Berlioz, Traité d'instrumentation et d'orchestration
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de Donizetti. Il faut renoncer à en citer même les autres principaux exemples. Mentionnons toutefois les quatuors pour flûtes de Kulhau et de Rcicha, et les sonates de Reinecke et de M. J. Mouquet.
La petite flûte, qui résonne à Toctave aiguë de la grande, est apte à exprimer les sons perçants et durs d'un orage ou d'un ricanement démoniaque. Citons en témoignage, pour le premier cas, l'ouverture à' Iphigénie en Tauride de Gluck, et Forage de la Symphonie pastorale ; et pour le second, la chanson à boire de Gaspar, dans le Freischiitz ; la « Valse infernale » et la Bacchanale de Robert le Diable de Meyerbeer. Tout naturellement les sentiments farouches et sauvages trouvent dans la petite flûte un excellent interprète : la Danse avec chœur des Scythes, (ïlphigénie en Tauride, la Chanson huguenote de Meyerbeer, la Course à V abîme, dans la Damnation de Faust, en font preuve.
La flûte est incontestablement, avec la lyre, la harpe et le luth, l'instrument favori des poètes, à qui elle a porté bonheur par la douceur fugitive de son nom. André Chénier a joliment exprimé
Le soupir de la flûte harmonieuse et tendre.
Vigny, non content d'avoir évoqué
les échos dont la vois incertaine
Murmure la chanson d'une flûte lointaine,
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a pris la flûte pour titre de Tun des poèmes de ses Destinées. Il nous a montré avec détail un pauvre qui tirait lentement de son sein
Les trois parts d'une flûte et liait l'une à l'autre, Essayait l'eiabouchure à son menton tremblant, Faisait mouvoir la clef, l'épurait en soufflant. Sur ses genoux ployés frottait le bois d'ébèné, Puis jouait
On connaît les charmants vers de Victor Hugo :
Viens ! — une flûte invisible Soupire dans les vergers ;
Ailleurs le grand poète nous apprend que le luthier, par la Muse instruit, sait qu'Athana
A fait la flûte droite, et Pan la flûte oblique.
(Archiloque, dans le Groupe des Idylles.)
Et les vers non moins charmants de Heredia, nous montrant Gléopàtre, sur sa trirème qui « laisse un parfum d'encensoir »
Avec des sous de flûte et des frissons de soie.
En un touchant poème la Muse douce et pâle de Rodenbach a murmuré ces mots :
On n'entend plus
Qu'un très mélancolique air de flûte qui pleure.
Enfin M. Henri de Régnier a tracé dans sa
Pécheresse, un original Gi vivant portrait de flûtiste.
La ffûte harmonique ou flûte d'accord se com-
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pose d'un corps unique avec deux tuyaux aboutissant à deux bouches placées à des hauteurs différentes.
Nous ne saurions clore ce paragraphe sans au moins mentionner la ûûte eunuque, dite aussi ûûte à l'oignon qui déchut jusqu'au mirliton dont parle Alfred de Musset dans Une soirée perdue, alors qu'il fustige le « drame à la mode »
Oq l'intrigue, enlacée et roulée en feston, Tourne comme un rébus autour d'un mirliton.
En dehors des concerts de flûtes eunuques, en faveur sous Louis XIII, et de quelques ensembles burlesques, nous ne connaissons qu'un seul exemple de l'emploi a musical » de ces instruments , c'est le curieux Éloge historique de la flûte à roignon, chanson de carnaval, accompagnée ad libitum de 3 flûtes à l'oignon {mirlitons), par B. 'VVilhem '.