suivant en adjoint une. Même addition au xvf. En 1620 Praetorius écrivait : « Le luth avait d'abord quatre paires de cordes, puis six, puis sept, de telle sorte que d'année en année le nombre des cordes devint impraticable. » Ce nombre fut ensuite porté à onze paires — quelques facteurs

avaient voulu le hausser jusqu'à vingt; mais la table de l'instrument s'était parfois trouvée incapable de résister à une telle charge. Aussi l'anglais Thomas Mace expose-t-il qu'un luthier doit « s'estimer heureux s'il n'a point une foison l'autre le ventre défoncé par l'éclatement de son luth » ; tant il est vrai que le bonheur est chose relative ! Quant à l'accord, il offrait de telles difficultés que le P. Mersenne a pu écrire sans trop d'exagération : « Un luthiste arrivé à l'âge de quatrevingts ans en a certainement passé soixante à accorder son instrument ; et ce qui est pis, c'est que parmi cent joueurs, surtouts'ils sontamateurs, il est difficile d'en rencontrer deux qui soient capables d'accorder convenablement. Tantôt ce sont les cordes, tantôt ce sont les touches ou bien encordes chevilles qui laissent à désirer; et l'on m'a dit qu'à Paris, il en coûte autant d'entretenir un luth que de nourrir un cheval. » Un diseur de bons mots assurait avoir souvent ouï les luthistes s'accorder, mais sans jamais se mettre à jouer. Les tablatures d'après lesquelles ils pratiquaient leurs instruments étaient d'ailleurs ardues et compliquées. En i532 Martin Agricola écrivait : « Je me suis laissé dire que c'est un aveugle qui a inventé la tablature du luth ; cette malice ne m'étonne point, puisque les clairvoyants ont déjà assez de peine pour comprendre ce système avec leurs deux yeux grands

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ouverts. » Un Recueil des plus belles pièces de luth des meilleurs maîtres avertit de la sorte le lecteur :

Lecteur, si tu ne sais que c'est que Tablature, Mourant tu seras sot par bécarre et nature, Ainsi ne m'ouvre pas, si tu n'y connais rien : De lire sans savoir c'est un fol entretien.

Quoi qu'il en soit, le règne du luth devait être long et glorieux. Dès le xiii" siècle le Roman de la Rose le cite en son orthographe primitive, avec d'autres instruments de musique :

Harpes, gigues et rubebes Si r'a guiternes et leiis.

Un siècle plus tard il apparaît aussi dans la Prise d' Alexandrie de Guillaume de Machault :

Leus, moraches et guiternes ' Dont on joue par les tavernes.

Mais au xvi' siècle, c'est une véritable floraison de luths à travers les poèmes. Avec le seul Ronsard nous pourrions multiplier les citations :

Accordez doucement les sons De vos luths et de vos violes.

Quand ouïrons-nous au matin les aubades De divers luths mariés à la voix-

1. Serait-ce de ce passage que Victor Hugo s'inspira pour nous mqnlrer, dans son Homme qui rit^ « Phibi pinçant de la morache, qui est une sorte de guiterne ».

2. Dans le Henri VIII de Shakespeare, la reine Catherine ordonne à une de ses femmes de « prendre son luth » afin de dissiper le

Sans nous arrêter à Jodelle, à du Bellay, à du Bartas et autres contemporains du grand lyrique, citons au moins encore ces charmants vers de Louise Labé :

Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard luth pour les Grâces chanter...

Du xv" au xvji° siècle, le luth symbolise et traduit la musique amoureuse et la poésie galante. Tout monarque, voire tout seigneur un peu bien situé, entretient parmi sa suite un poète joueur de luth'. Marot célèbre Albert de Rippe, attaché à la cour de François P% comme le fut à celle de Marguerite de Navarre, Bonaventure Desperiers, auteur à la fois du Cyinhalani niundi et de la Manière de bien et justement entoucher les lues et guiterncs'.

