I. Essais sur la miisiijue
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accompagnés de tuyaux plus petits, faisantentendre les sons harmoniques des premiers. « Lorsqu'ils sont employés dans une juste proportion, la sonorité de l'orgue leur doit cet éclat pénétrant, cette riche harmonie, ce vague indéfinissable qui la caractérisent'. »
Parmi les noms des facteurs qui ont marqué leur place dans la facture de l'orgue, nous nous contenterons de citer les principaux. En Angleterre : Jordan, Snetzler, Willis; en Hollande: Duyschot, Batz, Moreau, Heim ; en Italie : Serassi ; en Allemagne : Schnitzer, Gabier. Mais dans les instruments de provenance allemande il ne faut guère chercher ni la proportion, ni la beauté des jeux; tout est sacrifié à l'apparence et à l'effet". La facture française brille par des qualités heureusement opposées. Au nombre de ceux qui l'ont
1. Gevaert. Loc. cit. Il ne faut donc pas prendre trop au sérieux les reproches adressés à ces jeux par Berlioz, en son Traité d'instrumentation, et qu'il exagère encore dans une lettre adressée en i856 à l'abbé Girod, en disant :
n Quant aux jeux de mutation de l'orgue, c'est le charivari organisé, et je ue puisles entendre sans horreur, o Lamennais .enjugeait de même.
2. Même, et sans parler des jeux assurément peu artistiques, tels que la Vox vinolata imitant la voix avinée d'un buveur, ou ceux qui imitent le chant du coucou, la voix de l'ours, du bœuf, de l'âne, les tambours et les timbales frappés par des anges, le tonnerre et la pluie, on y peut remarquer des registres destinés à mystifier le public, Fusschnanz (queue de renard), Nuli me tangere, et autres plaisanteries de haut goût tudesque. Les organistes teutons feraient bien de méditer ces paroles de M. Widor : « Il est passé, le temps des cataclysmes à l'orgue, du tonnerre, des tremblants, des chœurs de chèvre appelés yoix humaines, et de tous ces hochets de nourrices. (Préface à i Orgue de Jean-Sébastien Bach, de M. A. Pirro.)
honorée, depuis Oudin Hestre qui édifia en i48i l'orgue de la cathédrale de Reims, nous citerons : Lefèvre, Cliquot, Dallery, Dom Bedos de Celles, Callinet, Daublaine, Ducroquet, Merklin, Abbey, et surtout Aristide Gavaillé-GoU, sous la direction de qui furent construits plus d'un millier d'orgues, et qui a porté au plus haut degré de perfectionnement l'instrument auquel son nom demeurera indissolublement attaché. Nommons en France les orgues de Saint-Denis (i84i), de la Madeleine (1846), de la cathédrale de Nancy (1861), de Notre-Dame (1867) , du Trocadéro (1878) , de Saint-Ouende Rouen (1890) ; sans oublier celles de Manchester, de Sheffield, de Moscou, d'Amsterdam, etc. '.
Mais le plus important de tous est sans contredit celui de Saint-Suipice, inauguré en 1862, et modifié en igoS par M. Charles Mutin, successeur de Cavaillé-Coll. Au reste, et afin de présenter au lecteur un tableau complet des ressources de l'orgue, au point où l'ont amené les plus sagaces améliorations, nous transcrivons ici dans leur ordre logique la liste des éléments sonores de ce merveilleux instrument.
t. Au nombre des principaux instruments dus à la facture étrangère, nous citerons, en Angleterre ceux de Liverpool et de Birmingham (Willis) ; en Hollande, de Rotterdam (Balz) ; en Allemagne, de Weingarten (Gabier), etc. Nommons aussi l'Orphéol, du facteur belge Cloetens, qui peut s'appliquer i l'harmonium et au piano et leur communiquer des effets de grand orgue. V. aussi le claviorganum, p. 96, n. i.
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