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I. Un été dans le Sahara

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une fugue à trois parties intitulée : Imitation du cornet du postillon^. Beethoven, pendant un trajet de Teplitz à Carlsbad, en 1812, nota sur son carnet la mélodie émise par cet instrument. Enfin Schubert, dans la Poste (en son recueil du Voyage d'hiver, précédemment cité), a pris pour ritournelle un air de cornet, parfaitement approprié au sujet.

La Fontaine, dans sa Psyché, nous apprend, en narrant « le triomphe de Vénus », que

Glauque de son cornet fait retentir les mers.

Le cornet de poste a inspiré au poète autrichien Nicolas Lenau une de ses plus touchantes poésies : le Postillon'. Et c'est un des congénères de cet instrument, sans doute, qui résonne dans /r? Chasse du Burgrave de Victor Hugo :

Archers, mes compagnons de fêles, Faites Votre épieu lisse et vos cornets Nets.

Le cor nest pas moins vénérable par son antiquité que ne l'est la trompette. Les Grecs et les

I. Celte fugue est ellp-raème précédoe d'un mouvement lent intitulé la Chanson du poslillon, et qui renferme nu dessin présentant une frappante analogie avec celui qu'écrivit Hœndel pour le morceau instrumental devançant 1 entrée des Mages, dans son oratorio Jiclshazzar.

1. M™° de Staél n'entendait pas sans déplaisir, « le cor du postillon, dont les sons aigus et faux semblaient annoncer un triste départ vers un triste séjour s {De l'Allemagne).

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Romains l'ont connu, et c'est du latin cornu que nous vient ce vocable. Primitivement, nous l'avons dit, il fut établi d'une corne de bœuf ou de buffle. La défense d'éléphant fournissait les plus beaux, d'où V olifant ou oliphant: Oyez la Chanson de Roland :

Roland admis l'olifant à sa huche... '

On sait comment Vigny a chanté le héros, au son du cor, « le soir au fond des bois ».

Viennent le buchet et la corne ou trompe d'appel. La Boëtie, en son Traité de la servitude volontaire, nous montre un chien « accoutumé par les chants au son de la trompe et du huchet ». Et un personnage des Fâcheux de Molière s'écrie :

Dieu préserve, en chassant, toute sage personne D'un porteur de huchet qui mal à propos sonne !

Peu à peu le cor de métal apparaît sous la forme circulaire. Il est voué à accompagner les chasses . Au xii' siècle il figure dans des armoiries. Au xv° Louis XI ordonne que la statue qui s'érigera sur sa tombe le représente vêtu en chasseur avec la trompe de chasse en bandoulière. La science des sonneries ne laisse pas d'être compliquée, et le Livre de chasse de Gaston Phœbus, comte de Foix, mentionne, dès le xiv" siècle, quelques cornures. Peu après apparaît le Trésor de la vénerie ,

I. Joinville parle d' « un oliphaut de cristal moult bien fait », qui fut oITert en présent à saint Louis.

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de Ilardouin, seigneur de Fontaines-Guérin, contenant quatorze sonneries, dont la notation s'accompagne d'un commentaire versifié'.

Néanmoins, des le xvii* siècle les cors ou trompes de chasse, si nous nous en rapportons au P. Mersenne, commencent à élargir leur rôle, et sont réunis pour donner « un concert à quatre ». D'autre part, la première apparition du cor à Torchestre peut être fixée à l'année 1639, en une scène cynégétique de l'opéra Ze Nozze di Teli e di Peleo^ de Cavalli, où quatre cors se faisaient entendre. Au xvin' siècle Lotti, Scarlatti, Bach, Haendel, Gossec, Gluck l'introduisent définitivement dans l'orchestre. Toujours il sera propre à évoquer les scènes de chasse, mais son royaume déjà s'est agrandi, et Bach sait tirer parti de ce que Mattheson appelle « l'instrument pompeux », pour lui faire évoquer « en notes saccadées... un inflexible motif de quatre notes... avec une impérieuse obstination qui fait penser à l'immuable accomplissement de la volonté divine » \

Le cor esl employé dans le Ballet des clêmenls, de

1. Charles IX, Louis XIII, chasseurs passionnés, s'intcresscrent nalurcUcinent aux sonneries de trompes. Néanmoins ce fut sous le règne de Louis XV, et par les soins de son grand veneur, M. de Dampierre, que s'enrichit le plus beau répertoire île fanfares. Brantome nous conte que Charles IX « était si adonné à courir après le cerf qu'il en perdoit le dormir, étant à cheval avant le jour ; il se peiuoit fort à appeler les chiens, fût de sa voix, fût de sa trompe i>. Ambroise Paré affirme d'ailleurs qu'il mourut pour avoir trop sonné de la trompe.

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