A vrai dire, on attribuait au luth une sorte de vertu magique qui en faisait l'équivalent d'un philtre amoureux : « Ce bel art du lulh aide à obtenir les faveurs des belles », dit un proverbe allemand. Tallemant des Beaux nous conte que

trouble de son âme angoissée, et la chanteuse entonne un hj'rauc en l'honneur d'Orphée, qui, à l'aide de cette musique, fit sentir sa douce domination à toute la nature.

I. En Italie, à la cour du pape Léon X, un juil joueur de luth obtint le titre de comte avec uu château.

A Milan, lorsque Léonard de Vinci fut reçu par Ludovic le More, il improvisa sur un luth d'argent qu'il avait construit lui-même. Cervantes fait chanter ses héros avec accompagnement d'un laud (luth), qu'un peu plus loin il nomme vihuela (guitare).

[Don Quijotc.)

■1. Voir p. 64-

^'ielle franv.'iise â roue (xvw siècle) .

Basse de viole italienne (xvi"= siècle).

Petite vielle de dame de Delaunay (1775) .

Pochette Virile française

(xviio siècle). de Lambert (xvin° siècle).

Musée du Conservatoire de Pakis

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Marie de Médicis, alors éprise de Richelieu, se mit ainsi que lui à l'école du luthiste Gauthier. L'impression produite par le son de cet instrument, ainsi que ses effets merveilleux, ont été décrits par René François en 162 1, dans son Essai des Merveilles de la Nature, en cette page fort curieuse :

« On fait dire au luth tout ce qu'on veut, et fait-on des auditeurs tout ce qu'on veut. Ouand un brave joueur en prend un, et, peur taster les chordes et les accords, se met sur un bout de table à rechercher une fantaisie, il a sitôt donné trois pinçades et entamé l'air d'un fredon qu'il attire les yeux et les oreilles de tout le monde ; s'il veut faire mourir les chordes sous ses doigts il transporte tous ces gens et les charme d'une gaye mélancholie [sic] ; si que l'un laissant tomber son menton sur sa poitrine... l'autre les yeux tout ouverts, ou la bouche ouverte, comme s'il aA^ait cloué son esprit sur les chordes, vous diriez que tous sont privés de sentiment hormis Touye, comme si l'âme, ayant abandonné tous les sens, se fût retirée au bord des aureilles, pour jouyr plus à son aise de sa puissante harmonie ; mais si, changeant son jeu, il remet en vie tous les assistants, en leur remettant le cœurau ventre et l'âme es sentiments, à qui elle avoit esté volée, il ramène tout le monde avec estonnement, et fait ce qu'il veut des hommes. » En Angleterre,

Thomas Mace écrit un Traité du noble luth. « le meilleur ^es instruments ». Et Playford nous apprend que la reine Elisabeth se récréait volontiers avec le poliphant, sorte d'instrument paren t du luth'.

Sous le grand règne les témoignages, pour être moins emphatiques, constituent néanmoins un flatteur hommage à l'adresse de l'instrument enchanteur. M™^ de Sévigné l'insère dans une comparaison quelque peu bizarre : « Nous lisons Abbadie et V Histoire de V Eglise ; c'est marier le luth à la voix. » Dangeau nous fournit aussi une note intéressante: « Au souper du roi, il y eut un petit concert de trois luths théorbes, qui sont des instruments fort ressemblants aux archiluths d'Italie. » Et si nous en croyons Voltaire, on venait admirer simultanément chez Ninon de Lenclos « son clavecin, son luth et sa beauté ».

N'oublions pas que le luth remplit jadis une place analogue à celle que le clavecin, puis les pianos, devaient postérieurement occuper. Les pièces de Francesco da Milano au xvf siècle, de Pinel, de Gauthier, de Dubut, de Bocquet au xvif, sont à cet égard des plus intéressantes à consulter -. Bach a employé le luth dans

I. L'appariatjon est douteuse; car Engel, au coutraire, assimile le poliphaut à la zither allcmaudc [Descriptive catalogue of the musicat instruments in the South Kensingtun Muséum).

•1. V. J. Ecorcheville. Le luth et sa musique. — L'archilutli est redevable à Fabio Ursillo de trois concerti grossi.

