‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 113 sur 169 · JULES II SE BROUILLE AVEC LES ALLIÉS · texte numérisé non relu

JULES II SE BROUILLE AVEC LES ALLIÉS

rino le Vieux^ Antoine Tibaldeo, et d'autres esprits d'élite (1).

Il soutint la guerre contre Venise^ qui^ prétendant au monopole du sel y Tempéchait d'en extraire de Cei^ia. Son fils Alphonse, qui avait épousé Lucrèce Borgia , obtint que le pape Alexandre VI réduisit le tribut de 1,000 à 100 ducats; il entra dans la ligue de Cambrai ^ mais il aurait succombé à la vengeance des Vénitiens^ si Jules II ne Tavait pas sauvé. Le pape, maintenant^ voulait qu'il abandonnât l'alliance française pour se réconcilier avec les Vénitiens; il le chicanait même au sujet des salines^ et^ comme il tardait à lui obéir, il le déclara excommunié et déchu. Sans retard^ il ouvrit les hostilités^ et lui-même, à la tête des troupes^ marcha contre le duc. Impatient de tout retard, il s'exposait^ quoique octogénaire, à la neige et au feU; dirigeait les batteries contre la Mirandole, où il entra parla brèche, et répétait : Ferrarcy Ferrare, corps de Dieu ! je t'aurai. Mais Alphonse, mettant en gage ses joyaux et ceux de sa femme pour ne pas surcharger le peuple, se soutint contre le pape, qui ne se laissa jamais apaiser.

Jules, qui n'oubliait pas le mal fait par Louis XII à Gènes, sa ville natale, avait recueilli beaucoup de ses compatriotes émigrés, et favorisé toujours le parti populaire. Il voulait alors la faire révolter contre les Français, et, dans ce but, il y envoya Octavien Frégose ; mais la tentative échoua. Les Français se décidèrent à lui résister; leurs prélats, réunis à Tours, autorisèrent Louis à repousser par les armes l'agression de l'indigne chef de l'Église, et à en appeler de ses interdits au concile général. I*a 21 oui. guerre s^alluma donc ; les pontificaux, commandés par François- Marie de la Rovère, furent mis en déroute à Casalecchio ; Bologne, dont l'acquisition flattait Jules II, qui se vantait de l'avoir affranchie du joug des Bentivoglio pour la rendre à la liberté , sans jamais y avoir commis ni cruauté ni abus, tomba au pouvoir des Français. L'armée du pape fut insultée, et le peuple lui même renversa sa statue, œuvre de Michel- Ange, qui avait coûté 5,000 ducats, pour en faire un canon. Il envoya le cardinal Alidosi au duc d'Urbin pour lui reprocher d'avoir causé, par sa négligence, une si grande perte ; le duc, non content de maltraiter le cardinal, le tua dans la rue.

Attristé et frémissant, Jules II poursuivit ses entreprises avec

(1) MCXATOEI, Jntichità estensi.

Page 1