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I. C. Saiut-Saëns. Les Déesses

■i. E. Poiréo. Chopin (dans la collection des Musiciens célèbres) . S. Alphonse Daudet attribue à l'un de ses personnages « une parole au son d opliicléide faite pour les hauteurs de la chaire ».

trument qui ne méritait pas l'abandon où il est tombé'.

Ici peut trouver place le cordes Alpes, construit en bois, et qui est le chantre poétique du ranz des vaches. M"" de Staël en goûtait la poésie agrestre, et Théophile Gautier en évoquait, d'après une ballade allemande, le charme nostalgique auquel il comparait celui des Petits poèmes en prose de Baudelaire.

Le système des clefs appliqué aux instruments de cuivre est d'ailleurs de beaucoup antérieur à l'invention de l'ophicléide.

Le Bohémien Rolbel, musicien de la chapelle impériale de Russie, l'appliqua au cor vers 1754. Cinquante ans plus tard le Viennois Weidinger en munit à son tour la trompette. En 1810 enfin l'Anglais Halliday construisit un bugle pourvu de cinq clefs ^ qui, nommé kent-born ou bugle-born en Angleterre, parut sous le nom de cor à clef; il comprenait trois variétés. Le bugle à clefs n'a guère été employé à l'orchestre. Meyerbeer, aux quatrième et cinquième actes de Robert le Diable, a

1. Notons, à titre documentaire, deux succédanés de l'ophicléide, dus à l'ingéniosité du facteur CoeCfet : Vophimonocléide, pourvu, comme son nom l'indique, d'une seule clef à l'aide de laquelle ou produisait les degrés chromatiques, et VemboUclave, dont les qualités évidentes s'associaient malheureusement à une trop grande fragilité de mécanisme.

2. Pr^etorius parle, il est vrai, d'un tenor-cornet à une clef destiné à produire l'ut grave. Mais il s'agit là d'un instrument en bois {V. Mahillon. Loc. cit.).

l68 INSTRUMENTS A VENT

mis en valeur la sombre et poétique sonorité du bugle soprano (V. p. 177, n. i).

On trouve une forme primitive du bugle mentionnée dès le xii' siècle :

Tabors et tirnbes et bugleraus corner.

yRoncisi'alis).

Tennyson, dans sa Princess, l'a superbement évoqué :

Bugle, bugle, blow, set the wild echoes Oying, Bugle, bugle ; answer, echoes, dying, dying, dying.

Et Banville affirme, dans son Opéra turc, que « le bugle naissant nous appelle à grands cris ».

m. — INSTRUMENTS CHROMATIQUES A LONGUEURS VARIABLES

On les divise en deux séries :

i" Instruments à coulisse.

2° Instruments à pistons.

I. Instruments a coulisse. — Cette coulisse, pièce mobile glissant sur le tube principal, est mise en mouvement parla main de l'exécutant, qui augmente ou diminue la longueur de ce tube selon le degré de hauteur des sons à produire. 11 va sans dire que cette pièce ne peut s'adapter qu'à un tube longitudinal, en sorte que seuls la trompette et surtout le trombone ont pu en être pourvus. Leur commun ancêtre, la saquebute, semble

remonter bien haut dans la conciliante « nuit des temps ». D'aucuns en attribuent Tinvention à Osiris, d'autres à Tyrtée. Moins ambitieux, le P. Mersenne affirme en trouver la trace dans un passage, effectivement assez curieux, qu'il dit provenir d'Apulée. Sans discuter les droits, légitimes ou non, du vénérable époux d'isis, du belliqueux poète athénien ou de l'auteur de VA ne cfor, nous nous bornerons à mentionner la représentation d'une saquebute figurant dans un manuscrit boulonnais du ix' siècle, et nous passerons sans transition au xvi'. Une quittance signée de Christophe Plaisance, « sacqueboute et joueur de haulxbois du roy, » et précédemment citée; d'autre part la relation d'une « Fête donnée dans la cour de la Bastille » le 22 de ce même mois, nous édifient quant à la France. En Italie le trombone, forme modernisée delà saquebute, s'organise en quatuor : soprano, alto, ténor et basse. L'Or/eo de Monteverde, à l'aurore du xvii* siècle, l'emploie en quintette. Bach aussi en fait usage, et Hœndel, notamment dans son Israël en Egypte, en tire de pompeux effets. Avant de les étudier chez leurs successeurs, écoutons ce qu'en dit Berlioz : « Le trombone est, à mon sens, le véritable chef de cette race d'instruments à vent que j'ai qualifiés à' épiques. Il possède en effet au suprême degré la noblesse et la grandeur ; il a tous les accents graves ou forts delà haute poésie musicale, depuis

l'accent religieux, imposant et calme, jusqu'aux clameurs forcenées de l'orgie. Il dépend du compositeur de le faire tour à tour chanter comme un chœur de prêtres, menacer, gémir sourdement, murmurer un glas funèbre, entonner un hymne de gloire, éclater en horribles cris, ou sonner sa redoutable fanfare pour le réveil des morts ou la mort des vivants'. »

Gluck a bien compris ces diverses qualités du trombone, et soit qu'il lui fasse parcourir « une gamme foudroyante, dans le chœur des Furies, à^Iphigénie en Tauride, soit qu'il unisse trois de ces instruments' pour une sorte de réplique d'outre-tombe à l'invocation sublime à'Alceste : a Divinités du Styx ! » ou pour annoncer la mort de 1 héroïne, il réalise magniliquement le programme tracé par son génial commentateur.

Mozart, lui aussi, a fait des trombones un merveilleux emploi, et dans le chœur des prêtres de la Flûte enchantée il leur a confié la couleur sacerdotale qui empreint cette noble page. Mais c'est principalement dans la scène de Don Giovanni où domine la statue du Commandeur, qu'il convient le plus d'admirer la puissance et en même temps la sobriété de leur rôle : « Toute la scène est à étudier

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