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sa Trauer-Ode où « ses bourdonnements se mêlent au frémissement du quatuor pour représenter les vibrations des cloches... Dans les chœurs et dans deux airs de cette œuvre, ils flottent encore, en harmonies transparentes et mélancoliques... » '. Le maître s'en servit également dans la Passion selon saint Jean, conjointement avec deux violes d'amour, comme accompagnement d'un unisson de basses, et de plus écrivit pour l'instrument diverses séries de pièces. M. C. Saint-Saëns a fort heureusement transcrit à l'intention de la harpe deux Fantaisies composées pour le luth au xvi° siècle.

Au xviii" siècle, le luth se meurt, le luth est mort ! Titon du Tillet nous apprend, en son Parnasse français^ qu'en 1780 il rencontra » un des trois ou quatre vieillards qui jouaient encore de cet instrument ». C'était un M. Falco, « doyen des secrétaires de Mrs du Conseil », lequel joua, non sans répandre des larmes, et lut ensuite « une fort belle pièce de vers... éloge ou déification du luth », qui narrait « la métamorphose d'un roi de Samos, sçavant musicien, changé en luth ».

Inutile d'insister sur l'erreur commune à tous les poètes, qui, depuis Mathurin Régnier jusqu'à nos jours, ont constamment pris le luth pour la

I. V.-A. Pirro, loc. cit. D'autre part, le refrain d'une sérénade à 4 voix, d'Orlande de Lassus, contrefait un prélude de luth.

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lyre. Lamartine, Musset et Goethe, entre autres, en sont d'immortels exemples '.

Le théorbe, inventé au début du .wu* siècle par ritalien Bardella, a donné naissance au luth et au chitarrone t/iéorbés, c'est-à-dire pourvus d'un dou])Ie cheviller. D'Italie il passa en Allemagne et en France. « C'est, dit Praetorius, une basse de luth avec douze ou seize cordes. » Un musicographe peu connu, Bénigne de Bacilly, écrivait, dans la seconde moitié du xvii" siècle : « La viole niesme et le clavecin n'ont point la grâce ni la commodité qui se rencontrent dans le théorbe, qui est propre pour accompagner toutes sortes de voix, quand ce ne serait que pour la seule raison de sa douceur, qui s'accommode aux voix faibles et délicates. » Il comptait généralement six cordes doubles pour le premier cheviller, et huit simples pour le second; parfois leur nombre s'élevait respectivement à quatorze et à dix. Quelques-uns possédaient un troisième cheviller.

Les contemporains de Louis XIV appréciaient

I. Inutile donc de prodiguer ici les cilalions ; notons cependant ces deux vers de Victor Uugo {Que la musique date du XVI" siècle] :

Le luth où se traduit, plus inefîable encore, Le rêve inexprimé qui s'efface à l'aurore.

et ces deux autres d'Edgar Poë {The haunled palace) :

Spirits moving niusically To a lute's well-tuned law.

Rappelons aussi que le Wilhelm Meisler de Goethe jouait de façon agréable d' n une sorte de luth de petites dimensions, sonore, portatif et commode ».

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dans le théorbe les qualités précitées. Dans son Epitre à M. de Niert sur V Opéra^ <Jéjà rappelée, La Fontaine s'exprime ainsi sur ce sujet :

La voix veut le téorbe et non pas la trompette

Le téorbe charmant, qu'on ne voulait entendre Que dans une ruelle, avec une voix tendre'.

Toutefois, ce n'était pas un instrument populaire, car Scarron, entendant « toucher les cordes d'un théorbe », ajoute que son nom n'est pas « connu de tout le monde ». M"" d'Aulnoy confie aux « pagodes » de sa Laideronnette.des « théorbes faits d'une coquille de noix ». Je crois que les dernières mentions littéraires s'en trouvent chez Baour-Lormian :

Le théorbe plaintif, l'harmonieuse lyre,

et chez Alfred de Vigny, en son Hclèna^ oii il se trouve associé au luth :

Le théorbe et le luth, fils de l'antique lyre-, Ne font plus palpiter l'Archipel en délire.

