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I. Gevaert. Nouveau Iraité d'instrumentation

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<I une nuit rVété, Meyerbeer dans le duo du troisième acte des Huguenots et dans la romance du premier acte de Robert le Diable, Félicien David dans le début de son ouverture de Lalla-Roukh etDelibes dans celui du prélude de Sylvia ; M. Gustave Doret, au 3° acte des Armaillis, en en augmentant le mystérieux effet par Tintervention inattendue des altos. Et c'est alors une mélancolie sinistre que celle des sons bouchés de quatre cors réunis par Méhul dans F résine et Mélidore pour une « scène d'horreur silencieuse ». En forçant l'émission du son, en le cuivrant, selon l'expression technique, et surtout en dressant verticalement le pavillon des instruments, cette horreur peut éclater plus sinistrement encore, et le même maître nous en procure « un magnifique exemple dans l'explosion finale du duo à'Euphrosine et Coradin... Encore sous l'impression de l'horrible cri des cors, Grétry répondit un jour à quelqu'un qui lui demandait son impression sur ce foudroyant duo : a C'est à ouvrir la voûte du théâtre avec le crâne des auditeurs ».

Le cor revêt un aspect solennel dans la Vestale et dans le Milton de Spontini ; un aspect tendre dans la ritournelle de l'air de ténor au deuxième acte de la Dame blanche. Le début de la symphonie en ut majeur de Schubert est, grâce à lui, empreint d'une noble grandeur. Quant à Rossini, qui au surplus jouait fort bien du cor, il a su,

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notamment dans son Guillaume Tell, lui confier avec une égale réussite les phrases chantantes et les périodes joyeuses ou triomphales. Nulle ne l'est plus assurément que l'appel de Siegfried si hardiment noté par Wagner! Enfin, Herold, dans le Muletier, a figuré par les notes saccadées des cors le battement du pouls, exemple qu'a suivi Offenbach dans les Contes d' Hoffmann .

Le cor ne pouvait manquer de rencontrer ch ez les poètes le plus cordial accueil. Depuis le Rom an de Renarl nous montrant :

Li veneor lor cor cornant Lesqex vont durement sonnant,

en passant par Tristan, qui nous fait voir, parmi les bois et les montagnes, de mystérieuses déités :

Dans ce bois ni dans ces montagnes Jamais chasseur ne vient encor ; Si quelqu'un y sonne du cor, C'est Diane avec ses compagnes ;

et aussi par La Fontaine, nous faisant entendre aux bois

Le bruit des cors, celui des voix,

jusqu'à Béranger criant joyeusement :

Du cor n'entends-tu pas le son ?

sa fanfare résonne à travers nos recueils poétiques . Mais la mélancolie caractéristique du bel intrument

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s'y montre également : Alfred de Vigny a merveilleusement fait soupirer en un seul vers

Le son lointain d'un cor mélancolique et tendre,

qui vibre aussi à la fin de chaque strophe de Loys chez Théodore de Banville.

On sait aussi quel émouvant parti en a tiré Victor MuQO da.ns Hernani, où il se rencontre fortuitement avec son illustre rival :

Ah ! que j'aime bien mieux le cor au fond des bois !

et avec Georges Sand qui perçoit le cor arrivant « comme du fond des bois ».

Stendhal lui-même en aime la sonorité, quand, à propos de Mozart, il trace cette ligne suggestive : « C'est un de ces airs que vous vouliez entendre répéter dans la forêt, par le cor lointain'. »

Il convient de mentionner ici l'orchestre de cors formé en 1751 par Maresch, corniste de la chapelle de l'impératrice Elisabeth de Russie. Chacun de ces instruments ne devait donner qu'une seule note. Cet orchestre comprit d'abord trente-sept musiciens, mais leur nombre s'éleva progressivement à quarante-neuf, puis à soixante-quatre, embrassant ensemble une étendue de cinq octaves. L'effet devait être fort curieux et le succès en fut

I. Stendhal. Ilistuire de la peinture en Italie. M. Paul Harel eût pu prendre ces paroles pour épigraphe de sa belle poésie ; les Trompes et les voix.

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immense. Cependant Fétis n'yvoyait qu'un résultat mécanique, chaque musicien n'étant qu' a un tube sonore ». On conte à ce sujet qu'un grand seigneur russe disait un jour à un étranger : « Je ne puis vous faire entendre aujourd'hui mon orchestre, parce que mon si bémol de la troisième octave a reçu la bastonnade. » On entendit en i833 un de ces orchestres à Paris'.

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