‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 10 sur 169 · LÉS MARCHANDS · texte numérisé non relu

LÉS MARCHANDS

uaparte adressait à I^Angleterre. Il est bon de rappeler que la seigneurie à^ Florence^ quand Marsiglio Carrare vivait exilé dans ses murs^ le déclarait exempt de toutes poursuites pour dettes^ à moins qu'il né s'agît de créanciers florentins. Mais le marchand, pour se mettre en mesure d'accumuler le capital^ acquiert de la prudence, de l'activité, de l'énergie; la création -]

du capital mène à l'aisance, qui permet de cultivet l'intelligence, de raffiner les mœurs, et, par l'élévation des salaires, fait avancer vers l'égalité. Rappelons-nous que Marco Polo, le premier qui décrivit TÀsie centrale et le Japon, était marchand^ ainsi que Fibonacci, qui introduisit les chiffres arabes, et Jean Villani, le meilleur chroniqueur de l'Italie et peut-être des autres pays; ce Villani, s'il n'a pas le style naïf et pittoresque de Joinville et de Froissard, montre la science positive et la touche ferme de Thomme qui a manié les affaires avant de les raconter. Les marchands florentins voulurent combattre les aventuriers, alors que les princes ne savaient recourir qu'à des négociations mercantiles.

Ce commerce actif révèle assez une existence toute difTérente de la convulsive inaction des modernes, qui recherchent tout, excepté le moyen d'être contents de leur état. Les oisifs n'encombraient pas les cafés; on ne travestissait pas en amour de la patrie la peur de changer de ciel, et l'homme n'usait point sa santé et son esprit à faire ou à lire des journaux et des romans. Les citoyens les plus importants s'adonnaient personnellement au commerce, loin de le regarder comme déshonorant. Archinti, d'Adda, Castiglioni^ Crivelli , Lampugnani, Meizi , Visconti, Vimercato, figuraient dans les registres des marchands de Milan: < Le père d'Antoine Giacomini (dit Machiavel) fut envoyé à Venise pour faire des opérations mercantiles, dont s'occupe toute la noblesse de Florence, conune de la chose la plus utile et la plus estimée dans leur patrie. » Gosme, bien que chef de la république florentine, continua ses affaires de banque, auxquelles se livrûent les Strozzi, les Pazzi, les Guicciardini, les Borromei, les Salviati et les Rinuccini. Les citoyens contractaient dans le commerce ces habitudes, tout à la fois casanières et polies, qui contrastaient avec les coutumes fastueuses et grossières de Taristocratie étrangère. Cette aisance personnelle, celte énergique résolution, cette franche manière d'agir et cette grftce native donnaient aux Italiens une grande supériorité sur les étrangers; aussi, non-seulement ils étaient plus admirés qu'aimés, mais on

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les craignait niéaiej| l^uf ût\fssf^ paraissant ((stuce , \eur g^ilaatepe corruption, leur jiardÎQsse ïpçpris.

L'esprit d^éconorpie, le$ effqfts des clst^es industrielles afin d'amé^iprer Ipur cpndition, Is^ ruodéfation dan^ les JQuissaiiçe^ siflïisaient pour b^^jancer lès noble^, profusions d^n^ 1q$ ^irCs et 'es folles dépeps^s 4§ 1^, ^ue^rfi; SfAJth \eç çPfRRaçiiît Ji ce que, le^ méfJecjqjj ^ppejlfin^ forjQjj cuç^tive. (Jç ]^ patur^j» qu» guérit spuyent le {paljyàe en ^épi^ du mal et ^^ remèdep,. Florçnce n'aurai^ pu ç^poi^^r tant ^'^nnenpis, ni se cpuvrir (!(e monuments, si' les citoyens, qui avaient des richesses dans les ptiagasins de Venise, de Paris, d'envers, de Londres, et sw leç nî^vires de 1^ J^éditerçar^çgj^ (|e l'|;uxjn, de TOcéai^^ i;i'étaipnt pas venus à son aijle ; ôr, qi:)apa il s'agissait de la libe^pté et de l'honneur de la p^trip, ils n^ reçjil^ipnt jar^fii^ devient les saqçjfîpps. ^léciprpauement, le'tçésor p.^bjip f\^xi imè esp^c^ de rés^vqif pour Favantaçe de tous; en ii^é, ^ ^igneufie 4ç Ç'iorçjj^çç prêtait ses fonds à Louis de Pierre Guicpar^ini et à pi^pfe papponi, afin qu'ils pussent célébrer leur mariage avec plus de magnificence (!)•