Ce délicat accompagnateur des voix fut entendu en 1600 dans VEuridice de Péri. On le rencontre aussi dans VEsther de Hajndel, tandis que l'archi-

1. On doit au compositeur italien Castaldi des courantes et des gaillardes pour théorbe seul, outre un « capricio di battaglia a due stromenti, (i'oria e tiorhino al otlava » (vers 1640).

2. La lyre a inspiré à Joubert une belle et poétique pensée : « Heureux ceux qui ont une lyre dans le cœur, et dans 1 esprit une musique qu'exécutent leurs actions. »

6a INSTRUMENTS A CORDES

luth avait paru dans Deborah. Huyghens exprime, dans sa Correspondance, le désir d'acquérir un grand luth et de Télever à la dignité de théorbe. La mandore ou mandole et la mandoline constituaient la région supérieure de la série des luths. Le nombre de leurs cordes variait selon les genres. La mandore napolitaine possédait huit cordes doubles, la mandorone, de plus amples dimensions, lui servait de basse avec ses dix cordes également doubles. La mandoline milanaise en comptait six, la florentine et la génoise cinq, la napolitaine quatre. On en jouait à l'aide d'un bec de plume. C'était l'instrument favori des amoureux en mal de sérénades. Les Souvenirs de la marquise de Créquy nous racontent que « M. de Giac pinçait de la mandoline en se pinçant la bouche et en jouant des prunelles ». Des maîtres n'en dédaignèrent nullement les ressources : entre autres Mozart dans son Don Giovanni^, Grétry dans l'Amant jaloux,

I. Comment, à ce propos, ne pas rappeler les vers charmants dans lesquels Musset évoque le souvenir de la sérénade de Duii Juan, et en caractérise si bien l'accompaguemeut :

Vous souvient-il, lecteur, de cette sérénade Que Don Juan déguisé chante sous un balcon ? Une méIancoli(jue et piteuse chanson, Respirant la douleur, l'amour et la tristesse. Mais l'accompagnement parle d'un autre ton. Comme il est vit, joyeux, avec quelle jjrestesse Il sautille ! On dirait que la chanson caresse Et couvre de langueur le perfide instrument. Tandis que l'air moqueur do l'accompagnement Tourne en dérision la chanson elle-même Et semble la railler d'aller si tristement. Tout cela cependant fait un plaisir extrême...

{IVamoiina.)

Paisiello clans le Barbier de Séville, &\. Beethoven dans la sonatine (à un seul mouvement) qu'il écrivit pourlemandolinisteKrumpholz'. Plus récemment, M. Gustave Charpentier l'utilisa dans Louise. En somme, suivant la juste estimation de Berlioz, « le timbre de la mandoline, tout grêle qu'il soit, a quelque chose de piquant et d'original».

Ces instruments détournaient des luths, à leur profit, l'attention des auditeurs. Car, dit Mersenne en parlant de la mandore : « On fait quasi dessus tout ce qu'on fait avec le luth, dont elle couvre les concerts à raison de la vivacité et de l'aigu de ses sons, qui pénètrent et préoccupent tellement l'oreille que les luths ont de la peine à se faire entendre. »

La guitare nous est venue de l'Espagne, qui probablement la tenait des Maures. Au xi" siècle cette primitive origine se décèle en France par le nom de morache qui se présente concurremment avec celui de guiterne dont l'orthographe offre quelques variations. (Nous les avons rencontrés tous deux en une citation de la Prise d'Alexandrie faite plus haut à propos du luth.)

I. Beethoven a aussi écrit un adagio pour cet instrument. Notons aussi que H;cndel, dans son Alexander Balus, Mozart, dans une Romance en l'honneur de la mandoline, dont « les cordes d'argent font palpiter l'âme de joie, d'amour et d'extase », et encore dans une autre romance: Salieri, dans son Axiir Re d'Ormus, ont témoigné de leur sympathie pour cet aimable auxiliaire du chant. Enfin Verdi, dans le second acte de son Otello, a adjoint à l'orchestre un groupe de six mandolines et de quatre guitares.

