La Flûte enchantée ou plus exactement, la Flûte magique
2. Ce n'était point apparemment l'avis de Balzac, qui a fait assez bizarrement intervenir la flûte dans une comparaison hardie : o Oui, dit-elle, en sifflant cette syllabe comme la plus douce note qu'ait Jamais soupirée une flûte de Tulou. »
[Les secrets de la Princesse de Cadignan.]
lia INSTRUMENTS A VENT
ne possède pas l'accent vibrant de la passion : son souffle éthéré manque de chaleur et de vie'. » C'est aussi l'opinion de Berlioz, qui néanmoins reconnaît en elle « une expression qui lui est propre, et une aptitude à rendre certains sentiments qu'aucun autre instrument ne pourrait lui disputer ». Et il cite à l'appui l'air de la scène des Champs-Elysées, iVOrphée, en ajoutant : « La mélodie de Gluck est conçue de telle sorte que la flûte se prête à tous les mouvements inquiets de cette douleur éternelle, encore empreinte de l'accent des passions de la terrestre vie". »
Elle est tendre et éthérée, a dit Grétry dans ses Mémoires, en parlant de cet instrument : « La douceur de ses sons fait paraître aiguë la plus belle voix de femme. » Ces qualités de poésie, de tendresse et de mystère, nous les rencontrons dans le récit du Songe du Prophète de Meyerbeer, dans la plainte à'Euryanthe , au troisième acte de la partition de Weber, dans la scène dite « de la fontaine », au quatrième acte du Sigurd de Reyer, dans la délicieuse romance du Conte d'Avril de M. Widor. L'enjouement et la grâce, également propres à l'instrument, se déploient dans le scherzo du Songe dune nuit d'été de Mendelssohn, dans le trio (avec harpe) des jeunes Ismaélites de l Enfance du Christ, de Berlioz, dans un air du ballet de la Favorite,
1. Gevaert, Traité d'instrumcntalion. Y. une cita lion de Zola, p. ii5.