GÊNES PRISE PAE LES FEANQAIS
ment où un bourgeois marcbaDdait des champignons^ arrive un noble qui les prend pour lui ; celui-là crie au secours, et celui-ci est tué. Toute la ville intervient dans la lutte, qui se change en révolution. Huit tribuns de la plèbe sont placés au gouvernement, et l'on occupe les Rivières, placées sous rautorité de Jean- Louis de Fiesco. Louis XII envoie des forces pour soumettre la ville par les bombes et la faim ; mais le peuple se recommande au pape, son compatriote, ainsi qu'à Tempereur^ §t nomme un ii&m». ^^^ plébéien^ Paul de Novi, teinturier en soie^ homme oow«* geux, capable et d'une grande probité (i). Tous ces faits équivalaient à une déclaration d'indépendance.
Louis, avec des Suisses et des Français, marcha donc en personne contre Gênes, dont (es milices, malgré tout leur enthousiasme, ne peuvent résister aux troupes disciplinées. Le chevalier Bayard criait : Holà, marchands I défend^z-vout avec lesautm, et laissez-mous les piques el les lances I Gènes est prise etsscoagée : le roi fait son entrée dans la ville, Tépée nue, au milieu des supplications du peuple et des vieillards, qui, avec des braocbei d^olivier et à genoux, implorent merci; mais soixante-dix-neuf citoyens périssent sur le gibet. Paul, doge pendant dix-hoit jours, trahi par un de ses compagnone au prix de 800 ducats, tandis qu'il fuyait de Pise à Rome, est ramené, décapité, écartélé, et Ton expose, dans différentes parties de la ville, sa tdteat ses membres. Gôues dut payer une contribution de 300,000 florins, qui équivalait au tiers des impôts du royaume de France; ses privilèges furent brûlés, et Ton bâtit à la Lanterne une for» teresse appelée la Bridç; on organisa un gouvernement où la moitié des charges fut assurée aux nobles, et lea historiens célébrèrent la clémence de Sa Majesté.
(l) L'acte d'éleclion de Paul de Novi porte : Cum ah aliquo tempore dira, àritts
januensis seditione civ'tli vexata fuerit , quœ inter uobiles et populares dtfectê
justitîœ orta est , ifa ut in maxîmo disctimine existeret, et ronsiderans popahts
Januensis neeessarium esse saluli reipuUicœ consulere, amota Tiwendi fwmt mk
faetionum rectorihuSy qui soient unum Jowerê, ûlterum vero opprimare; «tmî-
mndveriên* sanum , saactumque ac saiubre consilium ad digniiatam dmtalim
Januœ promovere virum gravent^ integrum et Deum timentem, cujut prcvideaùê^
prudentia^ experientia et consiliis possint omnes Januenses tub protectiwu <w
in pace et sine stimuUs 'vivere ; comlderata ifirtute, prudentia ac probitate ilUs'
trissimi domini Patdi de Novis, cujus gratia/acit ut ab omnibus ametnr et ebset»
veïur ; idcirco Dei nutu et voluntate , ace/amante toto populo /anuem», cMr...
Cum primum omnipotenti Deo piacuêrit ut arx CatielteU ad laanus'j^OÊirm irtr*
niai, eam pro libertata et glaria nominit jammemsit dim faetÊt, .•
pisË AU pomroiR des florentins. 315
Les secours manquèrent alors aux Pisans, qui^ a privés de toute assistance, restés seuls et faibles, refusés par Milan^ mal TUS du pontife^ peu aidés par les Biennois, persistaient à résister^ comptant sur les vaines promesses des autres, sur l'impuissance etla désunion des Florentins (Machiavel). » Biens, personnes^ cette ville sacrifiait tout pour se défendre avec une constance qui faisait ressortir la désunion des agresseurs; mais^ cernée par des corsaires et des armées^ ballottée entre les intrigues de la France et de TEspagne, qui^ loin de vouloir assurer sa liberté, songeaient è l'argent que la trahison leur rapporterait, elle dut se résigner i sabir son ancienne servitude, après une résistance de quatorze ans et demi, dont peut-être Thistoire n'offre pas d^autres exem* pies. A Paris et à Madrid, où désormais se décidaient les destinées de l'Italie, le prix de cette soumission fut réglé à 150,000 florins, que Florence payerait, 100,000 ap roi de France, et 50,000 à celai d'Espagne. L'empereur lui-même intervint, et voulut 40,000 florins, moyennant lesquels il conférait à Florence tous les privilèges qu'elle avait obtenus des empereurs précédents, tons les droits sur le territoire florentin et pisan (1).
Florence traita les vaincus avec générosité : elle s'c^ligea, par un traité, à restituer leurs biens aux exilés, et même à rendre à la ville les fermages perçus dans les campagnes, avec les ftranchises du commerce et les magistratures; mais elle avait enlevé (Indépendance n Pise, et, avec elle, la population et la richesse, sinon le souvenir et les haines. Quelques-unes des principales binilies continuèrent le métier des armes en prenant du service; d'autres se retirèrent à Palerme, à Lucques, en Sardaigne, et beaucoup furent transférées à Florence. L'ancienne dominatrice des mers, tenue sous le joug par une garnison et des forteresses, perdit toute activité, toute importance, et le recensement de 1531 y compta à peine huit mille cinq cent soixante et onze habitants.
Le reste de la Péninsule subissait d'autres maux; en effet, les faciles conquêtes des dernières années avaient habitué les Français^ les Espagnols et l'empereur à voir une proie dans l'Italie; et chacun d'eux voulait la ravir, sans songer à ses véritables possesseurs (2).
(i) ficvfON ÉOm^MATO, Si0né Jhr^fttint^ livre XJLVHI.
(S) « Le roi a dii à un homuut lérMNw * « l/em^f^^^oT m'» pnoposé fk par- « ta^BT ritalie ftvec lui; je n'y ai jamsM rouki coP9emir( vais Is p«pe, celte « fois, m*oblige à le faire. » (Machiavel, Ugazione^ 9 août 1510.)
18 mars.
IMS
21 avril.