‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 114 sur 169 · JXJLÈS II SE BROUILLE AVEC LES ALLIES · texte numérisé non relu

JXJLÈS II SE BROUILLE AVEC LES ALLIES

une plus grande impétuosité ^ tandis qu^me guerre contre la puissance ecclésiastique soulevait des scrupules chez beaucoup de Français^ et surtout chez Anne de Bretagne^ femme du roi. Dès lorS; le maréchal Trivulce, à qui Ton avait rendu le commandement suprême après la mort de Chaumont^ ne pouvait agir qu'avec hésitation. Louis lui-même demandait pardon au pape, quil combattait; néanmoins, comme il ne réussit pas à le calmer, il en appela à un concile général pour qu'il déclarât son élection nulle, et fit battre une médaille avec ces mots : Perdam Babylonis nomen.

Depuis le concile de Bâle, l'Allemagne retentissait de plaintes contre Rome , contre l'ignorance et Tavidité des nonces et des prélats, contre la vente des indulgences, les annates et les expectatives. En conséquence, l'empereur Maximilien^ comme protecteur de PÉglise, convoqua un synode à Pise sous la protection des Florentins^ qui, épuisés par la dernière guerre, étaient restés neutres, bien qu'ils inclinassent pour la France. Jules II s'indigna de Toutrage fait à la dignité papale, dont il était si jaloux, et l'interdit qu'il lança fit que bien peu de prélats se réunirent; encore furent-ils insultés par le peuple à Pise comme à Milan, où ils se transférèrent ensuite.

Pontife singulier, qui a besoin d'intrigues, de négociations, de guerre ! Infatigable même dans T&ge de la décrépitude , supérieur aux considérations personnelles comme aux intérêts de famile, il était inflexible quand il s'agissait d'une chose qu'il croyait désavantageuse au saint-siége. Après avoir obtenu satisfaction des Vénitiens, il trouvait impardonnable que d'autres persistassent dans une guerre qu'il avait provoquée dans ce but unique. Il organisa donc une ligue qui fut appelée sainte, parce qu'elle avait pour objet de prévenir le schisme et de rendre Bologne à Sainte s octobre* Pierre. Dans cette ligue entrèrent Venise et le roi Ferdinand, lequel, habile à couvrir son ambition d'un masque de piété, espérait trouver l'occasion d'acquérir la Navarre espagnole. En efTet, sous le prétexte de faire la guerre aux infidèles, il demanda des subsides aux Aragonais , et, tandis que tout le monde croyait qu'il se dirigeait sur l'Afrique, il avait débarqué en Italie avant qu'on connût son traité avec le pape.

Jules II voulait entraîner dans cette cause l'Angleterre ellemême; à cet effet, et tandis que le parlement se trouvait réuni, il envoya à Londres une galéasse chargée de vin, de jambons et d'autres choses délicates, qui le firent porter aux nues, et

3tt (ïAStON DE FOIX ET BATARD.

Henri VIU s'associa à laligue^ dans l'intention de recouvrer la Guyenne. Les Suisses^ dont Louis XII^ par une avarice intempestive, OU par uii noble mépris de leur insatiable cupidité^ tiV vait pas voulu augmenter la solde, coururent jusqu'aux portes de Milan, et rançonnèrent lé pays. Le Frioul , outre les tremblements de terre qui l'agitaient , continuait d'être ravagé par les bandes impériales.

Les Français prospéraient sous Gaston de Poix, duc de Nemours, neveu du roi et gouverneur du Milanais. Grand général presque avant d'avoir été soldat^ à vingt-deux ans, il remporta quatre victoires en trois mois, prit dix villes, créa rinfanterie française ; en Phonneur de sa dame, il ne portait pas de haubert, mais la chemise saillante depuis le coude jusqu'au gant. Héros pour les Français, bourreau pour les Italiens, il excitait les siens au carnage, sans épargner aux vaincus les outrages, ni aux soldats les fatigues et le péril. Avec lui se trouvait Pierre Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, guerrier de grand renonii qui ne commanda jamais en chef aucune armée, bien qu'aucune action importante ne fût engagée sans son bras et ses conseils; il semblait qu'il aimftt mieux combattre à sa fantaisie, et se jeter au milieu des périls sans être retenu par les considérations d'un poste assigné. Le dernier des paladins du moyen fige, venu pour acquérir de la renommée, non dans les forêts et les citadelles, mais parmi la civilisation italleime et des palais embellis d'or et de peintures, il représentait la valear cbevato' resqué au milieu de la brutalité de la nouvelle soldatesque. H Ht pendre deux des soldats qui avaient enfumé la caverne de Masano, et empêcha Alphonse de Përrare d'empoisonner le pape Jules, en menaçant de le dénoncer ; néanmoins ïl se montrait féroce envers les simples piétons, et surtout les arquebusiers, qui hn paraissaient la ruine du véritable courage. Nous devons rappeler qu'en passant par Carpi, lui, La Palisse et Gaston, allèrent consulter un fameux astrologue, qui leur promit la victoire, en leur révélant deâ partictilarités que l'événement confirma.

Les confédérés étalent commandée par Raymoâd de Cardona, vice-roi de Naples, qui avait soUè se^ordres dèi^ généraut fameux, tels que Pierre Navarro et Fabrice Golonna. L'armée papale avot pour général en chef le légat Jean de Médfcîs , dépiris Léon X, atfqtrel obéissaient Marc- Antoine Colonna, Jèarf Vrfeltî, Malafesta Baglione, Raphaël des Paxzt, condottieri des plus renommés. VBTùïée portait le nom de Sainte Ligué, bien qt^elle comptât

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