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L. Vallas, La Musique à Lyon au XVIW^ siècle

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ce musicien affirnie avoir écrit sur des vers de Marmonlel deux airs avec accompagnement de clarinette. Gluck s en sert sous 1 ancien nom de chalumeau, dans son Alceste italienne, en 1767 ' ; mais ses ouvrages français font bien mention de la clarinette. Notons aussi des Airs à deux clarinettes, de J.-J. Rousseau.

Une fois connu, cet élément si précieux ne pouvait qu'être de plus en plus goûté. Haydn remploie pour la première fois en 1778 dans un orchestre symphonique. h'incarnatus de sa première Messe ofire un beau trio pour deux clarinettes et un basson, et l'on peut aussi, à Tégard du nouveau timbre, étudier maint passage de sa Création. Mozart le met en lumière à peu près vers la même époque. Dès qu'il eut entendu pour la première fois la clarinette, lors d'un séjour à Londres, elle ne cessa de hanter son imagination : « Ah! s'écrit-il, dans une de ses lettres, si nous avions aussi des clarinettes ! Vous ne pouvez imaginer le splendide effet dune symphonie avec flûtes, hautbois et clarinettes ! » On sait quel parti il sut tirer de ces dernières dans cette symphonie en mi bémol d'où les hautbois sont bannis. Un concerto pour clarinette, et le beau quintette dont le larghetto s'épanche avec une si noble sua-

I. « Je n'ai pu savoir exactement quel iuslrumeut il a voulu désigner dans VAlcesle italienne par le mot bizane de chalamaux ; est-ce la clarinette employée dans le chalumeau ? »

(Berlioz : A travers chants.]

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vite, témoignent aussi de la prédilection du maître pour ce magnifique instrument.

Les larges orchestres, nécessaires à la musique en plein air des fêtes de la Révolution , firent un ample usage des clarinettes employées en masse : « Le champ de Mars fut construit au son des clarinettes », s'écriait Leclerc en son Essai sur la propagation de la musique en France.

Cependant, dès la première symphonie de Beethoven (1800) la clarinette est devenue indispensable à l'orchestre. Les exemples abondent à tel point dans l'œuvre de ce maître qu'on hésite devant un choix à faire : les symphonies en si bémol, en fa majeur, la Pastorale, le Septuor, le ballet de Prométhée se présentent tout naturellement à l'esprit. Mais, fait singulier, ni Beethoven, ni ses devanciers — excepté Mozart dans l'accompagnement du trio des masques de Don Giovanni — n'ont soupçonné la richesse des notes graves de la clarinette. La découverte en était réservée au musicien romantique par excellence, à Weber. On sait comment, dans le Freischiitz, il a mis en évidence « tout ce que le timbre de ces sons graves a d'effrayant quand on s'en sert à soutenir des harmonies sinistres ».

Au reste, ce maître a partagé entre la clarinette et le cor ses goûts de lumineux coloriste. Rappelons seulement la phrase de l'ouverture de ce même Freischiitz si éloquemment commentée par

Berlioz', ses trois concertos pour clarinette, et son quintette pour clarinette et quatuor à cordes. Meyerbeer écrivit dans sa jeunesse un monodrame intitulé les amours de Théalinde^ où paraissait parmi les personnages un clarinettiste qui y exerçait sa virtuosité. Ce rôle était tenu par le célèbre Baermann. Gardons-nous d'oublier le début du beau quartetto de Bianca e Faliero de Rossini, qu'aimait si fort Stendhal", et le chant délicieux qui précède le choeur des paysans dans le Cosi fan tutti, de Mozart.

Mendelssohn sest laissé séduire à la rêveuse poésie de cet instrument ; on peut notamment consulter sur ce point le Songe d'une nuit d'été, les ouvertures de la belle Mélusine et de la Grotte

1. 0 La voix de la clarineUo est celle de l'héroïque amour... Ce beau soprano instrumental si retentissant, si riche d'accents pénétrants quand ou 1 emploie par masses, gagne dans le solo en délicatesse, eu nuances fugitives, en affectuosités mystérieuses ce qu'il perd en force et en puissants éclats. Rien de virginal, rien de pur comme le coloris donné à certaines mélodies par le timbre d une clarinette joué dans le médium... Quel plus admirable exemple pourrais-je citer que la phrase rêveuse de clarinette, accompagnée d'un trémolo des instruments à cordes, dans le milieu de Vallegro de l'ouverture du Freischûtz .'/.' N'est-ce pas la vierge isolée, la blonde fiancée du chasseur, qui, les yeui au ciel, mêle sa tendre plainte au bruit des bois profonds agiles parl'orage?. .. O Weber!... u [Loc. cit.)

Lesueur, dans son Plan d'une musique particulière à la messe du jour de Noël, parle avec admiration de la clarinette aux sons « touchants et sensibles ».

2. 0 Un air tendre et triste... excitant purement à la rêverie de l'amour est délicieux pour les âmes tendres et malheureuses : par exemple le trait prolongé de la clarinette, au commencement du quartetto de Bianca c Faliero. a

(Stendhal, De l'amour. — Voir aussi la Vie de Henri Brulard.)

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de Fingal. Schumann a laissé une Fantaisie pour clarinette et piano, et des Récits et contes pour clarinette, alto et piano ; Brahms, deux sonates pour clarinette et piano. Sans entrer dans de plus amples détails nous mentionnerons seulement les noms de Spohr, Reissiger, Niels Gade, Kallivvoda, Gouvy, qui ont écrit d'intéressantes compositions pour ce noble instrument. Dans la musique dramatique nous n'aurions que l'embarras du choix. G itons seulement les beaux solos des ouvertures de Zanipa, du Pré aux Clercs, d'Herold, de Tannhauser de Wagner, de Phèdre de Massenet et du Roi d'Ys de Lalo, V Introduction et rondo de M. Widor et la brillante et originale cadence du Mârouf de M. Henri Rabaud. Berlioz, dans son monodrame de Zé/io, a tracé un chant de clarinette dont l'accent doit être a aussi vague, aussi lointain que possible ». A cet efl'et le musicien fit « envelopper l'instrument d'un sac de peau remplissant l'office de la sourdine » '. Enfin il a confié à la clarinette la mission d'accompagner la pantomime d'Andromaque dans la Prise de Troie.

La clarinette alto (ou cor de basset), inventée à la fin du xviii° siècle, fut particulièrement goûtée par Mozart. « Le timbre de cet instrument se distingue par sa gravité onctueuse », a justement prononcé Gevaert. La Flûte enchantée, la Clemenza di Tito en portent témoignage. On doit

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