La présence des éclisses distinguait la guitare de ce dernier instrument. D'abord munie de quatre cordes, dont trois doubles, puis de six dont trois de boyau et trois en soie filée d'argent, elle jouit longtemps d'une vogue considérable. Aux xn° etxv' siècles, les guitaristes de marque étaient cités par les chroniqueurs. Au xvi" le succès de leur instrument contre-balança parfois celui du luth. Dans un écrit publié en i556, attribué, à tort ou à raison, à Bonaventure Despériers, et intitulé : Discours non plus mélancoliques que divers, suivis delà Manière de bien et Justement entoucher les lues et guiternes, précédemment citée, l'auteur fait observer qu'avec les autres instruments « à cordes de tripes » on ne peut jouer qu'une partie ; au contraire la guiterne « en peut jouer seule quatre, qui est presque toute la musique du monde ». Depuis quinze ans, en ça, poursuit-il, « tout notre monde s'est mis à guitarer ». Vingtcinq ans après, une « chanson de la guiterne » en célébrait la gloire :

Guiterne, aimable soûlas...

Pour le bien que fais et plaisir

Je chante ta louange

Touchée d'une docte main Tu as telle puissance Qu'il n'est homme tant inhumain Qu'il n'ayl resjouyssance...

Par toy tout deuil est destourné, Par toy gay est la vie,

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Par toy le cœur passionné,

Partoy l'âme ravye

Tant que l'œil du monde luyra Florira la guiterne, El ton harmonie remplira Tous les coings de la terre.

On ne saurait imaginer un plus hyperbolique enthousiasme ! De fait la guitare continua d'être fort goûtée aux xvii^' et xvm' siècles, et les chanteurs y contribuèrent notablement. En 1607, Monteverde fait place dans l'orchestre de son Orphée à deux guitares. En i65o un compositeur italien, Domenico Pellegrini, produisit une série de morceaux pour cet instrument : courantes, sarabandes, chaconnes, etc., plus la description d'une bataille française, qui probablement devait manquer d'éclat". Vers la même époque, un sien confrère espagnol, Gaspard Sanz publiait un Traité en trois livres, qui approfondissait l'art de « toucher avec dextérité » la guitare, et contenait en outre des villanelles, Canaries, gaillardes, et même un air de danse française. Au siècle suivant un

I. Elle fut même utilisée en un cas où on ne l'eût point attendue : le P. Athanase Kircher, en son Magnes, sii'e de Arte magnetica, etc., nous présente trois « petites cadences liarmonlques que les joueurs de guitare ont coutume d'employer dans le traitement de ceux qui sont empoissonnés par la Tarentule ».

1. Au reste, en la préface des Armoniosi concerti sopra la ckitarra spagnola, d'où ce morceau est tiré, il avoue loyalement n'avoir jamais été en Krance, et n'avoir jamais ouï des sonneries de trompettes dans les batailles, mais s'être borné à transcrire pour son instrument favori des pièces de luth françaises.

certain Milioni récidivait à sa manière, mais sans s'écarter de ce même genre de compositions. Dans les Mémoires du comte de Gramont, Hamilton nous dit, en faisant allusion à une sarabande fort à la mode : « Toute la guitarerie de la cour se mit à rapprendre, et Dieu sait la raclerie universelle que c'était'! » Au reste il pouvait se montrer difficile, ayant connu à la cour d'Angleterre a un certain talien fameux pour la guitare, le seul qui en ait pu faire quelque chose ».