Florence i^puç offre dçs iflœurs enlièrepa^ut hpurgepises, ce qifMl faut attribuer peut-être aux notions plus coinplète^ que les historieqs nous ont transmises sjif cette république. Les étroites limitas du territoire iipposent l'obligation de le cultiver avec les plus grands soins, etcje jqipdre Tindustri^ aq travail des champs; le propriétaire est donc tenu d'économiser et de spép^^ey, Âil- Iq^urs je^ nobles, n^ sachant pas çcrire parce ^uHl9 ^(?jf?ff ^^" ronsy traçaient une croix au bas dps charges; les Flo^ç^^^iji^^ rédigeaient même Içs procès-yerpau^ des îis^ehji[Ç)lée^ ç^p§ ^s et ndétiers' et les marchands, comme les manufacturiç'rs, ïneUaient leur opinion par écfit. pmo Cpinp^gm rapppte, qn^y ^^y^çe c^e Charles de Valpis, on ^çmapcla Tayi^ fle soixj^nt^r.^^^? métriers, avec obligation a pour oliacuii de dire par écrit s'il leur était agréable qu'on le laissât entrer i^. Florence » . Le statut des fâbficànts de soie fie Lucques orclpnpe que iôyt tisse^apd , hojnme oi) femme, ^ienné yn liy^-ç pour inscrira l'es tç»\teîj reç^es^^ps m^rçba^ afin de pouvoir les çonfr/)nter àyeQ |çi reg|8trê*âe ces^eruH^ Le s^ut ^ès arts c^e Ç^.içnat^, e^^ 1332, parip ^ chaque Hgne de sçribj5§, de registre^, 4e çq^pptçs ççndïis, de lîilllelins. Qui (i est pas saisi d'adrniratwn à la vue à^ ces Florentins, occupes dans leijrs boutiques a pj^sec Ofi la la|ç|e et

(1) Mhgio storicû, dans b Seriw di uomini Ultutri toseani.

MOEURS ÇOÇ^GEQfSES. 3g

^. PEt^^ni^F ^^ (^^ni' I^\^ e^périmejQtçjr (lans la cppaçU toutes les foBj^e^ pq^ifile% de co^^^litutiojOLj ^^i^çu^dftf ^e§ ïB^any^ççits

ipen4çr et ^im ^^magistrat§; eïïi:ps;\çtrjfr q^f.^ gra^drliv^p, avec les crédits, Thistoire de (ci patrie ç^ (|yi Ç[\Qft4?« ^ftlTPduire la tpnup défi ^YTP? ^fl partie double, les chiffres ^uf^^es, Talgèbre, fonder la preqiièrp claire de grec, la première çje l^tin, la première pour pommenter Dante ! La république ayait pour 3ecrét^es un Çarlhélemy Scala, un Charles Marsuppiui , un GoUuccio ^^lut^ti, un Bonav^nt^rp Boqari, ^\ bientôt i^i Nicolas MactuaYcl.

Se^ nombreux écrjivaips sont la meilleure preuve de sa haute civilisation. Quand on lit le Gouvernement de famille y on sent à cbi|((ue page le souffle de réconomie (^omestique, qui sqnge aux détails sans négliger les çhqses importantes ^ épargne un sou, mais sait au l^espin dépenser les florins par milliers. L'auteur disait à ces enfants : a Lp^ dépenses ^rrivent toute Tannée, o les jeunes gens prennent de Tàge, il faut préparer les dots ; a les biens personnels ne suffiraient pas à tout. 1^ ej^t donc qé-

8 pes^ajre ^'embrasser une profession civile, utile, avantageuse.

9 à vous autres , favorable aux vôtres, dont les bénéfices yous « permettent de suppléer à ce qui vous manque. On pourrait a phoisir le pommerce ; m^is, pour ma tranquillité, je donpe- « rais la préférence à une occupation plus certaine, et me livre- « rais plus volontiers à ^^ne de ces industries qui emploient a beaucoup de bra$, répandent l'argent sur une foule de per- « sonnes et profitent èj un grand iiombre de malheureux. Le a marchand doit toujours avoir la plume à la main; en effet, si « Ton néglige d'écrire, les choses s'oublient et vieillissent, et « le commis, voyant je maître insqucL^ut, devient paresseux et a piauvais. jlien n'est $i proQ^i^lp, i;\en n'est plus propre à a f^ire de bons employés, que la surveillance et la sollicitude du a sitpérieur ; sot est vraiment l'homme qui ne sait parler de ses <i ^faires que par la |>ouche des autres, et aveugle celui qi^i ne tf yoif que ^ar les yeux d'autrui...

^ Je considère les dépenses comme nécessaires ou non. J'aip- « pelle volontaires cplîes sans lesquelles on peut vivre honnête- « ment^ comme d'avoir de beaux livres, de nobles coursiers, de a la vaisselle d'argent, des tapisseries, ûpant aux dépenses né- « cesaires, j'aime à les faire sans délai, lui fùt-ccî que pour me a débarrasser de ce souci ; je fais donc promptement les dé-

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