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II. — INSTRUMENTS CHROMATIQUES A OUVERTURES LATÉRALES

Le cornetto ou cornet à bouquin, existait en deux formes : droite et recourbée. Il était formé de deux pièces de bois et percé de sept trous. Quatre individus en composaient la famille : le dessus, la haute contre, la taille et la basse. Leur vogue fut grande au moyen âge et lui survécut longtemps. Le P. Mersenne se délecte à leursonorité qu'il représente par une comparaison fort poétique, le jugeant semblable « à l'éclat d'un rayon de soleil, qui paraît dans l'ombre ou dans les ténèbres, lorsqu'on l'entend parmi les voix, dans les églises ou dans les chapelles b^. Dans VOr/'eo de Rossi, le premier opéra joué à Paris, en 1647, Théophraste

I. « Sortis une seule fois de leur vitrine, ces instruments emplirent d'une douceur, d'un éclat d orgue, la cilTéniouie du couronnement de Nicolas II. »

(Alfred Bruneau : La Musique russe.)

%. Harmonie universelle. D'autre part Artusi affirme que leur son imite la voix humaine.

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Renaudot remarque, parmi les éléments les plus divertissants, un ballet grotesque dansé par» les monstres de l'Enfer : C'étaient les bucentaures, hiboux, tortues, escargots, et autres animaux étrangers et hideux, qui dansaient au son des cornets à bouquin, avec des pas extravagants et une musique de mesme ». Bach les emploie dans plusieurs de ses cantates, et deux autres Orfeo, celui de Monteverde en 1607 et celui de Gluck en 1762, les placent également dans leur orchestration.

Le serpent, inventé, croit-on, par le chanoine Ednie Guillaume vers iSgo, appartenait à la même famille. Son nom lui provient de sa forme ondulante, et la fausseté aussi bien que l'irrégularité de ses sons décourageraient les plus indulgents auditeurs. Longtemps il contribua à éloigner de la justesse les voix des chantres d'églises, et il figura aussi dans les musiques militaires. On le voitmême utilisé par quelques maîtres dans leurs œuvres orchestrales : ainsi l'ouverture de Mer calme et heureux voyage, et l'oratorio Saint Paul de Mendelssohn, les préfaces du Siège de Corinthe, de Rossini et du Masaniello de Carafa, et les Vêpres siciliennes de Verdi.

Berlioz l'apprécie en ces termes : « Le timbre essentiellement barbare de cet instrument eût convenu beaucoup mieux aux cérémonies du culte sanglant des Druides qu'à celles de la religion catho-

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lique où il figure toujours, monument monstrueux de l'inintelligence et de la grossièreté de sentiment et dégoût, qui depuis un temps immémorial dirigent dans nos temples l'application de l'art musical au service divin. Il faut excepter cependant le cas où l'on emploie le serpent, dans les messes des morts, à doubler le terrible plain-chantdu Diesirae. Son froid et abominable hurlement convient sans doute alors ; il semble même revêtir une sorte de poésie lugubre, en accompagnant ces paroles où respirent tous les épouvantements de la mort '... » Les améliorations apportées à la construction du serpent par Regibo (1780), par Baudoin et par Forveille donnèrent naissance au basson russe, d'où sortit à son tour Vophicléide.

Ce « serpent à clefs » fut inventé en 1H17 par le facteur français Jean Halary, et presque aussitôt utilisé par Spontini dans son Olyinpie. Herold dans Znmpa, Meyerbeer dans les Huguenots et Robert le Diable, accueillirentsesaccents farouches, en l'adjoignant au trio des trombones. Dans son ouverture du Songe d'une nuit iVèté, Mendelssohn a spirituellement choisi la voix discordante de l'ophicléide pour imiter le rugissement du lion en la tragi-comédie de Pyranie et Thisbé que Bottom emplit de sa verbeuse suffisance. Berlioz le juge ainsi : « Le timbre de ses sons graves est rude,

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