La première partie du xix° siècle voit encore grandir cette vogue. En Espagne Ferdinand Sor, en Italie Mauro Giuliani doivent à la guitare une réelle célébrité. Ce dernier écrit à son intention un concerto que Hummel transcrit pour le piano. En revanche la plupart des compositions instrumentales étaient transcrites à l'intention delà guitare. Berlioz et Paganini la pratiquaient, Gounod la goûtait extrêmement. Elle a été appliquée à l'accompagnement des sérénades par Spolir, dans Zêmire et Azor, par Rossini dans le Barbier, par Donizetti dans Don Pasquale, par Weber dans Obéron. Ce maître a en outre composé des pièces

I. Louis XIV, grand amateur de musique, jouait de la guitare ; « Je suis persuadé », écrivait le musicographe Bonnet, <i que c'est une louange infiniment au-dessous de Sa Majesté... de dire qu'en dix-huit mois elle égala son maître de guitare, que le cardinal Mazarin avait fait venir exprès d Italie, pour lui montrer à jouer cet instrument qui était fort en usage dans ce temps-là. [Histoire de la musique et de ses effets, fjiS.)

pour la guitare seule ou en duo. Joignons un concerto pour la guitare-tierce (accordée à la tierce mineure supérieure), par Giulani, que Hummel transcrivit aussi pour le piano, les douze bagatelles pour guitare seule de Marschner, le larghetto pour piano et guitare de Hummel et les nombreuses compositions de Paganini et des Carulli. Berlioz Ta employée pour accompagner la sérénade de Méphistophélès dans les Buù scènes de Faust, embryon de sa Damnation de Faust. Il a d'ailleurs très bien jugé l'instrument dans ces lignes, empruntées à son Traité d'instrumentation :

« Depuis l'introduction du piano dans toutes les maisons où existe la moindre velléité musicale, la guitare est devenue d'un usage assez rare, partout ailleurs qu'en Espagne et en Italie. Quelques virtuoses l'ont cultivée et la cultivent encore comme un instrument solo, de manièreà en tirer des effets délicieux autant qu'originaux. Les compositeurs ne l'emploient guère à l'église, au théâtre ni au concert. La faible sonorité dont elle est pourvue, et qui ne permet pas de l'associer à d'autres instruments, ni à plusieurs voix douées d un éclat ordinaire, en est Sans doute la cause. Son caractère mélancolique et rêveur pourrait néanmoins être plus souvent mis en évidence ; le charme en est réel., et il n'est pas impossible d'écrire de manière à le laisser apercevoir. La guitare, à l'inverse de

la plupart des instruments, perd à être employée collectivement'. »

L'impression produite par cet instrument se retrouve à toutes les époques de notre littérature. Aux citations précédentes nous ajouterons ce trait de Rabelais, dans son fantastique portrait deQuaresme-prenant, lequel avait « lespieds comme une guiterne ». La Boëtie, qui s'y intéresse, nous informe qu' « au commencement, ceux qui apprennent àjouer de la guiterne gastent volontiers les cordes et le fust ». Ronsard ne la néglige pas, et dans ses Plaisirs rustiques nous dit :

Suis réveillé, ma guiterne je touche.

Au xviii^ siècle le grandiloquent Thomas la dépeint d'un trait juste :

La guitare amoureuse exprime la tendresse.

Le Sage écrit, à propos d'une femme qui conservait sans doute des charmes persévérants : « On jugeait encore à ses traits et à la vivacité de ses yeux qu'elle devait avoir fait racler bien des guitares. » Une jeune femme, entendue par

I. Dans SCS Af^moi'rcs, Berlioz évoque en |)laisanlaiil n la faniLMiso guitare ornée d'ivoire, doul le philosophe Koaug-fu-Tséc, vulgairement (lit Coufuciiis, se servit pour moraliser l'empire de la Chiuo. Car, ajoule-t-il, je joue de la guitare, moi aussi, ot pourtant je n'ai jamais moralisé seulement la population d'une chambre à coucher de dix pieds carrés. Ma guitare, il est vrai, est toute simple, et la dent de l'éléphant n'entra pour rien dans ses ornements ». Celte guitare, que l'illustre musicien tenait de Paganini et qui est revêtue de leur signature à tous deux, se trouve au Musée du Conservatoire.

