MACHIAVEL INFAME
cette politique^ se révoltaient contre la légèreté licencieuse de Machiavel, et maudissaient les conseils pervers de son livre da Princej qui avait enseigné au duc d'Urbin a à ravir aux riches leurs biens, aux pauvres l'honneur^ aux uns et aux autres la liberté. » Il chercha donc à le retirer de la circulation, et le peuple ne voulut pas le renommer secrétaire des Dix de la guerre^ tant la conscience publique s'indignait à cette froide analyse qui met Tordre politique au-dessus de Tordre moral , la raison d'État au-dessus de Thumanité , et sacrifie l'individu à la prospérité de TÉtat, identifié avec le prince.
Et nous, tout en avouant que Machiavel et Guicciardini contribuèrent immensément à développer la nouvelle science politique^ nous les considérons comme un scandale dans la littérature chrétienne, et nous les rejetons parmi les grands écrivains du monde païen (1).
B il ditTOio gli disse : — Aolnui sciooca ! Via di qua : vanne al limbo ooi bambiol.
Ces paroles ne sont pas même originales. Le Dianttm parmense, publié pir Muratori, k la date de 1481^ dit, à Toccasion du gouverneur Pierre Trotti M^ tant de charge, tfui dignm est ad limbum Jescendere, aim nUnl mali, n'd^ boni egeritf cujus proclamationtt et mandata nuUatenut observahaiilur.
(1) Le roi qui contribua au partage de la Pologne réfutait le Prince dans T^xû* Macfiiavel , et disait : Le Prince de Maclûavel est en fait de morale ce fîtA T ouvrage de Spinosa en matière de foi, Spinosa sapoit les fondements de k foi^ et ne tendoit pas moins qu'à renverser t édifice de la religion : MoMofd corrompit la politique et entreprit de détruire les préceptes da la saine marak- Les erreurs de F un n'étaient que des erreurs de spéctUation, celles de faatrt ngardaient la pratique. Dans les Mémoires de Tabbé Morellet (l*aris, lSt3) k trouve une lettre de Pierre Verri, de 1766 , dans laqueUe on lit : « Quel aulre A pays que le nôtre a produit un Machiavel et ui) frère Paul Sarpi, dan tt monstres en politique , dont la doctrine est aussi atroce que Causse , et (pi « montrent froidement les avantages du vice , parce qu*ils ignorent ceux de h « vertu? » Napoléon disait : « Tacite a fait des romans. Gibbon est un déclamateirr « Machiavel est Tunique auteur lisible. » ( Db Pradt, dmbass. en \PohgM^ Lorsque Napoléon cessa d*étre à la mode, on imprima Machiavel commenté fer Bonaparte (Paris, 1816).Ëmilien Judici, dans la onzième leçon de YiUstoire d^ belles-lettres en Italie , est grand panégyriste de Machiavel et se décfaahie avec violence contre ses détracteurs ; mais il finit ainsi : « Ce dont je suis cciliiit R c*est que le livre de Machiavel, cet admirable répertoire où Ton expose tooti « la science des poisons et de leurs remèdes, fut très-profitable aux bouiiunT n et très-inutile aux victimes. >• De la même manière, ses instincts généreux, Fc» portant sur les jugements rationnels, lui font comparer la politique du moyen âfe à la « diplomatie inhumaine de nos jours. « (But, des municipes» i, 821.) lla^
STSTÂME HIUTAIRE. 305