Chateaubriand, « commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère », et 1 on se souvient que Beaumarchais fait dire par Figaro au comte Almaviva : « Chanter sans guitare à Séville ! Vous seriez bientôt reconnu, ma foi, et dépisté. » Nous nous reprocherions enfin d'oublier le bon Ducis, informant les patients lecteurs de son peu Shakespearien Othello, qu'il a étiré la Romance du saule jusqu'à douze couplets, dans l'espoir que « les femmes tendres et mélancoliques se plairont à chanter et s'accompagneront de la guitare ou de la harpe »\ On ne saurait se montrer plus prévenant. Des poètes moins oubliés n'ont point dédaigné ce bel instrument, témoin les beaux vers de Louis Bouilhet adressés A une femme, et où il dit en un magnifique dédain :

Tu n'as jamais été, dans tes jours les plus rares, Qu'un banal instrument sous mon archet vainqueur, Et comme un air qui vibre au bois creux des guitares J'ai fait chanter mon rêve au vide de ton cœur...

Témoin aussi la Vieille guitare, d'André Lemoyne, dont on entend lentementexpirer les sons graves. Témoin enfin la belle poésie : With a guitar, de Shelley qui aimait cet instrument et le pratiqua, paraît-il, ainsi que Nicolas Lenau dont nous avons dit la prédilection à l'égard du violon.

Le cistre offrait une caisse ovale analogue à

I. Telles les jeunes CUes poétiquement évoquées par Pierre Loti, et qui (i s'attardaient,... les soirs de printemps d'alors, à chanter des duos accompagnés de guitares », {Dans le passé mort.)

celle du luth, mais plate, et dont l'épaisseur allait fréquemment en s'amincissant vers le bas. Le nombre des cordes doubles en métal, pincées au moyen d'un plectre, variait de quatre à douze. Renommé au xvi^ siècle, cet instrument tomba peu à peu dans l'oubli. — Un cistre du luthier Porion figurait dans les comptes de la musique de Louis XIV en 1707. — On vendait encore à Paris, à la fin du xviii" siècle, la Méthode de cystre ou guitare allemande, de l'abbé Carpentier '.

La pandorej montée de sept cordes doubles, présentait une caisse plate comme celle du cistre". Le manche plus long du penorcon se garnissait de neuf cordes. L'orphéoréon, de dimensions inférieures à celles des précédents, possédait huit cordes doubles. Tous trois s'employaient pour accompagner le chant.

Mentionnons aussi le décacorde, guitare pour vue de trois cordes de boyau, les autres étant filées ; la guitare multicorde qui en comptait vingt et une ; le bissex, sorte de guitare théorbée dont chaque manche en assemblait six ; V arpi-gaitare en forme de harpe, à sept cordes ; la guitare en

I. La correspondance de Jean-Jacques Rousseau nous le montre, eu 1769, s'euquérant d' <i un bon cistre à ciuq cordes monte' dans le bas en cordes filées un peu grosses ». [Lettre à M^" Boy de la Tour.)

ï. Nous la trouvons en Angleterre employée, concurremment avec lots luths, dans les ballets de cour au xvii" siècle. Le poète-compositeur Thomas Campiou, dans l'un des trois orchestres de The Visiov of the twelve Goddesses, fait accompai^ner les sylvains par « l«-o meane lûtes, a base lute, a deep handora ».

bateau, dont le constructeur, nommé Michelot, disait que ses avantages étaient « de réfléchir le son au dehors d'une manière plus sensible » ; la guitare-basson qui imitait tant bien que mal le son de ce dernier instrument ; le guitarion, pincé ou frotté avec l'archet selon la volonté de l'exécutant ; la guitare-luth et la lyre-guitare en honneur au début du xix° siècle, alors que l'imitation de l'antiquité hellénique sévissait dans toutes les branches de beaux-arts ; la bandurria espagnole, la guitare anglaise ou ùistre à clavier, Varcbicistre à deux chevillers et onze cordes, la turlurette, sorte de guitare populaire dont jouaient les mendiants sous Charles VI, et que mentionne Eustache Deschamps, la balalaïka, sorte de guitare triangulaire du paysan russe', la raoon-guitar (guitare lunaire, nom donné par les Anglais au you-kinn chinois, à cause de sa forme circulaire) , et enfin le banjo nègre adopté par les Américains du nord. Gottschalk a pris le nom de cet instrument pour le titre d'un de ses plus brillants morceaux de piano.

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